dimanche 24 avril 2011

La transmission de l'Esprit, du Maître nu à son disciple nu

"Come un Respiro", comme un souffle...
Jésus et ses proches compagnons (2)
Vu hier soir, le ballet Come un Respiro de la compagnie italienne Aterballetto (musique de Händel, chorégraphie de Mauro Bigonzetti) m'a transporté! Un bref pas de deux entre hommes évoquait pour moi exactement la vigueur, l'émotion profonde et la sérénité d'une cérémonie initiatique conduite par un maître humble, mais sûr de son fait. Comme Jésus. Ou Rumi, de la confrérie soufie, ou  Siddharta Gautama l'éveillé bouddha. C'est de l'élan spirituel qui dépasse toute expérience humaine -- sauf celle de l'amour-passion -- dont il s'agissait.

Je suis en train de lire le bouquin ci-contre (Jésus et la tradition chamanique de l'amour entre personnes du même sexe) de l'historien Will Roscoe qui s'est aussi penché sur les hommes aux deux esprits ("troisième sexe") chez les Indiens Zuni d'Amérique et sur les récits mythologiques qui concernent les homosexuel-le-s. Une lecture ardue car l'auteur étaie ses thèses par les textes eux-mêmes, et qu'il n'affirme pas ce qu'il ne peut que présumer. Et il dénonce la conspiration du silence ou l'aveuglement des chercheurs sur les découvertes récentes concernant les origines du christianisme. "La vérité vous rendra libres," avait dit Jésus.

Nombreux sont les théologiens et les ecclésiastiques qui chient dans leur froc en se cramponnant aux dogmes antiques plutôt que de reconnaître la relation fondamentale entre sexualité et spiritualité qui émerge de ces textes. (On constate les mêmes phénomènes de répression dans l'hindouisme et le bouddhisme.)


Les églises des cultes traditionnels se vident alors que les chapelles des fondamentalistes se remplissent. On le voyait jeudi à la TV romande. Les Évangéliques pratiquent le baptême des adultes par immersion, certains aussi invoquent les dons de l'Esprit saint (guérison, prophétie, transe, glossolalie = parler en langue), mais ils ont pasteurisé ces pratiques en détruisant les ferments de la passion pour les remplacer par les contrainte de la loi. Pas d'amour avant le mariage ni en dehors, pas d'avortement, homosexualité honnie, etc.

Le baptême de l'Esprit.
À travers nos yeux de gouines et de pédales, nous voyons que la spiritualité mystique (= au plus haut niveau) et l'amour gay sont aussi fondamentalement liés dans ces textes refoulés que l'équivalent hétéro. Les mythes de l'ancienne Mésopotamie, Le Banquet de Platon, les rites des chamans et certaines parmi les confréries chrétiennes des premiers siècles ne faisaient pas de distinction... Will Roscoe laisse entendre que le baptême chrétien par immersion a été repris de la tradition chamanique. C'était un rituel au cours duquel l'Esprit passait d'un maître spirituel à son disciple qu'il enlaçait, tous deux nus, pour qu'ils puissent devenir une seule chair avec un seul esprit, avant de se séparer en deux corps chacun remplis de l'Esprit. La pratique est attestée et condamnée par l'écrivain chrétien Clément d'Alexandrie (vers 200 de notre ère). Peut-être, écrit Roscoe, que Jésus était en train d'opérer un transfert chamanique de ce type lorsqu'on est venu l'arrêter au jardin des Oliviers. On a vu fuir un jeune homme nu. Les indices sont faibles, mais méritent d'être examinés, qu'il s'agisse d'une cérémonie avec transmission de sperme ou non.

André

jeudi 21 avril 2011

Mont des Oliviers: qui était le jeune homme nu près de Jésus?

Jésus et ses proches compagnons (1)
La scène se passe au premier étage dans une grande pièce garnie de coussins où un groupe d'hommes plutôt jeunes s'est réuni pour manger. Le chef, un certain Iéshoua', se lève de table, ôte tous ses vêtements devant ses camarades, se revêt d'une serviette, verse de l'eau dans une bassine et commence à laver les pieds de ces mecs, les essuyant avec sa serviette. Shim'ôn-Petros, l'un des gars, refuse car il est gêné. Le chef lui fait: "Si je ne te lave pas, tu ne pourras rien partager avec moi." Réponse qu'on essaiera de déchiffrer. Alors Petros réplique: "Chef, pas seulement mes pieds, mais aussi les mains et la tête!" Ce à quoi Iéshoua' répond: "Qui s'est baigné [avec moi] n'a plus besoin de se laver, sauf les pieds, car il est propre. Vous, vous êtes purs, mais pas tous." Il sait que l'un d'entre eux est une balance.

Depuis, Judas est devenu le patron des dénonciateurs. Mais ce qui nous intéresse ici, c'est le bain purificateur. Il semble que ces gars ont participé à une cérémonie initiatique entre mâles dont les évangiles ne parlent plus; le récit en aurait été censuré dans les premiers siècles de l'ère chrétienne.

Scène suivante. Après avoir partagé le pain et le vin, les compagnons se rendent au mont des Oliviers. Et là, le chef se montre inquiet. Il pressent que ses troupes vont l'abandonner dès que les forces de l'ordre se pointeront. Il dit: "Mon être se voile d'une tristesse de mort. Restez ici et veillez." Il s'éloigne un peu. Les gars se mettent à roupiller car c'est la nuit... Finalement la balance arrive entouré d'une équipe armée d'épées et de bâtons qui se saisit du chef. Les autres se cavalent. Et, nous dit l'évangile de Marc, "un adolescent le suivait, nu, enveloppé seulement d'un pagne"; les hommes de main se saisirent aussi de lui, mais il se dégagea de l'étoffe et s'enfuit à poil dans la nuit.

Des commentateurs ont vu dans ce jeune homme Marc, le reporter de l'événement. Avec les rares écrits chrétiens qui sont conservés de cette époque et d'autres témoignages sur le cercles d'initiés qui existaient tant en Palestine qu'en Grèce et en Égypte, nous tenterons de percer les mystères qui entourent Jésus, ses proches compagnons, le jeune homme nu et d'autres.

André

mardi 19 avril 2011

Gandhi et la tradition hindoue de la rétention du sperme

Classe de gym pour garçons indiens aveugles.
Gandhi: un bisexuel comme les autres? (3)
Dans le précédent épisode de la biographie Great Soul nous avons vu Gandhi complètement énamouré de son riche ami architecte -- gymnaste et culturiste demeuré célibataire toute sa vie -- avec lequel il partageait une ferme en Afrique du Sud. Deux hommes aux qualités opposées, disais-je, peuvent former un couple d'amis ou d'amants très complémentaires... Le petit père de l'Inde a montré à d'autres occasions qu'il avait des relations intenses avec des gens qu'il fascinait par son charisme. Dans une lettre à son tendre ami, Gandhi reconnaît qu'il a le béguin pour le pasteur anglais C.F. Andrews: "Bien que j'aime et adore presque Andrews, je ne t'échangerais pas contre lui. Pour moi, tu demeures le plus cher et le plus proche".

À l'époque, les hommes pouvait user entre eux de mots qui ne seraient pas acceptables aujourd'hui, sinon envers une femme. Et des femmes, il y en a eu beaucoup autour de Gandhi. Son épouse, des amies et des collaboratrices. Une foule d'admiratrices à travers le monde et jusque dans son ashram. Celles qui le massaient; et les jeunes filles qui partageaient sa couche pour réchauffer ses vieux os, dont sa nièce de 17 ans alors qu'il en avait 70. Elles en tout bien tout honneur; lui, dit-on, ne pouvant s'empêcher de bander, le bienheureux! [Dans la bible aussi, on voit le roi David déclinant grelotter jusqu'à ce que son serviteur lui procure une jeune vierge: "Elle couchera sur ton sein et mon seigneur le Roi aura chaud".]

Le Mahatma et les jeunes filles.
On le voit, la vie sensuelle du Mahatma était variée. Et d'autant plus complexe que Gandhi adhérait à la tradition hindoue de la rétention du sperme qui permet de prolonger l'acte et de conserver la vitalité de l'homme. On sait, par exemple, qu'il réprimandait son fils marié pour les relations sexuelles qu'il entretenait avec sa jeune épouse. D'autre part, il prônait aussi l'abstinence qui, chez lui, ne l'empêchait pas de s'exposer volontairement à la tentation! Ses admirateurs préfèreraient gommer ces aspects, mais pourquoi un grand homme serait-il diminué par son incarnation, sa nature humaine?

Jusqu'à l'abstinence.
Beaucoup d'hommes extraordinaires ont mené des vies privées compliquées et d'une grande puissance affective. L'exploration des frontières amoureuses découle de la même inventivité qu'ils manifestent dans la recherche de solutions sociopolitiques. Nous, hommes bi- et homosexuels, qui avons le privilège de naviguer le long de ces frontières fluides, devrions prendre plus au sérieux notre rôle subversif dans la société et faire progresser non seulement les normes sexuelles, mais aussi le mouvement social. Telle est la leçon particulière que Gandhi nous adresse. Et son arrière petit-fils, Tushar Gandhi, déclare que la famille s'oppose à toute censure concernant les biographies.

André

dimanche 17 avril 2011

La force de la terre et de l'air dans le corps des jardiniers

Lorsque j'ai présenté les premières offres d'emploi de jardiniers, personne n'a envoyé de commentaire pour me donner conseil dans ce choix délicat. Je suis donc obligé de vous soumettre de nouvelles photos.

En attendant, je jardine solo. J'ai semé différentes variétés de tomates, courges, courgettes, concombres et basilic qui poussent actuellement dans de petits pots, à côté de ma table à manger.

J'ai pris ces tulipes en photo à l'heure des premiers rayons du soleil aujourd'hui. On plante ou déplace des bulbes en automne, avec des doigts gourds; les yeux moissonnent le résultat maintenant.

Pour ceux qui ne disposent pas d'un lopin de terre (le mien est petit, en ville), le jardinage est une affaire intimidante. J'ai appris en aidant mon grand-père dans son immense plantage, puis à côté de mon père dans son jardin de ville.

Ils ne m'ont pas transmis leur savoir-faire oralement. Mais je m'aperçois que j'imite leurs gestes, et que les notions de bases me sont venues par l'observation.

Si le jardinage ne représente qu'une tâche domestique de plus, abandonnez-le. Car le contact avec la terre et les plantes apportent des forces vives à votre corps et votre âme lorsque vous vous laissez imprégner de ces énergies, genoux nus plantés dans le sol et torse à l'air, le reste du corps aussi chaque fois que c'est possible. C'est le secret de la force tranquille et harmonieuse des jardiniers.

André

samedi 16 avril 2011

Le coq un peu folle: une affiche qui en dit trop, ou pas assez?

L'affiche de la Marche des fiertés (gay pride) qui se tiendra à Paris le 25 juin suscite la polémique. Marrante, conçue par des bénévoles, elle joue sur les stéréotypes. 1) La spécificité française ("Allons enfants de la partie [le cock, bite pour les Américains], le jour de gloire [pride] est arrivé...). 2) L'animal représentatif des dirigeants (politiquement dans la merde jusqu'aux couilles, mais continuant à pousser des cocoricos dans la basse-cour européenne). 3) Le racisme de droite (coq blanc). 4) Les folles d'un côté et l'homophobie de l'autre (le boa autour du cou).

Un concentré franchouillard d'autodérision, mais pas très professionnel puisqu'il s'agit d'une affiche publique. Le coq représente surtout les mecs. Entre pédés, nous savons rire de tout, même de nous, comme les juifs. Mais les lesbiennes et les bis n'y sont pas vraiment représentés. Ni celles et ceux qui luttent contre l'intolérance et les agressions.


L'association Le Refuge (aide aux ados victimes d'homophobie) constate: «Nos psychologues passent un temps infini à déconstruire ces clichés intériorisés par les jeunes qui refusent leur homosexualité et sont dans un déni d'eux-mêmes», alors il faudrait être plus «vigilant quant à l'utilisation de stéréotypes réducteurs et contre-productifs».

Quelques bribes de commentaires glânés sur le site de Libération. Tchaito: "Les homo-bobo-branchouilles du Marais [...] sont les décideurs pour ce genre d'affiche, ils vivent dans leur petit microcosme parisien... [Ils] proposent une sorte d'image d'Epinal du gay [...] disant en substance: voilà quand vous êtes homo vous devez être une folle excentrique noctambule."

Blaha: "Marche des fiertés! [...] Cette appellation est ridicule : fierté de quoi ? C'est quoi cette histoire de communauté gay: ras le bol des clichés faciles, il n'y a pas de communauté, que des gens. Pourquoi pas la communauté des pieds plats [...]? Moi ce que je vois dans mon milieu (petit à moyen bourgeois) ce sont des hommes ou des femmes qui rasent les murs et n'osent même pas parler, même avec des amis de longue date, de leurs émotions ou autres, relatifs à leur homosexualité.[...] Ils n'iront pas à la Marche! Ils vivent avec leur secret et qu'on ne les emmerde pas. Leur entourage amical est leur seule assurance."


Astares: "Vous n'y avez jamais participé, sinon vous auriez vu que 99,99% des participants sont tout ce qu'il y a de plus banal et quotidien. [...] La Gay Pride est [...] un carnaval contre la bêtise homophobe, une façon humoristique de revendiquer notre fierté d'être ce que nous sommes face à l'intolérance homophobe et à l'hétéronormisme étroit de la société. [...Elle est] un événement essentiel de la culture populaire gay, elle rassemble tout le monde, de tous horizons [et] fait partie intrinsèque de l'histoire du mouvement LGBT, une part de notre patrimoine commun [...]. Que ceux qui sont gênés, y compris chez les LGBT, par leur côté provocateur, par les drags queens et les corps dénudés, se remettent en cause, car la libération de nos corps de l'hétéronormisme ambiant est un élément émancipateur essentiel; sinon on n'a plus qu'à retourner au placard. Si les GP dérangent c'est qu'elles sont nécessaires, voila tout..."

La notion de fierté doit être prise ici dans son sens anglais. Proud (fier) est utilisé à toutes les sauces et veut dire heureux, reconnaissant, digne. L'idée est qu'il n'y a aucune honte à être gay, aucune raison de se laisser humilier.

André

jeudi 14 avril 2011

Conversation crue et amère entre un père et son fils vieillissant





Un fils dans la cinquantaine s'adresse à son père:

-- Fait vraiment chier de vieillir!

Le père:

-- J'suis payé pour le savoir...

-- Et la gravitation universelle, elle améliore pas la situation.

-- Très juste! L'attraction terrestre te tire vers le bas. Elle te ramollit la tronche et transforme tes pectoraux en nénés. Elle rallonge aussi tes fesses.

-- Ouais, y a tout qui pendouille. Surtout les couilles.

-- Seule exception: le zob; l'est pas concerné par la pesanteur. Dommage... Je me demande bien pourquoi.

-- C'est la preuve que Dieu nous donne de son existence. Du reste, pour nous emmerder encore plus, il a placé le point P au fond du trou de balle.


Via Bill in Exile.