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dimanche 2 avril 2023

Ah les mamelons mâles, poilus, pointus, mais pas toujours poilants





Les mamelons sont une zone érogène très sensible chez certains mâles, alors qu'un chatouillis ou un pincement en laisse d'autres totalement imperturbables. La proportion, dit-on, serait de moité-moitié. Autant dire que ceux qui n'éprouvent aucune émotion se demandent pourquoi la nature les a dotés de ces deux excroissances. Durant les premières semaines de notre existence intra-utérine, seul le chromosome féminin X se manifeste. Donc, oh honte pour nous les gars ! la première phase de notre développement d'embryon est asexuée.






Cela contredit le début du texte biblique qui rapporte la création divine du glébeux. Élohim (Dieu) balade ce premier humain façonné d'une motte de boue devant les animaux qu'il a formés selon la même recette. "Il n'est pas bien, déclare le Créateur, pour le glébeux d'être seul." Mais Adam ne trouve aucun compagnon digne de lui parmi la faune. Dès lors, Élohim fait tomber sur lui une torpeur et prélève l'une de ses côtes qu'il modèle en femme. La bible a été écrite par des machos.


Après six semaines de développement fœtal indifférencié, si le destin a prévu une fille, elle est dotée d'un second X. Si c'est un petit mec, on lui fournit un chromosome Y pour diriger sa formation vers des organes mâles et la testostérone. Néanmoins, c'est trop tard: le tout jeune embryon s'est déjà lancé dans la fabrication de tout petits tétons. Ces minis lolos vont poursuivre leur croissance, sans prévoir la fabrication de lait, ni l'attrait sexuel qu'exercent les poitrines bien pleines sur une majorité de gars.






Bien qu'ils soient souvent environnés d'une belle et dense toison, les mamelons mâles cassent les couilles des plus machos parmi nous: ces gars se sentent dévalués dans leur virilité. C'est comme si la capacité d'une femme à mettre un enfant au monde les rabaissait, eux qui n'y participent que par quelques gouttes. Dès lors il faut absolument rabaisser les femelles de l'espèce humaine. Presque toutes les religions et tous les systèmes politiques ont participé à cette campagne planétaire d'infamie. Et ce n'est pas fini. Actuellement, même les lois qui devraient assurer l'égalité sont mises en danger ou pas respectées.




Quant à nous, quelle que soit la catégorie des LGBTQI+ à laquelle nous nous rattachons, nous savons que notre protection n'est pas totalement assurée. C'est comme si nous avions un téton de trop, ce qui devrait violemment mettre en danger les machos et machettes. En quoi ? Au fond d'elles et eux, une vulnérabilité qu'elles/ils refusent d'affronter les met en péril. Alors que nous avons toutes et tous des fragilités bien humaines. Lorsqu'on apprend à les respecter, les aimer, on peut aussi les respecter chez autrui et aimer notre prochain/e.



Le yin et le yang qui nous composent selon le taoïsme chinois et représentent -- entre autres -- la part féminine (yin) de notre caractère et la part masculine (yang) sont inégalitaires dans la majorité des humains. C'est en les développant que nous pouvons les mettre à profit de notre vie et de celles de notre entourage familial, amical, professionnel. Et ce n'est pas au dépend de notre féminité ou de notre virilité Au contraire: cela les renforce de manière positive. Qu'il y a-t-il de plus excitant que des mamelons bien développés par les pressions, chatouillis et les suçons d'un affectueux copain. Qu'il y a-t-il de plus affectueux qu'une poitrine tétée par un beau bébé et un mari bandant ?







Un avertissement pour conclure. L’augmentation anormale du volume des mamelons d'un gars peut être provoquée par des troubles hépatiques, un médicament concernant un problème de prostate ou de testicules, voire d'autres traitements. Étant rare chez les hommes, le cancer du sein risque de ne pas être diagnostiqué à temps. Et quand un mec parle du sien, il lui faut un double courage: les autres ricanent comme d'une blague; puis ils le jugent, imaginant qu'il est une femmelette. Ah, les mamelons mâles, ils ne sont pas toujours poilants. 

André









































dimanche 23 octobre 2022

Kim de l’Horizon, prix 2022 du livre allemand, ni femme ni homme


Kim de l’Horizon, écrivain/e.



La Foire allemande du livre s'est déroulée la semaine dernière à Francfort. L'hôte d'honneur était l'Espagne et le roi Felipe, accompagné de son épouse, est venu inaugurer le stand des auteurs ibériques traduits en allemand. Autre événement de la foire: l'attribution du prix allemand 2022 du livre -- d'une dotation de 25'000 euros -- à l'écrivain/e suisse Kim de l'Horizon pour son premier ouvrage intitulé Blutbuch (publié en juillet par DuMont). Né/e Dominik Holzer en 1992 à Ostermundigen près de Berne, l'auteur/trice ne se considère ni homme ni femme, bien au contraire, ile vit dans la non binarité; ile a étudié la littérature allemande, le cinéma et le théâtre à Zurich, puis obtenu le Bachelor of Arts en écriture littéraire à Bienne.


Je n'ai lu que les dix premières pages de Blutbuch et, si jamais ce livre plein de jeux de mots devait être traduit en français, il faudrait que ce soit par un/e acrobate des deux langues. Le titre signifie Le livre de sang, mais laisse aussi entendre qu'il s'agit du hêtre aux feuillage pourpre. Durant son discours de remerciement pour l'attribution du prix, Kim de l'Horizon a commencé à se raser une mèche de cheveux en déclarant: "Ce prix n'est pas seulement pour moi", exprimant ainsi sa solidarité avec les femmes iraniennes qui prennent actuellement beaucoup de risques. Il estime que ce prix pourrait aussi être un signe politique alors que les corps non masculins sont encore discriminés et tant de droits restreints.



Dans le premier chapitre de Blutbuch, un/e narrateur/trice non binaire fait l'inventaire des défauts et des qualités des membres de sa famille, y compris de celles et ceux à qui ile n'a pas révélé officiellement "cela", c'est à dire son identité, mais devant qui ile s'est parfois présenté/e avec du maquillage. Ile a grandi dans un milieu besogneux et vit maintenant à Zurich où ile se sent à l'aise dans son corps et sa sexualité. Lorsque sa grand-mère tombe dans la démence, ile commence à explorer son propre passé et se demande pourquoi ile ne se souvient que de quelques épisodes de sa propre enfance. Qu'est-ce qui s'est passé lorsque la sœur de la grand-mère a disparu et pourquoi la grande-tante est-elle morte si jeune ? Ile se révolte contre la culture du silence imposée par sa propre mère. [Cela me touche parce que je me demande aussi pourquoi mon père et son père n'ont jamais évoqué leur jeunesse.]







Kim de l'Horizon a longtemps travaillé sur son texte. "Je cherchais quelque chose qui n'existait pas. Beaucoup de difficultés se sont mises en travers du chemin: c'était lié à ma famille et à ma culture. J'ai d'abord dû me soigner par l'écriture." Finalement, sa poétique n'est pas une auto-thérapie, mais une thérapie collective "et c'est précisément ce que j'offre à ceux qui veulent lire mon livre." Dans le roman comme dans sa vie, le silence tient un rôle important. "Mon corps a grandi sous des manteaux de silence. Nous avions beaucoup de difficulté à comprendre et résoudre les problèmes hérités des générations précédentes."


"Il y a tant de mystères enveloppés dans le silence parce que nous n'avons pas de contact ni de ressources pour travailler sur la douleur, pour laisser la douleur s'exprimer. Le silence est comme une armure qui emprisonne nos douleurs." Or voilà que, depuis l'octroi de son prix, Kim de l'Horizon fait l'objet de nombreuses attaques et menaces en Allemagne. Elles proviennent de personnes qui se laissent empoisonner par leurs propres douleurs et les déversent sur autrui. Les éditions Dumont ont fait appel à un service de sécurité pour assurer la protection de l'écrivain/e.



Voici un échantillon des remarques haineuses. "Si l'auteur avait été hétéro et de race allemande, il n'y aurait pas eu de prix, ni de si nombreuses louanges dans les médias." "Tout le monde ne voit pas forcément, dans un pissoir cassé et recollé, un hommage à Marcel Duchamp. Mais certains oui." "En tant que personne binaire, j'ai trouvé le contenu répugnant. L'auteur doit avoir un immense problème psychique." "Cet ouvrage est très important parce qu'il incarne l'imbécilité de notre société queer. C'est un livre dégueulasse qui devrait être interdit. Une propagande woke, perverse et malade." "Dès lors que les homosexuels et les transgenres ne dérangent plus personne, place aux binaires. Qui gagnera le prochain prix ? Un roman sur le sexe avec des appareils ménagers ?" Je vous fais grâce des fulminations les plus ordurières et menaçantes.





Si l’on se sent non binaire, on peut se concevoir en même temps mec et nana, sinon un mélange ou aucun des deux. Notre société ne reconnaît en principe que deux genres. Elle doit maintenant apprendre et comprendre ce qu'est la fluidité entre ces deux catégories ainsi que découvrir la non-binarité; elle a toujours existé, mais on ne l'acceptait pas, la traitant de maladie mentale. S'affirmer non binaire, c'est faire connaître son identité de genre. Se classer parmi les queers, c'est indiquer son orientation sexuelle. Il y a des occasions où un/e non binaire peut se sentir plus femme ou plus gars sans du tout être transgenre. L'important est d'être soi-même et bien accepté. 

André













lundi 7 mars 2022

Voici les rois de la corruption, de la violence et du mensonge...





Nous assistons en direct à une concentration de conflits dans l'espace public: abus de pouvoir militaire et sexuel, inégalité croissante entre riches et pauvres, informations falsifiées, épidémie mondiale, manifestations de revendications collectives et représailles de plus en plus violentes. Ajoutez-y le danger que nous font encourir ces chefs autocrates à la tête des nations les plus puissantes. Plus l'incertitude que vous ressentez face à votre avenir. Ceux qui n'ont pas connu une époque semblable dans le passé sont pris à la gorge.






Il y a deux semaines, le Département d'État américain avait averti les Nations Unies que les autorités russes établissaient une liste de gens à emprisonner ou tuer en cas d'invasion de l'Ukraine. Selon l'ambassadrice des USA à l'ONU, ces opérations militaires prévoyaient des assassinats ciblés, des enlèvements suivis de disparitions, des détentions sans cause et l'usage de la torture visant des dissidents russes et des activistes ukrainiens, des journalistes ainsi que les minorités religieuses, ethniques et sexuelles.






En Ukraine les droits accordés aux gays ne comprennent pas encore le mariage. En Russie, la loi contre la "propagande gay", signée en 2013 par Poutine, interdit toute distribution de matériel contenant des informations considérée comme dangereuses pour les mineurs. Elle sert aussi à toutes sortes d'autres abus contre les LGBTQ.




Magomed Tushayev -- général tchétchène qui avait joué un rôle de premier plan dans la "purge anti-gay" de son pays en emprisonnant, torturant et assassinant des LGBT -- a été tué en Ukraine au troisième jour des combats, alors qu'il s'était joint à l'invasion russe avec sa troupe. Ce conseiller du leader tchétchène Ramzan Kadyrov (qui est sous l'emprise de Poutine, voyez leur photo) avait déclaré peu avant: "Le président Poutine a pris la bonne décision et nous allons suivre ses ordres dans n'importe quelle situation." Sur Telegram, il avait écrit: "Oui, dans une guerre on tue, et c'est l'engagement professionnel des soldats. Ces gars ont choisi de devenir des héros et de donner leur vie pour assurer la sécurité de nos deux pays."


Les Ukrainiens qui fuient en masse sont actuellement bien reçus dans les pays voisins. Mais ce n'est pas la règle pour les étudiants de couleur qui fréquentent les universités réputées d'Ukraine. Ils sont maltraités aux frontières par des douaniers et des soldats ukrainiers qui les repoussent à l'arrière des longues files d'attente. Ils sont empêchés de monter dans les trains; on leur distribue des vivres avariés et on les bastonne. Lorsqu'ils peuvent finalement traverser la frontière, ils sont refoulés par les États voisins qui n'accueillent ni les Afghans, ni les Africains ni les LGBTQ réfugiés. Une organisation gay autrichienne se mobilise pour soutenir et accueillir ces derniers.

En Ukraine, de nombreux activistes LGBTQ se sont joints aux autres volontaires pour renforcer les forces territoriales de défense. D'autres participent à l'instruction des aides-infirmiers de l'armée.



Aux États-Unis, la droite évangélique idolâtrait Poutine pour sa manière directe de persécuter les gays. Ce qui, selon certains pontes religieux, allait activer le retour du Christ venu pour emmener les "vrais chrétiens" au ciel, alors que les autres seraient précipités en enfer. Qu'en pensent-ils maintenant ?

Le célèbre et richissime prédicateur Franklin Graham (fils de Billy) a rencontré Poutine plusieurs fois à Moscou. L'attitude du président Trump avait consolidé l'attachement des leaders républicains envers la Russie, malgré les cyberattaques de Moscou durant la campagne présidentielle. Maintenant, la plupart des dirigeants républicains condamnent l'invasion de l'Ukraine et blâment le président Biden pour sa "faiblesse".


Allusion à la fin de Hitler.


La fin de la guerre.

La covid, quelle aubaine pour des pasteurs et des curés ! Ils annoncent qu'elle a été envoyée par Dieu afin de punir ceux qui ont légalisé le mariage entre personnes du même sexe. Le Seigneur lui-même le leur a révélé. Hélas pour eux, plusieurs de ces prophètes de malheur ont contracté le virus; ils avaient refusé le vaccin et ordonné à leurs paroissiens d'en faire de même. Beaucoup en sont morts. Retenons-nous cependant de ressentir une Schadenfreude, joie sournoise en allemand.

Sa Sainteté le patriarche Filaret crucifie encore le Christ.



Sa Sainteté le patriarche Filaret dirige l'Église orthodoxe ukrénienne. En mars 2021, il avait déclaré que le coronavirus était la punition de Dieu pour les péchés de l'humanité parmi lesquels le mariage LGBTQ figurait en première position. C'était sa manière d'avertir un pays qui n'avait pas encore commis cette faute. Et pourtant, le patriarche a été testé positif il y a deux semaines. Dans la Bible, il est écrit (Prov. 14.21): "Celui qui méprise son prochain commet un péché" et (Lév. 19.18): "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".  À 91 ans, le vieux clown n'a pas encore accédé à la sagesse de son âge, ni appliqué ce précepte fondamental de la foi chrétienne.

André  (Certains documents ont été empruntés à http://sickoricko.blogspot.com)