jeudi 26 septembre 2019

Culottes de cuir et millions de litres de bière à Munich ces jours






La Fête d'octobre de la bière (Oktoberfest) se tient actuellement à Munich (München) jusqu'à dimanche 6 octobre. Habituellement, elle attire autour de 7 à 8 millions de visiteurs qui avalent à peu près le même nombre de litres de bière, sans compter d'autres liquides dont le vin. La boisson officielle est produite par les six brasseries industrielles de la ville; leurs tonneaux de parade participent au défilé inaugural ci-dessous. Ils donnent le ton à cette fête bavaroise hyper-lourdingue où l'on se soûle, l'on bâfre et l'on chante à tue-tête.                                                                                                                   





Les gars portent la culotte ou le short de cuir (Lederhose) et les femmes un costume tyrolien (Dirndl). La culotte fait partie du patrimoine des trois régions germaniques, Allemagne, Autriche et Suisse. Adolescent, je l'ai portée brièvement lorsque je fréquentais l'école en Souabe. En Bavière, le pont qui se rabat sur le devant est maintenu par des boutons typiques qui rappellent les cornes d'un cerf. Le cuir est épais et il faut beaucoup le porter, sans le nettoyer, pour l'assouplir. Peu de mecs l'enfilent à cru. La culotte a connu une mauvaise passe au 19e siècle: jugée trop vulgaire. Il a fallu que le roi Ludwig II de Bavière la remette à la mode, puis que Franz Josef d'Autriche la revête pour aller chasser.




Plus tard, c'est l'Église catholique qui a stigmatisé la culotte de cuir. Les calottins ont décrété que les genoux nus et poilus désacralisaient leurs lieux de culte. En 1913, l'archevêque de Munich l'a déclarée obscène. Plus tard, les Nazis l'ont érigée en symbole du national socialisme et idéalisée jusqu'à le transformer en fétiche de leurs montagnes sacrées. Dès 1938, ils ont interdit aux Juifs ainsi qu'à tous les autres "non ariens" de les porter. Depuis 1970, l'Oktoberfest invite les organisations LGBT locales à organiser une journée gay au sein de la fête.




Vu l'affluence quotidienne, les visiteurs disposent de 878 mètres d'urinoirs, ce qui n'empêche pas les mecs en pleine biture de pisser dans n'importe quel coin. Ceux qui se gavent des nourritures grasses proposées à côté de la bière ont l'habitude de vomir entre leurs pieds... Toute la manifestation est étroitement surveillée par la police depuis qu'un extrêmiste de droite a fait exploser une bombe déguisée en extincteur en 1980. Elle avait tué treize personnes et en avait blessé 201, dont 68 grièvement.

On se presse fraternellement entre les rangées de pissoirs.

Humour allemand: trier l'urine.




À Berlin: ces gars sortent de l'église protestante où l'on a béni leur mariage.

Fête allemande de la bière aux États-Unis.

Oktoberfest dans un bar gay américain.


Un autre usage du cuir.












samedi 21 septembre 2019

La nudité ne cache plus l'arbre qui ne cache plus la forêt en péril










On dit souvent -- en parlant des autres, bien sûr -- que l'arbre les empêche de voir la forêt. En ce qui concerne la défense du climat, cela fait longtemps que notre égocentrisme nous empêchait de prendre les mesures nécessaires, par exemple de renoncer à nous entourer d'objets, de nourritures et de vêtements superflus. Les forêts brûlent, elles se dessèchent, elles périssent et soudain l'arbre qui nous empêchait de prendre sérieusement conscience du péril meurt lui aussi. Un mouvement de millions de manifestants à travers le monde se mobilise, jeunesse en tête. Les vieux couillons (comme moi) qui connaissaient cette menace depuis longtemps et n'y répondaient que paresseusement se font dérouiller par des gamins qui semblent sérieux dans leur prise en main de l'avenir qui les menace. C'est prodigieux !

Hier à Sydney, Australie.


Hier à Berlin, démonstration Porte de Brandebourg: si la glace fond, c'est la mort.

























Bruno Manser - Die Stimme des Regenwaldes (La voix de la forêt tropicale) a été projeté la semaine dernière en grande première au 15e Festival du film de Zurich. C'est l'une des productions les plus chères de l'histoire du cinéma suisse. Elle met en scène un personnage réel, l'activiste Bruno Manser, l'un des premiers Suisses à lutter en faveur du climat et contre la déforestation. Il avait disparu en l'an 2000 en Malaisie lors de l'une de ses nombreuses expéditions. Tourné en Indonésie, le film met en évidence la vulnérabilité des écosystèmes menacés par l'industrie du bois ainsi que le courage de ce pionnier du mouvement écologiste, qui s'est battu jusqu'à la mort pour préserver la forêt de Bornéo aux côtés des Indiens Penan.








lundi 16 septembre 2019

La main passant du paquet au nez ou à la bouche = stress du sportif








Les gars qui se grattent les couilles de manière répétée -- même en public -- entrent dans deux catégories: 1) ceux qui endurent une irritation passagère, 2) et les autres qui souffrent d'un toc, souvent causé par le stress. C'est le cas du célèbre sélectionneur et entraîneur de foot allemand Joachim Löw, sous pression durant des matchs. Il a été surpris à de nombreuses occasions dans des gestes plutôt embarrassants comme on peut le voir ci-dessous. (La bande sonore ne correspond pas aux prises de vues, elle a été enregistrée alors que la vidéo était projetée devant un public étonné.)















Il existe des thérapies permettant de se déconditionner à l'intention de ceux qui se touchent les boules ou les fesses sans s'en rendre compte, ou se curent le nez durant un match et avalent leur récolte. Les psys ne sont jamais en manque pour expliquer les causes probables de ces manies. Toc de vérification, geste pour lutter contre une phobie, régression à un stade infantile sous la pression du public dans le stade, recentrement en sentant une émanation de soi, rituel conjuratoire pour appeler la victoire de l'équipe... Voici une vidéo instructive pour ceux qui ont souvent besoin de recentrer le matos dans leur slip.














Burnes, burettes, baloches, boules et bien d'autres... Étant donné leur importance dans notre existence, les couilles ont inspiré un large vocabulaire aux poètes du corps. Dans le registre alimentaire, on a par exemple nuts = noisettes en anglais, ou Eier = les oeufs en allemand. L'occasion de découvrir quelques recettes anglaises pour apprêter les oeufs du petit-déjeuner, à l'intention des célibataires pressés. Bon appétit !

André