Plusieurs jours après la révélation, en Pennsylvanie (USA), des abus sexuels perpétrés sur plus de mille enfants -- principalement des garçons -- par des centaines de prêtres et d'employés de l'Église catholique durant des décennies, le Vatican a enfin exprimé sa "honte" et sa "douleur". Un communiqué déclare: "Les victimes doivent savoir que le pape est de leur côté." Est-ce à dire qu'il s'est lui aussi fait enculer par ses lieutenants chargés de nettoyer les écuries de la Curie pontificale ? Dites-leur que je suis de leur côté... C'est bien léger et ambigu. Selon l'organisation Bishop Accountability, 6'721 prêtres ont été accusés d'abus sexuels rien qu'aux États-Unis pour des faits semblables commis entre 1950 et 2016. On estime à 18'565 le nombre des jeunes abusé/e/s.
L'enquête des services du procureur de Pennsylvanie sur la perversité des "prêtres prédateurs" couverts par l'Église catholique de cet État a engendré le rapport d'un jury. Il indique que presque tous les cas allégués sont frappés par la prescription et ne peuvent plus être poursuivis pénalement. Certaines victimes avaient moins de dix ans lors des faits incriminés. Le rapport cite le cas d'un prêtre qui a commis des abus sur cinq soeurs; la plus jeune était âgée de 18 mois au début des faits présumés. Jamais une enquête n'avait révélé autant de cas.
Dans le rapport, que j'ai lu, les auteurs écrivent: "Cela nous rend malades que la plupart de ces crimes ne puissent pas être punis et apporter ainsi un certain dédommagement aux victimes. [...] Mais nous allons nommer les malfaiteurs et décrire leurs crimes; nommer aussi ceux qui les ont couverts. [...] Et nous allons faire des propositions concernant la modification des lois afin que plus personne, si possible, n'ait à conduire une enquête aussi tragique que celle-ci."
Le détail des délits commis est effrayant. Viols répétés sur la même victime, enregistrements de pornographie enfantine, prêtres offrant un bracelet à leur proie pour que les collègues sachent que ces enfants étaient bien "dressés" à accepter les abus. Tout cela enregistré par les diocèses dans leurs archives secrètes. Et tout cela couvert par la hiérarchie qui prétend n'en rien savoir...
Ces révélations tombent au moment où le président des États-Unis tente d'affaiblir la loi autorisant l'interruption de grossesse afin de plaire à son électorat intégriste. Or le scandale des abus dévoile l'hypocrisie de ces "hommes de Dieu" qui ne respectent pas l'intégrité corporelle des enfants et cherchent à remettre les femmes sous l'entière domination des mâles. Adieu l'égalité hommes-femmes. Cela, bien sûr, au nom de la loi divine. Et l'Église catholique n'est pas seule dans cette démarche. Les protestants fondamentalistes veulent aussi renvoyer les femmes à la cuisine. Pour cela, ils cachent du mieux qu'ils le peuvent les nombreux abus sexuels de leurs pasteurs et autres cadres religieux. L'extrême droite chrétienne -- cathos et évangéliques conservateurs -- veut réinstaurer le patriarcat. Adieu la promotion des femmes en politique et dans les entreprises. Adieu MeToo. Adieu aussi la séparation entre l'Église et l'État. Après les élections de mi-mandat en novembre, Trump enverra paître tous ces intégristes. Actuellement, il les caresse dans le sens du poil.
André








































































