dimanche 28 janvier 2024

Comment nous dégager des émotions et traumatismes du passé





Après avoir mentionné mes activités de jeune homosexuel, j'évoque ici le cancer qui m'a frappé l'été dernier. L'occasion de méditer sur les expériences que nous réserve la vie... L'actualité mondiale nous incite tous à y réfléchir. Je compte 88 ans d'existence, né en 1936 peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale. Et j'ai l'impression d'être retombé dans ce passé, d'être redevenu l'observateur extérieur, le Suisse privilégié qui n'est pas impliqué dans les conflits planétaires. Le cancer, c'est une guerre que l'on s'inflige personnellement. Il m' appris à considérer la mort comme le passage d'une chambre à une autre dans votre propre maison.


Les changements qui affectent nos sociétés sont pareils: nous passons rapidement d'un compartiment à l'autre. Dans les années 1920 à Berlin, on comptait des dizaines d'établissements accueillant une clientèle homosexuelle. Le 5 mars 1933, Adolf Hitler sortait vainqueur des élections, ce qui a marqué le début du national-socialisme. Le premier camp de concentration, réservé aux prisonniers politiques, s'est ouvert à cette date. Puis les pédés, ensuite les Juifs, ont rejoint les politiciens.




Le sanatorium au soleil est un traitement de la tuberculose que le naturopathe suisse Arnold Rikli a développé pour ses malades dans les années 1850. Puis la Freikörperkultur (FKK) (culture du corps en liberté) s'est imposée dans l'Empire germanique dans le double but de renforcer la santé de ses pratiquants grâce à la nudité qui expose le corps au soleil et à l'air et de les inciter au naturisme en famille ainsi que dans les activités sportives.






Mon cancer s'est développé l'été dernier, à une époque durant laquelle je me remémorais beaucoup de souvenirs concernant les drames mortels qui ont décimé mon entourage. Est-ce que ces évocations ont généré la maladie, ou le cancer a-t-il suscité ces retours en arrière ? Interrogation sans grande importance; l'essentiel étant de comprendre que la réponse se situe au fond de moi. Puis de trouver le moyen de la faire émerger. Les médecins qui m'ont prescrit des multitudes de comprimés, une série de 35 radiothérapies quotidiennes, des IRM, etc. ne m'ont pas accompagné dans cette recherche. Dans leur grand détachement, ils ont esquivé même les questions concernant l'alimentation.


Alors que je n'avais jamais été malade durant 25 ans de retraite, je suis tombé entre les pattes d'un monde qui ramasse de gigantesques chiffres d'affaires, est charmant, pourtant ne s'intéresse pas à l'être humain et ne l'aide pas à trouver le chemin de la guérison. Ce sont des liens vers des vidéos à la demande sur mon ordinateur qui m'ont aidé à trouver des réponses, me dirigeant de plus en plus près des informations dont j'avais besoin. C'est ce que je nomme les synchronicités (le hasard positif qui se présente au bon moment si l'on sait le reconnaître).




Je me situe maintenant dans une phase de guérison que les médecins ne m'ont pas expliquée, sinon pour m'informer qu'elle durera longtemps. Or, grâce aux interviews et aux livres signalés dans les algorithmes (en colonne droite de l'ordinateur) je peux débloquer les souvenirs du temps passé et commencer à apprendre 1) à devenir un peu plus moi-même, 2) à laisser tomber le côté toxique des réminiscences et 3) à apprécier les leçons de vie positives qu'elles m'ont apportées. Avec, pour résultat miraculeux, à ne plus blâmer ceux que je rends responsables de mes problèmes au lieu d'en assumer ma part. Ne plus tenir rigueur à qui donc ? Oui, par exemple, au corps médical que je viens d'incriminer !!! 

André















dimanche 14 janvier 2024

Lorsque les gays envahissaient les auberges chrétiennes...












Je vais poursuivre le récit de ma jeunesse après une brève digression. Mardi dernier, la France a découvert le successeur d’Élisabeth Borne au poste de premier ministre: Gabriel Attal, 32 ans, membre de la communauté LGBTQIA+. Cette nomination révèle-t-elle l'évolution de l'opinion depuis l’adoption du mariage pour tous en 2013 ? Les études et la carrière politique du nouvel élu sont un pur produit de l'élitisme français. Néanmoins, dans un langage digne des lieux communs de son président maquignon, il a déclaré qu'il allait réunir les "forces vives du pays". Les attaques xénophobes qu'il a subies l'ont durcit dès l'école. Son père l'avait prévenu: "Tu as beau ne pas être juif, tu te sentiras toute ta vie solidaire des juifs car tu subiras comme eux l’antisémitisme du fait de ton nom." Ce qui n’a pas manqué. "Mais je ne m'en plaindrai jamais, précise Attal."

 








Après ma traversée de la Chine en train, c'est en bus Greyhound que j'ai fait le tour des États-Unis en 1967. Le prix: 99 dollars pour 99 jours de libre parcours. Tu montes à bord quand tu veux, jour et nuit, tu sors dès que l'environnement te plaît. En plus, tu économises des nuits d'hôtel. À ce sujet, parlons de YMCA, connue pour ses installations sportives, ses camps d'été et auberges à bas prix. Le nom de Young Men's Christian Association signifie Association chrétienne de jeunes hommes. YMCA, la célèbre chanson des Village People joue sur un sous-entendu compris par les gays:  "They have everything for young men to enjoy, you can hang out with all the boys" (Ils ont tout ce qui plaît aux jeunes hommes, vous pouvez passer du temps avec tous les gars). Cruisin', le titre de l'album peut se traduire par draguer ou participer à une croisière...

 










 

À cette époque, j'ai logé dans plusieurs auberges dévolues à la jeunesse chrétienne, aux États-Unis, au Canada et en Angleterre. Chacune avait développé une astuce pour empêcher la drague publique. A Londres par exemple, dans la salle de douche à côté de la piscine, on ne pouvait pas rester longtemps à observer les autres gars en faisant semblant de se savonner car la température de l'eau était bloquée à très chaud. Souvenir de sauna à New-York. Les États-Unis étaient en train d'évoluer, tant en ce qui concernait la guerre qu'ils menaient au Vietnam que leur hostilité flagrante vis-à-vis des minorités raciales et sexuelles.











Un établissement en sous-sol. Après minuit, sur un podium entouré de chaises pliantes: un piano. Les spectateurs sont vêtus de serviettes de bain identiques et rien d'autre. Ils applaudissent une jeune chanteuse. L'une des artistes de la comédie musicale Jacques Brel is Alive and Well and Living in Paris qui remporte un grand succès aux USA. Elle interprète différents morceaux du spectacle. Et ne peut plus retenir ses larmes: elle ne s'attendait pas à un accueil aussi cordial de la part d'un tel auditoire. Les applaudissements se font encore plus chaleureux. Elle chante alors Ne me quitte pas dans sa version anglaise, puis La valse à mille temps... C'était peu après 1968. Lors de mon escale à San Francisco -- qui n'était de loin pas encore envahie par l'IA (l'imbécilité asphyxiante) -- j'ai découvert l'amitié fraternelle des premiers groupes gays.
 
André