 | Pas encore sorti du placard...
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 | ... ou militant par tous les temps.
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Le président Emmanuel Macron, a déclaré la semaine dernière: "Les
non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer
de le faire, jusqu'au bout." En hébreu,
Immanu'el signifie
Dieu avec nous. Imaginez ce qu'un humoriste, inspiré par cette déclaration cracra, pourrait dessiner: Dieu le Père avec le visage de l'Emmanuel français, assis sur la cuvette des WC, pantalon sur les godasses, flottant au-dessus de l'hexagone et tirant la chasse pour asperger la France insoumise de lisier... Je comprends le cri du coeur (et du cul) du président. Néanmoins mon
intuition me dit 1) qu'il a peut-être (in)consciemment saboté la suite de
sa carrière politique, mais surtout 2) qu'il a dérapé et stimulé le clan antivax dans le sens contraire.
Le mec Immanu'el "Dieu avec nous" n'a pas rempli la mission à laquelle le choix de son prénom le prédestinait. Il n'a probablement pas conscience qu'il est enfermé dans une forme d'identification monolithique à son rôle politique. Dans sa déclaration puante, il a utilisé son énergie de guerrier de salon, de gamin tyrannique, en pensant incarner l'autorité. Et il a divisé encore plus, au lieu d'essayer de comprendre, de communiquer, d'inciter, d'encourager et de faire venir le meilleur de ces personnes à la surface, à la réalité de la situation actuelle...
[Pour en savoir plus sur le moyen de voir ce qui se joue à l'intérieur de vous, voyez "Élargir sa vie" l'interview de Franck Lopvet sur Franck Lopvet : Élargir sa vie ! - YouTube ]
Passons à un sujet plus gay. Peu importe que l'on soit un gars courageux, casse-cou ou casse-couille,
renfermé, solitaire, timide, engagé ou engageant, pas encore sorti du
placard ou militant par tous les temps, en couple ou en électron libre. Il
faudra un courage conquérant pour cingler à travers 2022.
 | S'exposer sans broncher...
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 | ...sinon vivre caché.
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Le
courage, pour un pédé de ma génération, c'était de vivre apparemment
"comme-si", alors que nous étions "comme-ça". De survivre sans broncher
sous les insinuations, de sourire aux commentaires haineux ou moqueurs... Il fallait apprendre à
encaisser. Puis mai '68 a fait péter les conventions. C'était il y a un demi-siècle...
 | Bien réfléchir avant de se lancer dans la lutte...
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 | ...alors laisser tomber les protections.
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Aux
États-Unis, les étudiants protestaient contre la guerre du Vietnam et
la police réprimait. En Chine, Mao Zedong lâchait ses jeunes Gardes
rouges contre
les bourgeois de l'ancien régime. À Pékin en 1966, j'ai vu ces jeunes gars jeter les petits trésors d'une grand-mère par le fenêtre du premier
étage, une
chaise ancienne, les portraits de sa famille et des
bibelots précieux à ses yeux. Alors que des adolescentes,
elles aussi en uniforme des Gardes rouges, accusaient et giflaient la
vieille
dame selon la tradition du tribunal de rue. À San Francisco, l'année
suivante, j'ai assisté aux premiers concerts hippies...
En
même temps naissait le mouvement de libération homosexuelle mené par
des Américains de tous âges, courageux et plein de feu. Ils nous ont inspirés en Europe de l'Ouest. Et nous avons suivi leur exemple, d'abord
avec timidité. Ensuite, encouragés par les succès (encore modestes) puis
énervés par les fossés que la société creusait entre elle et nous, jugeant que nous étions des malades
mentaux...
Notre monde a changé. Et c'est maintenant au tour de la jeune génération
de se lever, d'exercer ses muscles au gymnase du courage politique afin de faire
bouger la masse qui geint et ne fout rien. À bas les
fake newsers. À bas les égoïstes que la vue des noyés en Méditerranée n'émeut guère et qui
prétendent "sauver la civilisation chrétienne" en rejetant les victimes
des guerres déchaînées par des Américains tellement bondieusards et
"démocrates"...
Eh les jeunes! maniez vos fesses, jetez les encensoirs à la gueule
des populaces populistes, cathos et christianistes, à la gueule de ces foutus brexistes.
Et, putain de merde, sortez vos nez du portable! C'est à votre tour
d'injecter du sang nouveau dans une année que vous devez bouleverser.
Peu importe les tâtonnements. Et si vraiment vous avez besoin d'aide,
demandez-la aux vieux loups qui ont pris beaucoup de coups après mai '68 et pourtant
ne regrettent rien, rien de rien ! Nous ne sommes pas aussi gâteux que vous ne l'imaginez.
André