mardi 25 décembre 2012

Le pape, la théorie du genre et l'environnement -- discours de Noël


Alors que la chrétienté célèbre la naissance d'un enfant conçu par insémination artificielle, adopté par le fiancé de sa mère porteuse afin que celle-ci ne soit pas déshonorée, Benoît XVI a consacré l'essentiel de son discours de Noël à la critique du "genre" et des personnes LGBT qui songent à fonder une famille. Voici le résumé de la péroraison pontificale tel que diffusé par Zenit, ("Le monde vu de Rome"). Je le publie pour celles et ceux qui cherchent à démêler le bon grain de l'ivraie (expression biblique, l'ivraie étant une herbe toxique -- to separate the wheat from the chaff pour mes lecteurs anglophones). En effet, le pape mêle des considérations de grande sagesse sur la société actuelle à ses propres élucubrations. À vous de trancher. -- André.

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"La question de la famille n'est pas seulement celle d’une forme sociale déterminée", mais c'est "la question de ce qu'est l'être humain et de ce qu'il faut faire pour être de façon juste une personne humaine", estime le pape qui relève des "défis complexes" sur ces problèmes, à commencer par "la capacité de l’homme de se lier", capacité constitutive du couple et de la famille qui en découle.

Accompagnant la diffusion "d'une compréhension erronée de la liberté et de l'autoréalisation", et "la fuite devant la souffrance", il diagnostique un refus croissant du "lien humain". "L'homme demeure fermé sur lui-même" alors que "c'est seulement dans le don de soi que l’être humain se réalise lui-même, et c'est seulement en s'ouvrant à l'autre, aux autres, aux enfants, à la famille, c'est seulement en se laissant modeler dans la souffrance, qu'il découvre la dimension du fait d'être une personne humaine". "Avec le refus de ce lien, disparaissent aussi les figures fondamentales de l'existence humaine : le père, la mère, l'enfant. Des dimensions essentielles de l'expérience du fait d'être une personne humaine tombent".

Dès lors Benoît XVI dénonce une "atteinte à l'authentique forme de la famille" aujourd'hui. Pour lui, c'est la vision "de l'être même, de ce que signifie en réalité le fait d'être une personne humaine", qui est "en jeu". Il voit dans cette évolution les conséquences de la théorie du gender, où "le sexe n’est plus un donné d'origine de la nature, un donné que l'être humain doit accepter et remplir personnellement de sens, mais un rôle social dont on décide de manière autonome". Dans cette mouvance d'une "profonde fausseté", "l'être humain nie sa nature et décide qu'elle ne lui est pas donnée comme un fait préparé à l’avance, mais que c'est lui-même qui se la crée". Il "conteste sa propre nature. Il est désormais seulement esprit et volonté". Le pape observe un paradoxe à ce sujet: l'homme déplore "la manipulation de la nature, pour ce qui concerne l'environnement", cependant il prône un "choix à l’égard de lui-même", il revendique de pouvoir "choisir sa nature".

Or selon Benoît XVI, au contraire, la dualité homme/femme "est essentielle pour le fait d'être une personne humaine", c'est même une "exigence qui provient de la création", car la femme et l'homme sont "des formes complémentaires de la personne humaine". Et "si la dualité d'homme et de femme n'existe pas comme donnée de la création, alors la famille n'existe pas non plus comme réalité établie à l'avance par la création" et c'est finalement l'enfant qui en est victime car "il a perdu la place qui lui revenait jusqu'à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre". En effet, "de sujet juridique indépendant en soi, il devient maintenant nécessairement un objet, auquel on a droit et que, comme objet d’un droit, on peut se procurer".

Aussi le pape met-il en garde : "Là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on en arrive nécessairement à nier le Créateur lui-même, et enfin par là, l'homme même est dégradé dans l’essence de son être". "Dans la lutte pour la famille, l'être humain lui-même est en jeu", conclut-il.

lundi 24 décembre 2012

Gays musulmans, chrétiens et juifs, n'écoutez plus le délire des homophobes !


Jésus va-t-il sortir du placard?

Péril Maya: envolé!


Comme chaque fin d'année Glynn Cardy, vicaire de la paroisse anglicane progressiste St-Matthew à Auckland (Nouvelle Zélande), a choisi un thème qui dérange pour le panneau d'affichage public de son église (ci-dessus). "C'est Noël. Le bon moment pour Jésus de sortir du placard." Son assistant Clay Nelson explique: "Certains chercheurs ont estimé que le Christ a peut-être été gay. C'est une supposition. Peut-être l'a-t-il été, peut-être pas. Qu'est-ce que cela change?" Cardy espère que le panneau attirera l'attention des passants sur le débat du mariage pour tous. "Il n'y a pas trace dans l'Évangile d'un enseignement que Jésus aurait pu donner concernant la sexualité, alors qu'il parle souvent des risques que pose la richesse. Il est certain qu'il a toujours soutenu les marginaux de la société."

Sur le site internet de l'église, parmi les nombreuses réactions négatives concernant ce débat -- et quelques-unes plus favorables -- je relève le commentaire d'Alan. "La bible n'est pas commode. Elle dit juste les choses comme elles sont, par ex. Jésus est 100% Dieu et 100% homme, ce qui n'a pas de sens. Aussi, nous nous trouvons dans la position d'inventer notre propre culte chrétien si nous choisissons ce qui nous convient dans les textes. En ce qui concerne l'homosexualité, la bible est cohérente: c'est un péché. Tout à fait noir et blanc, pas de nuances. Alors, si vous dites que ces passages sont dans l'erreur, comment serez-vous assuré que Dieu est Amour? On ne peut pas choisir selon notre préférence. L'évangile de Matthieu 7:21-23 "Ce n'est pas en me disant 'Seigneur, Seigneur' qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père..." le résume et cela me terrifie. Si cela ne vous fait pas peur, il se pourrait que vous ne soyez pas chrétien!"

Jingle bells.

Mieux vaut payer cash que d'aller en enfer...

Les gays élevés dans la foi musulmane, chrétienne ou juive connaissent ce dilemme. Que faire, baisser la tête ou rompre avec la tradition religieuse? À Auckland, ils ont deux pasteurs qui peuvent les comprendre. Mais ailleurs?

"Vous demandez toujours plus!"
"Prenez la vie du bon côté!"
Ceux d'entre nous qui avons le privilège de vivre dans un monde occidentalisé ne risquons pas notre vie. Mais alors que la situation évolue, les changements suscitent beaucoup de malveillance. Et les discours hostiles de certains porte-parole politiques, religieux, ainsi que d'experts en santé publique qui donnent libre cours à leur homophobie personnelle (en invoquant des "lois naturelles", "décrets divins" et "traditions immuables") enfoncent le couteau dans la plaie de nombreux gays. Comme les autres marginaux de la société -- les gens fragiles dans leur santé physique ou mentale, les citoyens d'une autre race ou d'une autre religion, les étrangers en quête de travail --, nous prenons de nouveaux coups là où cela fait mal depuis longtemps.

"Vous avez le pacs, qu'est-ce que vous réclamez encore?" me demandait un membre de ma famille, alors que je n'avais pas abordé ce sujet. "Je te rappelle qu'il faut un homme et une femme pour faire des enfants!" Père de famille, divorcé. "Merci docteur, ai-je répondu, je ne savais pas!" J'ai choisi la séquence finale du film La Vie de Brian des Monthy Python (1979) pour illustrer notre situation. Et en rire, si c'est possible.

Il va les libérer.

André

samedi 22 décembre 2012

Où et comment accrocher les boules s'il vous manque le sapin






Faisant confiance à l'apocalypse -- ou par indolence --, vous n'avez acquis ni sapin ni cadeaux réglementaires... Voici quelques suggestions de dernière minute. Pendez des boules multicolores au bon endroit si les vôtres (de boules) ont perdu de l'intérêt auprès de celui qui vous tient à coeur. Ce sera votre message "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté". Et pourquoi ne pas offrir quelques anneaux à insérer dans les bijoux de famille (un bon pour un piercing) en attendant qu'on vous passe la bague au doigt? Les gays à haut revenu, eux, n'ont jamais imaginé que le monde -- tel qu'il le connaissent -- disparaîtrait. On peut le constater ci-dessous... Mais peut-être se trompent-ils lourdement. L'avenir le dira.






jeudi 20 décembre 2012

La jambe gauche c'est Noël, la droite Nouvel-An: passez me voir entre les fêtes ! -- Mae West


Mae West à Las Vegas (1955).

C'est l'une des célèbres citations attribuées à l'artiste de music-hall et de cinéma Mae West (1893-1980) qui fut le symbole sexuel par excellence au début du parlant. Je pense qu'elle avait d'excellents scénaristes -- probablement juifs et gays. Version originale: "My left leg is Christmas, my right leg is New Year... Why don't you come see me between the Holidays!" Voici quelques autres bons mots.

Les braves filles vont au ciel, les autres un peu partout.
Un homme amoureux est comme un bon de réduction: il faut le faire passer à la caisse sans plus attendre.
J'essaie tout au moins une fois, deux si ça me plaît, trois fois pour être sûre.
Aime ton prochain. S'il est grand, généreux et irrésistible, ce sera plus facile.



Sa mère aurait mieux fait de le jeter et de garder la cigogne.
Ceux qui se choquent facilement, on devrait les choquer plus souvent.
Le sexe, c'est de l'émotion en mouvement.
La meilleure manière de tenir un homme, c'est dans tes bras.
Fais-toi belle; qui a dit que l'amour est aveugle?
Certes la vertu est récompensée, mais pas au box office.
Les amoureux que j'ai largués devraient avoir une deuxième chance, mais avec une autre.
Une femme amoureuse ne peut pas être raisonnable; sinon elle ne serait pas amoureuse.



Ce vendredi à la sortie du boulot, elle est collée contre un passager dans le métro. Il s'excuse: "Je suis un type respectueux. C'est la paie de la semaine que j'ai dans la poche." Le vendredi suivant, même rencontre. Elle: "T'as été augmenté ou t'es heureux de me voir?"

mardi 18 décembre 2012

Une affaire d'hommes : les armes pour tuer ou se suicider






J'ignore de quand date l'affiche recensant les morts par armes à feu aux États-Unis et ailleurs, mais le commentaire est amer: "Dieu bénisse l'Amérique!". Sans vergogne, des partisans de la vente libre des armes à feu déclarent que la fusillade de Newton a été permise par le Tout-Puissant parce qu'on l'a éliminé des écoles (prière matinale quotidienne), qu'on y enseigne encore l'évolution selon Darwin, que plusieurs États ont ouvert le mariage à tous, ou parce que les enseignants n'avaient pas le droit d'être armés dans l'enceinte de l'établissement et n'ont pas pu répliquer (vous imaginez le carnage!).

Le chiffre de 10.728 par an mentionné sur l'affiche pour les USA s'élève aujourd'hui à 30'000. Quant au score de la Suisse, il m'inquiète. Depuis le mythe de Guillaume Tell, les Helvètes sont réputés bons tireurs. Mais nous ne visons pas que des pommes. En 2009, le pays (8 mio. d'habitants) a dénombré 259 morts par arme à feu dont 239 suicides (sur une estimation totale de 1400 suicides). Lorsqu’il s’agit de choisir un moyen de se donner la mort, un accès facile augmente la probabilité qu'un homme y ait recours.

Faire bander son arme, tout naturellement.

Cérémonie d'adoration du phallus.

En Suisse, le service militaire est obligatoire. En règle générale, les réservistes conservent leur arme à la maison (37% des ménages). Durant la guerre de 39-45, lorsque mon père ne gardait pas la frontière du côté de l'Italie, son fusil, ses munitions et tout le paquetage étaient rangés dans une armoire de ma chambre. De temps en temps, je les "inspectais", caressant la crosse en bois et les parties métalliques bien huilées.

Lors d'une votation populaire l'an dernier en faveur de "la protection face à la violence des armes", la majorité des francophones a voté oui, mais les Alémaniques l'ont emporté avec leur non massif: il ne fallait pas "détruire les valeurs" de la patrie. Même langage qu'aux États-Unis, sauf que la vente des armes est mieux contrôlée en Suisse et que notre nation ne s'est pas construite sur le massacre des autochtones païens.





La fascination du pénis et celle des armes se confondent dans beaucoup d'âmes mâles, quelle que soit l'orientation sexuelle. Envoûtement produit par ma bite et mes armes, ainsi que celles des autres mecs. Dommage que les cultes phalliques et leurs rites de compagnonnage aient disparu dans les brumes de l'histoire. Honorer sans honte le phallus commun, cette force envoûtante, dans des cérémonies viriles et martiales nous conduirait-il à nous libérer de son substitut mécanique et mortifère, ainsi que des sexualités tordues à la D.S.K.?

André