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dimanche 22 juin 2014

Soldats nus: une photo tant qu'ils ont encore tous leurs membres...








Ces autoportraits de soldats américains et ces photos prises par des copains me serrent le coeur. Instantanés envoyés à la petite amie pour dire "Ne m'oublie pas", ou à d'anciens potes, avec ce commentaire: "Ici, dès qu'on sort, on sait jamais qui est ami ou ennemi, ils sont tous habillés pareil. Mais ça nous empêche pas de prouver qu'on en a, on n'est pas des mauviettes". Les visages sont graves. Ces photos ne ressemblent pas aux selfies qu'ils envoyaient durant une soirée arrosée. Elles dévoilent que consciemment, ou non, ces petits gars veulent conserver une image de leur corps intact. Parce qu'on ne sait jamais.                  André









Un vétéran de la guerre en Afghanistan et sa fille de 7 mois.

La conclusion en deux photos qui figurait ci-dessus a été modifiée dimanche soir. Le blogueur allemand FrankMark de Gay Feelings m'a signalé que le cliché de l'amputé sur le lit était falsifié. Comment qualifier la légèreté du photoshopeur 1) vis-à-vis du gars concerné, mais surtout 2) face aux invalides de guerre, civils et militaires dont le nombre augmente chaque jour au Proche-Orient et en Afrique?






lundi 14 avril 2014

"Très répandu dans la société, le pénis mérite d'être photographié"



J'ai présenté le photographe Robert Siegelman ici le 3 janvier 2013. Poursuivons le dialogue avec cet Américain de 60 ans qui s'intéresse au passage du temps et aux relations entre hommes de générations différentes.

"Mon rapport avec mes modèles est avant tout professionnel. Cela dit, certains d'entre eux sont des amis ou le sont devenus. Les prises de vues deviennent souvent une expérience très intime, mais cela dépend de la chimie qui se développe entre nous. Je n'ai pas de limite d'âge dans le choix des modèles car je cherche à photographier un large éventail d'hommes avec des corps très différents. Le plus âgé devant mon objectif avait 80 ans. En revanche la loi prescrit l'âge minimum. La plupart de mes modèles viennent spontanément ou me sont recommandés, je n'ai pas besoin d'aller les chercher.


"Je m'intéresse au passage du temps, comment il m'affecte physiquement et autrement, par exemple dans mes attirances. J'examine à quoi je ressemble et, dans certaines photos, avec des hommes plus jeunes. Je me regarde évoluer à travers mes travaux. Je m'interroge aussi sur le nu masculin et sa réception par la société. La nudité semble poser un défi important. Peut-être parce que les hommes  se voient encore comme le genre dominant et qu'ils veulent contrôler le genre d'images publiées à leur sujet. En se dissimulant, ils espèrent aussi cacher leur vulnérabilité.



"Qu'est-ce que je veux évoquer par mon travail? Je tends un miroir à ceux qui veulent bien regarder, pour qu'ils y voient quelque chose qui leur ressemble. Et j'aime déplacer les limites. Rendre le nu masculin plus visible et continuer à provoquer. Je désire apporter une nouvelle conscience du corps et de la sexualité. Le pénis, par exemple, est assez répandu dans la société. Nous sommes nombreux à en posséder un exemplaire et à en tirer des avantages. Pourquoi donc ne pas le mettre en images, hein! Dans les médias, il y a tant d'images de violence. Nous voyons tellement plus d'illustrations d'armes à feu que de pénis. J'aimerais croire quand même qu'il y a plus de gens qui se promènent avec un pénis qu'avec un fusil!"


(Extraits d'une interview publié dans The Pride Review. Les photos de Robert Siegelman sont publiées dans son blogue Robert Siegelman Studio 58.)

André

mercredi 5 mars 2014

Shen Wei : photographe nu, miroir de lui-même et du monde


Autoportrait (recadré): attente.

Autoportrait (recadré): thé.

Autoportrait: la rivière Suzhou.


Après un tour auprès des anonymes de la République populaire de Chine, voici un photographe qui a un pied dans son pays et l'autre aux États-Unis. Shen Wei est né à Shanghai en 1977. Il a suivi les cours d'une école hôtelière, puis a été serveur dans un hôtel -- première expérience loin du cocon familial. "Les clients venaient de partout et je me demandais quel genre de vie ils menaient." Percevant ses goûts artistiques, son chef lui a confié la décoration des panneaux annonçant les menus. Ce fut une révélation pour Shen qui s'est inscrit dans une école de design des emballages. Puis, de fil en aiguille, il a travaillé sur des catalogues, des affiches, des sacs à commissions et des publicités. "C'était du graphisme, je gagnais bien ma vie, mais ne pouvais pas m'impliquer."

Autoportrait à Bangkok.

Autoportrait: piscine aux États-Unis.

Autoportrait à Bénarès.
En 2000, il a été accepté au Collège d'art de Minneapolis où il espérait se développer dans la peinture. Mais tout a changé alors qu'il suivait le cours d'introduction à la photographie. "Ce médium m'inspirait tellement que j'ai décidé de devenir photographe. Je n'avais pourtant jamais touché une caméra. Je ne savais pas que la photo pouvait être un art. En Chine, quand on visitait une galerie, c'était pour voir des tableaux." Après ses études, Shen Wei s'est installé à New York pour explorer les thèmes de l'identité et de la sexualité aux États-Unis, travail qu'il a intitulé Presque nu. En 2008, il est enfin retourné en Chine où il devait donner une conférence à l'Université du peuple de Pékin. "Mais j'ai eu de la peine à expliquer ma recherche en chinois parce que j'avais tout étudié et conceptualisé en anglais. De plus, c'était nouveau pour mes auditeurs."

Arthur (USA).


Dan (USA).
Pour se reconnecter, Shen Wei a entrepris des voyages à l'intérieur du pays, hors des grandes villes, là où il pouvait appliquer ce qu'il avait appris à Minneapolis et retrouver la Chine de son enfance "des choses auxquelles je n'avais pas fait attention à l'époque." Cliquez sur son site si vous désirez suivre son évolution américaine et sa découverte du pays natal. Je comprends sa nostalgie, les brumes du petit matin, la verdure des parcs, les personnages isolés dans leur chambre. Plutôt que les grands déploiement de populations, voitures et usines. Je comprends parce que j'ai pris le temps de traverser la Chine en train et c'était en 1966. Puis j'y suis retourné plusieurs fois trente ans plus tard...

Autoportrait à Syracuse (USA).

Autoportrait: automne.
Autre projet de Shen Wei: Tu me manques déjà, autoportraits à poil. "Chaque image est un moment d'introspection et de rébellion, écrit-il. Un pas vers l'acceptation." Il parle de son éducation dans un pays aux moeurs conservatrices. "Cela représente aussi la quête de notre place dans la nature et la société," précise-t-il. Exhibitionnisme? Non, pas du tout comme le photographe amateur dont j'ai présenté le blogue Auto Eroticism le 9 février dernier. En exhib, on éprouve un besoin de provoquer, un plaisir à imaginer la suite sexuelle, sans souhaiter de contact. Shen combat sa pudeur épidermique, la difficulté commune à tous de montrer ses imperfections corporelles (amplifiée par la photoshopisation de la société) et peut-être d'autres questions d'identité. Mais notez ceci: la plupart des artistes qui pratiquent le portrait et le nu ne s'impliquent pas personnellement. Lui s'est exposé avant de demander à ses modèles de le faire. Il les comprend, ne les prend pas de haut, ne vend pas leur chair. C'est d'autant plus remarquable pour un gars entouré d'arrivistes, comme on l'est en Chine, et de carriéristes sans scrupules aux États-Unis.

André

Autoportrait: équilibre.

Autoportrait à New York.

La mare de la Demi-Lune, Hongcun.

dimanche 9 février 2014

Un homme se met à nu, s'interroge, se photographie et partage









C'est un journal, un autoportrait moral et physique sur tumblr que l'auteur du blogue Auto Eroticism a commencé à publier le 27 septembre 2013. Il se définit ainsi: écrivain, photographe et modèle, le tout roulé dans une même personne. Et il précise: sexe et vie sont inséparable. J'ai traduit quelques morceaux choisis. -- André



Ma vie a recommencé en 2013 après des années de voyages à travers le monde. Je me retrouve [à 50 ans] seul dans un pays étranger, mais pas si étranger que je ne puisse y envisager mes cinquante prochaines années. Oui, je suis un optimiste, et si je ne l'étais pas, cela me rendrait réaliste, au risque de m'expédier au fond d'un trou noir; mais cela ne me ressemble pas.
Ce déménagement m'a pour la première fois fait prendre conscience de mon âge et des limitations qu'il va imposer à la seconde partie de ma vie. Mais que je ne les ai pas encore ressenties, ni physiquement, émotionnellement, mentalement ni -- et c'est très important -- sexuellement.

Le lendemain de la première fois avec un  homme fut un matin de culpabilité, de doute, de volupté et d'érotisme. Comme je l'ai mal supporté, et en même temps aimé de me lever, de me rendre nu jusqu'à la douche et de l'entendre dire: "Ton corps est vraiment sexy!"
Ces sentiments négatifs sont encore en partie présents aujourd'hui -- bien qu'atténués par les années, l'expérience et la sagesse aussi. Cependant d'autres doutes se font jour: suis-je encore assez sexy? Pourtant, la nuit passée, j'en ai eu la preuve à travers les râles de plaisir, les tremblements de son corps, ses doigts et ses orteils crispés, et notre splendide décharge finale. Mais qu'en sera-t-il dans deux ou trois ans?


La plupart des gens mangent à midi. Parfois, je rentre à la maison et
joue à des jeux nus.


Combien de fois me suis-je donné du plaisir durant toutes ces années? Je ne le sais pas, il y a longtemps que j'ai arrêté de compter. Mais ni la fréquence ni la jouissance n'ont diminué. Au contraire cela s'est intensifié!












Il m'arrive de chercher quelque-chose qui n'est pas là.






 

Je vais me trouver dans cette position face à K. puis sous lui. Bruit des baisers, respiration haletante, peau nue contre peau nue, la sensation intense de m'offrir totalement à K. et le fait que nous sommes aussi physiquement reliés l'un à l'autre que le peuvent être deux hommes.
La chaleur du corps-à-corps, la plénitude d'être bourré. Et ce ne sera que le début. Le temps passé avec K. est le plus intense, le plus érotique de toute ma vie.

 
Une pleine main. Ou juste une autre photo de bite? Comme la
plupart des hommes j'aime la mienne. Comme la plupart des hommes, je le soupçonne, j'aime regarder
celles des autres hommes.
Mais au contraire de la plupart d'entre eux,
je veux bien l'admettre.