dimanche 13 juillet 2008

Ivresse avancée ou coma éthylique: faut-il que jeunesse se passe?


On dit couramment: il faut que jeunesse se passe. Oui, mais sans mauvais coup irréparable. Or l'alcool et la drogue récréatifs, consommés non plus pour faire une expérience, mais de manière régulière, produisent des dégâts inquiétants.

En Allemagne, on estime à 18'000 le nombre des jeunes en dessous de vingt ans hospitalisés pour ivresse sévère ou coma éthylique durant l'année dernière. Les caisses maladie sonnent l'alarme. En Australie, royaume de la défonce, une nouvelle classification considère qu'on est "buveur" dès quatre verres de bière ou trois de vin avalés en 24 heures. En France, l'interdiction de la vente d'alcool aux mineurs, voulue dès 2009 par la ministre de la Santé, soulève la question de son application. Le projet interdira également les "happy hours" (deux boissons pour le prix d'une) et les "open bars", pratique répandue dans les soirées étudiantes qui permet de boire autant qu'on veut pour un prix forfaitaire. Les stations service ne pourront plus vendre de produits alcoolisés, et non pas seulement entre 22 heures et 6 heures du matin.

La ministre justifie ces mesures par l'augmentation de la fréquence des ivresses et une hausse de 50%, entre 2004 et 2007, des hospitalisations de jeunes pour ivresse avancée. Le but est de prévenir les accidents de voiture, la violence, les rapports sexuels contraints ou non protégés, ainsi que "les comas éthyliques qui peuvent engendrer le décès".

Or l'absence de contrôle systématique rendra la loi inefficace, selon le professeur Claude Got, auteur de nombreux rapports sur la santé publique. "L'exemple du tabac n'est pas encourageant; les associations de consommateurs qui ont fait des tests ont montré qu'il était très facile d'acheter des cigarettes" pour un jeune de moins de 16 ans, malgré l'interdiction en vigueur. De son côté, le président de la Fédération des associations générales étudiantes estime que "la répression présente un risque, celui à terme de transférer la consommation d'alcool des soirées étudiantes et des lieux de sociabilité vers la sphère privée, sur laquelle les associations étudiantes n'ont plus aucun impact".

Pipe: photo drunksexorgy.com

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