mardi 17 octobre 2017

La petite bite de salopards qui compensent par le pouvoir et le fric




Samedi dernier, un groupe de 120 psychiatres, psychologues et autres professionnels de la santé mentale a défilé à New York pour appeler à la destitution de Donald Trump. Le lendemain, Larry Flynt, patron du magazine Hustler -- à côté duquel Playboy ressemble à un journal paroissial -- offrait dix millions de dollars à quiconque lui apporterait des informations très compromettantes et vérifiables pouvant mener à la destitution du président. En son temps, Flynt avait promis un million à qui permettrait d'arrêter l'instigateur de l'assassinat de John F. Kennedy. En 1998, il a offert la même somme à ceux qui lui ont révélé des scandales sexuels commmis par les politiciens républicains qui accusaient Bill Clinton à cause de l'affaire Lewinsky.





Ci-dessus: trois poussahs qui occupent actuellement les gros titres des médias. À gauche: Larry Flynt a déclaré un jour que Trump était un genre de Mussolini avec une bite de 7cm. En 1978, Flynt a été canardé par un suprématiste blanc qui lui reprochait d'avoir publié une photo de relation sexuelle interraciale dans Hustler. Dans le fauteuil roulant qui l'accompagne depuis, Flynt a déclaré qu'il était opposé à la peine de mort. Néanmoins, accusé de huit meurtres, le type n'a pas échappé à l'injection léthale dans l'État du Missouri. Au centre: le mec qui joue avec l'avenir de notre planète. À droite: Harvey Weinstein [berk!] avec l'une des victimes de son casting couch, le canapé qui permet d'obtenir un rôle.




Le président Trump rend le monde encore plus dangereux qu'il ne l'était -- comment devons-nous réagir? Telle est la question posée par d'autres spécialistes américains de la santé mentale dans un ouvrage intitulé The Dangerous Case of Donald Trump. "La question que nous nous posons n'est pas de déterminer s'il est un malade mental, mais si il est dangereux." Et d'expliquer qu'au lieu de se focaliser sur sa personne, ils veulent éclairer la situation dans laquelle sa présidence plonge le pays. Il a mis en place une entreprise de démolition. Il s'est lancé à l'assaut du bilan de Barack Obama. Climat, libre-échange, santé, immigration, diplomatie, il défait systématiquement l'oeuvre de son prédécesseur. Comment a-t-il a pu accéder à ce poste?


Un dangereux malade entouré de ses lèche-culs.

Selon Larry Flynt, la destitution créerait une situation chaotique, mais l'alternative -- trois ans de plus avec tous les dysfonctionnements déstabilisateurs -- serait pire... Peut-être, mais pas sûr. Le vice-président Mike Pence qui reprendrait le flambeau se dit d'abord chrétien fondamentaliste, puis conservateur et républicain. Ce serait la fin de la séparation entre l'Église et l'État. Et le retour des femmes au foyer, l'interdiction partielle voire totale de l'avortement et de la vente des préservatifs. Des thérapies de conversion pour les lesbiennes et les gays, des mesures strictes contre les personnes transgenres et la restauration des discriminations contre les LGBT au nom de la "liberté religieuse". Pour lui le réchauffement climatique est un mythe et il refuse de "nuire" aux travailleurs en votant contre l'augmentation du salaire minimum. Je m'arrête là.


Le vice-président.

"Il faut souvent changer de politiciens, c'est comme les langes et pour la même raison." -- Mark Twain.

Que dire au sujet de la conduite sexuelle des abuseurs/violeurs Harvey Weinstein et Donald Trump? Là aussi les partis politiques s'accusent mutuellement. Weinstein -- à qui nous devons plusieurs films passionnants et qui a beaucoup soutenu financièrement les candidats démocrates -- a utilisé son immense pouvoir financier et ses avocats marrons pour étouffer les dénonciations de la part des victimes, de leur entourage et des médias. Weinstein est finalement coincé, mais un autre salopard notoire (au moins quinze victimes) court toujours et a été nommé président.


Soutien financier bien-aimé du parti démocrate.

L'épouse de Weinstein décide soudain de divorcer.

Harvey Weinstein a beaucoup soutenu le mouvement des droits féminins et a manifesté en faveur de l'égalité. En même temps, il exerçait le droit de cuissage dont bénéficiaient les puissants seigneurs du passé. Le phénomène de "dissonance cognitive" désigne la tension interne que ressent un individu dont les actes sont en contradiction avec ses croyances. Nous sommes tous coupables de petites ou grandes dissonances, par exemple lorsque nous proférons un mensonge, alors que nous nous efforçons habituellement à l'honnêteté... Les actrices que Weinstein a bafouées ne doivent pas nous faire oublier toutes les femmes qui vivent les mêmes atrocités hors des projecteurs de la notoriété. Ni les nombreux enfants et adolescents qui porteront leur vie durant les blessures subies entre les sales pattes d'abuseurs -- parents, enseignants, religieux.

André
Documents iconographiques puisés dans http://sickoricko.blogspot.ch/



3 commentaires:

Francky a dit…

Lecture très intéressante :)

Philippe du Nvd a dit…

Hello André,
Merci pour ce coup de gueule et ce clin d'œil de Mark Twain auquel j'apporte une nuance (ou un complément...)
En ce qui concerne les "Pamper's", je suis bien placé pour savoir que les enfants grandissent et qu'un jour on en sort de cette histoire.
Pour les politiciens, je suis loin d'en être certain.

Quant à devoir choisir entre la peste qu'on commence à connaitre et le choléra qui nous tomberait dessus en cas de destitution, je partage ta perplexité...

Une petite question au sage que tu es:
Comment faire pour rester zen face à tant de crasse bêtise... et compatissant devant tant de laideur physique et morale ?...

André a dit…

Philippe!

Quelle serait ta réponse à la question que tu poses?

La mienne est au niveau de mon manque d'envergure. Je m'efforce de m'intéresser aux gens que je croise dès que je sors de ma coquille. Dans la rue, au magasin, chez le dentiste, etc. Particulièrement si ce sont visiblement des étrangers venant d'Afrique, du Proche-Orient, d'Afrique du Sud. Pas les expats, les autres.

Un sourire (je suis vieux, les femmes comprennent que ce n'est pas de la drague) et si ils y répondent, une petite conversation du genre d'où venez-vous? Oh, j'ai visité votre pays dans les années soixante, qu'est qu'il était beau! Ou oh, la situation actuelle est terrible! Et la suite vient automatiquement si l'on tient à montrer à ces gens qu'on ne les ignore pas, que notre pays a besoin de leur expérience pour se vivifier. Qu'ils ont la chance de naviguer entre deux cultures et peuvent choisir de n'en tier que le meilleur, leur vie en sera plus riche, leur expérience plus large que la nôtre... C'est ainsi qu'on peut semer de bonnes graines, très facilement. C'est du bonheur pour les deux interlocuteurs.