jeudi 12 janvier 2012

Investiture républicaine: tout le monde encule tout le monde

La course à l'investiture.

Lors de la première étape des primaires républicaines, mardi de la semaine dernière en Iowa, Rick Santorum, ancien sénateur catholique ultra-conservateur, a failli l'emporter devant le favori Mitt Romney, ancien missionnaire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers jours en France (missionnaire en terre  païenne comme tout jeune Mormon pieux). Je respecte Santorum parce qu'il est fidèle à ses convictions. Romney a fait une volte-face (rétrograde) électorale, notamment sur la réforme de la santé à laquelle il était attaché, sur l'avortement et l'homosexualité.

Beaucoup pensent qu'il exagère.
Santorum condamne toutes les lois votées sous Obama. Il nie le droit à l'existence du peuple palestinien, hait l'Europe laïque, rétablirait l'interdiction de l'avortement s'il devenait président, interdirait l'usage de tous les moyens anticonceptionnels y compris le préservatif. Et si la Cour suprême venait à légaliser le "mariage gay", elle finirait aussi, selon lui, par autoriser la polygamie, l'inceste, la pédophilie et le mariage avec un animal.


L'oralité de Rick Santorum.
Tout cela, Santorum l'avait déjà affirmé dans une interview en 2003, précisant que, selon ses vues, des adultes consentants n'avaient pas légalement droit au secret concernant leur vie amoureuse, que l'État devrait interdire et punir les actes sexuels gays et hétéros réprouvés par la bible. Au passage, il assimilait la sexualité gay au viol des enfants et à l'acte avec un chien.

Le santorum va dégouliner.
C'est alors que le chroniqueur Dan Savage avait lancé un concours auprès de ses lecteurs, les incitant à trouver une définition (im)pertinente pour le mot santorum. Formule gagnante: "Mélange mousseux de lubrifiant et de matière fécale produit parfois au cours d'une relation anale." La trouvaille a remporté un tel succès que si l'on tape "Santorum" sur Google et ses concurrents, on tombe d'abord sur elle, même en 2012.

Tout le monde se ferait couillonner.
Ce que les braves gens qui verraient bien Rick Santorum accéder à la Maison-Blanche ne comprennent pas, c'est qu'il ne suspendrait pas seulement tous les droits des gays, mais beaucoup de pratiques courantes chez les hétéros, comme celle d'éviter des naissances rapprochées grâce à la pilule. Et les relations orales, proscrites par la bible, pourraient les envoyer en prison. Mettez un peu de plomb dans vos cervelles, les Américains, sinon le réveil sera douloureux!

André

mercredi 11 janvier 2012

"Mariage gay": l'évolution des mentalités dopée par la pub ?


Les temps changent... Certains s'en aperçoivent et font passer le message. D'autres pas. Pourtant, ils ont tous besoin de nouveaux clients: Renault et le Vatican. Pourquoi "mariage gay" entre guillemets? Parce que le mariage en soi n'a pas d'orientation sexuelle.

À l'Élysée aussi, on laisse entendre (selon le quotidien Libération à paraître vendredi prochain) que, mis en demeure par la Régie nationale Renault de stimuler les ventes de la Twingo -- un modèle qui date -- Nicolas Sarkozy aurait décidé de défendre un projet d’union civile pour les homosexuels.

En perte de A et de Q.
C’est-à-dire un mariage au rabais, célébré à la mairie, qui assurerait «l’égalité des droits fiscaux, successoraux, patrimoniaux,» mais n’ouvrirait pas nécessairement le droit à la filiation. Soit ce que le candidat Sarkozy avait déjà préconisé en 2006... Le président est-il prêt à aller un peu plus loin, comme Renault qui a apporté quelques améliorations à sa casserole?

mardi 10 janvier 2012

La solitude du baiseur de fond à la fin de la nuit

Michael Fassbender, allemand et irlandais.
Shame, le film.
On dit que l'amour est comme un lacet de chaussure. Un jour, il pourrait bien nous étrangler. Ou se délacer... Brandon, le personnage principal de Shame [honte] -- le film glaçant et splendide de Steve McQueen -- s'est mis à l'abri de ces risques: il ne s'attache pas. Avec quelques changements dans la distribution des rôles secondaires, il pourrait être un gay typique. Il drague en fond miné, dans le métro, au boulot; il lève dans les bars et les impasses de New York, s'enlisant dans le sexe sans suite avec des femmes somptueuses (call-girls ou collègues); il comble son vide existentiel en slalomant sur les sites pornos, tant au bureau que chez lui; puis complète par des branlettes rageuses qui l'humilient lorsqu'il se fait surprendre. S'il se fait fritter par un mac teigneux, il va se faire téter dans un sex-club gay.

Au début, dans des scènes d'exposition sans parole, nous prenons connaissance de son corps nu sous toutes les coutures, et c'est Michael Fassbender qui l'incarne dans des plans composés de main d'artiste: le réalisateur est un photographe et vidéaste renommé qui sait mettre en valeur l'architecture du corps masculin. L'interprète s'en tire avec brio. Nous le comprenons d'emblée: il s'agit d'un homme qui a réussi professionnellement, logeant dans un appartement de grand standing, bouffant chinois à l'emporter à même le carton. Il faut une sacrée maîtrise à l'acteur pour donner corps à ce queutard qui s'enfonce dans sa toxicomanie du cul comme l'alcoolique vide sa bouteille. "Pourquoi se mettre à nu serait-il un problème, s'interroge Fassbender dans une interview. Nous avons tous un corps. Je suppose qu'il n'y a aucune raison d'être mal à l'aise."

Trop mystérieuse: il ne pourra pas assurer.
Sauf que la mise à nu concerne surtout l'âme du personnage, ou son coeur qui a été remplacé par un implant à base d'huile de cadavre. En général, dans les films qui cadrent un personnage, nous avons droit à une succession de retours en arrière qui nous montrent les origines du dysfonctionnement de l'héroïne ou du héros. Ici, non. Et c'est la force de Shame: nous comprenons que Brandon et sa soeur, chanteuse de boîte de nuit, partagent un problème, et c'est tout. Message du réalisateur: vivez maintenant; débrouillez-vous et évoluez; ou damnez-vous. Et merde!
Fassbender (Carl Gustav Jung) à g. dans A Dangerous Method.

Nous connaissons tous des gays qui vivent comme Brandon... Nous-mêmes parfois, sinon toujours. Ou des copains. La possibilité de changer se présente immanquablement. Encore faut-il l'apercevoir et la saisir au vol. Sinon, tirer le parti le meilleur des conditions présentes. Et merde!

André

dimanche 8 janvier 2012

Comment optimiser la rentablilité du personnel devant l'urinoir


Les cabinets de stratégie pour l'amélioration opérationnelle dans les entreprises ne révèlent pas les méthodes qu'ils utilisent. Aussi est-ce par un pur hasard que j'ai pu soulever le voile alors que je déjeunais avec quelques clients dans un restaurant allemand renommé, le mois dernier.


D'abord, je remarque que notre serveur porte une cuillère dans la poche de sa chemise. Je n'y fais pas attention avant de constater que tous ses collègues l'imitent. Je lui fais part de ma curiosité. Il explique: "Une équipe de McKinsey a étudié l'organisation de notre restaurant. Après des mois d'observation et la rédaction de plusieurs analyses, ces gens ont établi que nos clients laissent tomber au sol trois cuillères par heure et par table. Pour parer à ce problème, nous portons tous désormais une cuillère dans notre poche. Ainsi, nous n'avons plus besoin de retourner chaque fois à la cuisine. Grâce à cette mesure, nous économisons presque une heure et demie par équipe."


Son explication à peine terminée, on entend un poum dernière nous et il remplace immédiatement l'ustensile. "Je prendrai une nouvelle cuillère quand j'irai chercher un plat, au lieu de courir immédiatement," dit-il avec fierté. Je réponds: "Merci de m'avoir éclairé." C'est alors que j'aperçois un fil noir qui dépasse de sa braguette.


Je ne peux m'empêcher d'observer les autres serveurs et d'enregistrer qu'un même fil dépasse au-dessus de leur fermeture à glissière. Embarrassé, je pose la question et il me répond en baissant la voix: "Peu de gens le remarquent. L'équipe McKinsey a déterminé que nous pouvions gagner du temps aux toilettes."

The Philharmonic Pub, Liverpool.
"Comment?" "Vous comprenez, ce fil est attaché à... euh... notre machin. Quand nous avons besoin, nous pouvons le tirer sans le toucher et n'avons plus besoin de nous laver les mains après. Cela nous fait gagner 90% du temps normalement imparti à cette tâche et plus de 5000 litres d'eau par an."


"C'est bien, dis-je. Mais il y a quand même un problème, même avec le fil: comment rentrez-vous la marchandise?" "Je peux pas parler pour mes collègues, mais moi j'utilise la cuillère."

(Document de travail confidentiel, traduit de l'allemand.)

samedi 7 janvier 2012

Tout ce qu'on serait empêché de faire s'il fallait pisser assis

 
Dégivrer.
Jardiner.
Désinfecter.
Désodoriser.
Subir une parondontie militaire.
.
Recycler.

Économiser.
Lâcher la pisse cyclable.



jeudi 5 janvier 2012

Autoportrait au sortir de la douche, entre insécurité et fierté


L'instantané pris à bout de bras avec un téléphone, c'est le degré zéro de la photographie. Néanmoins, le portable modifie bien plus nos habitudes que l'appareil photo numérique qui a pris le relais de son ancêtre argentique. À lui les prises de vue spontanées et intimes, les autoportraits au sortir de la douche. Dans dix ans, on pourra mesurer les changements de mentalité qu'il aura apporté à notre société.


Tirer un autoportrait c'est créer une image de soi que l'on peut regarder, conserver et partager instantanément. En s'y prenant régulièrement, on laisse une trace autobiographique, on enregistre nos métamorphoses. Certains le font systématiquement, et toujours dans le même lieu.




Pour qui prend goût à la photographie du corps humain, l'autoportrait présente un avantage: pas besoin de convaincre, de séduire ou de rémunérer un modèle. Un modèle patient pendant qu'on teste les réglages, la lumière, l'angle... Il suffit de disposer d'un miroir. Sans miroir, on ne se trouve jamais sur la photo, à moins de posséder un trépied télescopique et un déclencheur à retardement. Mais on contrôle mieux la prise de vue à travers le miroir.



Les photographes qui s'illustrent sur cette page appartiennent à la catégorie des artistes spontanés et inconscients. Leur muse se nomme Narcisse et leur bite Enveuxtu Envoilà. Ils immortalisent l'éternel masculin entre insécurité et fierté.

André