mercredi 20 juin 2018

Le foot, la testostérone, la violence et l'homosexualité





Les premiers matchs de la Coupe du Monde nous ont réservé quelques résultats imprévus, de l'inespéré pour ce sport corrompu par les marchands. Dans le vrai jeu autour du ballon, il n'y a pas d'entrepreneurs qui dirigent tout, mais simplement une équipe de mecs qui sont là pour dérouiller leur corps et s'adonner au besoin, très masculin, de gagner ou de se soumettre à un adversaire que l'on respecte en espérant le vaincre un jour. Apprendre à accepter la défaite virilement est utile, tant dans la vie professionnelle que privée. Cela permet de mieux collaborer, de muscler son art du compromis et d'avancer dans la vie.








Quant aux spectateurs massés dans le stade, ils traversent sans s'en rendre compte des états d'âme féminins et masculins à cause de l'issue incertaine du match. Ils "soutiennent" tel joueur comme une épouse son mec, ou le vouent aux gémonies, le vilipendant et le traitent de tarlouze, d'enculé, de gonzesse, tout le registre de la déception. Ils régressent à l'état primitif des cavernes. Mais en fait, ils ne pensent pas un instant que le mec visé est gay. Il ne peut pas y avoir d'homo dans le sport, encore moins dans les vestiaires.






Est-ce la faute à la testostérone ? Une étude a montré que le désir de victoire des supporters faisait augmenter leur taux de testostérone avant même qu'ils ne posent leur cul dans le stade. Et durant le match, il s'élevait d'un tiers par rapport à une journée ordinaire, à la même heure. Bien mieux encore: la vision d'une vidéo porno convaincante fait doubler la production de la précieuse hormone en un temps record. Mais le gars concerné retrouve ensuite le niveau initial. La testo est-elle vraiment la cause de la violence masculine ?







Oui, la testostérone combinée avec une enfance violente, une éducation lacunaire, des revanches à prendre, l'enrôlement dans une bande qui consomme des produits dangereux crée des mecs brutaux. La famille et la société les ont abandonnés, puis les punissent... D'autres chercheurs qui se sont penchés sur l'hormone mâle ont démontré qu'elle n'augmente pas seulement le potentiel combatif et créatif de l'homme, son goût du risque, elle renforce parallèlement un comportement social dans ses interactions avec ses semblables, elle lui permet d'adopter une attitude plus équitable et de renoncer à la tricherie aussi bien qu'à la corruption. Les dictateurs sont souvent de pauvres mecs en manque de testostérone naturelle. Regardez la tronche de Hitler ou l'énorme cul d'un certain président aux cheveux jaunes. L'embonpoint est souvent provoqué par un déficit de cette hormone qu'il péjore encore au fur et à mesure des kilos ajoutés.







Peu importe l'orientation sexuelle des spectateurs et des artistes du ballon rond. Le milieu du foot, comme des autres sports, doit apprendre à vivre en bonne harmonie avec la différence de race, de religion et de façon d'aimer. Elles ne concernent ni les compétitions, ni les vestiaires. La société occidentale a fait quelques progrès en ces domaines. Les sportifs étant très fixés sur leur carrière ont pris du retard sur l'évolution des mentalités. Ils confondent virilité et hétérosexualité, ils confondent aussi nudité et sexualité. Pourtant, il s'en passe des choses dans les vestiaires et lors des beuveries après match... Mais comme c'est entre "hétéros" et sous l'effet de l'alcool, cela ne compte pas. J'admire le sixième sens des footballeurs, la manière dont ils se passent le ballon comme s'ils avaient une paire d'yeux derrière la tête. Lorsqu'ils appliqueront leur finesse aux relations humaines, ils seront de vrais champions.

André



samedi 16 juin 2018

Le dur labeur des bûcherons après une violente tornade sur la ville





Lundi dernier, peu avant minuit, ma ville a été noyée sous une trombe de grêle et d'eau durant une dizaine de minutes. Une violence jamais égalée de mémoire de Lausannois; c'est un record suisse. Des torrents dévalaient les rues de notre cité pentue, emportant boues et branches d'arbres, soulevant les grilles d'égouts. Le lendemain, les parcs publics étaient fermés pour permettre aux bûcherons d'évacuer les troncs déracinés et les branches cassées. Les dégâts s'élèvent à environ cinq millions de francs (un peu plus en dollars, un peu moins en euros). Dans un jardin voisin, un vieux pommier était couché, déraciné. C'est triste, une mort d'arbre. Mon plaqueminier (arbre à kakis) a bien résisté, mais ses branches supérieures sont complètement ébouriffées. Le figuier n'a pas bronché et le buisson de kiwis a conservé sa souplesse. J'ai appliqué des pansements à la douzaine de plants de tomates, partout où les tiges n'étaient pas complètement cassées et j'ai pu les redresser. Ce sont des variétés anciennes de toutes les couleurs dont je partage la récolte avec mes voisins. -- André


































mardi 12 juin 2018

Remplacer la Pride des paquets et pectos par une Marche solidaire




C'est la saison des Marches dites de la Fierté LGBT. Je revois la première de ces manifestations en Suisse, à Berne (la capitale). Un samedi de 1979 -- dix ans après la révolte dans un bar de Manhattan, le Stonewall, où les clients, menés par une bande de folles résolues et intrépides, s'étaient révoltés contre la police qui multipliait les descentes et les arrestations... À Berne, j'avais décidé de "soutenir" les courageux marcheurs, mais en restant spectateur. Quand j'ai vu le nombre restreint des Romands (les francophones) derrière le seul calicot en français, je les ai rejoints. Imaginez l'étonnement, l'émotion de voir des policiers retenir les voitures aux carrefours pour nous laisser passer ! C'était, il y a près de 40 ans. Pas de drapeau, de déguisement, pas de rires, c'était solennel. Le mot gay n'existait pas encore. Les rares curieux le long du cortège n'avaient jamais vu autant d'homosexuels.



Dans les journaux du dimanche, on pouvait voir la photo de notre douzaine de Romands, chacun bien reconnaissable. À l'époque, j'étais président du groupe gay le plus important de mon canton. Plusieurs membres m'ont reproché d'avoir participé à la marche. Selon eux, c'était trop dangereux. Et le lundi matin, quelques chers collègues de l'entreprise où je travaillais se sont rendus chez le directeur pour lui montrer la photo. J'avais informé le patron de mes activités militantes et il leur a répondu que ma conduite au travail était irréprochable. La vie d'un LGBT sorti du placard est un long fleuve de comings out.





À l'époque, nous n'aurions pas imaginé que la majorité bien-pensante envisagerait un jour de tolérer -- et finalement d'agréer -- que nous soyons traités comme des êtres égaux. Face aux lois, notamment concernant le mariage et la famille. Et que les fichiers de police à notre endroit seraient détruits, les discriminations sanctionnées. Au fur et à mesure de cette évolution, les Marches de la Fierté sont devenues plus détendues. Le public massé le long de nos cortèges a découvert que les pédés pouvaient être musclés et bronzés, et les travestis très rigolos, voire d'une élégance folle. Nous les pionniers, sérieux et chargés de mission libératrice, nous frémissions en voyant que cette manifestation perdait sa vocation première qui était, à nos yeux, de nous montrer comme des gens raisonnables et bien intégrés. Néanmoins, le côté carnavalesque n'a pas empêché l'évolution des mentalités. Certains nous ont jugés et nous méprisent encore, d'autres ont été rassurés et conquis.


Varsovie.

Aujourd'hui, la situation des personnes LGBT n'est pas assurée. À l'Est de l'Europe, nos soeurs et frères vivent encore dangereusement. Dans certains pays dits démocratiques, la progression est stoppée. D'autres minorités aussi sont en danger. Nous les privilégiés, qui avons connu l'épreuve du sida et y avons survécu, nous ne devons pas oublier ceux qui rencontrent de grandes difficultés, notamment les LGBT en quête d'une vie nouvelle hors de leur pays dévasté. Il y a de nombreuses manières d'apporter de l'aide; à chacune et chacun d'entre nous de s'y mettre selon ses talents.


Justin Trudeau et son fils, l'an dernier à Toronto.

Justin Trudeau, vendredi dernier.

Aux États-Unis d'où nous vient la Marche gay des fiertés, le mot pride est utilisé à toutes les sauces, aussi bien religieuses que commerciales et politiques. Et l'on est fier d'être Américain, comme si c'était un privilège gagné de haute lutte. Pride, signifie aussi l'orgueil, la vanité, l'amour-propre, l'arrogance [voyez ci-dessus à droite]. Moi, je n'ai pas honte d'être suisse ou gay, mais je n'en suis pas fier non plus. Je n'y suis pour rien. Ce que la fierté gay a signifié au départ, c'est que nous n'étions pas des êtres inférieurs. Mais aujourd'hui, je souhaiterais que cette manifestation annuelle devienne la Marche du Soutien, de l'inclusion. Qu'à notre tour nous nous préoccupions de ceux qui sont dans des situations délicates, qui sont méprisés et mis de côté. Comme nous l'avons été.

André







Rome.




Tel Aviv.


Athènes.

Bucarest.