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dimanche 15 octobre 2023

Aujourd'hui l'art corporel est rarement "artistique": voyez les tatouages


Habillé et emplumé, nu et peinturluré, tatoué ou percé, le corps humain d'aujourd'hui subit beaucoup de modifications -- le pauvre ! -- dont la plupart n'ont rien à voir avec la notion traditionnelle d'esthétique. Nés de différentes pratiques tribales, le tatouage et la scarification ont perdu leur signification religieuse ou coutumière pour devenir de simples graffitis imprimés au fur et à mesure d'une mode ou d'évènements marquant une existence.

The Queen installs Prince William as Knight of the Thistle in Edinburgh

Ces représentations graphiques défigurent souvent une poitrine féminine, un visage, des bras, des jambes. Les Américains parlent de body art alors que l'inspiration à l'origine de ces modifications corporelles tient plutôt de la foucade.

André








































lundi 24 janvier 2022

Alex a fait tatouer sa vie pour en comprendre chaque étape





Pour ceux d'entre nous qui ne sommes pas attirés par les tatouages -- sur notre peau ou celle d'un/e autre -- il est éclairant d'entendre un tatoué analyser ce qui l'a motivé. Cela permet d'éclairer un peu les ténébreuses justifications des rebelles à la vaccination actuelle. Loin de moi l'idée de comparer les amateurs d'art dermographique -- qui ne mettent pas la société en danger -- aux antivax qui propagent la rébellion et retardent le rétablissement de la normalité. Voici le témoignage d'Alex, un passionné du tatouage.


"Les stigmates accumulés sur ma peau d'une séance à l'autre témoignent du besoin d'inscrire les étapes de ma vie pour en saisir le sens. Adulte maintenant, je le fais de manière plus apaisée. Mais oui, c'est bien de stigmates dont il s'agit. J'ai été élevé dans une famille religieuse où je me sentais enfermé dans un système qui ne convenait pas à ma nature profonde. Les premiers tatouages ont traduit ma rébellion, en secret. J'ai demandé d'avoir une chambre à moi car je ne voulais pas que mon frère voie ces griffures. Dans mon milieu, on considérait les tatoués comme des marginaux, des ratés.

"Ne me libère pas, je m'en charge."





"Mais il fallait que je quitte ma double vie. Pas facile parce que j'avais été jusque-là le brave petit chrétien dont ses parents étaient fiers. J'ai quitté l'Église à l'âge de 19 ans et affiché le premier signe extérieur en me faisant percer l'oreille gauche. Pas la droite qui aurait signifié que j'étais gay aux yeux de mon entourage. Ont suivi les premiers tatouages discrets sur mes bras. Puis ma sortie du placard et d'autres piercings. Une partie de ma famille et mes copains de l'Église m'ont rejeté. J'ai essayé de cacher ma dépression; une amie l'a perçue et m'a aidé à surmonter la tentation du suicide. Avec l'aide du tatoueur, j'ai trouvé des symboles pour illustrer ces cicatrices de mon âme.



Un si long poème...

"Je me trouvais à un grand carrefour de ma vie: entreprendre les études que souhaitait mon père ou suivre mon propre chemin. Indécision traduite par de nouvelles griffures. Puis chagrins et humeurs, comme la mort d'un cousin très proche et la fin d'amours passagères...

Après -- Avant



"Les temps changent. Désormais, la majorité des tatouages sont choisis pour leur look. Certains révèlent plus tard leur signification cachée. D'autres mettent leur propriétaire dans l'embarras parce qu'ils décrivent une étape de sa vie qu'ils voudrait oublier. Les miens me rappellent comment j'ai évolué. C'est ça le stigmate: un souvenir salutaire, une marque déposée sur le corps... Le nombre des motifs qui balafrent un corps humain est limité, même s'ils envahissent le crâne, l'intérieur de la bouche et le sexe. Est-ce de l'art ou du graffiti, sinon un rite initiatique ? La sensation de gêne, voire de douleur que ressent le tatoué durant la séance lui permet-elle d'inscrire une étape de sa vie, un engagement qu'il n'oubliera pas ? Voilà mon expérience. Vous allez peut-être conclure que je suis cinglé..."




Revenons aux colères et aux ténébreuses justifications des rebelles à la vaccination. En tant qu'apprenti médium et chamane, je crois saisir qu'elle émargent des souffrances qu'ils ont traversées, mais pas déchiffrées, ni soignées. Cela durant leur vie actuelle. Et peut-être aussi au cours de l'une ou de plusieurs existences antérieures. Mais pour le savoir et y remédier, il faut le comprendre. Et se donner la peine de chercher la voie de la guérison... 

André








Il se fait tatouer: "Le royaume de Dieu est en toi."




















 

mardi 27 juillet 2021

Au Japon : quand les geishas étaient... des mecs












Les programmes de TV ont diffusé de nombreux documentaires sur le Japon ces dernières semaines. La plupart d'entre eux mettaient en valeur des aspects rares et impressionnants de ce pays contrasté, très moderne d'une part et pourtant extrêmement conservateur. La gestion des crises y est déconcertante, voire effarante. Je ne me suis rendu que quelques jours au Japon, c'était en 1970, surtout pour visiter l'Exposition universelle d'Osaka et la comparer avec celles de Bruxelles et Montréal. À l'époque, elles nous faisaient découvrir le Monde. Aujourd'hui, le Monde vient à nous jusque sur nos plus petits écrans.

Fundoshi, le pagne des fêtes traditionnelles.

Ci-dessus et dessous, vous voyez ce que j'apprécie au Japon. Cette légèreté dans le vêtement masculin lors des fêtes qui allient traditions populaires et spiritualité. Et la fraternité manifeste entre les gars qui y participent. (Imaginez un pèlerinage à Lourdes ou Saint-Jacques de Compostelle en cache-sexe...) Cette homo-sensualité sans ambiguïté. Ces percussionnistes qui paraphrasent les battements du coeur sur leurs tambours géants. Ces tatoueurs qui s'inspirent des oeuvres d'art antiques et leurs clients qui ne bronchent pas afin d'affirmer leur virilité. Et cette chorégraphie butoh qui nous égare entre la vie et la mort.







Le butoh.



En revanche, les geishas et les corpulents lutteurs de sumo me laissent indifférent. La geisha n'est pas une prostituée, comme on l'imagine en Occident. Son nom signifie en quelque sorte "personne artistique". Son rôle est de divertir par la musique, la danse et les jeux qu'elle propose à ses hôtes. Pour y parvenir, elle doit suivre un long apprentissage, tant en ce qui concerne la culture traditionnelle que l'habillage et le maquillage.






À l'origine, les "geishas" étaient des hommes et remplissaient à peu près le même rôle que les "fous du roi" chez nous. Vers le XIIIe siècle, ils divertissaient le seigneur auquel ils étaient attachés par leur talent de confident, de conteur et d'humoriste. Ils étaient aussi capables de le conseiller en matière de stratégie militaire. Vers le XVIIe siècle, ils se spécialisèrent dans le divertissement pur et l'art du courtisan. Et c'est à ce moment-là que les premières femmes geishas sont apparues créant un scandale, puis une habitude.



Stefan et Sebastien de Nomadic Boys.

Stefan et Sebastien sont en couple et rédigent le blogue "nomadicboys.com" consacré au tourisme gay. Au Japon, découvrant l'origine du métier de geisha, ils ont décidé de se travestir en geishas femelles. Voyez le résultat ci-dessous, si cela vous intéresse.




Les étapes de la transformation d'un mec en geisha...
 




Au Japon, paraît-il, la situation des LGBTQ+ n'est ni très difficile ni très évoluée. Au premier abord, il semblerait que les gays sont bien intégrés. Mais la société a de la peine à accepter les personnes qui sortent de la norme établie. La visibilité de personnes LGBT commence à s'affirmer dans les milieux artistiques et politiques et va faire progresser les mentalités. Cependant, le pays a bien d'autres problèmes en plus de Jeux peu olympiens. L'économie est entrée en récession, la maîtrise de la pandémie n'est pas exemplaire et l'état d'esprit général déflationniste crèe de plus en plus d'incertitude. Comme le pays n'a pas l'habitude de permettre l'immigration, il n'est pas entraîné à accueillir gaiement la différence.

André


















Père et fils.