samedi 16 avril 2016

Les jeunes et charmants barbus de la déprime espagnole en 2016





Quelle classe ces garçons que le photographe Jean-Baptiste Huong a choisis pour modèles à Barcelone, Séville, mais aussi Vincennes ou Londres! L'ouvrage que viennent de publier les éditions Bruno Gmünder sous le titre Secret Places leur est consacré. "Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves et notre frêle existence est entourée de sommeil," écrivait Shakespeare en 1611 dans La Tempête. Les "lieux secrets" que Huong a choisis pour capter les ébats de ses modèles sont-ils vraiment connus des seuls hommes gays? À vous de le dire et d'apprécier les choix et l'esthétique de l'auteur ravi par ces "chicos más hermosos y suaves que he conicido".



Basé à Paris, Jean-Baptiste Huong a étudié la cinématographie. Il est (ou était) monteur à la télévision et exerce son art photographique en parallèle; on peut l'apprécier sur le site Sweet Fantasies Diary. Ses modèles, on le constate, sont des mecs bruns, barbus, soignés et tendres, pas du tout les acteurs de porno, les daddies, les ados ou les musclors au menu de tant de branlettes gays. Ils sont en harmonie avec le décor choisi et l'on sent qu'un lien fait de respect et d'amitié les lie au photographe. Le cadrage et l'éclairage, Huong les a développés jusqu'à en faire un signe distinctif de sa quête.


Manuel: sa mort, un grand chagrin.



Au travers de ces mises en scène, je ressens la longue déprime que traverse actuellement l'Espagne et qui semble endormir ces mecs plutôt que de les inciter à lutter pour remettre leur pays sur pied. Ces charmants garçons cherchent la chaleur d'un autre corps pour s'y réfugier, plutôt qu'y allumer les feux de la passion qui seraient de leur âge. Ils s'entubent avec pudeur comme on prendrait un antidépresseur par voie anale. Sinon, ils revêtent un slip blanc pour poser, même seuls et sous la pluie. Si nous -- les mecs de ma génération et la suivante -- avions adopté cette attitude lorsque le sida a fait irruption, nous serions morts à côté des cercueils des gars que nous pleurions... Notre chance, peut-être, est que nous avions pris l'habitude de nous battre pour notre existence avant d'avoir à lutter contre la peste.

André





dimanche 10 avril 2016

Conneries de féministe, couillonnades de calotins et de politiciens


LGBT: nous muscler moralement...

...pour occuper notre place...

...dans la société.
Engagé depuis un demi-siècle dans la défense des droits des LGBT ["mili-tante" comme on disait pour rire], j'éprouve de l'admiration envers les féministes qui ont ouvert la voie de la lutte. Oui, mais pas envers les doctrinaires, les anti-mâles qui se laissaient pousser la moustache et les poils. Aujourd'hui, lorsque j'entends de jeunes connasses déclarer "Je ne suis pas féministe!" en tordant du cul alors qu'elles profitent des combats menés par les générations précédentes, je ressens un pincement au coeur pour leurs aînées. Parce que c'est pareil dans le monde gay. Elles/ils ne veulent pas savoir.

Mieux que par les lois...

...elles obtiendront ce qui leur revient...

...par le charme et la patience.
C'est le printemps et les fripiers de la mode visent un nouveau segment de clientèle "très porteur" avec leur modest fashion, la mode pudique. Leur interprétation de la pudeur va plaire aux mecs pas trop rigides mais surtout à la clientèle de musulmanes et de juives qui cherchent à concilier charme et orthodoxie. Avec, au fond du coeur, le projet de faire évoluer le milieu familial soucieux du qu'en-dira-t-on. Toutes choses qu'un gay -- qui a mis son énergie et sa ruse à accompagner l'évolution de la société -- comprend d'instinct. Pas Laurence Rossignol, ministre française des Droits des femmes, qui qualifie cette évolution de "mode islamique" du haut de son ignorance, de ses préjugés et de sa laïcité à l'emporte-pièce. Et elle la ramène avec l'esclavage des "nègres" dont certains s'accommodaient de leur condition, comme les femmes qui veulent imposer le port du voile "à tout le monde parce qu’elles en font une règle publique".

Un mouvement...

...de solidarité sur la...

...toile contre le mépris à peine déguisé...

...des politiciens.
C'est sûr qu'il peut y avoir un contrôle social des autorités religieuses. Mais est-ce à la France d'en exercer un autre? Alors que ses gouvernements successifs sont impuissants à régler des situations bien plus catastrophiques pour toute la population -- à part les privilégiés, dont fait partie la féministe Elisabeth Badinter. Elle déclare: "La tolérance s’est retournée contre celles que l’on croyait aider". Elle estime qu’en dix ans le port du voile s’est répandu chez les "filles des quartiers" et que "seule la loi peut protéger celles qui le portent sous cette pression." Et d'appeler au boycott des marques qui proposent la "mode pudique". Que c'est condescendant!

L'émancipation par le prêt-à-porter.


La "liberté" selon Pierre Bergé.
Pierre Bergé, survivant du tandem Saint Laurent, se joint au choeur des vierges pour condamner ces marques de prêt-à-porter: "Renoncez au fric, leur dit-il, ayez des convictions! Moâ qui a été près de 40 ans au côté de Yves Saint Laurent, j'ai toujours cru qu'un créateur de mode était là pour embellir les femmes, pour leur donner la liberté, pas pour être le complice de cette dictature." À 85 ans, il a probablement oublié que sa maison de couture a habillé de nombreuses élégantes richissimes portant le voile.

L'affrontement politique à la manière française: on se sniffe les fesses.
L'autre jour, l'évêque Stan Lalanne, consulteur du Conseil pontifical pour les communications sociales, caquetait à la radio sur la pédophilie ecclésiastique. Alors que le cardinal et archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, fait l'objet d'une enquête judiciaire pour non dénonciation d'agressions sexuelles par un prêtre de son diocèse. "La pédophilie est un mal, constatait Lalanne. Est-ce que c'est de l'ordre du péché? Je ne saurais le dire, c'est différent pour chaque personne." Et on a entendu le Christ se citer lui-même du haut des cieux sur un ton écoeuré: "Père pardonne-leur encore une fois, les Français ne savent pas ce qu'ils disent!"

Là où l'Église passe...

... le chrétien trépasse.
Discours foireux aussi de l'ex-président Sarkozy. Rendant hommage aux forces dites de l'ordre, il a déclaré récemment: "La France a besoin d'elles lors d’événements dramatiques comme ceux du Bataclan ou du Kärcher." Lapsus calamiteux. Fous rires quand même dans l’assistance qui se souvenait... En 2005, alors ministre, Sarko avait déclaré qu’il nettoierait la cité de La Courneuve au Kärcher. [C'est un grand ensemble, oublié par la rénovation urbaine, qui abrite principalement des Français d'origine étrangère très touchés par le chômage.] Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa est le fils d'un immigré hongrois et d'Andrée Mallah. La mère d’Andrée, Adèle Bouvier, est française; son père, Bénédict Malah, est un juif séfarade originaire de Thessalonique, alors ville de l'Empire ottoman. Sarko devrait connaître la différence entre un nettoyeur haute pression de fabrication allemande et une supérette casher qui suit le code alimentaire israélite... Cette classe politico-féministico-religieuse n'a pas de mémoire, pas de cervelle, pas de coeur, pas de punch; elle s'effondre sur elle-même.

André

Dans d'autres pays (pas les États-Unis) le dialogue politique...

...vise plus haut.