Nous vivons dans un monde d'autant plus complexe qu'il change
constamment. Beaucoup se sentent perdus, sont en colère ou ont peur. Ce dont nous avons
besoin pour y faire face c'est: 1) d'affection venant de nos amis
(éventuellement aussi de notre parenté...), 2) de l'amour (corps et âme)
d'un compagnon, 3) sinon de caresses et de sexe, d'une bonne santé --
mais avant tout: 4) de sagesse.
Notre propre sagesse n'est pas un luxe, elle nous est indispensable pour
naviguer dans ces eaux troubles. Et je ne peux pas compter sur une
religion, une philosophie, mon employeur, mon astrologue ou les conseils
dispensés par les médias (comment être positif, comment séduire à coup
sûr, trouver un emploi bien rémunéré, un logement, maigrir, me muscler,
sortir de la dépression...). La sagesse, c'est l'art de
naviguer à travers les écueils de la complexité actuelle en évitant les
conseils dépassés, les solutions politiques à courte vue, les drogues et les médicaments "pour tenir".
J'ai besoin de la sagesse pour raviver ma créativité instinctive et rendre mes
peurs plus gérables. Bouffer et boire comme un porc ne m'apportera pas la solution; ni fréquenter de faux amis et m'étourdir dans des distractions
bruyantes, violentes pour supporter les circonstances extérieures, oublier un instant
mon ennui, ma solitude.
Cette sagesse, où la trouver? Est-ce qu'elle s'achète comme un billet de loterie?
Le philosophe allemand et animateur de
débats Gert Scobel déclarait dimanche à la Télévision suisse alémanique
que la sagesse est l'art de ne pas se laisser écraser par la complexité
des problèmes, mais de prendre suffisamment de distance pour les
considérer calmement. Et avec humour chaque fois que c'est possible. La
méditation de pleine conscience apporte une grande aide en ce domaine,
c'est la voie royale vers la sagesse. Scobel la pratique
quotidiennement depuis l'adolescence.
Grâce à la méditation, on apprend à vivre dans une incertitude fertile, à s'acclimater aux circonstances, ainsi qu'à en tirer des avantages et de belles surprises plutôt que de l'angoisse. On découvre qu'il est plus avantageux de s'intéresser à ce qui nous relie aux autres êtres plutôt qu'à ce qui nous divise. Un détachement positif s'installe alors... et la peur de mourir s'estompe. À mon âge avancé, le senior débarassé de cette angoisse vit plus heureux et baise mieux. En plus, comme je l'ai déjà expliqué dans ce blogue (et j'y reviendrai) la méditation de pleine conscience -- avec une pratique régulière du yoga -- ont pour effet d'augmenter généreusement votre taux de testostérone, messieurs...
Alors, jeunes gens, si vous n'avez pas bousillé votre ouïe et pouvez entendre les vieux parler de leurs expériences, sachez trouver ceux qui ont gardé l'esprit éveillé, le coeur coquin et une vision large sur les événements actuels. Mais s'ils commencent leurs discours par "de mon temps", méfiez-vous... à moins qu'ils poursuivent en disant "la vie était plus simple et on était sûr de trouver un emploi". La méditation ? Elle venait sans y penser. On avait le temps de musarder, on n'était pas interompu à chaque instant par un portable, ce tyran de la vie contemporaine.
Sachez donc fermer le caquet de cet instrument lorsqu'il est inopportun et intéressez-vous à la méditation de pleine conscience. Je reviens d'une séance où, après un pique-nique canadien, nous avons médité durant 40 minutes, puis écouté les enseignemennts que notre animateur a tirés des expériences de chacun des six gars présents. Cinq jeunes et un senior embarqués dans la découverte d'une expérience millénaire.
André