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dimanche 11 février 2024

De l'honneur à l'horreur : les décorations multiples du corps








Bien avant Adam et Ève, nos ancêtres préhistoriques ont paré leur nudité, pas forcément par pudeur, mais pour marquer leur appartenance à un clan, effrayer leurs adversaires, se camoufler durant la chasse sinon séduire. Ils disposaient de jus de fruits, de différentes terres, du sang de leurs proies et des cendres du feu.






Au cours des âges et de l'évolution culturelle, la nudité s'est installée dans les gymnases, par exemple en Grèce, et dans les bains, thermes ou latrines. Ah, les chiottes publiques où les mecs causaient de politique, de sport et de sexe avec leurs voisins -- tout en lâchant leur crotte odorante -- elles sont remplacées aujourd'hui par les bistrots.







À travers les siècles, les bains froids en rivière, lac ou mer ont aguerri les sportifs et les guerriers. (Durant la plus tonique partie de ma retraite j'ai nagé à poil au lac de février à novembre, dès que Phébus m'y invitait.) Et, bien sûr, les bains de soleil ont complété le programme.











La nudité fait horreur aux momiers et aux calotins. Regardez comment s'accoutrent les clergés juifs, chrétiens et musulmans, de la tête aux pieds ! Est-ce que tout ce falbala les rapproche de Dieu et de l'amour du prochain ? Les premiers chrétiens baptisaient les croyants adultes -- pas les poupons -- par immersion dans la nudité totale, sans tabou sexuel.


Aujourd'hui, le tatouage recouvre de très nombreuses peaux de manière indélébile. Alors que ce marquage est en majorité harmonieux et chargé de sens dans les sociétés traditionnelles, il enlaidit, caricature et altère les corps occidentaux, même s'il comporte une raison, un message important pour celle ou celui qui l'arbore. Alors, vive la peinture corporelle qui elle n'est qu'un jeu passager qui fait bien rigoler !

André


















 

 

 

 

 

dimanche 15 octobre 2023

Aujourd'hui l'art corporel est rarement "artistique": voyez les tatouages


Habillé et emplumé, nu et peinturluré, tatoué ou percé, le corps humain d'aujourd'hui subit beaucoup de modifications -- le pauvre ! -- dont la plupart n'ont rien à voir avec la notion traditionnelle d'esthétique. Nés de différentes pratiques tribales, le tatouage et la scarification ont perdu leur signification religieuse ou coutumière pour devenir de simples graffitis imprimés au fur et à mesure d'une mode ou d'évènements marquant une existence.

The Queen installs Prince William as Knight of the Thistle in Edinburgh

Ces représentations graphiques défigurent souvent une poitrine féminine, un visage, des bras, des jambes. Les Américains parlent de body art alors que l'inspiration à l'origine de ces modifications corporelles tient plutôt de la foucade.

André








































dimanche 6 août 2023

Mecs fascinés ou dégoûtés par leurs propres testicules...












Lorsque quelqu'un déclare au sujet d'un gars qu'il "en a" ce n'est pas à l'anatomie qu'il se réfère, mais à la hardiesse. Toutes sortes d'expressions font allusion aux boules de manière symbolique, et certaines sont ambivalentes. Comme "avoir les couilles au cul" qui peut signifier la virilité, mais aussi: "vous avez des couilles au cul, mais ce ne sont pas les vôtres..." Ou comme substitut à "nom de Dieu" soit "nom de mes deux". La couille au singulier signifie l'échec. La "couille molle" la lâcheté. "Partir en couille" c'est se dissoudre, s'éteindre.




Nos précieuses tiennent leur surnom du latin coleus, sac de cuir, donc bourse. Selon le dictionnaire Le Petit Robert "casser les couilles à quelqu'un" c'est l'importuner, "s'en battre les couilles" n'en avoir rien à foutre, "tenir quelqu'un par les couilles" l'empêcher d'agir, "se faire des couilles en or" entrer dans le club des milliardaires. Avec "il m'arrive une vraie couille" il s'agit d'une emmerde, pardon: d'une difficulté imprévue, Quant au "couillon" c'est, dit-on, un "pauvre con" -- pardon: un crétin. Apprenons à respecter la vulve féminine.




Comment se fait-il que la plupart de ces expressions utilisées par des mecs véhiculent un tel mépris envers notre précieuse virilité ? L'Américaine Nancy Smith, qui a exercé le métier de forensic artist (dessinatrice médico-légale) au Département de police de Los Angeles, s'est livrée à une enquête. Dans un local divisé par un paravent, elle a écouté et dessiné la description que des hommes -- qui ne la voyaient pas et qu'elle ne connaissait pas -- lui donnaient de leurs testicules. L'un d'eux les a dépeintes "comme un sac de vieux chiffons" ou "une grenouille morte qui cuit au soleil depuis deux ou trois jours". Un autre a terminé son témoignage par "ces boules sont en colère et n'ont pas d'amis"; il en pleurait. Un mec dans la trentaine a déclaré que plus il vieillissait, plus elles étaient fripées et fatiguées.






Lors de la deuxième étape, Nancy Smith a dessiné, toujours derrière le paravent, les mêmes organes tels que des femmes ou des hommes qui les voyaient pour la première fois les jugeaient. "Bien rondes", "mignonnes", disaient les femmes; "vivantes", "solides" selon des hommes. Ensuite, l'artiste a présenté à leurs possesseurs ses croquis des mêmes testicules côte à côte. Si bien que le gars qui les avait jugées "en colère et sans amis", ému par la différence d'appréciations, a déclaré: "Je devrais être plus reconnaissant de ma beauté naturelle". Ce manque d'assurance face à leur propre corps explique-t-il la violence que certains mecs manifestent envers les femmes ? 

André