jeudi 30 avril 2009

La discrimination des gay: en progression mondiale



La prochaine Journée internationale contre l'homophobie aura lieu le 17 mai. Et, malheureusement, ce ne sera pas la dernière. Par exemple, il y a quelques jours, le Burundi est devenu le 39ème Etat africain à pénaliser l'homosexualité. Par exemple, aujourd'hui à Dakar, des chefs religieux sénégalais ont annoncé la création d'un Front islamique pour la défense des valeurs éthiques -- lisez: de lutte contre les homosexuels. Ils réagissent à la libération de neuf hommes emprisonnés pour délit d'homosexualité. Et rappellent que le prophète a dit: "Si vous trouvez des gens en train de pratiquer les pratiques du peuple de Loth, tuez-les." [Lot, aussi dans la bible, épisode de la visite des anges à Sodome.]

Interrogé par des journalistes dans la banlieue de Dakar, l'imam Mamadou Lamine Diop a précisé: "Ce sont des
gens qui méritent d'être mis au ban de la société quitte même, s'ils refusent de le faire, à ce qu'ils rejoignent le silence des cimetières (...) qu'ils soient tout simplement éliminés de la vie." Les neuf hommes avaient été condamnés en janvier à huit ans de prison après avoir été arrêtés dans un appartement privé. Le 20 avril, la Cour d'appel avait annulé la procédure. Amnesty International avait immédiatement appelé le Sénégal à assurer leur sécurité "face à de possibles attaques homophobes" qui n'ont pas manqué. Ce pays est musulman à 95%, ce qui n'empêche pas le débat de se poursuivre dans les médias locaux, comme dans d'autres régions d'Afrique, sur le caractère universel de l'homosexualité. Car, pour justifier le rejet, on avance habituellement qu'elle est une "maladie" purement occidentale.

Autre exemple d'homophobie. Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants débattait cette semaine d'une loi concernant les crimes haineux (hate crimes). L'une des opposantes républicaine à cette loi, Virginia Foxx de Caroline du Nord [photo], a menti par deux fois dans son intervention devant ses collègues. Pour défendre sa cause, elle a d'abord cité un journaliste "libéral" qui se serait opposé à la loi, alors qu'il s'exprimait sur un autre problème. Puis elle a affirmé que les assassins de Matthew Shepard -- un jeune homme tué en 1998 -- l'avaient roué de coups pour le voler, et non comme ils l'avaient avoué devant la justice parce qu'il était gay. (L'affaire Shepard était devenue une cause célèbre.) Devant l'ampleur des réactions de militants, la vieille dame a dû se rétracter. Mais elle n'a pas présenté d'excuses à Judy Shepard, mère du jeune homme, qui assistait au débat depuis la galerie du public.

Ulysse

mardi 28 avril 2009

Réserve naturelle pour les gay en goguette dans un parc amstellodamois


D
ans le quartier
de Slotervaart, à Amsterdam, un parc public a été doté aujourd'hui même de panneaux attribuant les divers espaces à des activités précises. Placées aux entrées, ces indications conduisent les promeneuses et promeneurs vers leur zone d'intérêt. Un porte-parole de la mairie locale a informé: "Nous avons clairement signalé ce qui se passe dans chaque zone et précisé que nous avons consacré une réserve naturelle aux homosexuels en goguette." Les panneaux dirigent aussi les visiteurs vers les lieux de baignade, vers une plage où les chiens peuvent courir en liberté. Ainsi les parents qui craignent la présence des chiens pour leurs enfants savent où se rendre.

Selon la mairie, l'objectif est d'éviter que les gens ne se dérangent les uns les autres, "et cela ne vise pas seulement les homosexuels", selon le porte-parole très diplomate. "C'est aménagé de manière que chaque groupe puisse jouir de ses loisirs préférés dans sa propre zone."

Il faut préciser: 1) que ce sud-ouest de la ville et ses parcs attirent (ou attiraient) des homosexu
els de tout le pays et même de plus loin; 2) qu'au siècle dernier Amsterdam était la capitale incontestable des gay européens, le lieu où nous nous sentions libres et (presque) acceptés, donc un but de séjour qui faisait tourner l'industrie touristique amstellodamoise en dehors de la saison des tulipes; 3) qu'aujourd'hui la concurrence des métropoles accueillantes pour les gay est vive -- Berlin, Barcelone, Prague entre autres; 4) que plus de la moitié des 45'000 habitants de Slotervaart est d'origine étrangère, surtout musulmane. D'où le zonage du parc pour éviter de trop grands chocs de civilisation. On connaît les difficultés des Pays-Bas en ce domaine.

Cette mesure est probablement tardive car les moeurs évoluent, elle a néanmoins le mérite de la franchise.

Ulysse

mercredi 22 avril 2009

Les homos ne sont pas seuls au fond du placard



Dix ans avant le tournant du siècle, l'universitaire américaine Eve Kosofsky Sedgwick publie l'ouvrage qui fera date dans la perception que nous avons des sexualités et de nos identités. Elle s'est éteinte dimanche de Pâques, à l'âge de 58 ans, des suites d'un cancer du sein. Epistemology of the Closet, Épistémologie du Placard (1990 aux Etats-Unis, 2007 en français aux éditions Amsterdam) a lancé l'étude de la théorie queer aux côtés des travaux de Judith Butler, Teresa de Lauretis, Monique Wittig, Kate Bornstein et autres.

Le malheur pour nous profanes, c'est que les ouvrages de ces dames, et ceux des hommes qui sont ensuite montés dans le train, sont écrits dans un jargon difficilement compréhensible. [Épistémologie = étude critique de... Théorie queer = étude de la revendication identitaire des groupes minoritaires, les altersexuels, les tranpédésbisgouines.] Et peu de passeurs ont pris la relève pour nous traduire la quintessence de ces recherches remarquables. J'ai l'impression que nous autres hommes -- hétéros, bis, homos, etc. -- pourrions évoluer plus rapidement dans l'entente indispensable entre nous si on nous expliquait clairement les découvertes de la théorie queer.

Dans son parcours de recherches, Eve Sedgwick a d'abord étudié (Between Men, 1985) la relation unissa
nt deux hommes amoureux d'une même femme dans les romans de langue anglaise (Charles Dickens, Henry James). L'amitié et la rivalité entre ces hommes se fondait sur la double élimination de la féminité et de l'homosexualité (alors qu'ils éprouvaient des sentiments presque amoureux l'un envers l'autre). L'auteure relevait que le thème du désir homosexuel caché figurait dans de nombreux textes littéraires. [En tant que mâle gay, je perçois bien que ma peur du féminin est infime par rapport à la terreur (et l'envie) que ressentent de nombreux frères hétéros face à ce qu'ils appellent la passivité (la réceptivité) de la femme. Quant à l'homo satisfait et compétent dans les deux positions...]

Avec Épistémologie du placard, elle essayait de cerner les différentes manifestations du désir et la manièr
e dont la culture occidentale les définissait. C'était, disait-elle, le but des études queer. On ne peut pas comprendre les relations entre femmes et hommes si l'on n'a pas perçu ce qui se passe entre les personnes d'un même sexe, y compris la possibilité d'un lien physique. Il y a de multiples expressions au coeur des cultures et des sexualités; et les discours politiques, religieux, médicaux, psychologiques ou littéraires sont loin d'avoir épuisé le sujet.

A mi-chemin entre l'étude féministe et la perspective homosexuelle, Eve Sedgwick -- intellectuelle, militante et hétérosexuelle -- a toujours manifesté son amour des gay, particulièrement des hommes gay pour lesquels elle s'est engagée jusque dans le combat contre le sida. Elle avait découvert son cancer en 1991, avait gagné le premier round, puis perdu un sein dans le deuxième (1996). Dans son livre A Dialogue on Love (1999), elle décrivait comment elle envisageait sa mort, avait traversé la dépression et définissait son identité sexuelle après la mastectomie.

Ulysse

mercredi 15 avril 2009

Plongée dans les moeurs politiques et sexuelles amer-loques


Ce mercredi, date-butoir pour remettre sa déclaration d'impôts, une minorité bruyante d'Américains de la base a protesté, sous la pluie, contre la politique fiscale du président Obama (qui venait d'accorder des réductions d'impôts aux familles modestes). Ces citoyens mal informés et incohérents en ont profité pour lui reprocher, entre autres, ses liens avec l'Islam et le communisme international. Lancée par des intérêts financiers néo-conservateurs (gagnants sous Bush), cette manifestation rappelait la Boston Tea Party de 1773, où la cargaison de thé d'un navire venant d'Angleterre avait été jetée dans le port en signe de protestation contre les taxes imposées par les Britanniques... Signe de modernité, les manifestants d'aujourd'hui ont exprimé leur indignation avec des sachets de thé, tea bags.

Et de Tea Party, la manifestation contre Obama est devenue la Tea Bagging Party. Ce qui a déclenché l'hilarité de l'autre camp -- voici pourquoi. Dans le langage populaire, le tea bag, le sachet de thé, l'infusette, désigne le scrotum, l'enveloppe cutanée des testicules. Et tea bagging, le trempage de l'in
fusette dans l'eau chaude de la tasse, devient l'insertion des bourses dans la bouche d'une personne. Le tea bagger est un homme accroupi sur un visage. Beaucoup d'intervenants à la télévision ont joué de ce double sens ces derniers jours. C'était à qui allait "infuser" l'autre. Car un tea bagger désigne aussi une personne méprisée pour son rang social ou son emploi modeste.

Exemples de tea bagging en Amérique. ### Les fraternités d'étudiants font subir des bizutages crapuleux à leurs novices. "A la résidence, hier soir, quand Tim était ivre mort sur le carreau, il a été infusé (tea bagged) par une dizaine de mecs." Bon, Tim n'était pas en état de sucer des couilles; ses tourmenteur
s ont simplement frotté leur entrejambe nu sur son nez. ### Soirée de strip réservée aux dames. John, strippeur à son collègue Jim: "T'as vu la vieille là-bas?" Jim: "Ouais." John: "Elle vient de me payer un tea bagging." Jim: "C'est ma maman..." ### Moeurs de bureau. On frotte ses couilles sur le portable, la souris, la tasse à café d'un collègue ou d'un chef détesté. En son absence.

La Boston Tea Party, c'était après le Moyen Âge. Le tea bagging, c'est médiéval, dégradant pour l'organe concerné. Sauf s'il s'agit d'un acte consensuel.

Ulysse

dimanche 12 avril 2009

La nudité, la peinture et l'humour: recette militante


U
ne précédente note concernant le cyclonudisme, Sortez vélos et pinceaux [photos renversantes!] a suscité la demande suivante, signée Deux nanas et Trois mecs: "SVP, passez-nous d'autres photos d'artistes de la pédale (sans jeu de mot) qui se mettent à poils pour sauver la planète. Ils nous inspirent. Ce blogue nous a donné envie de
participer à une manif. Il nous faut des modèles de décoration." Quelques remarques sur la nudité militante.

Le monde occidental rappelle ces jours le passage sur terre du plus important m
ilitant nu des vingt derniers siècles. Source d'inspiration pour les peintres qui, la plupart, l'ont représenté vêtu d'un léger pagne. Mais nu il le fut, cloué sur la croix. Les Romains avaient coutume de dévêtir les condamnés à mort par crucifixion pour souligner le côté avilissant de la peine qui était publique. Et dans les arènes, ils présentaient les premiers chrétiens nus aux fauves qui allaient les démembrer.

De la libération des péchés, passons à la purification de l'air
pollué. C'est l'une des causes actuelles et, pour faire passer le message, des groupes de militants à travers le monde ont décidé d'organiser des rallyes publiques de cyclonudisme. Ils teignent les oeufs, mais pas pour les cacher. Humour et provocation, telle est la recette éprouvée depuis trente ans par les défilés dits de fierté gay qui rappellent la révolte des clients d'un bar new-yorkais de la Christopher Street lors d'une descente de police. Beaucoup de lesbiennes et d'homosexuels évitent la manifestation, par indifférence, crainte de se dévoiler, ou parce qu'elles/ils la trouvent ridicule. Mais si les clowns -- que je respecte sans les apprécier tou(te)s -- ne participaient pas au défilé, les caméras des médias seraient absentes et le message ne passerait pas.

Telle est la recette qu'appliquent aussi les cyclonudistes. En créant un trouble de
l'ordre social très divertissant, ils font passer leur message sur la vulnérabilité de l'être humain aux fumées de toutes sortes. Et, en même temps, ils stimulent (peut-être aussi) la réflexion des passants sur la consommation abusive de fringues, sur l'utilisation d'une image idéalisée du corps pour faire vendre, et sur la diversité des corps réels qui ont tous leur attrait dès qu'ils sont en mouvement. La nudité n'est pas forcément appel à un acte sexuel immédiat...

Conseils aux
Deux nanas et Trois mecs: protection contre le soleil, casque, housse ou petit linge sur la selle, peintures appropriées au visage et au corps. Plus d'infos auprès de World Naked Bike Ride et Cyclonudiste, s'il se réveille. Pour l'art: les nombreux blogues de l'artiste lausannois Youri Messen-Jaschin.

Ulysse

vendredi 10 avril 2009

Pourquoi Jack Wrangler fut "un icone" gay dérangeant



John Stillman, alias Jack Wrangler, est mort cette semaine des suites de complications pulmonaires à l'âge de 63 ans. Ce mec doué et intelligent, qui exerça la profession d'acteur porno dans les années 1970 à 1980, joua un rôle important dans la libération des gay américains et au-delà. Il fut aussi un icone dérangeant. Explications.

Une icône est une image de piété vénérée par les chrétiens d'Orient. Les linguistes ont fait subir un changement de sexe et l'ablation de l'accent à ce vocable pour l'inscrire dans la définition profane de la représentation graphique donnée à une idée, un archétype. Devant un icone, on s'interroge sur sa fonction de signe et non d'image. Sauf qu'avec Jack Wrangler, c'est un
peu ambigu. L'image était virile, gaulée à vous faire puissamment saliver, donc sujette à l'adoration. En même temps, avec d'autres collègues, il apporta une impulsion vigoureuse au mouvement d'émancipation des gay. Sa prestance couillue encouragea un grand nombre d'homosexuels à développer le macho qui sommeillait en eux et nous donna le signe que nous n'étions pas forcément cantonnés à une vie de style Cage aux Folles ou Boys in the Band: nous pouvions sortir du placard en bombant le torse [= sans demander pardon à notre entourage].

Acteur de télé à l'âge de 9 ans, notamment dans une série religieuse, fils du producteur de Bonanza, éducation Beverly Hills. Sa mère lui répétait: "Sois réceptif à toute
s les merveilleuses possibilités de la vie" et c'est ce qu'il a fait, se retrouvant parfois dans des situations inextricables, "mais c'était aussi très amusant". Travaillant dur pour devenir acteur, il n'a pas trouvé sa place d'adulte sur les scènes de théâtre, est devenu go-go, strip-teaser, puis hardeur dans le porno gay. Un des films qui a fait époque: Kansas City Trucking Company (1976). Ses shows solo dans les boîtes gay sont dans toutes les mémoires des jeunes homos de l'époque: mi-cabaret, mi-strip, il charmait son public, chantait, puis se lâchait en se désapant. Ensuite, il a passé au porno hétéro (plus rémunérateur) ce qui a offensé ses fans gay et réjoui les femmes (et les hommes) d'en face. Son père n'a jamais lâché de remarque sur ses choix professionnels, sinon ceci: "J'espère que tu as déjà décidé de ton prochain coup sur l'échiquier". Mais non, dit-il, "les choses se produisaient en leur temps".

A 33 ans il s'est épris de la chanteuse Margaret Whiting qui en avait 55. Ils ont fini par se marier et n'eurent aucun enfant. "Je ne suis pas bisexuel ni hétéro, je suis gay," répondait-il en novembre dern
ier au magazine Advocate. "Mais je n'aurais jamais pu vivre selon le modèle gay car je suis fondamentalement dans la compétition. Quand j'étais avec un mec, je voulais toujours le dépasser, dans le travail, les fringues... tout. Une femme, tu peux la défier à mort, mais comme elle et toi vous venez de points différents, il n'y a pas de conflit, c'est juste stimulant." John Stillman, alias Jack Wrangler, était devenu concepteur et producteur de comédies musicales dans sa dernière reconversion. Sa femme et lui militaient contre le sida.

Ulysse

mercredi 8 avril 2009

"Mon épouse ne supporte pas que je me masturbe"


D
ans sa chronique
Savage Love qui paraît aujourd'hui, Dan Savage répond à un homme qui lui expose le problème suivant [résumé]. "Mon épouse ne supporte pas que je me masturbe. Nous avions décidé que je pourrais le faire lorsqu'elle n'est pas à la maison, mais elle quitte rarement notre domicile sans moi. Nous avons une vie sexuelle très satisfaisante, néa
nmoins j'ai de grands besoins et j'aime me branler de temps en temps. Elle dit que c'est comme si je la trompais. Il y a un an, je l'ai réellement trompée -- oui, je suis un idiot! -- et peut-être que c'est ma punition. Mais j'ai besoin de me masturber pour faire baisser le stress ou parce que je suis excité et veux me calmer le plus rapidement possible pour me concentrer sur autre chose. Je trouve stupide d'avoir à me justifier auprès d'elle."

"Cumfaces", montage réalisé par l'artiste britannique Stuart Sandford. Il demande aux lecteurs de son blogue de lui envoyer des photos prises au moment de l'orgasme.

Réponse de Dan [résumé]. Lorsqu'une personne que vous aimez réagit de manière irrationnelle et contrôlante, vous avez deux options. 1) Perdre votre temps à lui expliquer combien c'est injustifié et irritant. 2) Lui dire ce qu'elle désire entendre, puis vous branler lorsque vous en avez besoin et ruser. Aussi longtemps que vous êtes un amant attentif et que vous ne laissez pas de traces (mouchoirs ou chaussettes), sentez-vous libre de mentir et de ne pas confronter son irrationalité.

Réactions des lectrices et lecteurs du Stranger de Seattle. ## Beaucoup de gens s'accommodent de situations pires. Pour moi, l'attitude de votre partenaire est immature, sans respect de votre intimité. On dirait qu'elle n'y connaît rien à la sexualité masculine, et peut-être rien non plus à la sienne. ## Quel manque d'assurance de la part d
e cette femme! ## Mon mari a essayé de me donner mauvaise conscience lorsque je me masturbais alors qu'il m'avait refusé de faire l'amour. Finalement, il a compris que c'était ça ou le tromper. ## Ne vaudrait-il pas mieux vous demander d'où vient le stress qui vous pousse à vous masturber? On peut arguer que cette solution est moins nocive que la cigarette, les sucreries ou l'alcool; mais elle ne répond pas au problème. ## Il pourrait lui proposer de venir le regarder. Comme ça elle aurait le choix et devrait admettre qu'il ne la trompe pas... J'adore quand une femme me regarde faire. J'aime aussi voir une femme en train de se fabriquer. ## Je pense que Dan vous a conseillé de mentir parce qu'il sait que vous ne resterez plus longtemps avec elle. J'espère que vous n'avez pas d'enfants, la séparation détruirait leur vie.

Ulysse

vendredi 3 avril 2009

Il faut absolment sauver le mariage! -- De quoi?




Il raconte les récents voyages avec son épouse, les bons gueuletons, ses problèmes de santé (sans se plaindre) que la prise de poids n'aide pas à combattre, sa philosophie qu'il estime très positive; il est heureux de sa vie. Puis il demande à brûle-pourpoint: "Et toi, t'as quelqu'un?" (Traduction: depuis le temps que ton compagnon est mort, tu devrais avoir trouvé un petit copain...) "Non, pas facile à mon âge!" (73 ans.) Et, comme si nous n'avions rien de plus intéressant, de plus personnel à mettre sur la table entre deux membres de la même famille qui ne se voient pas même une fois par an et se parlent tous les trois mois par téléphone (si je l'appelle), il enchaîne: "Qu'est-ce que vous avez, vous les homosexuels, à demander le mariage? Quoi qu'il en soit, pour faire un mariage, il faut deux personnes de sexe opposé. Deux hommes ne peuvent pas faire d'enfant." (Ah, je ne savais pas; mais comme il est médecin, je veux bien le croire...)

C'est le
genre de discussion où il ne faut pas se fatiguer à chercher des arguments. Il parle pour exprimer son point de vue, pas pour entendre le mien. J'esquisse quand même: un signal pour la société, l'égalité de traitement, l'homophobie encore très présente, la difficulté pour beaucoup de jeunes à faire admettre leur orientation dans le milieu familial et social... Tous ne chercheront pas à se marier, mais d'avoir cette possibilité, c'est... Et puis, celles et ceux qui ont un vrai désir d'enfants, qui possèdent une fibre parentale d'autant plus affirmée qu'elles/ils doivent vaincre plus de difficultés... Enfin, qui a dit que les moutards sont le produit obligé du mariage?

Mais, poursuit-il, les enfants ont besoin d'un... et d'une... (Vous devinez quoi? Vous l'avez déjà entendu -- ou exprimé?) Là, je me tais et je pense à sa descendance, à tout ce qu'elle a traversé dans le conflit ouvert où se sont affrontés la... et le... durant tant d'années. Je pense aussi qu'en France, en 2008, plus d'enfants sont nés hors mariage (51%) qu'au sein de couples juridiquement mariés. Alors, si quelques
belles âmes lesbigay qui ont la fibre parentale veulent rendre hommage à cette vénérable institution, pourquoi tant de palabres? Elles/ils rencontreront peut-être autant de difficultés que les couples "normaux" à demeurer unis. Ou peut-être moins, étant donné la ténacité et le dévouement qu'elles/ils auront mis à former leur famille.

Mon dictionnaire, Le Petit Robert (les hétéros choisissent plutôt La Rousse) est à jour. Il définit le mariage comme l'union légitime de deux personnes dans les conditions prévues par la loi.

Ulysse -- Photo ci-contre: uknakedmen.com