jeudi 13 décembre 2012

La façon la plus coûteuse et la plus sûre de se suicider à petit feu


Ainsi donc, une juge fédérale américaine a enfin condamné plusieurs fabricants de cigarettes à diffuser des messages dans lesquels ils devront reconnaître avoir menti concernant les effets du tabac sur la santé des fumeurs et énumérer clairement les risques encourus.

Cette décision a été rendue à Washington par la juge Gladys Kessler dans le cadre d'une affaire menée depuis 1999 par le Gouvernement contre les cigarettiers.

Les compagnies poursuivies sont notamment Philip Morris US, RJ Reynolds Tobacco et Lorillard Tobacco Company. Le message que les fabricants devront diffuser à leurs frais est celui-ci: plus d'Américains meurent chaque année des suites de leur consommation de tabac que des meurtres, du sida, des suicides, des drogues, des accidents de la route et de l'alcool tous pris ensemble. Un autre avertissement concerne l'effet de la nicotine sur le cerveau qui rend le sevrage si difficile.





Autre nouvelle réjouissante concernant la tabagie: la présentation graphique de tous les paquets de cigarettes, quelle que soit la marque, est désormais identique en Australie. Une première mondiale vivement combattue devant la justice par les fabricants, obligés cependant de se conformer à la loi.
Les paquets de toutes les marques ont un emballage d'un vert olivâtre sombre, couvert d'avertissements choc et de photos de malades. Seul le nom change.


La ministre de la Santé Tanya Plibersek a déclaré que cette mesure visait à rendre le fait de fumer moins attirant. "Si nous pouvons empêcher les jeunes de s'y mettre, c'est quelque chose qui les aidera toute leur vie." Selon la ministre, environ 50% des Australiens se déclaraient fumeurs après la Seconde guerre mondiale. Le pourcentage est descendu à 15% actuellement et le gouvernement souhaite qu'il recule à moins de 10% d'ici cinq ans. (D'après AFP.)
 




mardi 11 décembre 2012

Bodybuilding : toujours plus de muscle, encore moins de slip



Quelques échanges entre pratiquants pêchés sur un forum de bodybuilding -- culturisme en français.

"On m'a dit que je souffre de dysmorphie musculaire parce que je trouve que la plupart des types croisés dans la rue ressemblent à des victimes de camps de concentration vu qu'ils ont si peu de muscle. J'y peux rien. J'essaie de me convaincre qu'ils sont normaux et ça marche durant 5 secondes, puis je me remets à penser qu'ils ont le cancer. Je crois que ma peur d'être fluet vient du fait que j'ai été abusé dans mon enfance. Depuis, j'ai décroché une ceinture noire et fait du body et cela a diminué ma peur de pas pouvoir me défendre et m'a apporté un sentiment de puissance."

"Mec, tu devrais vraiment voir un psy pour ton problème. Parce que de juger tout le monde trop maigre est un signe de maladie qu'il faut sérieusement soigner. La dysmorphie corporelle peut être le sommet de l'iceberg qui cache des troubles plus graves."
Teinture.

Pesée.

Gluteus maximus.

[La dysmorphie musculaire est un trouble d'image corporelle courant chez les athlètes mâles qui s'imaginent insuffisamment développés alors qu'ils sont bien bâtis. Cela les conduit à des entraînements musculaires de plus en plus excessifs et à la consommation de suppléments alimentaires dangereux, sans parler des stéroïdes. Ce type de trouble est le plus souvent ignoré par l'entourage exalté qui admire l'opiniâtreté et l'endurance du culturiste, sans comprendre que son entêtement est lié à ses problèmes d'anxiété.]




"Je m'entraîne pas pour gagner des compètes. Ni pour avoir plus d'amis ou plus de cul avec les nanas. Ni pour être beau. Je m'entraîne, et vraiment dur, parce que c'est perturbant. C'est douloureux. C'est exigeant. C'est ce que j'aime. Me faire souffrir."



"Travaille plus dur, plus intelligemment, plus longtemps -- le surentraînement est un état d'esprit."

"Peu importe ta masse musculaire, si tu n'as pas la force c'est du chiqué. Posséder de gros muscles sans développer la force c'est comme d'avoir un gode attaché à ta ceinture."

André

dimanche 9 décembre 2012

Un homme se dénude et dépasse ses limites à travers son double



Un mec et ses états d'âme: c'est fou ce qu'ils se ressemblent avec leurs efforts mutuels pour donner le change... C'est le chorégraphe et danseur portugais António Miguel qui se met en scène avec Miguel Pereira. "Je suis à la recherche de mes limites, déclare Miguel. Je veux les dépasser, me confronter au confort, recracher des quantités de choses qui encombrent mon esprit. Je voudrais évacuer des torrents de folie qui embrument ma vie. Peut-être découvrirai-je de nouvelles voies en dépassant mes limites?"

Dans cet extrait de Antonio Miguel 2de2, les deux danseurs se ressemblent comme des frères jumeaux. Leur jeu de dépouillement, de peur et de désir est contagieux. Il nous invite à l'investigation: qui est l'autre en moi, comment pourrais-je me dépouiller de ses/mes postures ridicules, de ce qui a été chorégraphié pour moi par la société, par mes parents, l'école? En même temps, la performance des deux artistes joue sur les enjeux de la représentation sur scène et de la dénudation: habiter son corps, incarner l'idée, montrer, déconstruire. Et pour le public: regarder, réagir, comprendre et s'extraire de la banalité.

André


vendredi 7 décembre 2012

Massacre de beaux gars : la fin du monde a déjà eu lieu



Samedi (1er décembre) plusieurs blogueurs ont laissé remonter leurs souvenirs. En les lisant les yeux humides, je revenais à 1985, l'année de toutes les horreurs. Nous avions passé du cancer gay au GRID (gay related immune disorder) pour culbuter finalement dans le sida -- sans connaître de moyen sûr pour nous protéger. Puis sommes devenus des pestiférés parce que nous accompagnions ou soignions des malades. Comme eux, on ne nous touchait plus. Et pourtant, qu'est-ce qu'ils avaient besoin d'être serrés dans nos bras!

Au début de 1985, j'imaginais encore que je dirigeais ma vie; à la fin j'ai compris qu'elle ne suivait pas mon programme. Les secrets que beaucoup d'entre nous avaient choisi de cacher ou de ne partager qu'entre amis sûrs -- leur homosexualité, l'existence d'un compagnon, les mensonges de leur double vie -- étaient soudain révélés au grand jour par une maladie et une mort que tout le monde croyait réservées aux gays, aux toxicos et aux hémophiles.

À différentes intersections de notre vie, nous découvrons des éléments du Grand Jeu jusque-là ignorés (ou enfouis) et nous devons choisir ce que nous allons en faire: les accepter ou les refouler. Êtes-vous prêt à rouler avec ce nouveau véhicule ou allez-vous l'enfermer dans votre garage souterrain?

Si le choc est aussi colossal et que, néanmoins, on refuse de changer, la suite de la vie risque d'être banale et superficielle, entachée d'incidents incompréhensibles. C'est un choix respectable; il reporte la possibilité d'évoluer à un moment plus opportun.

En 1985 et dans les années suivantes, j'ai appris à relativiser plus encore les liens de la famille de sang. J'ai vu aussi ma famille d'élection et de remplacement décimée de mois en mois -- meurtre, suicide, sida.

J'ai connu un vide toujours plus grand autour de moi -- ce que vivent habituellement les personnes âgées qui ne vont plus en visite qu'à l'hôpital et sortent pour les enterrements. Et surtout, j'ai constaté que la mort n'accepte pas la robuste splendeur des gars condamnés dans la fleur de l'âge. Elle exige qu'ils flétrissent et se dessèchent douloureusement avant de leur ouvrir sa porte.

Même pour ceux qui ont le privilège d'en fonder une, la famille n'est pas ce que vous en faites, mais une unité que la vie vous amène à reformuler et redécouvrir fréquemment. Petit à petit; ou de fond en comble.

André

mercredi 5 décembre 2012

Tout savoir sur le "café gay" américain

Pour réveiller la grande dame en vous.

Voici (enfin!) la preuve scientifique que la gayitude est contagieuse. Je n'ose pas utiliser le mot d'homosexualité puisqu'il s'agit ici de fèves de café et j'ignore si les plantes sont conscientes de leur orientation et de leurs pulsions...

Il aime ouvrir son placard.
Gay Coffee est une p.m.e du Massachusetts, fondée l'an dernier par Melissa Krueger et sa compagne Mary, qui vend du café torréfié et une boisson énergétique. Suite à son expérience de barista dans son propre bar à café, Melissa a gravi les échelons de la production en s'initiant aux techniques de la torréfaction, puis l'étendant à la connaissance des variétés et des mélanges. Mary et elle se sont rendues au Nicaragua pour rencontrer des cultivateurs et les entendre parler de leur métier, de leurs difficultés, et comprendre les rouages du commerce équitable bio.

"Goût français".
C'est en regardant un reportage sur les premiers couples de même sexe mariés l'an dernier à New York qu'elles ont choisi le nom de leur compagnie. Selon elles, Gay Coffee rend hommage aux gouines et aux pédés, à notre histoire et à notre rôle dans la société. Une partie des bénéfices est redistribuée à des organisations LGBT.

Une tranche d'histoire gay figure au verso.
Les réactions n'ont pas manqué. Ainsi, Seth Harris, président de Americans for Conservative Consumables (produits de consommation "conservateurs" -- sens politique) a appelé au boycott. Il exige que ces produits ne soit pas mis en vente dans des magasins proches des écoles. Il s'est indigné contre la multiplication des autres breuvages "gays" -- bières et thés. "Les boissons homosexuelles ne menacent pas seulement nos enfants qui peuvent les acheter sans qu'on puisse toujours les empêcher de les consommer; comme le soi-disant mariage gay, les boissons homosexuelles constituent un affront aux boissons traditionnelles. Ne peut-on pas stopper le prochain produit gay? Avec des compagnies comme Starbucks qui soutiennent le mariage gay, on verra bientôt que tout ce qui nous entoure sera teinté d'homosexualité. Il faut absolument lutter contre ce mouvement, sinon nous aurons demain du lait gay, de l'eau gay et des aliments gays pour bébés."

"Leur deuxième rendez-vous."
Tout cela, y compris Gay Coffee, me faisait sourire et je me disais: c'est tellement amerloque! Puis tout à coup j'ai poussé un cri d'horreur. (La voisine à l'étage au-dessus a probablement pensé que je me branlais.) La Suisse est réputée pour produire un café parrainé par ce cher George qui se le fait servir dans son placard. Et la même réputation, certainement calomnieuse, poursuit un ancien p.d.g. (nomen est omen -- der Name ist ein Zeichen, dit-on) de l'entreprise qui produit cet espresso.

La preuve que le café est contagieux!

André



lundi 3 décembre 2012

L'influence de la lune sur la clientèle du hammam : étude inédite






Post scriptum au précédent texte. Hier après-midi au sauna, j'ai pu vérifier l'observation scientifique que je mène depuis des années concernant l'effet de la lune sur un échantillon représentatif de la population gay du bassin lémanique et des régions avoisinantes (France et Suisse alémanique). Peu de jours après la pleine lune, la clientèle du sauna (qui se renouvelle d'heure en heure le dimanche, entre 150 et 180 mecs présents en même temps) apparaît plus calme et attentive. Les gars se concentrent sur le hic et nunc (l'ici et le maintenant) enseigné au cours post-grade de l'Université de Lausanne intitulé "Comment réussir sa vie de gay sans se laisser entamer par le féminisme ni l'intégrisme".




On ne folâtre pas d'une cabine à l'autre, on papillonne moins du sauna au hammam et retour. On se met à la tâche dans le respect de l'autre. Bien sûr, on soupèse plein de saucisses, mais on s'intéresse aussi au marchand. Étonnant, l'effet calmant de la lune en décroissance! Comme si nous, les mecs, retrouvions notre humanité...


L'autre phénomène que je ne manque pas d'observer, c'est la régularité des rendez-vous horaires dans le hammam embué et bondé. À 16 heures, ça explore et ça fornique par grappes de deux à quatre, collées les unes aux autres par la transpiration. À 17 heures, l'énergie de la dynamique mâle se répand en cercle. Un noyau de trois à quatre gars se forme autour d'un pipeur, un autre cercle l'entoure et ainsi de suite, tout le monde étant tourné vers le centre. Les mains, les bras, les bites s'allongent et se faufilent comme les tentacules d'une pieuvre dans et entre les corps luisants, se développant en tous sens. La puissance de l'excitation se décuple, amplifiée qu'elle est par chaque individu qui se joint au noyau en fusion. C'est un phénomène d'une intensité extraordinaire que les pornos d'orgies n'arrivent pas à mettre en scène. Il faut y participer, avec la ferveur des servants d'un culte païen ou d'un concert rock. Puis le groupe se défait, l'esprit saint s'envole comme il était venu, le sol est devenu plus glissant encore. À 18 heures, c'est le moment des soldes, les mecs s'affûtent vite fait pour partager la dernière goutte avec le premier venu. Puis rentrent au foyer, retrouver sereins leur gentille épouse et les gosses, leur maman qui s'impatiente à la cuisine, leur mec pantouflard ou leur solitude. La messe est dite.

André

samedi 1 décembre 2012

Limite des chutes de neige oscillant entre 600 et 1000 m. Sauna!




Une conversation dimanche dernier à l'École de médiumnité pendant la récré. Une de mes camarades résume une lecture qui l'a beaucoup inspirée sur le corps astral et les mémoires du passé (voire de vies précédentes) qui ont laissé des traces après une émotion ou un traumatisme ressentis intensément. Ces traces se manifesteraient -- si j'ai bien retenu -- sous forme de flèches ou de pieux. À un autre moment, je lui raconte ma peine à entendre/comprendre les participants qui s'expriment dans notre cercle d'une vingtaine de personnes. Alors qu'elle me prodigue un soin de guérison -- c'est le hasard de la distribution qui nous réunit pour cet exercice -- elle découvre un "pieu" dans mon oreille gauche!

Quelques jours plus tard, j'en parle naïvement à mon thérapeute psycho-corporel lors de ma visite hebdomadaire et il monte sur ses grands chevaux. Je résume: on ne peut pas, dit-il, décider d'intervenir sur un problème de ce genre. C'est dans le courant de la thérapie, lorsque le patient est prêt, que le négatif peut se résoudre. À la fin de notre séance, je lui demande tout de même s'il pense qu'on pourrait faire "quelque chose" au plan psychologique pour améliorer mon ouïe, jugée bonne par le spécialiste ORL. Il réfléchit et acquiesce.

Hier j'ai passé l'après-midi au jardin en compagnie de l'artiste qui vient tailler les arbres. Même caractère entier que le thérapeute. C'est lui et le destin qui décident de la vie et de la mort des végétaux. Il a un projet pour le figuier, le kaki persimmon, le tamaris et le griottier qui s'étend sur plusieurs années et va les mener à la perfection. Comme moi entre les mains de mon masseur magique. J'entrerai dans l'éternité en homme enfin parfait. À condition de vivre encore suffisamment d'années. Il est long le chemin... Et hier en bossant, je me les gelais au jardin. Dimanche: sauna.








André