mardi 5 avril 2022

Le rugby : parce qu'on ne se déculotte pas qu'au vestiaire












Le rugby est un sport d'affrontement collectif. Ses règles m'échappent et je n'arrive pas à regarder un match entier. En revanche, les images m'inspirent. Bien sûr, il y a les déculottées. Mais elles me conduisent vers une réflection qui concerne tous les hommes, hétéros et homos, sur notre rapport fraternel dans le corps à corps. C'est un sujet mouvant (et émouvant) qui change avec le temps. Au siècle dernier, dans les pays méditerranéens, on voyait beaucoup de gars se promener en se tenant par la main Cela a cessé lorsque l'homosexualité est devenue un sujet de discussion publique. Maintenant, encore timidement, les mâles hétéros reprennent l'habitude de se taper sur l'épaule, de se serrer dans les bras, voire même de déclarer leur affection l'un envers l'autre.




Lorsque les règles du rugby sont apparues en Angleterre au 19e siécle dans la classe bourgeoise, l'idée était de développer la virilité des jeunes hommes. De leur enseigner la maîtrise des rapprochements corporels uniquement dans un contexte sportif afin de lutter contre les "vices sexuels" tels que l'homosexualité. Il s'agissait de valoriser le corps mâle, non dans son harmonie ni sa chaleur, mais par une violence ritualisée. Pratiqué par des gars dont ce n'était pas la profession, ce sport était beau à voir. Le passage au professionnalisme, il y a trente ans, a tout foutu en l'air. Les joueurs sont devenus plus musclés, plus grands, plus violents pour répondre aux critères de la marchandisation. Ce qui a rendu cette activité beaucoup plus dangereuse pour leur santé et leur longévité.







Quelle est la différence entre un massacre et une empoignade ? Sujet d'actualité... D'un côté, il y a la dévastation totale. De l'autre on a affaire à un sport. Certains mâles se battent pour dominer et exploiter leurs prochains. D'autres pratiquent l'empoignade pour la récréation virile. Et, en discutant, c'est un plaisir de s'affronter verbalement dans le respect du contradicteur.  Puis de boire un verre ensemble. L'argumentation verbale et l'affrontement physique sont inscrits au plus profond de l'âme masculine.






Pour un mec, il est plus aisé de se moquer gentiment du copain ou de se livrer à une empoignade avec lui que de lui dire qu'on l'apprécie beaucoup. La timidité sociale est inscrite dans nos testicules. Or la fraternisation dans le mouvement, plutôt que la parole, commence dès l'enfance. Et le besoin de se défier ne cesse pas avec l'âge. Posez un ballon de foot entre deux gamins, les voilà occupés. Plus tard, la ballon remplira un rôle important même si ces gars n'y touchent plus. Il satisfera leur instinct de combativité lors de matchs contre une équipe adverse. Sans abandonner de cadavre dans le stade. Il y a suffisamment d'occasions de voir s'affronter des équipes de mecs super entraînés pour satisfaire les besoins belliqueux des populations. Alors pourquoi encore des guerres armées ?




En sport, l'émotion est puissante dans la défaite comme dans la victoire. Lorsque le match est bien conduit, les mecs ressentent un courant brailleur et fraternel traverser l'arène; et ils en frémissent. Des chercheurs ont déterminé que la solitude provoque des effets négatifs sur la santé mentale et physique. Alors qu'un beau match ou une soirée entre copains chasse le stress et vous ragaillardit.



À l'âge adulte, il est plus difficile de se faire des amis qui disposent du temps nécessaire. Mais des lieux s'y prêtent, comme une salle de gym ou une piste de pétanque. Et l'on trouve des gens chaleureux dans les activités de volontariat. Cesse de gémir, mon gars. Trouve-toi de nouveaux copains !

André 












Équipe d'amateurs, baptême de la marraine.



NudeBlacks versus NakedPotatoes.



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Un poète a dit que le corps du rugbyman incarne une forme d’arrachement à la condition humaine, au point d'en devenir une chose divinisée...

Groupe de supporters.


 

 

 

 

 


8 commentaires:

Xersex a dit…

le sport collectif apprend beaucoup, cher André. En ce qui concerne les sports violents, eh bien, il y a des gens qui ont besoin de ces types de sports. l'important est que ces sports soient pratiqués bien et sportivement !

Dune a dit…

J'adore le rugby....

Anonyme a dit…

Dans le rugby on peut penser que cela est fait dans l'action, tandis que pour la lutte turque, c'est volontairement que les mains passent aussi bien par devant que par derrière dans les pantalons.

André a dit…

Bonjour Dune !

Le couple des Pyrénées est de retour: welcome back !

Mais actuellement, on ne peut pas vous atteindre par la colonne droite des blogueurs amis. Ni poser un commentaire dans votre blogue qui a été "supprimé".

Dune a dit…

Bonjour et merci.
L'adresse a changé, maintenant c'est : https://couplegaydespyrenees.blogspot.com/

Pillon Philippe a dit…

Bonjour André,
Cet article vient à point nommé alors que j'ai bien discuté cette nuit avec LULU suite à son stage de massage tantrique. Cet homme très attachant a une démarche et un parcours qui pourrait peut-être vous intéresser pour une publication. C'est bien grâce à votre vidéo de Daniel Martinon et de son yoga nu entre hommes que j'ai débuté une démarche d'épanouissement personnel qui m'a conduit chez Daniel, puis chez LULU il y a quatre ans pour plusieurs sessions qui m'ont énormément apporté, pour intégrer ensuite le groupe "tantramis". J'ai bien retrouvé hier dans la session avec LULU la qualité de son enseignement. Vous pouvez, si vous voulez, consulter son blog ou sa page "facebook": EROS ALEXANDER "lulu tantric massager". Je lui ai parlé de vous et de vos publications et lui ai envoyé votre dernière page sur le rugby.
Merci de votre attention et merci encore pour vos bons articles et superbes photos.
Cordialement et respectueusement,
Philippe Pillon.

André a dit…

Philippe: Merci !

J'ai lu les textes de LULU et j'aurais bien envie de m'inscrire à l'un de ses stages. Mais j'ai 86 ans et je me déplace beaucoup moins que dans ma jeunesse...

Pillon Philippe a dit…

Je comprends tout à fait André.
En tous cas le travail de LULU est tout à fait en résonance avec les nombreux articles que vous avez publiés sur la complicité Masculine, la nécessité de retrouver une bienveillance et une fraternité entre mâles, sans jugement, et les formidables énergies dégagées quand des hommes, en groupe, oublient leur égo et partagent le moment présent, en communion célébrante et festive. Cette "connivence testiculaire" comme je l'appelle est ce qui anime tous les endroits où les hommes peuvent se retrouver nus entre eux. Cela n'a rien à voir, en tous cas, avec la "gaytitude".
Cordialement et respectueusement,
Philippe.