dimanche 10 décembre 2023

"Dieu vient vers toi" dit le séminariste en éjaculant sur la fillette





Je ne suis ni grenouille de bénitier, ni bouffeur de curés [car végétarien]. Élevé dans une famille protestante fondamentaliste, j'ai découvert très jeune -- en ouvrant les yeux pendant les prières -- combien ceux qui m'enseignaient la "parole de Dieu" surfaient -- délibérément ou non -- dans la fiction. Peu d'entre eux donnaient l'impression d'être bienheureux en présence de ce Seigneur dont ils prononçaient les louanges. Dès lors si je considère le comportement de la prêtrise catholique à travers le monde, avec mon expérience de gay à qui on ne la fait pas, je peux imaginer combien les victimes sexuelles du clergé ont souffert à la fois des violences endurées et du silence que suscitait leur honte erronée.


Mettez-vous à la place d'un séminariste qui doit demeurer chaste pour avoir le droit de diriger la vie de ses paroissiens ! La prêtraille qui y contraint le jeune homme est détraquée; d'autant plus si elle-même n'a pas respecté ce tabou... À la fin de l'adolescence, nous les gars sommes turbinés par la libido et découvrons une énergie qui nous habite de la tête au cœur et jusqu'aux couilles en passant par peau et poils. En français le mot amour recouvre l'appétit sexuel en même temps que la tendresse et les autres attachements. Le respect de notre propre corps, l'analyse de nos qualités et nos défauts sont primordiaux pour rencontrer notre prochain/e sans jugements. Comment voulez-vous qu'un prédicateur exhorte ses ouailles à aimer Dieu s'il n'a jamais pu s'autoriser une passion envers un/e semblable !






Mardi 5 décembre, France 2 a diffusé Le prix d'une vie, enquête sur la pédophilie au sein de la Congrégation des Frères Saint-Gabriel. Leurs souffre-douleur étaient des fillettes et des garçons de moins de 10 ans enrôlés dans un internat dirigé par des religieux de 1940 à 1972. Sur 21 enseignants, on dénombre 9 abuseurs dénoncés par les victimes qui ont créé un collectif. "Aujourd'hui, j'ai toujours aussi mal," confie Gérard. "Je viens de parler pour la première fois de ce qui m'est arrivé. J'ai contribué à lever le voile sur ce triste passé." Jean-Pierre ému aux larmes en montrant une photo de lui enfant sur laquelle on lit tout son malheur [et les parents ne s'en ont pas rendu compte ?] déclare: "C'est une catastrophe de supporter des abus sexuels deux fois la semaine. J'ai cru que j'étais fou."


Des drag kings (ou queens), sans perruques ni hauts talons.

Une femme rapporte son dégoût. Le séminariste a commencé par introduire ses mains dans le dos de la fillette, puis devant jusqu'à l'entrejambe en commentant: "Dieu vient vers toi !" Puis il a fallu qu'elle le masturbe. Ensuite il a enfoncé sa bite dans le sexe de l'enfant qui le suppliait d'arrêter et a fini par éjaculer et l'obliger à avaler, en commentant: "Tu viens vers Dieu !" Il sentait mauvais et cette odeur a longtemps tourmenté la petite. Le documentaire rapporte aussi les nombreuses démarches de ces retraités pour obtenir justice et un geste de réparation. Beaucoup ont traversé des périodes de dépression, d'amnésie, de honte solitaire, de consommation de drogues et de tentatives de suicide.







Dans chaque église catholique un cadavre décharné, presque nu et cloué sur une croix domine le décor. Pourtant, les évangiles rapportent que le corps du Ressuscité se trouvait dans un état glorieux. À ses disciples qui se demandaient s'ils avaient affaire à un esprit Jésus déclare : "Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour, et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations [...] De cela vous êtes témoins. [Et moi,] je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut." Levant les mains, il les bénit et fut emporté au ciel. Apparemment, le Saint-siège du Vatican n'est pas encore entré dans l'ère chrétienne.




En Suisse, une étude de l'Université de Zurich a dénombré plus de 1000 cas d'abus sexuels depuis le milieu du XXe siècle. Ce décompte ne fait que commencer. Rien qu'à l'abbaye de Saint-Maurice, en Valais, célèbre pour la qualité de son enseignement à des élèves laïques de bonnes familles, plus d'une dizaine de chanoines seraient impliqués à cause de punitions sadiques et vicieuses ainsi que d'abus sexuels. Après ce déballage, pour remplacer l'abbé directeur, lui-même soupçonné, les responsables en ont nommé un autre, lui aussi accusé de comportements déviants... La puissance religieuse qui faisait taire les victimes et déplaçait les coupables, afin de continuer à diriger la vie des paroissiens et à collecter leurs offrandes va-elle évoluer ou périr ?

André





P.S. -- 80 hommes soupçonnés de pédocriminalité ont été interpellés la semaine dernière en France, dans un vaste coup de filet. Parmi les mis en cause, âgés d'une trentaine à plus d'une soixantaine d'années, cela va de l'élu local au chômeur, en passant par l'ingénieur. Plus de 100'000 vidéos et photos pédocriminelles ont été retrouvées lors des perquisitions. Les images étaient stockées dans des ordinateurs, disques durs ou autres supports numériques. Certains contenus étaient extrêmement violents, présentant des actes sexuels commis sur des nourrissons, ou des enfants abusés sexuellement avec des animaux.














4 commentaires:

Jihem a dit…

Merci André pour ce très bel article. En espérant qu'il éveille les consciences. Bises

Axel a dit…

Et dans les communautés protestantes il ne s'est jamais rien passé ?
Là aussi il y a des chorales de jeunes et des pasteurs plus âgés...
Dans l'Amérique protestante profonde du Middle-West des années 1880-1960 existaient les YMCA (Young Men Christian Associations) où hommes, adolescents et garçonnets pratiquaient du sport entièrement nus, "au nom de l'équité sociale"... Dans un environnement uniquement fait de fraternité et d'eau fraîche ?...

On n'a pas besoin des scandales sexuels récents si on veut démolir la crédibilité de l’Église catholique : l'Inquisition suffit largement.

Nonobstant, pendant des siècles, les moines ont été les seuls à servir de pompiers (dans des villes largement propices aux incendies), de pompes funèbres, de psychologues, d'écrivains publics, d'enseignants...
L’Église a contribué à diffuser les connaissances scientifiques des Anciens (Thalès, Démocrite, Anaxagore, Euclide, Pythagore, Ératosthène...) sans jamais s'y opposer.
Sans compter les innombrables chefs-d’œuvre que l’Église a pu inspirer : des fresques de Michel-Ange au Requiem de Mozart, en passant par le triptyque de l'Agneau Mystique (Van Eyck, 1432) ici-même en Flandre...

Je pense pour ma part qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain...
Axel

André a dit…

Bonjour Axel !

L'étendue des scandales dans les Églises protestantes est moindre puisque les pasteurs et pastourelles ont le droit de mener une vie sentimentale et sexuelle normale, sinon exemplaire. De nombreux ecclésiastiques se sont lancés dans la prêtrise en espérant que cela apporterait une solution à la tendance homosexuelle dont ils avaient honte. À l'époque -- et aujourd'hui encore dans certains milieux -- on prétendait que notre orientation est une maladie guérissable avec l'aide de Dieu...

Xersex a dit…

Même les religieux sont eux-mêmes victimes d’une religion castratrice. Et savoir que l'on croit actuellement à la mythologie ajoute à ma frustration.