samedi 29 janvier 2011

Pourquoi les lutteurs ne portent pas de coquille protectrice

Dans son commentaire sur La poutre apparente des jeunes lutteurs (jeudi) Claudius se demande pourquoi les gars n'enfilent pas un jockstrap (suspensoir) avec coquille protectrice qui leur éviterait de devoir constamment remettre la marchandise en place; en plus, cela "les protégerait des mauvais coups de genoux", écrit-il. Question qu'on se pose aussi en regardant un match de foot: un méchant coup, même sans intention maligne de l'adversaire, est vite arrivé. On voit le joueur plié en deux alors que les supporters du club adverse crient "chiqué!".
 
J'ai interrogé S., un ancien lutteur qui m'a répondu par courriel. Il pratiquait la gréco-romaine et non la lutte suisse à la culotte où l'on saisit l'adversaire par les vêtements (qui cachent l'érection intempestive). En général, les sportifs évitent la coquille rigide, écrit-il en substance, parce qu'elle se met facilement de travers si elle n'est pas bien plaquée, et qu'elle irrite la peau de l'entre-jambe lorsqu'elle appuie trop fermement. De plus, elle freine le mouvement. C'est pourquoi les footballeurs préfèrent prendre le risque d'encaisser. "Quant tu luttes, tu ne te prends pas des chaussures à crampons dans les boules, ni des coups de poing comme en boxant. Mais tu te fais parfois empoigner par là où c'est délicat, et l'adversaire peut parfois serrer ou utiliser la prise comme levier sans que l'arbitre siffle. Mais la douleur serait bien pire si tu portais une coquille qu'il pourrait manipuler pour littéralement t'écraser les couilles. En plus, quand tu a besoin de remettre la marchandise en place (c'est souvent un geste inconscient qui trahit plus la nervosité que l'inconfort), aller fouiller sous le jockstrap, éventuellement sous la coquille, prendrait plus de temps et serait vraiment gênant face au public et aux téléspectateurs. Tu serais quasi obligé de passer la main sous le maillot."


À la question subsidiaire "slip ou caleçon?", S. a répondu: "C'est slip ou jockstrap quand j'ai besoin d'avoir les couilles bien tenues, surtout si je fais mon jogging. À part cela, je regrette que nous ayons si peu de zones de liberté à disposition où pouvoir vivre nus. Les plages, les forêts, la montagne, les parcs en ville. Mais des lieux débarrassés des chiens et de leurs crottes, putain de merde!"

André

    jeudi 27 janvier 2011

    La poutre apparente des jeunes lutteurs à la fin du combat

    John Irving et son fils Colin. Été 1983.
    La semaine dernière François Busnel, l'excellent animateur de La Grande librairie (France 5), rendait visite au romancier américain John Irving (Le Monde selon Garp) pour l'interroger sur Dernière Nuit à Twisted River dont la traduction vient de paraître et sur ses thèmes récurrents. Entre autres: le père absent, l'initiation sexuelle, l'entrée dans l'âge adulte, les ours, la lutte. Durant ses études, Irving pratiquait avec la même intensité la lutte et l'écriture. Il se battait aussi contre un handicap majeur pour un écrivain: sa dyslexie que l'on n'avait pas diagnostiquée. C'est la ténacité et la concentration acquises durant l'entraînement sportif qui l'ont aidé à la surmonter. Aller au contact, répéter les prises jusqu'à acquérir la mémoire musculaire qui saura réagir instantanément. En écriture, il faut la même endurance.

    Lorsque la prise fonctionne [lorsque le paragraphe sonne enfin juste] le sportif [l'écrivain] est aux anges. Et sa bite aussi, parfois. C'est notre sujet du jour: pourquoi les sportifs bandent-ils en pleine action? Les lutteurs sont exposés à leurs camarades durant l'entraînement, puis au public. Leur maillot ne cache rien de leur euphorie, ni de leur embarras si une tache humide se développe à la pointe du gourdin...

    Rendons grâce à Jésus!
    La première leçon que l'on apprend dans ce sport c'est de ne pas avoir peur de l'autre et d'aller au contact. Le lutteur s'assume tel qu'il est; il accepte le partenaire/adversaire qu'il va saisir à bras-le-corps tel qu'il est. Il ignore le pet lâché dans l'effort aussi bien que l'érection intempestive. L'augmentation de la circulation du sang dans les jambes, le frottement ou l'excitation du combat peuvent réveiller le poireau qui se déploie alors librement sous le maillot moulant. Dès lors, pourquoi cette tenue? Parce qu'elle évite de se prendre les mains et les bras dans des t-shirts, shorts ou kimonos et de se fouler ou casser un doigt. La poutre apparente durant l'affrontement, c'est comme l'érection nocturne ou le bout dur pendant le cours de math: sans relation avec une excitation sexuelle consciente. Un signe de bonne santé. C'est pourquoi les sportifs aguerris ont le sourire lorsque cela se produit.

    Désapprobation envers le coach lubrique.
    Le jeune homme en haut à droite n'a pas d'autre possibilité que de faire bonne figure et savourer sa victoire. Et si la poussée de sève se produit lorsque père et fils s'entraînent ensemble, comme John Irving l'a longtemps pratiqué avec son fils Colin, il ne reste qu'à l'ignorer, ou mieux: en rire et en profiter pour faire passer un brin de sagesse mâle du père au fils. [Photo tirée de The Imaginary Girlfriend - A Memoir de John Irving.]

    André

      mardi 25 janvier 2011

      Message aux parents qui enferment leur enfant dans le placard

      "Si vous n'êtes pas du côté de votre fils..." Via Copyranter.
      Faire passer le message aux parents d'un/e jeune homosexuel/le. Tel était le défi que l'Association nationale des gay, lesbiennes, bisexuels et transgenres en Israël a présenté à l'agence de publicité ACW Grey. Et les "créatifs" l'ont relevé de manière originale. Voyez plutôt: deux situations, celle de la mère face à sa fille, celle du père vis-à-vis de son fils. Fille et fils qu'on ne voit pas, car ils sont encore planqués dans le placard familial. Avec interdiction d'en sortir!

      Le texte des deux versions est pratiquement identique. En titre:
      Si vous n'êtes pas du côté de votre fille/fils,
      C'est que vous vous opposez à elle/lui.
      Puis le développement:
      "Si vous aimez votre fille/fils, aimez-la/le comme elle/il est. Écoutez-la/le et vous découvrirez qui elle/il est réellement. La sortie du placard [le coming out pour ceux qui ne parlent pas l'hébreu] est une évolution qui devrait commencer à la maison."

      L'agence a choisi une présentation austère pour distinguer ces messages des autres publicités et faire comprendre aux parents qu'on n'est pas en train de leur vendre un produit, mais de leur suggérer une manière de régler ce problème familial. Les deux versions du placard illustrent subtilement un fait qu'on oublie parfois: si les enfants peinent à rassembler le courage nécessaire pour franchir cette étape, c'est aussi, ou surtout, parce que l'attitude des parents ne les y encourage pas. Remarques proférées négligemment sur les "gouines" et les "tantes", adhésion stricte à une doctrine religieuse, pensée étroite redoutant la diversité, position patriarcale ou matriarcale (tu n'as pas le droit de me décevoir!). Les enfants qui ont compris que l'amour de leurs parents est inconditionnel peuvent sortir du placard en famille. Les autres commencent par informer leurs amis.

      André

      dimanche 23 janvier 2011

      Intermède mâle dans la vie sexuelle d'un hétéro

      York Lethbridge, Toronto: "Drape" 2002, peinture sur toile.
      Dimanche dernier. Devant moi une boisson isotonique pour compenser les pertes hydriques de l'après-midi, souffler, et retrouver ma capacité turgescente. Un gars se hisse sur le tabouret de bar à côté. Fin de la trentaine, bien de sa personne, ceint d'une serviette de bain, rien d'autre, comme moi. Le garçon dépose une bière devant lui, je soulève ma bouteille: "Santé!" Il en fait de même. Je lui demande si "ça se passe bien". Il m'examine, pige que ce n'est pas de la drague, sourit: "J'aurais tort de me plaindre," jette un deuxième coup d'oeil. "Vous venez souvent?" demande-t-il. "Surtout l'hiver, quand j'ai besoin de vapeur et de chaleur humaine."

      "Personnellement, c'est la troisième ou quatrième fois. J'imagine que certains cherchent ici l'homme idéal. C'est pas mon truc. Moi je mène une vie normale avec femme et enfant [ou enfants?], j'ai un attachement romantique pour ma compagne. De temps en temps je sors aussi avec une autre -- il faut qu'elle soit mariée et heureuse en ménage comme moi, je ne veux pas d'histoire [ou d'histoires?]."

      Une vie normale. Il paraît que, dans ce genre de conversation, je m'appuie sur un coude, l'index arrimé à la moustache, le majeur replié sur la bouche et je regarde mon interlocuteur droit dans les yeux. Son besoin de raconter l'emporte sur sa réserve, il poursuit: "Je cherche pas un copain. Je fricote pour la situation, le contact corporel. La solidité des muscles, la sensualité agressive... Tout d'un coup j'en ai besoin. Ensuite je n'y pense plus. Et ça revient quand c'est nécessaire... Mes trucs avec des hommes ont commencé lorsque je jouais dans la fanfare du village. Quand on allait jouer trop loin pour revenir le même soir, on buvait un peu après le concert et, comme les filles du bled là-bas étaient forcément réservées aux gars de leur fanfare, on finissait par rentrer dans nos chambres et faire ce qu'il fallait entre nous. Enfin, pas tous... Mais on était entre hétéros et on avait bu, ça ne portait pas à conséquence. Plus tard, il s'est trouvé par hasard qu'un gay m'a fait une pipe: il aimait vraiment ça, quelle différence! Je le revois de temps en temps. Il m'a donné l'adresse de ce sauna. Il prédit que je finirai par virer ma cuti. Qu'est-ce que vous en dites, juste pour voir?"

      York Lethbridge: "Bodies" 2001-2002.
      "J'ai l'impression que la plupart des hommes ont besoin d'échanges d'affection physique avec d'autres mecs. Beaucoup ne l'ont pas vécu avec leur père, alors ils ont peur de l'intimité et ne savent pas non plus exprimer une sensualité enveloppante auprès des femmes. Certains trouvent un succédané dans la bouffe et l'alcool. D'autres la compagnie virile dans un club de sport. Quelques gars plus libérés osent serrer un copain, un frère dans leurs bras. Vous vous permettez d'aller plus loin, mais pas trop. C'est peut-être une limite que vous ne franchirez pas." "Oui, j'en suis certain. Je suis normal, hétéro à 95 pour-cent!" [Moi, pas normal, hétéro à deux pour-cent.]

      André

      mercredi 19 janvier 2011

      Au secours! Les femmes et les gay menacent la virilité des soldats

      Cohabitation dans un espace restreint.
      Entre 2006 et 2007, Owen Honors, officier supérieur du porte-avion à propulsion nucléaire USS Enterprise (qui participait aux opérations militaires en Irak et en Afghanistan), produisait des vidéos grivoises diffusées à tout l'équipage lors de la soirée récréative hebdomadaire. Aujourd'hui, Owens est rattrapé par le "scandale". Les séquences qu'il a tournées mettaient en scène des femmes soldats prenant leur douche, avec un commentaire salace; des marins déguisés en drag queens, avec les blagues habituelles; des masturbations simulées; un toucher rectal; un officier dans sa cabine baisant un âne... Rien ne dépassait le niveau pipi-caca de jeunes ados. Donc vite oublié. Sauf que: des femmes et des gay servaient à bord. Des marins ont protesté, l'animateur s'est moqué d'eux dans les vidéos suivantes. L'opinion américaine est choquée. Un haut gradé doit garder une attitude digne pour se faire respecter; la guerre est une affaire sérieuse et l'honneur de la patrie aussi.
      1942: pub pour des serviettes de bain.

      Je m'intéresse ici à l'état d'esprit qui règne dans un milieu majoritairement masculin. Le cas d'un porte-avion -- où vivent 5600 mecs (et quelques nanas à la situation peu enviable) coincés dans un espace restreint, durant une longue période et sous la tension du résultat (comme dans un match de foot important, mais jour et nuit), avec les aléas et les dangers du combat lorsqu'ils participent aux opérations -- est exemplaire en matière de stress. Comment canaliser l'agressivité et l'inquiétude des marins sans les droguer? L'humour est un bon exutoire.

      Pour faire rire un auditoire fatigué en fin de semaine, pas besoin de finesse comme on peut le constater en observant les humoristes français. Il suffit de créer un sentiment de groupe pour que les spectateurs marchent à fond. Un sentiment de groupe comme: nous les civilisés de la fourchette face aux Rosbifs; nous les blancs face aux Arabes; nous qui causons bien le français face aux (savoureux) accents africains; nous les familles normales face aux pédales qui poussent des petits cris en se dandinant. Ajoutez: pipi, caca, nénés, con, couilles et cul. Rires assurés.

      Chez les guerriers aussi, la manipulation des stéréotypes raciaux et sexuels renforce l'esprit de groupe, si important pour assurer l'obéissance sans discussion, l'abnégation et le sacrifice. Et pour diminuer le stress provoqué par la cohabitation, le sentiment de faire partie d'une élite, uniquement constituée de vrais mâles, efface en grande partie la crainte d'être ou de devenir homo à force de vivre si intimement avec tant de mecs... Mais voilà que l'armée engage des femmes et que les gay n'auront plus à se cacher. Toute la définition de la virilité est remise en jeu. Il y a matière à réflexion... Puis on examinera l'utilité de la guerre, comme expression ultime des valeurs mâles...

      André

      dimanche 16 janvier 2011

      "Même quand tu ne bandes pas..." poème de Paul Verlaine (1891)

      Jocked: Friends & Lovers.
      Même quand tu ne bandes pas,
      Ta queue encor fait mes délices
      Qui pend, blanc d'or entre tes cuisses,
      Sur tes roustons, sombres appas.
      --Couilles de mon amant, soeurs fières
      À la riche peau de chagrin
      D'un brun rose et purpurin,
      Couilles farceuses et guerrières,
      Et dont la gauche balle un peu,
      Tout petit peu plus que l'autre
      D'un air roublard et bon apôtre
      À quelles donc fins, nom de Dieu?--
      Elle est dodue ta quéquette
      Et veloutée, du pubis
      Au prépuce, fermant le pis,
      Aux trois quarts d'une rose crête.
      Elle se renfle un brin au bout,
      Et dessine sous la peau douce
      Le gland gros comme un demi-pouce
      Montrant ses lèvres juste au bout.
      Jocked: Sleeping Beauty II. Ci-dessous: Escalado.
      Après que je l'aurai baisée
      En tout amour reconnaissant,
      Laisse ma main la caressant,
      La saisir d'une prise osée,
      Pour soudain la décalotter,
      En sorte que, violet tendre,
      Le gland joyeux, sans plus attendre,
      Splendidement vient éclater;
      Et puis, elle, en bonne bougresse
      Accélère le mouvement
      Et Jean-nu-tête en un moment
      De se remettre à la redresse
      Tu bandes, c'est ce que voulaient
      Ma bouche et mon cul! choisis, maître
      Une simple douce, peut-être?
      C'est ce que mes dix doigts voulaient
      Cependant le vit, mon idole,
      Tend pour le rite et pour le cul --
      Tend, à mes mains, ma bouche et mon cul
      Sa forme adorable d'idole.

      Paul Verlaine, Hombres XI. Variante aux deux dernières strophes: une lectrice peut remplacer "cul" par "con".

      vendredi 14 janvier 2011

      Qui a la plus longue: les gars des villes ou ceux des champs?

      Une enquête publiée par la revue Archives of Pediatric and Adolescent Medicine répond à cette question. Chargés de prospection, des médecins bulgares ont examiné 6'200 sujets. Ils arrivent aujourd'hui à la conclusion que la longueur du pénis des garçons de la campagne dépasse celle des garçons des villes. Ils les ont mesurés peu après la naissance, puis à l'âge de 19 ans qui est considéré celui de la pleine maturité -- du moins en ce qui concerne cet organe. Longueur moyenne à l'âge adulte pour le camp des privilégiés: 9,72 centimètres. Pour les gars de la ville: 9,29 centimètres. Le but de cet examen, qui comprend aussi la taille des testicules, n'était pas de créer des rivalités, mais d'établir les bases d'une étude bulgare qui sera menée sur la puberté masculine.

      En Occident, le sexe masculin mesure en moyenne 7 à 10 centimètres de long au repos, pour un diamètre moyen de 3,2 centimètres. En érection, sa longueur est plus variable: entre 10 et 20 centimètres [24 cm. chez Rocco Siffredi] pour un diamètre de 4 centimètres environ... Il faut préciser -- et j'insiste -- qu'on ne peut aucunement imaginer la taille d'une érection en voyant une bite au repos. Donc: ne soyez pas humilié si la vôtre paraît petite quand vous vous douchez au vestiaire de gym; parce qu'il y en a des douées pour la croissance et des vaniteuses. Les petites au repos peuvent gagner beaucoup d'ampleur en érection, alors que des longues au repos grandissent moins, durant l'action, si elles sont peu élastiques.


      Comment les médecins bulgares ont-ils pratiqué pour évaluer leurs sujets de manière (à peu près) scientifique? Installés dans un local à température normale (afin d'éviter le symptôme de la tortue qui rentre la tête pour se réchauffer) et munis d'une règle rigide, ils ont demandé aux garçons d'étirer leur pénis puis de le relâcher et de le soutenir, en ramenant le prépuce au niveau du gland. Ils ont placé le bout de la règle contre l'os du pubis en enfonçant légèrement et ont pris la mesure.

      Cherchant à expliquer l'écart de taille, la professeure Marcia Herman-Giddens de l'Université de Caroline du Nord se demande si les Bulgares présentent des différences raciales entre habitants de la ville et de la campagne; ou si ces derniers bénéficient d'une alimentation plus variée et plus saine, dans une atmosphère moins polluée. Quant à l'opération de mesure, elle imagine qu'elle n'a pas été facile. "Je conduis actuellement une étude sur la puberté des garçons et cela n'a pas été sans problème d'obtenir la permission." L'histoire ne dit pas s'il s'agissait de la pudeur des garçons, de la réaction des parents ou de celle des autorités. Les Américains traversent une phase de pudibonderie bondieusarde et homophobique. Ils étaient plus confiants il y a cinquante ans!

      André