lundi 18 mai 2015

Transition de féminin à masculin : parcours entouré de mystère



Le splendide Balian Buschbaum (ci-dessus) avait été baptisé Yvonne à sa naissance en 1980. Et, sous ce prénom, elle avait conquis la première place parmi les sauteuses à la perche d'Allemagne en 1999. En 2007, Buschbaum est entré en transition, passant patiemment et douloureusement d'un genre à l'autre. Elle souffrait du déséquilibre entre son apparence extérieure et le mâle qu'elle sentait au fond d'elle. Le poids moral qu'elle portait, a-t-il expliqué plus tard, a provoqué les nombreux accidents dont son talon d'Achille a été victime durant sa carrière sportive. Parfaite prise de conscience!




Le Néo-zélandais Kieran a également évolué de femme à homme. Sa mère l'a pleinement soutenu en l'appelant "mon fils" dès l'âge de 16 ans et en payant les frais de sa mastectomie. Cette opération représente la première étape chirurgicale du changement de sexe après un temps durant lequel la personne en transition reçoit des injections de testostérone qui modifient déjà son corps de manière importante. L'athlète qui gonfle ses biceps et a conservé son sexe anatomique initial se nomme Loren Cameron. Photographe, il a décidé de capter les étapes de sa propre transition et celles d'autres trans (ci-dessous) dans un album publié sous le titre de Transgender Images. Il explique: "I wanted the world to see us. I mean, really see us."


L'acteur de films pornos Buck Angel [déjà présenté ici en 2009] est devenu une icône du T dans LGBT. Lui aussi a choisi de ne pas se faire opérer en-dessous de la ceinture. Il y a dix ans, la chirurgie n'était pas aussi avancée qu'aujourd'hui dans le domaine du remodelage du sexe. Et Buck en a profité pour exploiter une filon nouveau dans l'industrie du sexe. En 2007, il a été couronné Acteur transsexuel de l'année aux "oscars" du film pour "adultes". Aujourd'hui, il dirige sa propre compagnie de production et s'est engagé dans le soutien des personnes LGBT en difficulté.



7 jours après l'opération.
Dix mois après l'opération.
Dans le groupe gay que je fréquente, un gars a raconté lundi dernier qu'il allait se faire opérer. De quoi? avons-nous demandé. Il a passé la main sur sa poitrine. Je ne m'étais pas aperçu que ce jeune homme réservé à la fine moustache était une femme en transition. L'intervention aura lieu demain mardi dans un hôpital de Lausanne. Si cela vous touche, pensez à lui! Votre énergie chaleureuse l'accompagnera dans sa guérison et dirigera la main du chirurgien... Je lui ai demandé: "Alors, c'est une jeune femme qui va accoucher d'un jeune homme?" "Non, a-t-il répondu avec un sourire malicieux, c'est un petit garçon qui va faire naître un grand garçon!" Nous avons déploré que la chirurgie ne puisse pas transplanter sa poitrine à une femme qui en aurait besoin. Et, ensemble, nous avons souhaité bon voyage à ses seins, qu'ils ne se sentent pas rejetés et qu'ils n'emportent pas une parcelle de son âme, ni cette part féminine dont chaque mâle a tant besoin.

André

vendredi 15 mai 2015

Cela fait 25 ans que tous les pédés sont guéris. Gay anniversaire!


Autoportrait de l'artiste.

L'illustrateur, peintre et dessinateur brésilien Luis Felipe Camargo, début de la trentaine,  vit à Campinas dans l'État de São Paulo. Il a exposé dans son pays et en Europe. Il tire son inspiration des mythologies, de la bible et de son esprit débordant d'imagination homo-sensuelle hors normes. Ses outils vont du manuel au numérique, du crayon à la gouache et il soigne la surcharge pour donner plus de profondeur à ses personnages. L'an dernier, il a créé Les coeurs n'ont pas de genre (ci-dessous) pour marquer la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie.

Les coeurs n'ont pas de genre, illustration créée pour la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie de l'an dernier.

Dimanche 17 mai 2015 !
C'est pourquoi je présente Luis Felipe Camargo en cette fin de semaine car on célèbrera la Journée 2015 dimanche. Elle commémore une date importante pour nous. En effet, le 17 mai 1990 l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est enfin décidée à retirer l'homosexualité de sa liste des maladies mentales. J'ai donc vécu avec une maladie mentale incorrigible durant plus de 54 ans et, ô miracle! guéri en un jour. J'étais ce qu'on appelle un patient en traitement ambulatoire, un danger pour la société. Et vous, durant combien d'années avez-vous souffert de cette maladie honteuse et mentale? En fait, ce qu'elle a de plus dangereux, c'est qu'elle n'est pas dans notre tête, mais dans celle des autres...

André




Portrait de la vraie symbiose de ceux qui sont amoureux.



Gentleman avec un fourmilier.


Anatomie d'un coeur brisé.


mardi 12 mai 2015

Comment faire avaler du sperme et un mythe fondateur



Dans son blogue du 9 mai dernier consacré à une "tribu gay", l'ami Xersex se réfère à l'étude de l'anthropologue Jared Martin pour décrire les moeurs de la tribu des Sambia de Nouvelle-Guinée. Ce que j'ai lu (il y a longtemps) au sujet des Sambiens me dirige vers une tout autre interprétation. Ceux qui l'ont étudiée sur place rapportent que la tribu considère le sperme comme une denrée rare, un agent de croissance indispensable. [Dans ma jeunesse, beaucoup pensaient encore qu'un mec n'avait qu'un millier de coups à disposition pour sa vie entière -- idée diffusée par le lobby anti-branlette.] Voici comment les Sambiens géraient la hiérarchisation des personnes grâce au sperme. Vers l'âge de 7 ans, les garçons étaient éloignés de leur mère pour vivre dans une case d'initiation en compagnie d'hommes plus âgés. Pour assurer la croissance de leurs facultés viriles, ils devaient avaler régulièrement le sperme d'un aîné, cela durant une dizaine d'années.


Saignée du nez, incision à la lame de rasoir.


Ayant atteint l'âge adulte, ils devenaient à leur tour donneurs du précieux liquide. Entre temps, ils avaient traversé des rites initiatiques douloureux, notamment des saignées pour les purifier du sang féminin qui infectait leur corps. Ils pouvaient désormais se marier; et si leur épouse n'avait pas encore ses règles, elle devait les sucer pour terminer sa croissance. Après la naissance des deux premiers enfants, le mari était enfin considéré comme un mâle accompli. Il devait néanmoins compléter ses réserves de sperme, non plus en ingérant celui d'un copain, mais la sève de certains arbres.

Les photos de cette page ne présentent pas que des tribus de Nouvelle-Guinée.
Toutes les sociétés patriarcales ont inventé des histoires pour rabaisser le rôle de la femme et la rendre dépendante des mâles. Sa capacité de mettre au monde un enfant sans autre apport masculin que quelques gouttes de sperme lui délègue un ascendant tel que le mâle hétéro y perd ses couilles... Exemples actuels de stratégie misogyne: 1) La différence de salaire qui perdure en Occident malgré les lois. 2) Le rejet des femmes prêtresses dans l'Église catholique; il faut en avoir dans le slip pour dire la messe et procéder au sacrifice du Christ. 3) La prohibition de la pilule et de la capote... Et les LGBT subissent les dommages collatéraux.



Initiation: une discipline militaire.

Dans les temps anciens, les vieux mâles sambiens ont mis en place un système pour abaisser les femmes et discipliner les jeunes garçons. Le privilège masculin allait reposer sur les secrets de l'initiation qui ne devaient pas être révélés aux femmes et sur la maximisation du rôle du sperme. Le tout fondé sur les épreuves que devaient traverser les mecs pour accéder à leurs privilèges d'adultes. [Chez nous c'était ou c'est encore le devoir militaire et les sacrifices qu'entraînent les guerres décidées par les vieux mâles.]



Inventées par les Sambiens, les différences entre les sexes sont les suivantes. Les femmes grandissent naturellement parce qu'elles ont en elles un organe producteur de sang. Les hommes en revanche doivent être assistés dans leur construction -- c'est évident: les couilles des petits garçons sont vides. Grâce aux fellations, ils pourront développer leur corps et emmagasiner de la substance dans leur petit réservoir. La citerne est pleine lorsque l'adolescent fait ses premiers rêves humides. De son côté, une épouse bien baisée nourrit l'embryon de sperme pour constituer son ossature et sa chair et elle lui donne son propre sang. Ensuite elle transforme la crème mâle en lait pour son bébé. L'homme prend ainsi la première place dans le cycle de la vie.

Voilà comment les patriarches de Nouvelle-Guinée ont réinventé "les lois de la nature" pour accorder au sperme la première place dans les liens sociétaux de la tribu. Et chez nous, quels sont les mythes fondateurs?

André

samedi 9 mai 2015

Nous sommes l'étoffe dont nos rêves sont faits... -- Shakespeare



"We are such stuff our dreams are made on..." "Nous sommes l'étoffe dont nos rêves sont faits..."
William Shakespeare, La Tempête.