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mercredi 21 mai 2014

L'amant du pêcheur japonais pris dans les tentacules d'un poulpe

Une interprétation récente de Go Hirano.
Les estampes érotiques japonaises (shunga), ont fasciné le monde entier. L'une des plus célèbres, le Rêve de la femme du pêcheur de Hokusai (vers 1814) stimule aujourd'hui encore le pinceau des artistes. Le Brésilien João Paulo Tiago, de Belo Horizonte, en a tiré sa propre version -- au masculin.


La femme d'Hokusai est enlacée par deux poulpes.

Hokusai: La grande vague de Kanagawa. (1831)

La version de João Paulo Tiago: L'amant du pêcheur et un poulpe.
L'invention de la photographie a détrôné les shunga, mais leur influence s'exerce encore sur les animes et les mangas. Les personnages qui apparaissent le plus souvent sont des courtisanes, des geishas et leurs clients. Des acteurs de Kabuki qui se prostituaient et de jeunes moines sont également mis en scène.

La nudité totale est peu représentée parce qu'elle n'excite pas les Japonais qui ont l'habitude de fréquenter les bains où tout le monde est nu. Au contraire, les vêtements retroussés au niveau des sexes amplifient la stimulation. Visez la représentation souvent démesurée des organes! Comme le porno aujourd'hui, les shunga servaient à la consolation des solitaires, à l'instruction des jeunes mariés et à l'édification des enfants.

Ado hétéro baisant une courtisane.

Entre hommes. (Vers 1750.)

Vieux moine, jeune trav. (Vers 1860.)
Lorsqu'on parle aujourd'hui de relations sexuelles entre adultes et mineurs, on ne parle que de pédophilie et on omet le terme de pédérastie qui concerne l'amour porté à un adolescent. Comme les Grecs qui considéraient la pédérastie sous un angle aussi bien éducatif que sensuel et sexuel, les Japonais de l'époque féodale la vivaient ouvertement -- les hommes mariés aussi bien que les moines qui avaient renoncé à (ou ne recherchaient pas) l'amour des femmes.

Ado dévoré par des nonnes.

Dialogue en Chine entre un soldat russe
et un soldat japonais (début du XXe siècle):

L'enculé (russe): "Aïe, ça me tue!"
Le Jap: "Je tire le coup de grâce et c'est bon!"

Les soldats russes au fond: "Foutons le camp avant qu'il nous mette aussi!"

Soldat japonais enculant un ennemi russe.
Les monastères pouvaient compter jusqu'à un millier d'hommes, d'adolescents et de garçons -- les plus jeunes n'y restant que quelques années pour s'instruire ou se destinant au noviciat. Les relations sexuelles (manuelles, buccales et anales) y étaient fréquentes, les couples signant un genre de pacte. Si les garçons devaient parfois se travestir pour plaire à l'aîné, on comptait bien qu'ils retrouveraient leur machisme ensuite. Certains se destinaient à une carrière de samouraï où ils pourraient poursuivre leurs relations très fraternelles avec d'autres guerriers, si tel était leur désir.

André 

jeudi 1 mai 2014

Des bodybuilders dans leur intimité la plus nue, poilue et secrète




Dès que leur ambition de faire de la masse se manifeste, des mecs sans scrupules profitent de leur jeunesse et leur naïveté. Ils leur fourguent des plans de carrière bidons, des aliments dangereux pour la santé, des produits dopants et des hormones qui vont les abimer et les obliger plus tard à faire des cures de désintoxication très lourdes. Ces profiteurs pomperont leur fric et leur feront signer des contrats dont ces nouvelles montagnes de muscles auront honte plus tard en lisant les petites lettres. C'est le sort des gars qui se lancent sans protection dans le business du bodybuilding -- une construction apparente de leur corps qui, en fait, les démolira.









Tout ces efforts pour finir par...


... donner des "représentations" très privées.



mercredi 25 septembre 2013

La part homosexuelle de Gustave Flaubert dans "Salammbô"

Tout le  monde connaît cette citation de Flaubert: "Madame Bovary, c'est moi", mais pas sa remarque collatérale: "Il y a des jours où j'aimerais être femme". À l'âge de 16 ans, Gustave note: "Bandaison dans la culotte pour le beau Morel. Intensité lubrique, masturbation réciproque avec Morel." Des jeux d'ado? Non.

Il a peu connu de femmes durant sa vie, si ce n'est des pensionnaires de bordel. En revanche, il se lie sentimentalement et sexuellement avec plusieurs hommes. Son ami Alfred Le Poitevin lui écrit: "Je t'embrasse le Priape en te socratisant. Je viendrai te voir sans faute lundi vers une heure. Bandes-tu?" Avec un autre compère, Maxime Du Camp, Flaubert échange une bague sur laquelle leurs noms sont entrelacés. Ensemble, ils entreprennent un voyage au Proche-Orient de 1849 à 1851 durant lequel Gustave amasse de la documentation pour Salammbô. À son autre grand ami Louis Bouilhet, il écrit du Caire: "J'ai reçu ta bonne lettre tant désirée, elle m'a remué les entrailles, j'ai mouillé." Il conclut: "Nous t'embrassons, pioche raide!"

Flaubert décrit ses aventures au hammam. "Tous les garçons de bain sont bardaches [invertis]. Les derniers masseurs, ceux qui viennent vous frotter quand tout est fini sont ordinairement de jeunes garçons assez gentils." "Ce jour-là, mon Kellak me frottait doucement quand, étant arrivé aux parties nobles, il a retroussé mes boules d'amour pour me les nettoyer, puis continuant à me frotter la poitrine de la main gauche il s'est mis à tirer sur mon vit et, le polluant par un mouvement de traction, s'est penché sur mon épaule en me répétant: bakchich, bakchich..." "À propos, tu me demandes si j'ai consommé l'oeuvre des bains. Oui, et sur un jeune gaillard gravé de la petite vérole et qui avait un énorme turban blanc. Cela m'a fait rire, voilà tout. Mais je recommencerai. Pour qu'une expérience soit bien faite, il faut qu'elle soit réitérée."

Dans Salammbô (1862), Flaubert décrit une guerre du IIIe s. av. J.-C. qui opposa la ville de Carthage à des Mercenaires révoltés. Au chap. 14, Hamilcar tend un piège aux mercenaires qui meurent de faim; ceux qui s'en sortent sont écrasés par une charge d'éléphants. Hamilcar force les derniers survivants à s'entretuer pour divertir ses troupes tout en les frappant de terreur.

"Ils reportaient sur un compagnon leur besoin de tendresse"

"Autharite [le Mercenaire] ne craignait pas de se montrer. [...] Balançant ses lourdes épaules couvertes de fourrures, il rappelait à ses compagnons un ours qui sort de sa caverne, au printemps, pour voir si les neiges sont fondues. [...] Le soir du neuvième jour, trois Ibériens moururent. On les dépouilla; et ces corps nus et blancs restèrent sur le sable, au soleil. Alors des Garamantes se mirent lentement à rôder tout autour [...] et se baissant vers les cadavres, avec leurs couteaux, ils en prirent des lanières; puis, accroupis sur les talons, ils mangeaient." Hamilcar feint de vouloir engager des Mercenaires. "Comme il lui fallait des hommes et qu'il ne savait par quel moyen choisir les bons, ils allaient se combattre à outrance; puis il admettrait les vainqueurs dans sa garde particulière. [..] Les Barbares s'entre-regardèrent silencieusement. Ce n'était pas la mort qui les faisait pâlir, mais l'horrible contrainte où ils se trouvaient réduits."





"La communauté de leur existence avait établi entre ces hommes des amitiés profondes. Le camp, pour la plupart, remplaçait la patrie; vivant sans famille, ils reportaient sur un compagnon leur besoin de tendresse, et l'on s'endormait côte à côte, sous le même manteau, à la clarté des étoiles. Puis, dans ce vagabondage perpétuel à travers toutes sortes de pays, de meurtres et d'aventures, il s'était formé d'étranges amours -- unions obscènes aussi sérieuses que des mariages, où le plus fort défendait le plus jeune au milieu des batailles, l'aidait à franchir les précipices, épongeait sur son front la sueur des fièvres, volait pour lui de la nourriture; et l'autre, enfant ramassé au bord d'une route, puis devenu Mercenaire, payait ce dévouement par mille soins délicats et des complaisances d'épouse."



"Ils échangèrent leurs colliers et leurs pendants d'oreilles, cadeaux qu'ils s'étaient faits autrefois après un grand péril, dans des heures d'ivresse. Tous demandaient à mourir, et aucun ne voulait frapper. On en voyait un jeune, çà et là, qui disait à un autre dont la barbe était grise: "Non! non, tu es le plus robuste! Tu nous vengeras, tue-moi!" et l'homme répondait: "J'ai moins d'années à vivre! Frappe au coeur, et n'y pense plus! Les frères se contemplaient, les deux mains serrées, et l'amant faisait à son amant des adieux éternels, debout, en pleurant sur son épaule. Ils retirèrent leurs cuirasses pour que la pointe des glaives s'enfonçât plus vite. [...] Parfois deux hommes s'arrêtaient tout sanglants, tombaient dans les bras l'un de l'autre et mouraient en se donnant des baisers." 

André 

dimanche 14 avril 2013

J'ai franchi le pas: j'ai payé un professionnel et j'ai pris mon pied !

André cède la plume à Philippe -- et vous
êtes aussi cordialement invités à rédiger un billet!


Voilà, ça y est... J’ai osé ou j’ai craqué, c’est selon le point de vue. Disons que j’ai osé "faire le pas" et que je n’en suis pas mort! On pourrait même dire que je me sens plus vivant qu’avant, bien qu’un peu épuisé ou agréablement languissant d’avoir passé entre ses mains! Les mains d’un professionnel de "la chôse"? Impensable autrefois!



Autrefois, c’était il y a encore quelques mois, à peine… Une relation qui s’était terminée, une abstinence sexuelle qui se prolongeait et un ami qui m’avait dit: "Toi, tu dois être du genre à aller voir les pros…" Un peu vexant à entendre quand on a la soixantaine juste dépassée et plutôt bien conservée! Vexant et blessant pour quelqu’un comme moi qui, quelques semaines auparavant, s’était encore payé le luxe, du haut de ses 58kg, d’éconduire et de ramener à son point de départ (sans consommer et la queue entre les jambes...) un mec plus jeune et beaucoup mieux bâti. Un qui n’avait pas eu la correction d’annoncer préalablement que c’était payant… (quoique négociable "pour toi"). Oui, vexant, blessant… et surtout faux!


Maintenant… c’est vrai (quel prophète cet ami!), oui je suis allé voir un "pro" et je ne me sens pas blessé pour autant... Oui, j’ai payé pour me faire faire du bien et c’était la première fois, si j’excepte tous les autres pros à qui j’ai laissé de l’argent dans ce but: médecins, kinés et autres thérapeutes… Et souvent bien plus pour beaucoup moins! Oui j’ai pris mon pied… Oui je me suis senti à l’aise et on a sans doute beaucoup moins parlé qu’avec un psy. Non, je n’ai pas eu envie de partir tout de suite "après", comme cela m’arrive avec certains non professionnels…




Oui, je serais bien resté encore un moment, étendu, sans gêne dans la pénombre orangée de son studio, pendant qu’il me nettoyait, sans hâte, avec une serviette chaude et ce qui ressemblait fort à de la douceur. Pour un peu, je me serais même laissé aller à une petite sieste et je crois qu’il n’y aurait pas vu d’objection… Mais je n’ai pas voulu abuser. C’était en début de soirée et aussi la fin de sa journée à lui. Parce qu’il travaille… Non, il ne fait pas que ça! Il est employé d’une grande entreprise de communication et cela c’est pour le fun! Le sien? J’ai envie de le croire, même si je ne pourrais le jurer, bien sûr… Celui des autres? Là, je suis bien placé pour vous le garantir parce que soir-là, tout m’a paru simple et naturel: les gestes, les quelques paroles échangées. Et même ma présence dans ce lieu et comme hors du temps... pendant 90 minutes!

Illustrations du peintre irlandais Cornelius McCarthy (1935-2009).
J’ai payé mon dû; il m’a encore offert un verre d’eau fraîche. Dans la cuisine, j’ai croisé son ami, rentré depuis peu et qui m’a serré gentiment la main… Nous avons échangé nos prénoms. Simple et naturel, je vous dit!

Il n’y a qu’une chose que j’aimerais changer quand je reviendrai, s’il est d’accord: la prochaine fois, je payerai d’abord. Je ne sais pas pourquoi, mais cela semblerait plus correct au yeux du vieux crypto-protestant que je reste, malgré tout...

Philippe