La pilosité d'un homme abrite sa senteur, la riche fragrance de son sexe.
Chez une femme les poils des aisselles sont disgracieux, chez un homme
ils soulignent sa virilité. Aujourd'hui, de nombreux mecs rasent leurs
aisselles ou les font épiler; ils arborent aussi un chignon pour mieux
ressembler, me semble-t-il, à une gonzesse. Est-ce parce qu'ils
nourrissent la secrète envie de se faire violer ? Dans la Rome antique,
Sénèque le Jeune prônait déjà le juste milieu: "Ici
l’on affiche trop d’apprêt, là on laisse voir trop de négligence; l’un
s’épile jusqu’aux jambes, l’autre néglige même ses aisselles."
Le prophète Mahomet aurait déclaré: "Taille
soigneusement ta moustache et laisse-toi pousser la barbe." La pilosité
faciale est aussi le signe d'appartenance des prêtres et moines coptes.
Chez les sportifs, les nageurs de compétition s'épilent complètement
pour gagner quelques fractions de secondes. Les bodybuilders et les
catcheurs le font pour des raisons, croient-ils, esthétiques. Dans la
peinture et la sculpture ce sont surtout les poils pubiens qui
apparaissent ou sont effacés suivant les époques.
Les zones d'un corps velu ne sont pas distribuées selon le désir du
propriétaire. Certains poilus luttent toute leur vie contre leurs
toisons. D'autres gars, tout aussi masculins, n'en voient presque pas
pousser. Voici le programme pour tenter d'y remédier: 1) exercices
d'aérobie (ils
libèrent
des endorphines favorisant la croissance des cheveux et des poils); 2)
alimentation riche en légumes, fruits et protéines; 3) massage des
régions du corps où l'on désire intensifier la pilosité; 4) diminuer le
stress en méditant.
À
distance, l'apparence d'un corps nous stimule. De près, son empreinte
olfactive nous en dit plus. Si "la beauté est dans les yeux de celui qui
regarde", on peut ajouter qu'une attirance plus profonde se ressent dans le nez qui renifle. Les odeurs que nous produisons sont des substances dérivées de la testostérone ou de l’œstrogène
(produite par les femmes). Elles affectent notre comportement et nous
conduisent dans notre quête d'un/e partenaire. La peau émet ces
phéromones sur tout notre corps et plus intensément les aisselles et
l'entrejambe où les poils les développent.
Si
notre préférence sexuelle et sentimentale se décline au masculin
(singulier ou pluriel) l'odeur d'un mec peut nous rendre fou de désir --
dans l'ordre: bite, corps et âme. Les aisselles comme l'entrejambe
(devant et derrière) propres et vierges de déodorant ou de savon
parfumé, nous parlent du gars que notre nez est en train d'inspecter.
D'autant plus s'il n'est pas épilé. Néanmoins, comme notre odorat et
notre sens gustatif sont liés, et comme ce qui dégage une bonne odeur
est appétissant, on peut être incité à lécher, à sucer, voire bouffer
ces différentes parties. Et là, pour certains, les poils sont
ingérables, pour d'autres un régal.
André
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Quelle fragrance émet la pilosité d'une personne qui a changé de sexe ?