vendredi 7 septembre 2012

Le Burlesque mâle : du strip loufoque sans dévoiler les burettes




Le Burlesque est un genre de spectacle américain loufoque qui tient du strip-tease et du music-hall. Chaque numéro s'achève en frisant la nudité totale, mais c'est plutôt pour faire rigoler que bander. La majorité des artistes sont des femmes, de préférence grassouillettes et ayant dépassé la vingtaine, avec des seins naturellement volumineux dont les tétons sont recouverts d'un bouton auquel est attaché une petite chaînette qu'elle font virevolter comme des hélices: cela réjouit les mecs et fait marrer les nanas. Les artistes du burlesque cultivent une vulgarité prolétaire saine, pleine de rires et de cris -- pas pour amateurs d'opéras.

Quelques troupes mâles se sont lancées dans ce créneau, mais leurs spectacles ne génèrent pas la robuste joie de vivre qui transpire du burlesque féminin. Un mec en train de secouer ses grosses fesses poilues n'atteint pas la grâce charnue qui vient naturellement à une femme. Si les strip-teaseurs pour femmes (non burlesques) arrivent à chauffer une salle à blanc, c'est d'abord parce qu'ils sont musclés et souples (le contraire des maris de ces dames) et ensuite seulement pour les gags sans finesse qu'ils rajoutent. Le numéro Jet Adore (Je t'adore) du spectacle des Boylesk que l'on voit sur la vidéo plaît aux femmes parce qu'il se déroule en finesse et que le côté tease (allumeur) du strip (déshabillage) est juste coquin.





Le Burlesque actuel plonge ses racines dans le cabaret allemand (jusqu'à la période de Weimar), mais surtout dans le music-hall parodique britannique, les variétés, le cabaret populaire, le travestissement au théâtre (dès avant Shakespeare) et la pantomime de Noël dont les Anglais sont friands. Aux États-Unis, le Burlesque était fleurissant dans les années 1930. La prohibition de l'alcool a fermé une majorité des établissements où se jouaient ces spectacles, car on y buvait beaucoup, comme dans les boîtes de nuit. Le business n'a pas repris ensuite étant donné que la nudité, ou presque, était tolérée partout et que le strip-tease demande moins d'investissement sur scène. Aujourd'hui, le genre connaît une renaissance auprès des connaisseurs et c'est réjouissant. Il produit même ses festivals et ses concours. Les mâles s'y mettent, mais ils doivent encore faire leurs preuves. Le strip pratiqué dans les bars gays et les boîtes, c'est juste du muscle et du commerce. Le Burlesque pur requiert des artistes.

André

mercredi 5 septembre 2012

" Ma chère Lucie, as-tu jamais senti une moustache sur ton cou ? "


"Château de Solles, lundi 30 juillet 1883.
"Ma chère Lucie, rien de nouveau. Nous vivons dans le salon en regardant tomber la pluie. On ne peut guère sortir par ces temps affreux; alors nous jouons la comédie. [....] Comme nous ne sommes que deux femmes, mon mari remplit les rôles de soubrette, et pour cela il s'est rasé. Tu ne te figures pas, ma chère Lucie, comme ça le change! Je ne le reconnais plus... ni le jour ni la nuit. S'il ne laissait pas repousser immédiatement sa moustache je crois que je lui deviendrais infidèle, tant il me déplaît ainsi.

"Vraiment, un homme sans moustache n'est plus un homme. Je n'aime pas beaucoup la barbe; elle donne presque toujours l'air négligé, mais la moustache, ô la moustache! est indispensable à une physionomie virile. Non, jamais tu ne pourrais imaginer comme cette petite brosse de poils sur la lèvre est utile à l'oeil et... aux... relations entre époux. Il m'est venu sur cette matière un tas de réflexions que je n'ose guère t'écrire. Je te les dirai volontiers... tout bas. Mais les mots sont si difficiles à trouver pour exprimer certaines choses, et certains d'entre eux, qu'on ne peut guère remplacer, ont sur le papier une si vilaine figure, que je ne peux les tracer. Et puis, le sujet est si difficile, si délicat, si scabreux qu'il faudrait une science infinie pour l'aborder sans danger.

"Enfin! tant pis si tu ne me comprends pas. Et puis, ma chère, tâche un peu de lire entre les lignes.
Oui, quand mon mari m'est arrivé rasé, j'ai compris d'abord que je n'aurais jamais de faiblesse pour un cabotin, ni pour un prédicateur, fût-il le père Didon, le plus séduisant de tous! Puis quand je me suis trouvée, plus tard, seule avec lui (mon mari), ce fut bien pis. Oh! ma chère Lucie, ne te laisse jamais embrasser par un homme sans moustaches; ses baisers n'ont aucun goût, aucun, aucun! Cela n'a plus ce charme, ce moelleux et ce... poivre, oui, ce poivre du vrai baiser. La moustache en est le piment. Figure-toi qu'on t'applique sur la lèvre un parchemin sec... ou humide. Voilà la caresse de l'homme rasé. Elle n'en vaut plus la peine assurément.

"D'où vient donc la séduction de la moustache, me diras-tu? Le sais-je? D'abord elle chatouille d'une façon délicieuse. On la sent avant la bouche et elle vous fait passer dans tout le corps, jusqu'au bout des pieds un frisson charmant. C'est elle qui caresse, qui fait frémir et tressaillir la peau, qui donne aux nerfs cette vibration exquise qui fait pousser ce petit "Ah!" comme si on avait grand froid. Et sur le cou! Oui, as-tu jamais senti une moustache sur ton cou? Cela vous grise et vous crispe, vous descend dans le dos, vous court au bout des doigts. On se tord, on secoue ses épaules, on renverse la tête ; on voudrait fuir et rester; c'est adorable et irritant! Mais que c'est bon!

"Et puis encore... vraiment, je n'ose plus? Un mari qui vous aime, mais là, tout à fait, sait trouver un tas de petits coins où cacher des baisers, des petits coins dont on ne s'aviserait guère toute seule. Eh bien, sans moustaches, ces baisers-là perdent aussi beaucoup de leur goût, sans compter qu'ils deviennent presque inconvenants! Explique cela comme tu pourras. Quant à moi, voici la raison que j'en ai trouvée. Une lèvre sans moustaches est nue comme un corps sans vêtements; et, il faut toujours des vêtements, très peu si tu veux, mais il en faut! Le créateur (je n'ose point écrire un autre mot en parlant de ces choses), le créateur a eu soin de voiler ainsi tous les abris de notre chair où devait se cacher l'amour. Une bouche rasée me paraît ressembler à un bois abattu autour de quelque fontaine où l'on allait boire et dormir. [...]

"Allons, adieu, ma chère Lucie, je t'embrasse de tout mon coeur. Vive la moustache!
JEANNE."

Pour copie conforme : Guy de Maupassant. "La Moustache" dans "Boule de Suif".

dimanche 2 septembre 2012

Qui nous délivrera des traditions toxiques des Religions du Livre ?


Le cardinal Martini en visite à la prison milanaise de San Vittore.
Le cardinal Carlo Maria Martini, ancien archevêque de Milan dont les funérailles auront lieu ce lundi, avait accordé une interview publiée samedi à titre posthume au Corriere della Sera. L'Église [catholique romaine] a 200 ans de retard. Pourquoi ne se réveille-t-elle pas? demandait-il dans l'entretien qu'il avait eu le mois dernier avec l'un de ses compagnons jésuites. L'Église est fatiguée; notre culture a vieilli, nos maisons religieuses sont vides; nos rites, nos costumes sont pompeux, avait-t-il précisé... Chef de file des réformateurs cathos, le cardinal poursuivait depuis longtemps sa quête de modernisation, remettant ouvertement en question des sujets controversés tels que les abus sexuels commis par le clergé, la révision des dogmes obsolètes dont l'exclusion des femmes de la hiérarchie sacerdotale, le traitement humiliant des divorcés et de leurs familles, le rejet des homosexuels et de l'union entre personnes du même sexe, la contraception, l'usage du préservatif pour lutter contre le sida, la bioéthique.

Ses positions progressistes, son ouverture au dialogue avec les non-croyants (non credenti), avec les Musulmans et les Israélites avaient réduit ses chances d'être élu pape, alors qu'il était le candidat des Catholiques priant pour un changement de leur Église. Touché par la maladie de Parkinson, Martini avait pris sa retraite en 2002 et s'était installé à Jérusalem pour poursuivre ses études bibliques. Puis il était rentré en Italie afin de se soigner. Son souhait pour l'Église était qu'elle s'engage dans une transformation radicale, en commençant par le pape et ses évêques.

Explosion au Vatican: "La Résurrection" du sculpteur Pericle Fazzini.
Les autres religions qui se réfèrent au Livre -- juive, musulmanes, orthodoxes et protestantes -- accusent aussi un retard terrible parce qu'elle ont trahi l'esprit des fondateurs. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus demande: "Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'oeil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton oeil à toi, tu ne la remarques pas?" Ailleurs, alors qu'on lui amène une femme surprise en adultère, on lui demande, pour le mettre à l'épreuve: "Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu?" Il se se met à écrire avec son doigt sur le sol, puis déclare: "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre!"

Musée du Vatican: Laocoon et ses fils.*
Dans un monde rêvé, les religieux cesseraient de prendre le pouvoir pour contrôler les masses; ils s'attacheraient à faire eux-mêmes le bien, par conviction. C'est ainsi qu'ils manifesteraient qu'ils agissent sous l'influence de leur foi, et non pour brimer et s'enrichir. Dans cette Amérique bigote et en pleine déliquescence qui va bientôt élire un président, si le candidat républicain l'emporte: 1) on ne pourra pas s'opposer au port d'arme généralisé; 2) on ne pourra pas prendre de nouvelles mesures pour diminuer la production de gaz à effet de serre; 3) une plus grande partie de la population sera privée d'assurance maladie; 4) tout impôt (touchant les plus riches) destiné à une redistribution de revenus sera rejeté; 5) la Constitution réservera le mariage à l'union entre une femme et un homme; 6) l'avortement sera interdit, même en cas de viol ou d'inceste; 7) les Dix Commandements de l'Ancien testament seront affichés partout... Qui avait écrit que 2012 marquerait la fin d'une ère?

André
* Selon la mythologie, Laocoon voulait avertir les Troyens du danger que représentait le cheval de bois de l'ennemi grec; il fut foudroyé par les dieux qui étaient du côté des assaillants.

    vendredi 31 août 2012

    Sous les tropiques les Britanniques se battaient sans caleçon





    Dans la jungle humide ou le désert, les troupes coloniales britanniques se rendaient au combat vêtues de l'uniforme réglementaire, pantalon ou short, mais sans caleçon. Non pour effrayer l'indigène, mais parce que cet équipement était plus hygiénique et expédient. Les sous-vêts serrés provoquaient des éruptions cutanées et l'infection de l'entrecuisse par frottement et manque d'aération dans la chaleur tropicale, surtout lorsque les hommes n'avaient pas accès à une douche (suivie d'un temps de repos et de séchage) durant plusieurs jours. De là l'expression going commando, ce que les Américains ont traduit pas freeballing (couilles en liberté) durant la guerre du Vietnam.





    D'autre part, cela leur permettait de poser une pêche plus rapidement, un truc de moins à baisser. Les selles comme les attaques de l'adversaire n'attendent pas. Lorsque le combat est intense, il faut pouvoir poser sans s'exposer. Mais il n'est pas rare que les mecs chient dans leur froc, surtout lorsque la terreur saisit leurs boyaux, bien qu'ils gardent la tête froide. C'est pourquoi certains uniformes militaires sont munis maintenant d'un pont arrière.




    Aujourd'hui, les pommades antibiotiques accélèrent la guérison des soldats, des cyclistes et des coureurs de fond. À l'armée comme au civil, beaucoup d'hommes favorisent les couilles en liberté durant la belle saison ou pour le sport, malgré les risques de torsion. L'idée de regagner un peu de sauvagerie mâle est excitante, celle d'être exposé au regard parfois aussi. Mais attention, sous un froc au tissu clair ou très fin, il est préférable d'éviter d'y éponger la dernière goutte d'urine ou la première d'une excitation naissante.

    André

    mercredi 29 août 2012

    Voici pourquoi les sexes devraient rester poilus, foi de toubibs







    Les autorités médicales rappellent régulièrement que la dépoilisation du corps -- que ce soit au rasoir, à la cire, avec des crèmes ou par électrolyse -- représente un danger pour la peau ainsi maltraitée. Les chirurgiens savent maintenant que les zones rasées en vue d'une opération présentent plus de risque de développer une infection que celles dont les follicules n'ont pas été agressés.




    La région pubienne est la plus exposée à l'irritation et aux minuscules blessures provoquées par l'épilation. La chaleur et l'humidité autour d'un sexe glabre favorisent le développement de bactéries pathogènes et les abcès qui en résultent doivent être incisés pour drainer l'infection, créant de jolies petites cicatrices. Je ne continue pas cette description n'étant pas sûr d'avoir tout compris, mais relève un autre danger: la transmission de virus pendant un rapport sexuel entre personnes fraîchement rasées.





    Tout cela pour enrichir l'industrie de l'épilation qui pense fric et parle d'hygiène! Pur mensonge... Afin d'éviter le syndrome du fil dentaire, il suffit de passer les ciseaux ou la tondeuse. Les poils pubiens n'existent pas par hasard. Ils forment une protection contre les frictions, les bactéries et d'autres agents indésirables. Ils apportent aussi de la variété à l'esthétique corporelle et font partie des signes extérieurs de la virilité. Ils remplissent les adolescents de fierté lorsqu'ils apparaissent, alors pourquoi s'en séparer plus tard?




    Un homme épilé est comme une paroi sans tableau.

    André

    lundi 27 août 2012

    De la caverne prostatique à celle du médium: Sésame, ouvre-toi !




    Depuis plus de trente ans, je flirte avec toutes sortes d'enseignements et de techniques concernant mon développement intime. Autour du corps, de l'érotisme, de la sexualité et de la spiritualité. Étudiant du week-end ou pendant les vacances alors que j'étais actif professionnellement. Libre de m'engager plus longuement depuis la retraite. Quelques rencontres avec des gourous ont été brèves parce que ces gars étaient des escrocs que j'ai rapidement démasqués. Certains nous entraînaient dans des expériences passionnantes, mais limites, et il fallait apprendre à en tirer le meilleur tout en se protégeant (danger d'entrer dans une crise "de folie"). D'autres rencontres sont restées brèves parce que ces génies restaient peu de temps à notre portée. Mais ils habitent mon coeur et ma mémoire, traces lumineuses auxquelles je retourne grâce à un livre ou un article découvert sur la toile.

    Erol Scott et Chris Chavez.
    Cela a commencé par la sophrologie dont certaines pratiques m'accompagnent encore maintenant. Le tantra dans ses manifestations occidentalisées m'a occupé à différentes époques, dans des groupes hétéro-gènes, puis uniquement mâles. Ô le corps endolori par la répétition de mouvements jusqu'à en crever et se noyer dans sa propre sueur; puis ô les visions terrifiantes ou les frissonnements érotiques qui s'en suivaient. Ô l'apprentissage du massage du phallus pour enflammer le corps tout entier, ô le tremblement de terre pour couronner l'expérience! Et des choses plus banales comme le massage de la rondelle pour arriver jusqu'à l'exploration digitale de la prostate -- non sans avoir prononcé la formule magique des voleurs d'intimité: "Sésame, ouvre-toi !" (إفتح يا سمسم , Iftaḥ yā simsim) et attendu que la grotte, créature hautaine ou timide, daigne enfin s'activer... Ô l'apprentissage du maniement du fouet et du bondage.

    Lorsque j'ai commencé à suivre des cours de yoga, j'aimais dire: "Je déteste le yoga, mais lui m'aime." Aujourd'hui il m'est devenu indispensable de même que mes professeurs, jamais routiniers, toujours en train de se perfectionner techniquement et intrinsèquement. En s'exportant vers l'Occident, le yoga a pris un nouvel essor. Il a évolué d'une part vers des techniques rigides et commerciales: ventres plats, fesses avantageuses; d'autre part vers des pratiques qui transforment à la fois votre corps et votre âme, dans une rigueur douce qui vous laisse toute liberté d'interprétation.

    Chaque personne qui adopte cette voie apporte sa contribution, aussi modeste soit-elle, qui fait évoluer le yoga... Comme le recommande Miguel Ángel Ruiz dans son cinquième accord toltèque: "Soyez sceptique, mais apprenez à écouter." "Utilisez la force du doute pour remettre en question tout ce que vous entendez." C'est dans cet esprit que j'ai suivi, avant-hier et hier, ma première tranche de cours à l'École suisse de médiumnité. Une formation qui va s'étendre sur deux ans, si tout se passe bien pour moi et mes 76 ans. Ces deux premiers jours m'ont enthousiasmé parce que l'enseignement -- très intense -- est aussi bien axé sur les bénéfices que je puis en tirer dans ma vie personnelle et ma santé que pour ma capacité médiumnique future; un apprentissage aussi banal, selon les enseignants, que celui du maniement d'un instrument de musique classique. Plus de détails après digestion de cette première approche...

    André