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dimanche 17 avril 2022

Les moeurs attachées à la pilosité virile -- crâne, raie et orteils





Lorsque son crâne se dégarnit, le mec viril compense par une pousse plus vigoureuse dans les oreilles et les naseaux, éventuellement aussi les sourcils. L'intensité de la pilosité, sa couleur, qu'elle soit frisée ou lisse, comme sa présence sur diverses parties du corps varie selon notre appartenance géographique. Le fait qu'on l'accepte entièrement, qu'on la délimite ou la rase, tous ces éléments ont varié d'une époque à l'autre; la religion, la profession, sinon le message que l'on veut envoyer à l'entourage ont aussi eu leur importance. Oui, la vie des mâles est compliquée. Les femmes, elles, n'ont qu'à suivre les ukases de leur magazine. Un mec qui se respecte ne feuillette jamais un périodique voué aux fringues, à moins d'être un influenceur (métier de pute).






Dans l'antiquité grecque et latine, la pilosité et l'arrachage des poils faisaient partie des critères permettant de jauger l'appartenance sociale d'un individu. Les jeunes et charmants esclaves chargés de servir leur maître et ses invités durant les banquets devaient présenter une belle chevelure et un corps imberbe. Ils prolongeaient leur adolescence en faisant disparaître leurs premier poils. Ils étaient parfumés alors qu'un homme libre appartenant à la bonne société ne l'était pas, mais devait sentir la propreté.






Dans la deuxième églogue de ses Bucoliques, Virgile fait dialoguer le berger Corydon avec "le bel Alexis, délices de son maître" auquel il déclare sa passion ainsi que sa douleur. Le poète avertit le jeune Corydon que l'amour le détourne de son boulot; il ajoute qu'il a beaucoup d'Alexis sur la planète. Donc notre façon d'aimer nos pareils n'est pas nouvelle. "So many men, so little time !" Ou, dans la langue de Virgile: "Omnia vincit amor: et nos cedamus amori" soit "L'amour triomphe de tout, et nous  inclinons-nous devant l'amour". Dans son monde d'urbanitas, le poète confronte le jeune objet du désir à la rusticitas d'un berger hirsute au sourcil brousailleux et à la longue barbe. Il paraît que Virgile aurait reçu un jeune esclave en cadeau de la part d'un admirateur...






Pilosité exposée dans l'échancrure de la tunique, ou mâle glabre ? Les Romains énonçaient clairement leur préférence: "Ta femme pourrait t'appeler sa femme..." Quant au poète Martial, il était connu pour la liberté d'expression de ses épigrammes: "Si tu épiles ta poitrine, tes jambes et tes bras; si ta verge, après le travail du rasoir, n'est entourée que de poils follets, c'est que tu songes à plaire à ta maîtresse. Mais à qui penses-tu, Labiénus, quand tu épiles ton cul ?" Suivant les époques, les hommes ont souligné leur virilité en ne cherchant pas à modifier leur apparence. Puis, au contraire, la société qui gravitait autour du roi a blanchi sa peau pour ne pas ressembler aux paysans bronzés par le soleil. Elle a même endossé la perruque.






Deux siècles plus tard, les gars ont caché leur calvitie sous une moumoute ridicule. Aujourd'hui, la réalité dépasse l'affliction de l'alopécie: le crâne rasé, adopté à l'unanimité, fait partie des plus grands progrès de l'humanité. Quand au corps, peu importe qu'il soit velu ou plus nu que nu, cela ne permet plus d'évaluer la préférence sexuelle d'un être humain. Et les chignons dont s'affublent toujours plus de jeunes mecs, ils rendent les femmes jalouses.

André






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Perruque sur la poitrine !







































lundi 20 décembre 2021

Voici pourquoi la lutte en faveur de l'égalité LGBT a abouti


Week-end réservé aux mâles adultes.













Quelle est l'attitude la meilleure -- la douceur ou la violence -- pour lutter contre l'hostilité aveugle de la rue depuis le début de la pandémie ? On entend souvent cette réponse: "Il faut opposer la violence à la violence; les doux sont des lâches." Dans une interview intitulée Comment avoir raison de la violence ? le sociologue Geoffroy de Lagasnerie répond: "Quand on réfléchit sur la question des violences et de la pénalité, l'exemple que je prends souvent est le mouvement gay. Il a beaucoup transformé les structures sociales et mentales des trente dernières années, et fait diminuer le niveau de l'homophobie généralisée et des agressions que subissent les personnes gays, trans et lesbiennes, en étant très peu un mouvement punitif."




Il poursuit: "Ce mouvement a fondé sa visibilité sur la Gay Pride, avec des images de bonheur, de fête, de sexualité, mais aussi des histoires d'amour à travers le mariage, ou de deuil avec le sida. Le mouvement gay a très peu été un mouvement répressif, Il a plutôt été dans une politique de l'affirmation d'une existence et la conquête de droits. Je pense de plus en plus à la culture au sens large et aux pratiques ordinaires comme lieux de la transformation."

 

Here are some of our favorite Santa speedo and skivvy races for 2021

Geoffroy de Lagasnerie a-t-il envie de transformer la société par la douceur ? "À part avec mes amis très proches, où j'aime les rapports très doux et déteste les conflits, j'aime les moments où ça s'affronte. Car je pense que l'endroit de la vérité de la politique est là. La vérité de la politique, c'est la confrontation. C'est la production de fractures. Et lorsque l'humeur est trop consensuelle, je me sens toujours mal à l'aise, car je sens que des enjeux sont refoulés ou mal posés." Le sociologue est l'auteur de Conscience politique Editions Fayard, 2019. Il expose le programme d'une politique émancipatrice. (Interview publiée le 4 décembre dans Le Magazine du quotidien suisse Le Temps.)







Notez la double position de Geoffroy de Lagasnerie, ce que nous avons aussi appliqué: il n'y avait pas d'hostilité dans notre lutte en faveur de l'égalité, et jamais de complaisance non plus envers la majorité. Nous n'avons pas défilé avec des panonceaux Tous les hétéros sont de fieffés enculés, ni concédé aux autorités religieuses et politiques qu'elles avaient raison de critiquer, de mépriser notre sexualité. Et, dans plusieurs domaines, nous avons aussi participé à l'émancipation de la société qui nous entoure. Regardez autour de vous comment des familles ont laissé tomber non pas un préjugé, mais plusieurs. Comment des mecs portent un chignon... et la barbe, voire des ongles teints, sans abandonner leur virilité.



Nous sommes plus nombreux sur cette planète qu'on ne l'imagine. Une étude récente de la fondation Human Rights Campaign estime qu'à eux seuls, les États-Unis comptent 20 millions d'adultes qui s'identifient ouvertement comme LGB, soit 8% de la population adulte, dont la moitié serait composée de bisexuel/le/s. C'est le double des évaluations précédentes. Alors que d'autres millions d'humains s'identifient plutôt comme transgenre, fluides, pansexuel/les ou asexuel/les aux USA... Vous qui vous figuriez seul/e au monde, entouré/e de personnes dites normales qui vous menacent d'une thérapie de conversion, sinon de l'enfer, rejoignez-nous ! Plusieurs institutions et de nombreuses bonnes volontés vous accompagneront volontiers vers une sortie réussie du placard.

André




Nous sommes des millions sans nous cacher.























Ces gamins heureux jouent au moulin à vent.













Camp de vacances pour mâles adultes.


Oui, notre monde a changé, du moins en Occident. Nous avons déjà vu ce couple de danseurs, John Whaite et Johannes Radebe, dans le blogue du 29 novembre dernier. Ces gars ont participé à la compétition britannique "Strictly Come Dancing". Ici, la chorégraphie résume les progrès de la société en ce qui concerne le racisme et l'homophobie. Et c'est plein d'humour.