dimanche 3 mai 2015

Champions de force et de lutte, modèles nus : les frères Deriaz


Ulysse, Samson, Maurice.

Émile.

Adrien.
Champions de force et de lutte, les sept frères Deriaz étaient nés à Baulmes (Jura vaudois) dans les années 1880. Ils étaient fils de Jules, apiculteur et tisserand qui, un soir d'hiver, avait rencontré un ours brun sur son chemin et s'était battu victorieusement contre lui. Les jeunes gars se sont expatriés comme beaucoup de Suisses, car le pays était pauvre et les familles nombreuses. Émile, Maurice, Adrien, Ulysse et les autres ont fait carrière en France. Leurs exploits en haltérophilie, lutte gréco-romaine et jiu-jitsu leur ont permis de prendre place parmi les champions du muscle à un très jeune âge. Et de mener une carrière internationale en s'exhibant dans les fêtes foraines, puis les cirques et les music-halls internationaux.

Maurice.

Hercule aux pieds d'Omphale (1910).

Maurice posant dans l'atelier du peintre Gustave Courtois.
Adrien Deriaz a atteint le sommet de la forme au tournant du siècle et n'a pas hésité à poser sans feuille de vigne pour des artistes et des photographes friands de physiques mâles. En fouillant dans les archives, on se rend compte que le filon du nu a été exploité dès l'invention de la photographie vers 1840. Un siècle et demi plus tard, durant ses années de famine, Schwarzenegger n'a pas hésité à poser à poil pour des messieurs fortunés, puis le succès venant il a endossé le mini-slip des bodybuilders. Il a fini par mettre un pantalon pour devenir gouverneur.

Maurice battant son record.

Ulysse et son fils Samson.

Adrien.

Émile.
Les mensurations de Maurice Deriaz, Le lion suisse, roi de la beauté plastique, étaient fabuleuses pour l'époque. Quelques tableaux du peintre Gustave-Claude-Étienne Courtois datant entre 1907 et 1913 illustrent des thèmes mythologiques perpétuant la renommée de ce champion. Comme d'autres Hercule de Foire à l'époque, le lutteur a lancé des défis aux spectateurs leur promettant un joli pactole en cas de victoire sur le ring. De Glasgow à Saint-Pétersbourg, il n'a jamais été battu. Il est mort en 1974 dans son village natal de Baulmes où la mairie conserve plusieurs tableaux de Courtois qui le représentent.


D'autres athlètes de l'époque.

En 1888, un chaud admirateur de corps musclés "où l'énergie et la souplesse sont jointes" les décrit ainsi: "Des boules roulent dans leurs bras et les deux seins dressent leur pointe sous le maillot qui très étroitement s'accointe au torse, en faisant mieux saillir tous les dehors. Et leurs reins, lorsqu'ils remuent, ont la souplesse des félins. Il n'ont pas le souci des regards féminins dévorant ce qu'ils laissent entrevoir de peau nue."     André

Source principale de documentation: fredsmuseum.blogspot.fr




9 commentaires:

Xersex a dit…

voilà une histoire de famille que je ne connaissais pas.

Je dois encore décider si les photos "vintage" je les aime ou non. Cependant, elles sont des exemples intéressants

Xersex a dit…

à propos d'amitié, sais-tu que je n'ai même pas réussi à moi faire des amis pour le sexe? pour cela je vais à un club de sexe. Aussi je suis paresseux, même pour les amitiés normales, alors je demeure dans ma maison, avec mes livres, mes disques et pour le sexe, j'ai mon club de sexe.

unnu a dit…

Je lutte pour résister devant ces clichés d'antant, je suis toujours autant étonné devant l'étendu de tes connaissances bonne semaine, André .

ZobàDada a dit…

Merci beaucoup pour ce bel article concernant une famille d'athlètes que je ne connaissais pas.

Les photos anciennes de ce genre sont toujours un régal à regarder.

Bonne semaine.

philippe pillon a dit…

Magnifiquement, glorieusement, virilement, sportivement rétro! Merci André! mention spéciale pour Emile nu!

Fred. A a dit…

merci de me citer parmi tes sources. Comme tu as beaucoup plus d'amis que moi (ou bien c'est qu'ils sont beaucoup plus bavards et communicatifs chez toi), ça me permet de récupérer quelques visites!

André a dit…

Salut Fred! Grâce à ton commentaire d'aujourd'hui j'ai découvert tes autres blogues. Non, les mecs qui commentent régulièrement ici ne sont pas "bavards", ils apportent souvent des compléments ou des réflexions qui me font réfléchir, parfois aussi des opinions contraires qui m'obligent à préciser ma position, ou la modifier. Certains jours, ils laissent juste un petit bonjour amical.

Dimanche dernier, Case des Hommes a comptabilisé plus de 3500 visiteurs. Un vivier qui explique pourquoi les commentateurs changent de saison en saison. Certains gars passent ici régulièrement pendant quelques mois et commentent ou posent des questions au vieux bonze que je suis, puis vont regarder ailleurs. La différence entre tes blogues de haute qualité historique et le mien tient au fait que CdH est un site généraliste.

Au sujet des frères Deriaz: je les avais repérés depuis longtemps dans un site en langue anglaise peu documenté. Et l'autre jour je suis tombé sur un autre qui donnait ton lien. Et j'ai mordu à l'hameçon puisque j'habite la région, mais quelque chose de pressant m'y poussait. J'ai compris pourquoi samedi. Le même jour un quotidien local a publié un texte liant Maurice aux tableaux de Courtois et à la mairie de Baulmes -- sans allusions aux photos des frères à poil, bien sûr... C'est ce qui s'appelle "synchronicité", un phénomène dont je parle de plus en plus dans le blogue.

ama a dit…

Coïncidence du coté de votre lectorat aussi. J'ai rencontré il y a quelques jours un beau lutteur, suisse, et d'environ votre age André. Nous devons nous revoir prochainement. L'histoire que vous narrez me plait forcément beaucoup.
Comme toutes les autres.
Merci bien.

Fred. A a dit…

je plaisantais sur les bavards, parce que chez moi les visiteurs sont un peu avares de commentaires.
Synchronicité plus magie de la bibliothèque internationale du web en effet puisque jusqu'à il y a quelques mois je ne connaissais le tableau d'Hercule et Omphale qu'en noir et blanc par les critiques du salon de 1910, et la surprise fut grande de découvrir les deux autres et leur lien avec le legs de Maurice Deriaz à la ville. Je me suis alors aperçu que j'avais déjà publié des photos de ses frères sans les avoir identifiés (entre autres l'article sur Desbonnet). Bon, je cherche toujours qui est le "John" de la carte postale cela dit...
J'update moins mes blogs actuellement, depuis la grande frayeur de la censure et aussi parce que le projet de livre avec mes photos de lutteurs me prend beaucoup de temps. Comme je commence à m'acheminer aussi vers un âge canonique, mes motivations changent comme l'urgence des priorités. En ce sens ton exemple me fait du bien.