Les premiers matchs de la Coupe du Monde nous ont réservé quelques
résultats imprévus, de l'inespéré pour ce sport corrompu
par les marchands. Dans le vrai jeu autour du ballon, il n'y a pas
d'entrepreneurs qui dirigent tout, mais simplement une équipe de mecs
qui sont là pour dérouiller leur corps et s'adonner au besoin, très
masculin, de gagner ou de se soumettre à un adversaire que
l'on respecte en espérant le vaincre un jour. Apprendre à accepter la
défaite virilement est utile, tant dans la vie professionnelle que
privée. Cela permet de mieux collaborer, de muscler son art du compromis
et d'avancer dans la vie.
Quant aux spectateurs massés dans le stade, ils traversent sans s'en
rendre compte des états d'âme féminins et masculins à cause de l'issue
incertaine du match. Ils "soutiennent" tel joueur comme une épouse son
mec, ou le vouent aux gémonies, le vilipendant et le traitent de
tarlouze, d'enculé, de gonzesse, tout le registre de la déception. Ils régressent à l'état primitif des cavernes. Mais en
fait, ils ne pensent pas un instant que le mec visé est gay. Il ne peut
pas y avoir d'homo dans le sport, encore moins dans les vestiaires.
Est-ce la faute à la testostérone ? Une étude a montré que le désir
de victoire des supporters faisait augmenter leur taux de testostérone
avant même qu'ils ne posent leur cul dans le stade. Et durant le match,
il s'élevait d'un tiers par rapport à une journée ordinaire, à la même
heure. Bien mieux encore: la vision d'une vidéo porno convaincante fait
doubler la production de la précieuse hormone en un temps record. Mais
le gars concerné retrouve ensuite le niveau initial. La testo est-elle
vraiment la cause de la violence masculine ?
Oui, la testostérone combinée avec une enfance violente, une éducation
lacunaire, des revanches à prendre, l'enrôlement dans une bande qui consomme des produits dangereux crée des mecs brutaux. La
famille et la société les ont abandonnés, puis les punissent... D'autres
chercheurs qui se sont penchés sur l'hormone mâle ont démontré qu'elle
n'augmente pas seulement le potentiel combatif et créatif de l'homme, son goût du
risque, elle renforce parallèlement un comportement
social dans ses interactions avec ses semblables, elle lui permet
d'adopter une attitude plus équitable et de renoncer à la tricherie
aussi bien qu'à la corruption. Les dictateurs sont souvent de pauvres
mecs en manque de testostérone naturelle. Regardez la tronche de Hitler
ou l'énorme cul d'un certain président aux cheveux jaunes. L'embonpoint
est souvent provoqué par un déficit de cette hormone qu'il péjore encore au
fur et à mesure des kilos ajoutés.
Peu importe l'orientation sexuelle des spectateurs et des artistes du
ballon rond. Le milieu du foot, comme des autres sports, doit apprendre
à vivre en bonne harmonie avec la différence de race, de religion et de
façon d'aimer. Elles ne concernent ni les compétitions, ni les vestiaires. La société occidentale a fait quelques progrès en ces domaines.
Les sportifs étant très fixés sur leur carrière ont pris du retard sur
l'évolution des mentalités. Ils confondent virilité et hétérosexualité,
ils confondent aussi nudité et sexualité. Pourtant, il s'en passe des
choses dans les vestiaires et lors des beuveries après match... Mais
comme c'est entre "hétéros" et sous l'effet de l'alcool, cela ne compte pas. J'admire le sixième sens des footballeurs, la manière dont ils se passent le ballon comme s'ils
avaient une paire d'yeux derrière la tête. Lorsqu'ils appliqueront leur
finesse aux relations humaines, ils seront de vrais champions.
André