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dimanche 4 juin 2023

La fraternisation masculine aide à renforcer la santé, corps et esprit





La semaine dernière, lors d'un repas dans le jardin de très chers amis, j'ai ressenti combien nous avons besoin de fraternité masculine, ce que les Américains nomment male bonding. Et j'ai perçu en quoi cela diffère de la camaraderie (lien moins profond), de l'amitié (généralement entre deux personnes) et de la sortie entre potes. Les deux maîtres de maison avaient invité un couple ami que je ne connaissais pas. J'ai de suite compris que nous étions les cinq sur la même longueur d'onde. Nul besoin de bavarder sur le foot, l'ambiance qui a changé dans tel restaurant ou sauna, ou des dernières couillonnades de ce crétin de...



Paul Cézanne, Les baigneurs, 1891.

Dans les thèmes partagés, nul besoin de manifester des complicités de façade. Nous avions cheminé dans la même direction, plus ou moins récemment, et n'avions pas besoin de cacher nos difficultés ou ce que nous considérons comme nos défauts. Pas de mâle dominant parmi nous. J'ignore comment les gars des cavernes géraient leur collaboration lorsqu'ils partaient à la chasse. Au cours de l'histoire humaine, on connaît plusieurs périodes durant lesquelles la solidarité régnait, ne serait-ce que pour lutter contre les éléments et les tribus ennemies.

Composition du peintre russe gay Igor Sychev, 36 ans.



Aujourd'hui, la compétition, les ordres venus d'en-haut ainsi que le fractionnement des familles ont condamné l'amitié virile à la relégation. Les rituels qui célébraient l'âge de la majorité ont disparu. La camaraderie entre les apprentis ou les étudiants s'oublie dès l'engagement professionnel et le mariage. À juste titre, l'émancipation féminine a établi la mixité jusque dans les sports et l'armée. Néanmoins, les mecs ont besoin de liens masculins qui ne mettent pas en péril leur(s) relation(s) amoureuse(s). Les réactions agressives que les femmes n'acceptent pas, les hommes entre eux les comprennent et règlent le problème autour d'un verre. Les secrets difficiles à partager dans un contexte familial, ainsi que certains problèmes de santé mentale ou physique ont besoin d'un soutien viril.






Des études prouvent que les problèmes de santé des mâles diminuent si ils bénéficient du soutien de leurs potes. Mais notre société accorde peu de valeur à la fraternisation masculine. Les lieux et groupes de rencontre réservés aux mâles sont rares. Les femmes ont beaucoup lutté pour atteindre à l'égalité des droits. En politique, alors qu'elle devaient singer les hommes pour se faire un peu entendre, on en voit aujourd'hui dont l'autorité et les compétences sont totalement féminines et solides, apportant une réelle qualification.




Le monde est en train de changer. Alors que les mecs occupaient tous les postes en vue, il leur revient aujourd'hui de soutenir leur santé mentale et de se créer de nouveaux champs d'activité. 

André












Stéphane Haffner et Emiliano Simeoni.



À bas les guerres !



Vive la prise de conscience de l'unité de notre corps et notre esprit avec l'univers !



Nous les gars avons une relation archétypale à notre phallus, ce n'est ni un péché, ni une maladie.










dimanche 18 décembre 2022

Se rouler cul nu dans la neige, casser la glace, nager et frissonner







Oui, le père Noël prend l'avion et passe désormais ses fins d'année sur une plage ensoleillée. Il a confié sa mission millénaire à des rennes munis d'intelligence artificielle implantée derrière leur cornes. Oui, pour les chrétiens, le fondement de cette célébration -- la naissance de l'enfant divin dans une humble étable -- est complètement enchevêtré avec d'autres festivités. Avec les traditions talmudique, gréco-romaine, nordique (du sapin), mais surtout dans la rapacité de l'ère de la consommation ["Qui aime Noël aime Lidl"]. De plus, comme le déclarent les incrédules: "C'est le moment béni de l'année où nous célébrons le bébé né de deux papas et d'une mère porteuse".



Tout cela, entouré de neige et de glace dans notre hémisphère... Dès ma retraite professionnelle, j'ai pris l'habitude de nager au lac dix mois sur douze. Il faisait si beau cet automne 1998 au bord du Léman [lake Geneva] que j'ai continué à me rendre à la plage jusqu'à la fin de novembre. Et c'est ainsi que je me suis habitué à brasser une eau de plus en plus fraîche. L'endroit où je me rendais était entouré de vignes. La plupart des sympathiques baigneuses et baigneurs y pratiquaient le naturisme. Le week-end nous organisions un pique-nique canadien, en rond, cul nu sur les galets. J'apportais des tartes que j'avais confectionnées avec du gruyère et des légumes. D'autres de la salade, des desserts, de la bière, du vin et du café. Les copains gays et moi étions bien intégrés.




Il y a peut-être un siècle, des ermites tibétains étaient capables de passer l'hiver en haute altitude, nus dans une caverne sans feu. Leur technique du toumo stimulait l'endurance et la chaleur intérieure. En plus de leurs pratiques de méditation et de respiration traditionnelles, ils visualisaient des flammes léchant leur colonne vertébrale. Ils arrivaient à faire sécher un tissu humide noué autour de leur corps par une température de -25 degrés. Cet exercice mystique renforçait en même temps leur système immunitaire.



On trouve des ascètes du froid dans d'autres civilisations asiatiques. Leurs méthodes ont été reprises pour augmenter l'endurance dans certains arts martiaux. Les gars méditent à poil au fond d'un trou creusé dans la neige ou sous une cascade glacée. Plus près de nous, en 1847, le jeune abbé allemand Sebastian Kneipp s'était guéri de la tuberculose par des bains d'eau froide dans une rivière. Ses techniques sont encore appliquées aujourd'hui. Et des praticiens du yoga du froid enseignent les principes du toumo à ceux qui veulent améliorer la capacité de thermorégulation de leur corps avachi par le chauffage central et la climatisation.





Faute d'être un saint homme, j'ai pratiqué la natation au lac de février à novembre pour le plaisir et seulement lorsqu'il faisait beau. Le moment de liesse, c'est lorsqu'on sort de l'eau glacée et que le corps nu, stimulé par la circulation du sang, capte les rayons du soleil. C'est comme si l'on était de nouveau en vacances, même si l'astre brille plus qu'il ne réchauffe. Ces dernières années, j'ai remplacé l'eau par l'air. Chaque matin, je fais ma gym en plein air, vêtu seulement d'un short de bain. Sauf si la pluie est intense ou la neige trop épaisse. Résultat: je n'ai connu aucun refroidissement, aucuns maux de tête, aucune autre maladie depuis que je suis retraité. Je n'ai point de médicament à la maison.

André