samedi 31 janvier 2009

Scott, fondu de musculation, 25 ans de sida cette semaine


S
cott, 49 ans, ancien soldat de l'infanterie de marine américaine, habite Seattle. Cette semaine dans son blogue Bill in Exile -- où ses convictions politiques coexistent avec ses goûts érotiques, tous les deux bien estampillés -- il évoquait vingt-cinq années de sa vie avec le sida. En effet, le 27 janvier 1984, le médecin consulté pour un zona avait diagnostiqué que cette affection signifiait probablement, chez un type costaud comme lui, qu'il avait contracté une gay related immune deficiency, selon la terminologie de l'époque... Il n'existait pas encore de test. Et lorsque le premier est apparu, les médecins ont recommandé à leurs patients qu'ils pensaient atteints de ne pas s'y soumettre, tant ils craignaient que l'attente du résultat (
quinze jours) ne provoque plus de stress que de bénéfice.


Scott: ancien marine, blogueur au quotidien. Ses thèmes: le débat politique et le cul (de préférence poilu et musclé).






[Période d
e grande incertitude où l'on pensait que le partage d'un verre d'eau pouvait être contaminateur. En 1985, je m'occupais régulièrement d'un ami atteint de la maladie; elle se traduisait aussi par des troubles mentaux. Il maigrissait et on essayait de le faire manger. Mais il rejetait souvent des aliments qu'il avait pourtant choisis et les déplaçaient de son assiette à la mienne, après les avoir goûtés. Ou bien, il était pris de diarrhée et je n'avais pas de gants à disposition pour nettoyer. Aussi, lorsque j'ai passé le test en 1985, je m'attendais à un résultat positif. Et lui, il est mort quelques heures plus tard dans la clinique où je prévoyais d'aller passer mes derniers jours.]

Revenons à Scott. Pendant que ses amis mourraient autour de lui, il a connu l'évolution de la recherche, testé tous les médicaments, subi certains des effets secondaires: anémie, nausées, diminution de la vision, baisse des facultés mentales... A une époque, il consommait jusqu'à 28 produits par jour... Lorsqu'on se trouvait dans un restaurant fréquenté par des gay, on entendait partout des sonneries rappeler qu'il était l'heure de prendre un comprimé. L'intéressé sortait son distributeur; il avalait en même temps la pillule et la stigmatisation.

Au milieu des années 90, avec le Crixivan, il se souvient: "J'ai pu finalement cesser d'imaginer que je serais mort dans les six mois. Le sida était apparemment devenu une maladie chronique, gérable et non plus cette condamnation à mort qui me poursuivait depuis le 27 janvier 1984."

Or mardi dernier 27 janvier 2009, à 49 ans, Scott est entré dans une nouvelle dimension de sa vie. Il a commencé une physiothérapie du dos pour traiter une altération de la colonne vertébrale causée par un abus d'exercices de musculation et par... l'âge!

-- Témoignage rapporté par Ulysse

jeudi 29 janvier 2009

Paluchologie (1): des moments privilégiés avec soi-même


L'
autre jour, à la sortie du cours de yoga, la conversation avec un autre participant s'est rapidement engagée dans le domaine de nos vies privées respectives. Nos épreuves, nos fêlures. Il a parlé de son couple, de ses enfants. Des efforts pour garder sa famille unie, malgré les difficultés, malgré les tentations. Il m'a beaucoup touché par la sincérité virile avec laquelle il exprimait son désir de ne pas être séparé de ses enfants, de donner à son épouse tout ce qu'elle réclamait
. Son chagrin de ne pas parvenir à la calmer, je le sentais. Adepte des arts martiaux et de la méditation, admirateur de la beauté féminine, il cherchait une solution. Radicale, si possible. Au pire, entrer en chasteté...

Comment tenir bon dans pareille situation? La masturbation, pour patienter? "Non", répondit-il sans hésiter. Sous-entendu (si j'ai bien interprété): "J'aime trop les femmes". Il pensait peut-être aussi que la paluche, la pogne était indigne d'un homme comme lui.

Mon avis diverge. La masturb
ation constitue pour moi une pratique parallèle, individuelle. Ni un ersatz (substitut), ni la compensation du pauvre... Pour subsister dans cette vie qui devient de plus en plus longue, pour traverser les épisodes variés qui se présentent à nous -- une fois en groupe (la jeunesse), une fois seul, une fois en couple, puis seul peut-être et de nouveau en couple ou en groupe -- il faut nous adapter avec souplesse. Savoir renier notre bonne ou mauvaise éducation, abandonner les principes qui n'étaient que principes, laisser tomber les préjugés, adopter des usages et des styles plus souples qui se coulent dans les situations nouvelles.

La masturbation, la branlette minutieuse, peut apporter une joie tout aussi extatique qu'un rapport
à deux, mais elle est différente... Qu'elle soit pratiquée en parallèle de la vie en couple, ou dans l'indépendance, elle mérite qu'on lui accorde sa valeur. Et comme dans les autres expressions sexuelles, cela s'apprend et cela s'exerce. Ceux qui ne savent pas donner l'importance qu'elle mérite à une petite rencontre affectueuse avec eux-mêmes, en solo, sont les mêmes qui ratent leur duo amoureux.

Ulysse

Paluchologie (2): les atouts de la veuve Poignet


Partenaire fidèle tout au long de la vie, la veuve Poignet est discrète, peu jalouse, toujours accueillante. Elle n'a jamais mal à la tête et ne vous transmet ni la chtouille, ni aucune autre i.s.t. Impossible d'énumérer tous ses atouts. Voici quinze bonnes raisons.

1) Elle n'est jamais pressée et ne se plaint pas si vous l'êtes.
2) Vous faites des
économies de restau, cinoche, bouquet, téléphone et capotes.
3) Elle ne laisse pas de traces de griffes, de dents ou de parfum.
4) Elle vous assure des rendez-vous sans ambiguïté: ce n'est jamais u
ne invitation cachée à découcher, ni à s'envoyer plein de SMS menteurs.
5) Vous pouvez vous rencontrer partout. Enfin presque.
6) Elle ne se mettra pas dans tous ses états si vous voulez vous finir vous-même.
7) C'est un bon moyen de rentabiliser l'accessoire écouteur-micro que vous avez offert à votre portable.
8) Vous n'avez pas besoin de poser la télécommande. Ni le magazine.
9) Personne ne vous dira d'ôter vos chaussures ou votre casquette.
10) On di
t toujours que c'est pas "la taille" qui compte, mais la façon de bouger. Avec elle, c'est vraiment vrai!
11) Et si la main qui bouge est plus petite que votre main, "la taille" n'en paraîtra que plus grande.
12) On est plus vite rhabillé si quelqu'un entre à l'improviste dans l'appartement, ou si un flic s'approche de la voiture.
13) Pas besoin de prendre une douche complète avant; ni après.
14) Y a pas de mal à se faire du bien.
15) C'est beaucoup mieux que rien.

-- Grains de sagesse recueillis par Ulysse.

lundi 26 janvier 2009

Les dents de la mère




Je regardais hier un documentaire sur les requins dits mangeurs d'homme et ne pouvais m'empêcher de penser à la ministre de la justice française, actuellement dans l'impasse. Requin elle-même, qui se croyait protégée par le requin alpha, elle a fait l'objet de critiques sous tous les angles -- professionnel, corporatif, féminin. Il vaut mieux ne pas être aussi incompétente qu'un homme dans un monde d'hommes; surtout si l'on a les dents longues et le museau gourmand.

L'accouchement récent de Mme Dati, par césarienne, ravive en moi un souvenir. C'était l'époque du New Age florissant. Je participais à un atelier de rebirthing dans la région de Zurich. Nous étions une vingtaine de femmes et d'hommes qui revivions dans le rire ou les pires douleurs, durant trois jours, des étapes de notre vie prénatale, de notre naissance, de l'enfance. Parfois à sec, étendus par terre; parfois nus et immergés dans une piscine obscurcie qui devait rap
peler le milieu humide et tiède du ventre maternel. Le moteur du voyage: une respiration volontaire de plus en plus poussée qui devait amplifier l'émergence des émotions ressenties dans notre passé. L'objectif: nous libérer, par ce re-vécu, des traumatismes anciens et de leurs effets dans le présent. Foutaise? Je me souviens d'avoir vu des marques violassées autour du cou d'une femme qui venait de revivre sa naissance durant laquelle le cordon ombilical avait failli l'étouffer.

A tour de rôle, nous étions soit le sujet respirant qui explorait son passé, soit son accompagnateur. Dans ce rôle, on était chargé de stimuler sa respiration, d'éviter qu'il n'étouffe à force de hurler au moment où il revivait le passage du tunnel maternel, ou de le bercer après l'épreuve s'il en avait besoin. J'accompagnais un homme sportif dans la trentaine; or, au lieu de respirer plus intensément pour se donner des forces au moment crucial, il s'était endormi. J'ai soufflé dans son oreille pour le réveiller, il est sorti de son assoupissement et a continué son voyage sans joie ni appréhension, comme si rien ne se passait. Après la séance, alors que nous discutions en groupe, il a raconté qu'il était né par césarienne: comme sa mère, il n'était pas conscient lorsque cela s'était produit. Sa copine a ajouté: "Dans le couple, lorsqu'un problème se pose entre nous, il fait aussi le mort. Avec sa précédente compagne, il a laissé se dégrader la situation jusqu'à ce qu'elle le largue, plutôt que d'annoncer ce qu'il pensait: pour moi c'est fini, Schluss!" Ni sa mère, ni lui n'étaient réveillés au moment de couper le cordon ombilical (symboliquement, avec les dents).

La césarienne, en tant que solution de naissance à heure fixe (je ne parle pas des cas nécessaires), c'est vouloir échapper à une situation animale, sale, brutale et tendre; comme nous avons aussi tendance à nous cacher la mort; et soigner le chagrin par des comprimés.

Ulysse -- Rachida Dati, photo Reuters.

jeudi 22 janvier 2009

Stage de citoyenneté pour un raid anti-capotes


Une nuit d'août dernier, quatre cousins (âgés de 20 à 24 ans) en vacances chez leurs grand-parents dans la région de Pau, étaient en quête d'action missionnaire. Ils ont arraché ou éventré cinq distributeurs de préservatifs devant des pharmacies de Pau. La police les a interpellés alors qu'armés de pieds-de-biche ils s'attaquaient à un sixième automate. Selon Libé-Bordeaux, ils ont expliqué aux enquêteurs qu'ils avaient agi par "conviction religieuse, contre l'avortement et la contraception" et se sont présentés comme des "catholiques fervents"...

La semaine dernière, lors de l'audience, ils ont reconnu la stupidité de leur acte. L'un des cousins a pourtant déclaré que "l'usage du préservatif est un acte égoïste" et qu'il s'agit "d'un obstacle à la vie". Comme ils ont indemnisé les pharmaciens, les quatre hommes ont évité l'amende. Ils devront participer à un stage de citoyenneté.

Avec leur tempérament de casseurs cathos, on peut imaginer que les cousins ont le sang chaud. On leur souhaite donc d'utiliser bien égoïstement le présé
s'ils ont des rapports sexuels et amoureux avant le mariage ou... avant le pacs [mon dieu!!!]. Car la capote bat la pilule (encore plus égoïste, côté mâle) en ce qui concerne les infections sexuellement transmissibles. L'obstacle passager à des vies futures est aussi un obstacle imbattable contre la maladie et la mort. Sa mise en place, un acte de civilité et de galanterie.

Ulysse -- Photo: présentation d'une hostie de latex sur la place Saint-Pierre à Rome!

samedi 17 janvier 2009

Lance Armstrong: en avoir ou pas


C
et homme qui lutte à découvert, seul contre la douleur et les éléments, c'est Lance Armstrong tel que la photographe Annie Leibovitz perçoit l'animal. Il paraît qu'il sera de retour sur les circuits européens dès le mois prochain. A chacun sa conjecture sur les intentions du champion cycliste américain... Ache
ter le Tour de France, promouvoir la lutte contre le cancer dans l'esprit de sa fondation, fuir sa vie de playboy, effacer à tout jamais les rumeurs de dopage, retourner l'opinion des foules en sa faveur et retrouver leur adulation, gagner du fric, gagner des courses, faire la seule chose qu'il aime vraiment: souffrir en pédalant...


En 1996, atteint d'un cancer testiculaire qui s'était étendu aux poumons et au cerveau, Armstrong n'avait que 50% de chance de s'en tirer, selon les médecins. La chirurgie, des chimios très agressives et son esprit de résistance l'avaient sauvé. Depuis, sa femme Kristin et lui ont eu trois enfants conçus grâce au sperme mis en réserve avant la chimiothérapie. Aujourd'hui, il vit avec Anna qui attend aussi un enfant de lui.

Ce champion personnifie l'ambiguïté humaine avec un talent géant. Il incarne tout ce qu'il y a de triche dans le sport commercial -- et ce qui me touche plus que l'écart de revenus entre le premier et le dernier du peloton (qui ont parcouru le même nombre de kilomètres), c'est le danger que représente le dopage pour la santé des jeunes sportifs, y compris les amateurs... A côté de cette influence lamentable, Armstrong fait un travail de prévention dans la lutte contre le cancer; et il touche particulièrement la population mâle qui traîne les pieds dès qu'on parle de consultation médicale. D'autant plus lorsqu'il s'agit d'examen des testicules, de la prostate ou de coloscopie. Or, aucun médecin dans son bon sens ne se moquera de vous s'il n'a finalement rien diagnostiqué de grave.

Le nageur Eric Shanteau [mon blogue du 21 juillet: cliquez] avait appris peu avant les Jeux olympiques qu'il avait le cancer à un testicule; il se porte bien aujourd'hui. Il n'a pas gagné de médaille à Pékin, si ce n'est celle du courage. Puis il a été opéré... Il participe désormais avec une conviction très personnelle à la campagne de prévention de l'OMS et de la Lance Armstrong Livestrong Foundation. Il rappelle que le cancer deviendra la première cause de mortalité d'ici 2010, selon l'OMS, et que les jeunes hommes entre 15 et 40 ans sont beaucoup plus affectés qu'on ne l'imagine.

Ulysse

jeudi 15 janvier 2009

Barbes bizarres et magnifiques moustaches




A la question: "Pourquoi te laisses-tu pousser la barbe?", la réplique est simple: "Pourquoi pas!" Chez les Occidentaux, c'est sans effort. Pas besoin de planter, d'arroser, de répandre un engrais. Les gars d'Extrême-Orient n'ont pas tous un matériel génétique suffisant... Autres réponses: "A vélo, elle me sert de cache-nez et d'écharpe"; "C'est une amie toujours prête à me donner une caresse"; "Elle éloigne les mauviettes et les connasses"; "Elle me rappelle mes racines et correspond à ma nature sauvage".

Le photo
graphe Nadar a pris ce portrait d'Auguste Rodin en 1893: un long visage surmonté d'une crête qu'on dirait militaro-punk aujourd'hui; et la barbe forestière annonçant la toison blanche que le sculpteur arborerait plus tard. L'Anglais Chris Stowers a parcouru l'Hindoustan pour photographier les ornements pilleux les plus impressionnants. Ils figurent dans son livre A Guide to the Bizarre Beards and Magnificent Moustaches of Hindustan. "Ces barbes et moustaches, dit-il, racontent l'histoire de l'Inde contemporaine -- comment elle s'occidentalise, mais aussi comment les traditions et le goût de la parade subsistent." Mais la certitude que la barbe souligne la virilité est en train de disparaître. Les jeunes hommes trouvent qu'elle les vieillit, leurs copines qu'elle pique. Et les stars de Bollywood ou du cricket ont rasé leurs solides moustaches; les plus jeunes adoptent la barbe de trois jours.

J'ai laissé p
ousser ma barbe vers l'âge de 22-23 ans. Un pari avec quelques camarades d'études. Ma motivation secrète était d'apparaître un peu moins jeunot. Personne n'était dupe. Je crois avoir toujours arboré barbe ou moustache depuis lors, mais n'en suis pas totalement sûr. Cela a si peu d'importance... Je me souviens d'un épisode où j'ai demandé par gestes à un barbier turc de me couper les cheveux et raser la barbe en ne laissant que la moustache. Devant le miroir, le soir, j'ai dû rectifier tant bien que mal: j'avais l'air d'un canard. Ce barbier avait aussi brûlé les poils de mes oreilles avec une allumette et robustement massé mes épaules. Puis il m'avait proposé un massage plus complet dans son arrière-boutique, avec un sourire entendu... C'étaient les vacances d'automne, j'étais bien accompagné; j'ai refusé poliment. Un proverbe nordique affirme que la sagesse est dans la tête, pas dans la barbe.

Ulysse -- Sources: beardrevue.com -- Portland Monthly -- L'homme souriant: le brasseur Craig Nicholls, photo Chris Hornbecker.

mardi 13 janvier 2009

-- La perfection au masculin? -- Pas besoin!




Lorsque le pape se rend sur le blogue de Buck Angel pour s'octroyer quelques frissons avant de s'endormir, il entend le rire sardonique du diable résonner dans la cheminée où se meurt un pauvre feu allumé par sa gouvernante... Ce brave Buck occupe à lui tout seul le chapitre le plus pimenté des études de genre américaines [que le pape a potassées avant Noël]. Née Susan, Buck Angel est devenu le plus célèbre acteur transgenre du porno américain. Il fume le cigare et possède un certain panache, de l'humour et de la bravoure, denrées rares dans sa profession.

Fillette, Susan était déjà un garçon manqué, ce qui ne gênait guère ses parents. Belle jeune femme, elle a exercé le métier de mannequin sans enthousiasme, noyant son sentiment d'incohérence dans l'alcool et la drogue. C'est en voyant un film traitant de la transformation sexuelle de femme à homme qu'elle a compris son problème d'identité et s'est informée sur ce qu'elle devrait entreprendre pour devenir le gars qu'elle souhaitait. Deux ans plus tard, grâce aux injections de testostérone et à l'ablation de ses seins, Buck commençait
sa vie de mec. Au programme: musculation, barbe et tatouages. J'admire chez lui le réalisme, la pensée positive à l'américaine, la capacité de tirer enseignement des épreuves sans se plaindre. Car le chemin du transgenre est un parcours de combattant. "The tragic part has made me a better person." J'admire encore plus qu'il ait su s'arrêter à l'étape qui lui convenait, sans vouloir à tout prix atteindre "la perfection au masculin". Les opérations de phalloplastie sont onéreuses (beaucoup plus que celles que demande la filière contraire, mâle à femelle), et le résultat n'est ni satisfaisant ni fonctionnel. Buck Angel est un mec qui exhibe fièrement sa chatte d'origine.

Alors, lui demande-t-on, une femme avec une apparence d'homme? Non, répond-il, un vrai homme qui possède une chatte! Et qui jouit comme une femme? Non, je suis pénétré comme on pénètre un homme! Finalement: femme ou homme? Un mec avec une part féminine bien développée! Mais un homme sans pénis...? Les injections de testostérone ont stimulé la croissance de mon clitoris qui peut atteindre la taille respectable d'un
doigt...

Les personnes transsexuelles figurent dans de nombreux DVD cochons. La plupart intéressent un public mâle hétéro qui se régale à la vue de créatures miraculeusement dotées de seins, de couilles et de queue. Des trans, donc, qui se sont arrêtées en chemin. Certaines iront plus loin si elles gagnent suffisamment d'argent pour financer les opérations. Ces films sont, paraît-il, pour la plupart d'une grande banalité, comme la majorité de ce que produit l'industrie du porno hétéro. Les DVD de Buck Angel font exception car, bien que distribués par la filière majoritaire, ils sont tournés avec un peu plus de soin. Ils pervertissent les catégories mêlant la baise catholique (bite dans vagin) entre deux créatures musclées [pas catho], la baise sodomique (par exemple: un hétéro pénétrant un homo que Buck suce), la stimulation godée entre une femme et Buck, et ainsi de suite... Buck prend vraiment son pied, avec une fureur mâle et un enthousiasme femelle [ce que le pape approuve].


Bien sûr, il a de quoi envier Buck Angel, ses compagnes et compagnons de trans-ition, pour la richesse des expériences qu'elles/ils collectent sur leur chemin de vie. Néanmoins, personne n'est parfait et... c'est aussi une qualité!

Ulysse
Armistead Maupin (Chroniques de San Francisco, Michael Tulliver est vivant), Buck Angel et Lady Bunny.

vendredi 9 janvier 2009

Commando: le front de libération du pacson




Un peuple se défait de ses colonisateurs; des jeunes descendent dans la rue un joli mois de mai pour changer le monde et s'émanciper sexuellement; des femmes jettent le soutien-gorge et leur sujétion aux orties. Le besoin de libération est partout, même dans les petites ou grosses culottes. En anglais, on appelle les femmes qui veulent s'en débarrasser des freebuffers -- voyez Sharon Stone dans Basic Instinct et le mouvement du Jeudi sans slip. Les Américains qui se dispensent de porter slip et caleçon durant la journée se nomment entre eux les freeballers, ils vivent les boules en liberté; les Anglais nomment cela aller commando. C'est le mouvement de libération du pacson que les Écossais n'ont pas attendu pour laisser souffler le vent sous leur kilt.

Des deux côtés de l'Atlantique, l'usage est accrédité par l'armée. Lorsqu'il faut réduire le barda, on élimine
d'abord les sous-vêtements. Et dans la jungle, n'en pas porter augmente la ventilation de l'entre-jambe, diminue les risques d'infections (mycoses, etc.). Cela réduit aussi le temps de défécation au combat. En cas de feu, même sous un uniforme ignifugé, les sous-vêtements comportant des fibres synthétiques risquent de fondre à la chaleur.

C'est l'aspect technique
justifiant le sans-rien-dessous... Aux temps anciens, on ignorait le port du sous-vêtement (sauf pour lutter contre le froid); la toge romaine, la djellaba, le sarong se portaient avec ou sans moule-burnes. Et jusqu'au milieu du siècle dernier, la classe ouvrière n'avait pas les moyens financiers de se procurer le calcif ni le marcel. En hiver, les hommes portaient le même caleçon long jour et nuit. Puis ces pièces de vêtement sont devenues pour ainsi dire obligatoires jusqu'à l'avènement du chauffage central. Désormais, avec les moyens d'hygiène et de lessive actuels, chacun fait comme il lui plaît. Ou presque...

Certains ont besoin de justifications pour oser. Les femmes laissent entendre que le soutien-gorge pourrait
avoir un lien avec le cancer du sein. Elles soulignent combien c'est plaisant de ne pas montrer de marques de slip sous la jupe ou le pantalon. Et on est d'accord: la petite culotte de dentelles en synthétique ne se justifie que lorsqu'elles la mettent le soir pour l'enlever aussitôt après... Les mâles jettent le caleçon pour d'autres motifs que la séduction. Ils veulent d'abord honorer leur part sauvage, reconquérir un espace de liberté, même si cela demeure une satisfaction secrète (avec des signes plus ou moins visibles). Sur les forums de discussion dans lesquels les gars s'encouragent mutuellement -- en recherchant ce male bonding, ce soutien et lien affectif si nécessaire entre mecs -- à passer du week-end couilles libres à la semaine entière. Oui: au travail, le soir à une réception, en visite médicale, dans le vestiaire de sport... Ils échangent des conseils et des trucs -- la cruauté sanglante des fermetures à glissière, la transparence des tissus --, décrivent les situations embarrassantes qu'on imagine. Certains n'ont jamais connu d'autre enfermement que les langes. D'autres se décident à l'adolescence, lorsque leur mère ne peut plus en faire façon. Ou passent du slip au caleçon pour choisir finalement la liberté. La majorité fait le saut à l'âge de raison, qui peut être de 29 ou 59 ans. C'est si difficile de devenir adulte...

Portrait de Jean-Baptiste Belley (en 1797), né au Sénégal, expédié et vendu comme esclave à Santo Domingo où il a pu acheter sa liberté. A été capitaine de police à Paris, mêlé à la révolution française, puis américaine. C'est visible: l'élégant portait à droite. Les hauts-de-chausses de l'époque étaient étroits et les tailleurs ménageaient plus d'espace dans l'un des canons, selon le choix du client.
-- Emprunté à Scribalterror, blogue de Gail Hapke.


Ulysse

mercredi 7 janvier 2009

Garder le goût des activités charnelles pour bien vieillir




"De quoi as-tu peur?", demande le magazine alémanique Display à Reto Hobi, 24 ans, étudiant et gay. "J'ai peur de vivre seul lorsque je deviendrai vieux." Dans le même numéro (déc.-janv.), l'ex-présentateur du Tagesschau (infos) à la télévision Charles Clerc, retraité et compagnon de longue date du comédien Jan Zierold, déclare: "A 30 ans, j'ai fait une dépression parce que je pensais qu'à cet âge, tout était fini. Pourtant c'est alors que tout a vraiment commencé pour moi." Et aujourd'hui, à 65 ans? "Quand tu regardes le miroir et observes le déclin du corps... c'est insupportable! Une vraie saloperie!" Néanmoins il en rit... Encore dans Display, un article présente Christoph et François, les deux associés d'un service zurichois de soins à domicile intitulé Gay Nursing. Particulièrement appréciés par les handicapés et les vieillards solitaires lorsqu'il s'agit de leur hygiène intime.

Au poids des ans, on associe communément décrépitude de l'esprit et du corps, perte du plaisir charnel et solitude. L'horreur dont seule pourrait nous sauver, du moins un peu, la vie en couple. Pourquoi faudrait-il que les ans pèsent si lourd? Ce qu'on perd d'un côté avec l'âge, on le gagne de l'autre à condition d'être et de rester en bonne forme mentale et physique. Chacun n'a pas ce privilège, surtout s'il ne l'a pas cultivé depuis au moins la quarantaine... Abordons ici le sujet de la sexualité et de la sensualité dont les hommes âgés parlent peu aux plus jeunes, alors qu'ils devraient les préparer aux différentes étapes de leur vie.

Vieillir avec verdeur, garder le goût des activités charnelles, étendre encore son champ érotique, c'est d'autant plus agréable que nous, les seniors d'aujourd'hui, s
ommes... plus jeunes que jamais. Et le couple, la famille ne nous protègeront pas forcément de la solitude... Que faire? A chacun sa recette... En voici une. Cultiver une saine indépendance, considérer la sexualité comme un élément sacré de notre existence et ne pas négliger les organes de l'amour dont font aussi partie la parole et le coeur (physique et symbolique à entraîner tous deux). Pratiquer: la respiration du ventre; la décontraction de l'entre-jambe; l'exercice régulier des muscles internes de cette région (afin de pisser dru et bander dur). Ne pas négliger les activités sensuelles (échanges de massages) et sexuelles plusieurs fois par semaine (même si l'on ne va pas jusqu'au bout), avec soi-même, en couple, voire plus -- pourvu que cela se déroule dans l'harmonie, sans précipitation ni impatience. Fini les branlettes bâclées, on a le temps de prendre soin de soi. Un cours de massage pour apprendre à jouer avec la finesse et la fermeté du touché, pour savoir donner des caresses et en recevoir...

Lorsque la sexualité et la sensualité s'exercent comme un art sacré -- et un sacré plaisir, l'âge ni la solitude ne comptent plus, à condition de s'aimer hors du regard des miroirs.

Ulysse

lundi 5 janvier 2009

Les chroniques de la guerre sainte perpétuelle


M
ardi 30 décembre, un soldat israélien couvert du taleth, le châle de prière, se recueille le matin dans une aire de déploiement près de la frontière de Gaza. Est-il en train de louer Dieu? Prie-t-il pour l'anéantissement de l'ennemi ou pour sauver sa peau? Demande-t-il pardon d'être obligé de participer à cette opération, invoque-t-il la paix sur ces deux peuples en folie menés à l'affrontement par des partis qui visent les prochaines élections?


Photo: David Silverman/Getty

Dans le deuxième Livre des Chroniques (ancien testament) au chapitre 20 on lit:

Josaphat se tint devant le parvis neuf et s'écria: "Yahvé, Dieu de nos pères, [...] dans ta main sont la force et la puissance, qui pourrait te résister? Ce pays, n'est-ce pas toi, notre Dieu, qui l'as enlevé à ses habitants? Ne l'as-tu pas donné à la race d'Abraham que tu aimeras éternellement?" [...]

Au milieu de l'assemblée, Yahziel parla: "[...] Ne craignez pas, ne vous troublez pas devant cette foule immense; cette guerre n'est pas la vôtre, c'est celle de Dieu. Demain vous mènerez l'assaut. [...]

Au départ, devant les guerriers, il plaça les chantres de Yahvé qui le louaient, vêtus d'ornements sacrés, en disant: "Bénissez Yahvé, éternel en sa loyauté." Alors Yahvé tendit un piège aux Ammonites [...]. Et ils furent vaincus. [...]

Il est un point d'où l'on aperçoit le désert. Quand ils l'atteignirent, les Judéens firent face à la population: il y avait un tas de cadavres à terre, aucun survivant. [...] Et le pillage des cadavres commença.

Cité par Ulysse

samedi 3 janvier 2009

L'esprit est comme un parachute...


"L'
esprit est comme un parachute, il fonctionne mieux lorsqu'il est ouvert". Cet aphorisme m'est parvenu dans un
courriel expédié par un/e inconnu/e... Je l'applique illico en procédant au mariage improbable entre des photos de Tristan Savatier et le nouveau livre de Matthieu Ricard. Le photographe a participé plusieurs fois au grand rassemblement du Burning Man [voir ma note du 29 décembre]; on peut admirer ses reportages sous http://playa-dust.com [cliquez] et le suivre dans d'autres explorations du monde sous www.loupiote.com. Paru en novembre dernier chez Nil, L'art de la Méditation de Matthieu Ricard, remporte un grand succès de librairie. Ce moine bouddhiste, interprète du Dalaï-lama en français, participe aux recherches en neurosciences qui sont menées aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et en Suisse sur les effets physico-chimiques de la méditation.

Dans son petit livre, Matthieu Ricard explique que la pratique méditative s'adresse autant aux laïcs de tous bords qu'à des personnes désirant approcher le bouddhisme. La méthode proposée entraîne un changement de qualité de la vie quotidienne, développe l'attention (idées claires, efficacité), apporte un état pacifié (moins de stress, de colère, d'anxiété) et permet une meilleure compréhension de la réalité d'où découlent un altruisme naturel (sans efforts) et des relations interpersonnelles plus souples.

Voilà la méditation vendue comme une technique d'entraînement pour managers pressés... Ce qu'elle est! Néanmoins, ses bénéfices s'étendent beaucoup plus loin. Ricard,
dans un entretien accordé au magazine Nouvelles Clés [actuellement en kiosque]: "Le Dalaï-lama dit que c'est un drame de prétendre que la compassion et l'altruisme sont du ressort des religions. Car la tendresse, l'affection, l'amour ne sont pas des choix religieux, ce sont des nécessités biologiques pour mener une vie qui a du sens: ils forment l'essence même de la qualité de l'existence humaine de chaque instant. Sans du tout renier ce que la voie bouddhiste peut éventuellement apporter à celui qui s'y engage, et sans vouloir dénaturer les pratiques et donner une version light de la méditation, il ne faut pas que la société actuelle se prive des principes fondamentaux de l'entraînement de l'esprit. Ils font aujourd'hui partie du patrimoine culturel et spirituel de l'humanité. Cela n'a rien à voir avec des dogmes quelconques, mais tout à faire avec des données empiriques étudiées par les bouddhistes depuis 2500 ans [...]"

Dans son livre, Matthieu Ricard pose la question: "Est-il possible de changer?" Amorce de sa réponse: "[...] La qualité première de la conscience, qui est simplement de connaître, n'est intrinsèquement ni bonne ni mauvaise. Si l'on regarde par-delà le flot turbulent des pensées et des émotions éphémères qui traversent notre esprit du matin au soir, on peut toujours constater la présence de cet aspect fondamental de la conscience qui rend possible et sous-tend toute perception, quelle que soit sa nature. Le bouddhisme qualifie cet aspect connaissant de lumineux, car il éclaire tout à la fois le monde extérieur et le monde intérieur des sensations, des émotions, des raisonnements, des souvenirs, des espoirs et des craintes en nous les faisant percevoir. [...] Le fond neutre et lumineux de la conscience nous offre l'espace nécessaire pour observer les évènements mentaux au lieu d'être à leur merci, puis pour créer les conditions de leur transformation."
Définition de la méditation: "Il s'agit principalement de se familiariser avec une vision claire et juste des choses, et de cultiver des qualités que nous possédons tous en nous, mais qui demeurent à l'état latent aussi longtemps que nous ne faisons pas l'effort de les développer."

Plus loin: "L'entraînement de l'esprit permet non seulement de remédier aux toxines mentales, comme la haine et l'obsession, qui empoisonnent littéralement notre existence, mais aussi d'acquérir une meilleure connaissance de la façon dont l'esprit fonctionne et une perception plus juste de la réalité. C'est cette perception plus juste qui nous permet de faire face aux hauts et aux bas de la vie, non seulement sans être distraits ou brisés, mais aussi en sachant tirer d'eux un enseignement profond."

Ulysse -- Photos de Tristan Savatier. De haut en bas: Escalade de la sculpture kinétique Colossus de Zachary Coffin. -- Camion NIMBY (not in my backyard) de Mike Snook. -- Yoga acrobatique: Gabrielle et porteur anonyme. -- Big Rig Jig, assemblage de tracteurs routiers, Mike Ross. -- Keith, alias SriKanta: jeu de torche. -- Leonidas: la symbolique du guerrier vulnérable. -- Pastèque: la communion par le melon.

jeudi 1 janvier 2009

-- Qu'est-ce que les danseurs de la "Jungle" peuvent attendre des croque-morts du Conseil fédéral? -- Rien, hélas.

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J'ai passé d'un an à l'autre dans la "Jungle", soirée gay du MAD à Lausanne. Quatre heures sur la piste de danse, interrompues par une brève pause pour un tour dans les étages. Musique house, celle qui fend les parquets et les tympans. Foule compacte: 1500 hommes dont trois poignées d'hétéros qui appréciaient l'ambiance plus vigoureuse et le bain de testostérone; quelques centaines de femmes (en majorité produits d'origine, à part les Brésiliennes) mais pas le haut du panier comparées à la splendide robustesse des mecs. Et une douzaine de gogo-boys barcelonais, bétail musclé passé à la cire, se trémoussant sans conviction ni goût du spectacle, probablement hétéros.

Qu'est-ce qu'un couillon de bientôt 73 balais peut foutre au milieu de ces types qui pourraient être ses fils et petit-fils? Eh bien: danser et profiter du spectacle! Contempler les gars. Ils ont sué toute l'année
afin de se muscler et ils se déhanchent torse nu pour rentabiliser l'investissement. A moins de 50 cm de tes yeux et tes mains, tant la foule est dense. Déchiffrer les images et les textes gothiques tatoués sur lesdits torses. Lire les formules imprimées sur la ceinture des slips. Étonnants ces catholiques et musulmans qui annoncent l'année "Calvin" (2009)! Honnêtes ces gars qui avouent que leur paqueton est "Klein", petit! Les portables fournissent aussi de la distraction: photos qu'on vient de prendre sur la piste, photos pour se stimuler, reportages en direct adressés aux copains qui se trouvent à l'autre bout de la salle.

Il faut être en alerte pour tenir debout malgré les tamponnements. La règle de ce siècle veut que, lorsqu'on se rend d'un endroit à l'autre, on traverse la piste en fendant la foule -- cigarette et verre à la main -- plutôt que d'emprunter les passages dégagés. On se fraie un chemin en taillant
dans la masse à coups d'épaules, hanches, genoux et chaussures; le liquide éclabousse les danseurs, les cigarettes laissent des traces sur les peaux nues... Le sous-sol s'inscrit "boys only". Une Mère Noël distribue des présés à l'entrée du coin sombre. Et comment les autres mères protègent-elles la santé de leur fils à peine adulte? Ce bel espagnol (noeud pap, torse vêtu seulement d'une fine bretelle retenant son pantalon noir) a été gavé d'ail! Peu de risque qu'on le cerne de trop près.

En patinant sur les trottoirs et escaliers givrés pour rentrer chez moi, je passe devant une autre boîte à danser. Les agents de sécurité séparent plusieurs gars prêts à s'étrangler, un Turc éponge le sang sur son visage. Les filles supplient leurs mecs de cesser la bagarre, les engueulent, insultent le
camp adverse avec des "ta mère n'est qu'une pute" ce qui facilite le travail des agents. Couleurs de peau et accents variés; hétérosexualité obligée et affichée.

Dans la mouvance gay, le multi-culti, la coexistence des races, des cultures et des classes sociales est très développée. Non par idéalisme, mais dans l'intérêt de chacun. Car ce mélange stimulant, excitant enrichit notre vie sexuelle, culinaire, touristique
et -- finalement -- nos amours. Je revois ces belles gueules méditerranéennes qui ont transporté mon regard durant la nuit et, sans crier gare, apparaît la photo officielle [très trafiquée, cliquez pour l'agrandir!] du Conseil fédéral pour 2009. Les sept ministres suisses, parmi lesquels celui qui a gagné le lot de consolation d'être président pour un an (cravate bleue) et la chancelière (dernière à droite). Dans leur costume de croque-morts... C'est évident sur la photo: les problèmes actuels dépassent la compétence de ces schnocks. Leur déguisement inconscient annonce leur disparition imminente. Il faut à la Suisse une gouvernance d'un type nouveau (un peu moins débile de chez les débiles) qui déborde l'échelle de ce pays enfermé dans son cercueil de verre aux poignées dorées. Bye-bye les nanas à l'air trop satisfait et les couillons sans vision, dégagez le terrain, place aux jeunes!

D'où ma question: qu'est-ce que les beaux danseurs de toutes nationalités qui étaient rassemblés cette nuit au MAD, eux qui vivent, travaillent et paient leurs impôts en Suisse, peuvent attendre des schnocks alignés sur cette photo? Edgar Morin prétend que lorsqu'un "système n'est plus capable de traiter ses problèmes vitaux, il régresse".

En attendant le néant, je nous souhaite à tous bonne année. Dans un climat d'incertitude, il faut savoir saisir les plaisirs improbables (photo, cliquez!) même quand on se fait mettre! C'est peut-être brutal, mais riche en découvertes et en transports...

Ulysse