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samedi 9 mai 2015

Nous sommes l'étoffe dont nos rêves sont faits... -- Shakespeare



"We are such stuff our dreams are made on..." "Nous sommes l'étoffe dont nos rêves sont faits..."
William Shakespeare, La Tempête.














mercredi 6 mai 2015

Mai mois de la masturbation -- pour sauver la planète du marasme



Mai mois de la revolución par la masturbación.

Pour nous inciter tous à la solidarité.

La branlette reste néanmoins un vice honteux et caché.

Et, c'est prouvé scientifiquement: elle rend aveugle.

Mais elle combat efficacement la calvitie.

En affaires, elle stimule le brainstorming.

Est sans dommage pour l'environnement.

Elle soulage les maux de tête.

Elle figure au programme scolaire...

...ainsi qu'au cycle postgrade.

Et rétablit le lien avec la nature.

Elle participe à la transmission fraternelle.

Figure dans les techniques mixtes.

Incite à la coopération.

Elle combat le stress.

Elle redonne le sourire.

Elle soutient les arts: "Tous en choeur mes frères!"

samedi 11 février 2012

Parle à ma bite, ma tête est vide

Est-ce que ça gratouille ou ça chatouille?

Ainsi donc l'humoriste Christophe Alévêque avait écrit -- c'est tordant -- que l'ex-footeux Zinédine Zidane "est un panneau publicitaire qui a trois neurones". Si vous n'avez pas compris: "Ce mec est une pute"; il est "lisse", "con comme une bite". Zizi lui a intenté un procès.














Au procès, Alévêque a pris la posture du bouffon du roy, seul autorisé à remettre en place les citoyens richissimes, donc puissants. Encore faudrait-il que le bouffon possédât quelque élégance pour mettre les rieurs de son côté. Ces deux gars se valent. 













L'un s'est exprimé un jour par un coup de boule qui lui a valu un carton rouge. Et il n'y a pas de carton assez rouge pour disqualifier l'expression "con comme une bite". Insulter les deux sexes en quatre mots, les deux sources du plus grand plaisir de l'humanité, c'est un exploit!

Ne pas les raser la veille du match!














Quoi qu'on en pense, chacune et chacun d'entre nous est concerné. Nous avons tous transité par ces organes, une fois pour l'un, deux fois par l'autre (à part les césariens). Alors, respectons-les, d'autant plus qu'ils ont les moyens de se venger et de n'en faire qu'à leur tête. Réfléchissez...

André

samedi 31 décembre 2011

Que 2012 fortifie votre audace...



... pour que vous puissiez mener à bien vos projets.








Saut dans la rivière Songua à Harbin.



















En avance sur nous, Sydney célèbre l'an 2012
dans sa baie magnifique.

vendredi 25 novembre 2011

Pourquoi les Égyptiens ne dansent qu'entre hommes

Campagne pour le retour des barbus.
J'ai tenté hier de prendre des nouvelles des blogueurs égyptiens gays que j'avais contactés au printemps. Ice Queer, le plus célèbre, n'a rien publié depuis le 16 juillet. Je ne lui ai pas envoyé de message de peur de lui causer préjudice. Un autre n'aborde plus les sujets politiques; il parle d'une histoire d'amour qui a mal tourné; s'agit-il d'un chagrin sentimental ou des événements actuels? Finalement, j'ai trouvé un blogueur autrichien dont le compagnon arabe a relayé mes questions à ses correspondants du Caire.

Prise de parole des femmes...
Réponse de "Rami": "Quand j'irai manifester demain, comme chaque vendredi, je quitterai la maison avec l'impression que ma vie pourrait se terminer dans quelques heures et je me mettrai à rire bêtement." "Tarek": "L'avenir des gays égyptiens? Il n'y a pas d'avenir, seulement le présent. Poser cette question c'est comme demander les résultats du match après 20 min. de jeu. Vous ne comprenez rien en Europe!" "Ramses": "Les élections? Si les mêmes soldats qui ont tué les démocrates dans la rue ces six derniers jours sont chargés de protéger les bureaux de vote, ce ne seront pas des élections libres." "Fakir": "Le gros de la population égyptienne souffre de la pauvreté, de l'illettrisme, de nombreuses superstitions et d'un système de corruption généralisé. Avant tout: il a peur des autorités en place. Il lui faudra beaucoup de temps pour prendre son destin en mains, accepter l'égalité des femmes et les droits des gays... Mais, ajoute-t-il, l'humour est notre revanche contre le destin." Et de raconter cette histoire qui m'a été traduite de l'arabe en allemand.

... et manifestation publique.
Des citadins vont consulter le cheik pour préparer leur mariage. Le futur mari demande: "Selon la coutume, les hommes dansent avec les hommes et les femmes avec les femmes durant la fête. Est-ce que je pourrai quand même danser avec mon épouse?" Le cheik répond: "Non, c'est immoral. L'Islam l'interdit. Hommes et femmes doivent être séparés!" Le futur marié reprend: "Mais, nous pourrons enfin avoir une relation sexuelle?" Le cheik: "Bien sûr. Allah ho Akber! Le sexe fait partie du mariage, pour avoir des enfants." Le futur poursuit: "Qu'en est-il des différentes positions?" "Tout ce que vous voulez," dit le cheik. "Même la femme dessus?" "Pas de problème." "En levrette?" "Dans cette position!" "Sur la table de la chambre?" "Sur la table et même dessous."

Le futur mari s'enhardit: "Est-ce que je pourrai faire l'amour ensemble avec mes quatre femmes, sur un drap en latex noir, avec de l'huile parfumée, quelques vibrateurs, mon harnais de cuir, un pot de miel et une vidéo porno?" Le cheik réfléchit: "Rien de cela n'est interdit." "Et debout?" "C'est absolument interdit," répond le cheik. "Pourquoi?" "Cela pourrait vous inciter à danser!"

André -- Illustrations empruntées au blogue Hegab, Nekab and Other Trash de Hassan El Helali.

mercredi 2 mars 2011

Le printemps égyptien d'un jeune blogueur gay

Des larmes de joie, place Tahir.
Il a 22 ans, il est interne en médecine, il écrit bien et il blogue lorsqu'il en a le temps... Comme des millions d'autres gars à travers le monde. Sauf que lui est gay et ne le cache pas dans son blogue intitulé Thoughts and Confessions of a Testosterone Addict (Réflexions et confessions d'un accro à la testostérone). Sauf qu'il habite Le Caire, est Égyptien et Marocain, vit intensément les événements actuels et qu'il s'est joint aux manifestants de la place Tahrir parce qu'il en avait "assez de Moubarak et de son régime". Il s'y est décidé après avoir vérifié que les manifs n'étaient pas manipulées par un parti ou un mouvement religieux et que la protestation venait des Égyptiens eux-mêmes "qui avaient été opprimés durant des décades". Il a été interviewé par des sites militants aux États-Unis, notamment Gay City News, en Allemagne et au Liban.

Le 11 février, il était sur la place Tahir après les prières du vendredi et tout était calme. Puis, avec ses amis, il se rendait à dix minutes de là "pour manger un morceau" lorsqu'une immense rumeur a jailli et que les automobilistes se sont mis à klaxonner. "Nous n'arrivions pas à le croire, parce qu'il y avait déjà eu de fausses rumeurs, alors nous avons appelé nos familles qui nous ont confirmé la chose." Moubarack avait réellement démissionné. Il est retourné sur la place où les gens se congratulaient, s'embrassaient, chantaient, pleuraient de joie. "J'en avais la chair de poule! J'ai appelé mon ami pour partager ce moment avec lui aussi."

Des manifestants se reposent au pied d'un char d'assaut.
Nous avons lu, entendu ou vu à la télé des témoignages de cet ordre. Je m'intéresse surtout à ce qu'a éprouvé l'auteur jusqu'à cette date historique: ses pensées, ses espoirs, ses craintes. [Nous allons y revenir ces prochaines semaines.] Voici ce qu'il écrivait jeudi 11 novembre 2010, après être revenu de vacances à Vienne avec son ami Autrichien qui, si je l'ai bien compris, réside en Égypte. "En réalité, nous vivons tous dans l'anxiété [...] même si nous essayons de croire qu'il n'y a rien à redouter. Nous traversons tous des épisodes d'angoisse. Crainte que la descente de police au Queen Boat [en 2001, 52 hommes présumés gays arrêtés, battus, torturés, la moitié d'entre eux condamnés à trois ans de prison] ne se reproduise dans l'un des lieux de réunion gays en Égypte. Peur qu'un durcissement du régime nous force à quitter le pays pour trouver asile en Occident. Frayeur plus forte face à des homosexuels qui ne s'acceptent pas que vis-à-vis des homophobes déclarés. Angoisse d'être arrêté parce que je suis un blogueur homo. Ou que des gays dans le placard m'accusent d'attirer l'attention sur eux. Appréhension que mon blogue devienne une sorte de documentaire de ma vie et que j'en vienne à détester cela. Crainte d'être influencé par des gens qui voudraient sauvegarder leur propre idée de la réalité. Inquiétude que mes parents découvrent mon athéisme. Terreur que le Salafisme [fondamentalisme musulman] ne devienne la norme."

André -- Les photos d'Alisdare Hickson prises sur la place Tahir ne représentent pas les personnes mentionnées dans ce billet.