Quel regard portez-vous sur les pays évolués et le respect qu'ils
doivent aux personnes LGBT+ maintenant que leurs habitants ont découvert
que nous sommes des êtres humains égaux en intelligence et sensibilité ?
Humiliations, violences dans les préaux d'école, rejet de la part de
parents et sévices par ceux qui prétendent nous "guérir", abus sexuels,
meurtres: tels sont quelques-uns des traitements que beaucoup d'entre
nous subissent encore. Les agresseurs qui patrouillent les rues ou les
politiciens en quête d'élection ont changé de souffre-douleurs: ils
attaquent désormais la transidentité. L'Europe de l'est et les Balkans
sont de plus en plus sous l'emprise d'Églises absolutistes et
d'aspirants
dictateurs prêts à nous mettre sous les
verrous. Et dans plusieurs pays musulmans, on nous condamne à une
mort violente.
En même temps, nous notons une réjouissante métamorphose de l'opinion
publique soutenue par de nombreux médias. Des enquêtes, des films de
fiction et des romans décrivent nos combats et notre vie, non plus comme
une curiosité, mais dans leur réalité quotidienne. Parmi les jeunes
générations évoluées, l'orientation sexuelle n'est pas sujette à
discrimination, ni même à discussion. Ce ne sont plus les populations,
mais les gouvernements et les courants politiques d'extrême-droite qui
entretiennent l'homophobie.
Le Ciel des "croyants" est peuplé de gens qui nous ont voués à l'enfer.
C'est parce qu'ils ont suivi cette exhortation de l'apôtre Paul
s'adressant aux Romains: "Aime ton compagnon (ton prochain) comme
toi-même" (13:9) et n'ont pas appris à s'aimer eux-mêmes. Pourquoi,
comment ? Leur communauté religieuse a décrété que Jésus sauve seulement
ceux qui sont purs. Or le simple fait d'entretenir, par exemple, des
pensées d'attirance sexuelle en dehors du mariage fait d'eux des damnés,
ils ne sont jamais assez parfaits. C'est soit tout blanc soit tout noir
et ils se détestent secrètement. Comment pourraient-ils nous aimer,
nous qui vivons dans la richesse des expériences sexuelles et amoureuses
apprenant ainsi à nous connaître...
Le fait de vivre dans l'angoisse de la punition les livre à l'autorité
des démagogues qui les flattent pour exploiter leur crédulité et
collecter leurs économies. Car ces pasteurs démagos ou ces politiciens
leur donnent l'impression de connaître la solution à tous leurs
problèmes; il suffit de les suivre comme des moutons pour se rassurer.
Or c'est l'incertitude au sujet de notre existence et des problèmes
qu'elle va nous poser -- ainsi que des solutions que nous inventerons --
qui la rend passionnante. Cela nous incite à apprécier l'instant
présent: une belle tranche de tarte, un mec à découvrir (dans tous les
sens), une course de montagne avec lui ou une journée à la plage, un
livre passionnant, la visite de nos neveux. "Aux réponses sans
questions, je préfère les questions dont je dois encore chercher la
réponse," disait un apôtre.qui ne figure pas dans une sainte écriture.
Nous ne sommes pas seulement des masseurs, nous sommes aussi...
Exemple de réponses sans questions proférées par le prédicateur
américain Franklin Graham (fortune estimée à 12 millions de dollars)
fils de Billy, célèbre évangéliste. "Participer à une gay pride, c'est
comme pratiquer l'adultère ou commettre un meurtre." Graham a aussi
averti que Dieu punirait les unions entre personnes du même sexe en leur
réservant le même sort qu'aux habitants de Sodome et Gomorrhe. Pour lui
en 2016, cela ne faisait aucun doute que Dieu avait posé Sa
main divine sur l’élection présidentielle de Donald Trump. De très
nombreuses personnalités du monde évangélique s'étaient ralliées
derrière Trump... Voilà de quoi alimenter vos réflexions sur le principe
fondamental -- pour nous aussi -- de la séparation entre l'Église et
l'État.
André
...des retraités actifs...
...des poètes...
...des adolescents inquiets...
...des amants fidèles...
...des hommes de ménage...
...des barbiers,,,
...des mecs courageux...
...des saltimbanques. Nous sommes également...
...des travailleurs à domicile...
...des médecins...
...des ouvriers spécialisés...
...des artistes...
...des déconneurs...
...des méditants, des pratiquants d'une spiritualité ouverte sur plusieurs mondes...
,,,des policiers...
...des marginaux soucieux, mais sans honte...
...très différents les uns des autres...
...sans être efféminés...
...et nous sommes, bien sûr, des restaurateurs renommés.
Le gouvernement suisse, toujours à la pointe du progrès [la preuve: il
va bientôt légaliser le mariage pour toutes et tous] autorisera la
réouverture des saunas dits "gays", dès le 29 février, à condition que
les clients soient tous soumis au nouveau test du virus à l'entrée. Il
s'agit de vérifier si la méthode chinoise est réellement plus fiable que
la mesure nasale ou au fond de la gorge. Les clients subiront
l'insertion d’un écouvillon de 4 à 8 centimètres selon la conformation
de leur rectum.
Ils attendent l'insertion de l'écouvillon.
Les services officiels de la santé se trouvent sous une très forte
pression pour enrayer la propagation du covid; les tests rectaux
devraient leur permettre de réduire la probabilité de faux-négatifs. Les
clients devront s'engager à revenir chaque semaine au sauna durant deux
mois. Ils seront récompensés par une réduction de 50 % du prix d'entrée
et un bon pour une boisson gratuite. En cas de résultat encourageant,
le test anal sera généralisé à tous les lieux de divertissement --
théâtres, salles de concert, cinémas, stades, restaurants, bars, fitness
et bien sûr les lieux de culte.
(Cette page a déjà été publiée en octobre 2017. Blogger vient de modifier les coulisses de fabrication de Blogspot. C'est tellement labyrinthique, inextricablement dédaléen et inutile pour arriver au même résultat que j'y perds des heures précieuses et mon calme. Cette mouture superflue sort probablement du cerveau de jeunes informaticiens fourvoyés dans le marketing, pauvre science de la vacuité contemporaine. Si je ne peux pas retrouver le chemin de la mouture précédente, j'abandonnerai à regret la publication de ce blogue commencée en 2008. Je n'ai plus l'âge de ces couillonnades.)
Les hommes, en moyenne, meurent plus tôt que les femmes. Dans la
classe ouvrière, cette différence est due à la dureté des travaux
professionnels, aux conduites à risque et à la réticence d'aller
consulter un médecin. La ténacité est considérée comme une vertu virile,
aussi bien au travail que dans les beuveries. L'écart scandaleux entre
les salaires des métiers physiques et ceux des cols blancs met les pères
de famille à rude épreuve; ils sont souvent obligés de renoncer à des
soins (par ex. dentaires) et d'accepter des heures sup pour équilibrer
leur budget.
Dans la classe moyenne, on constate de plus en plus de problèmes de
santé mentale. On ne parle pas de dépression, c'est tabou, mais de stress et de burn-out pour
sauver l'honneur. Il y encore beaucoup de progrès à réaliser dans
l'attitude des mecs envers leur santé physique et mentale. Néanmoins,
peu à peu, le machisme fait place à une virilité mieux ancrée dans la
réalité et moins orgueilleuse. Les groupes d'hommes qui s'étaient
développés au siècle dernier, sous la pression des épouses féministes,
renaissent aujourd'hui dans des compositions différentes.
La première fois que j'ai participé à un "groupe d'hommes", c'était
dans les années 1970, lors d'un week-end prolongé dans la campagne proche de Genève. La
plupart des gars étaient des expatriés travaillant dans les organisations
internationales. J'ai souvenir d'un cercle d'une trentaine de mâles, à
peu près tous hétéros, assis en tailleur, à poil. Une seule femme siégeait parmi
nous. Elle n'a pas quitté ses vêtements: c'est elle qui dirigeait le
groupe ! À l'époque, les organisateurs n'avaient pas trouvé de coach mâle compétent.
Au programme: partage en petits groupes et divers exercices. Pour
apprendre la confiance, un mec les yeux bandés se fait conduire par un
voyant dans les cages d'escalier et à travers les parcs entourant la
demeure. Pour apprendre à parler d'autres choses que de boulot, de foot ou bagnoles,
un gars debout se déshabille lentement devant un autre assis par terre.
Il doit fournir autant de détails que possible sur chaque pièce de
vêtement avant de passer à la suivante.
Plus facile de faire les couillons que de se mettre à nu moralement.
Dans pareille situation, une
femme aurait raconté: "Cette petite culotte, j'ai fait cinq magasins pour la
trouver" et expliquerait pourquoi (forme, couleur, textile, etc.) À
l'époque, sauf pour moi, la réponse standard était: "ma femme achète mes
slips." Mais on demandait de creuser le sujet. Alors, un peu
confus, le pauvre gars finissait par expliquer pourquoi il avait passé du calcife
informe au Jockey avec ouverture en porte-feuille et poursuivait avec des aveux
concernant le rapport à sa bite, sujet qu'on n'abordait pas à l'époque, même avec un proche.
Discussion en groupe à quatre. Le thème: quand et comment j'ai commencé à me
masturber. Une thématique embarrassante il y a un demi-siècle. Les plus
courageux enchaînaient sur leurs difficultés conjugales et les
branlettes à la hâte sous la douche, lorsque Madame avait "mal à la tête".
Puis plongeaient dans les problèmes du couple et découvraient que les autres
aussi traversaient des crises profondes. Constat difficile entre hommes
qui avaient commencé le week-end avec un sourire vainqueur.
Quelques
groupes d'hommes ont survécu à cette époque. Aujourd'hui, les
entreprises organisent des stages de défi pour rendre
leurs cadres plus combatifs (ils disent "agressifs" parce que l'esprit
guerrier est partout). Les groupes d'entraide -- à valeur thérapeutiques
-- offrent la possibilité de soigner les dépendances, de parler
des abus subis durant l'enfance, des souffrances du divorce, du stress
professionnel et des problèmes de bite molle (impuissance, par ex. à la
suite d'un cancer de la prostate). Les LGBT aussi ont l'occasion de
parler des angoisses et de
la tentation du suicide vécues avant leur coming out.
Des accouchements douloureux qui débouchent sur une délivrance. Et c'est
la découverte du soutien reçu grâce au groupe. Il permet -- aussi bien
aux taiseux de la classe ouvrière qu'aux orgueilleux des bureaux --
d'évoluer vers plus d'assurance et de liberté.
André
Tirer tous à la même corde.
Des moments tribaux pour discuter et apprendre.
Post-scriptum concernant la situation politique actuelle
sur plusieurs continents
"Il faut souvent changer de politiciens, c'est comme les langes et pour la même raison." -- Mark Twain.