lundi 7 juillet 2008

Tauro-machisme: le danger auquel on s'expose volontairement


On a vu éclater le pétard (chupinazo) ce matin à 8h précises; on a vu les portes du corral s'ouvrir et les fauves s'élancer dans la rue: les blancs en tête, bientôt dépassés par les noirs. On a vu les coureurs dévaler au plus près des bêtes -- devant, à côté, derrière -- sur un parcours de 825 mètres qui devait les mener aux arènes de Pampelune en moins de 4 minutes, malgré tous les obstacles.

Les risques: glisser, chuter, tamponner un autre coureur, s'écraser contre le mur, se faire encorner ou piétiner par un taureau.
Treize jeunes mecs ont été blessés ce matin lors du premier encierro (lâcher de taureaux) de la fête taurine de San Fermin qui se tient à Pampelune (Navarre) jusqu'à lundi prochain. Sur les treize malchanceux, huit sont des étrangers, c'est normal: moins bien préparés physiquement à la course, ne connaissant pas les réactions des taureaux, ni les passages les plus dangereux. Ces épreuves de tauro-machisme n'ont pourtant provoqué que 14 morts depuis 1911.

Un aficionado résume: "Il faut avoir les cojones vissées au ventre pour courir plus vite que les toros, et les oreilles retournées dans le dos afin de contrôler la situacíon et d'entendre la direction que prend l'animal le plus proche de ton culo. Sinon, tu finis encorné... comme un cocu ou un enculé" [selon ton choix, lecteur].

Le taureau a toujours été vénéré autour du bassin méditerranéen. Objet de confrontation entre deux entités viriles dans la corrida contemporaine, il n'était pas considéré comme un rival à abattre durant l'antiquité, mais symbolisait l'essence divine.

Sur une fresque de la Crète minoenne (âge du bronze), des danseurs (deux femmes en blanc, l'homme en rouge) se livrent au rituel périlleux du saut par-dessus le taureau. Ils donnent une impression d'association immatérielle et harmonieuse, sinon risquée, avec l'énergie sacrée de l'animal. Autres temps, autres intuitions.

|| Ulysse

2 commentaires:

Ni macho, ni toro a dit…

La fresque du palais de Cnossos (Crète) m'inspire. Deux femmes, un homme, n'est-ce pas la configuration parfaite pour vivre ensemble le profane et le sacré? Deux épouses, l'une après l'autre. Celle de l'apprentissage, précieuse. Puis celle de l'accomplissement. Ou bien, utopie futuriste: un homme et ses deux compagne pour toute la vie. Lui en équilibre entre elles...

Luc a dit…

Je constate que "ni macho" oublie le pluriel lorsqu'il rêve de deux "compagne" à la fois. Symptomatique! Nomen est omen.