samedi 25 août 2012

Ni babas, ni bobos: supplices occidentaux pour atteindre le 7e ciel


Règle 1: Le BDSM (rien à voir avec la bande dessinée) est un jeu, il doit être et rester consensuel, exercé uniquement entre adultes. Lorsqu'un mineur est présent, appelez immédiatement la police, sinon vous le vous reprocherez toute votre vie.



Règle 2: Ne jouez jamais avec des imbéciles qui ignorent ou ne respectent pas les limites de leurs partenaires. Plutôt manquer une bonne séance par précaution que de risquer des conséquences physiques et surtout psychiques sans fin. Étudiez la littérature concernant votre préférence érotique (principalement en anglais, les anglo-saxons étant plus "pervers" à cause de leur éducation scolaire et sportive).





Règle 3: Les sadiques bien sublimés et informés font d'excellents partenaires. C'est aussi parmi eux que se recrutent les chirurgiens. Les sadiques incontrôlables ne se révèlent pas à la première rencontre. Je connais le cas d'un bon professeur de SM (plutôt flagellateur que fesseur) qui a pété les plombs une nuit de décembre, après avoir donné deux semaines de cours. Je n'ai pas vécu la scène, me trouvant dans la pièce à côté. Mais j'ai pu constater les dégâts. Cet artiste renommé a perdu une part de sa réputation, la victime (une de ses interprètes) ayant rapporté les faits. Nous avons fui ensemble ce stage de BDSM en Pologne, avant l'aube suivante... Donc: renseignez-vous!




Règle 4: Évitez les affiliés de l'extrême droite et les bigots fondamentalistes; pour eux la torture est un moyen de contrôle, pas un jeu entre adultes.



Règle 5: Les personnes qui pratiquent la torture sur leur propre corps afin de gagner le paradis se mentent à elles-mêmes. En revanche le fouet, appliqué de manière thérapeutique pour certaines maladies physiques ou des problèmes psychologiques, peut provoquer des résultats encourageants. Des moines tibétains l'appliquaient. Des médecins l'ont testé en Sibérie. Des fesseurs américains se mettent au service de femmes et d'hommes cherchant à dépasser leurs phobies ou leurs blocages (difficulté à maigrir, à se préparer aux examens, à se présenter pour un emploi, etc).

Résumé: Sado ou maso, mon partenaire de jeu est avant tout un être humain dans sa beauté et sa respectabilité. Ensemble, on peut secouer la baraque, mais c'est un jeu, pas un mode de vie. Soyez inventifs. Je vous souhaite beaucoup de satisfaction!

André

jeudi 23 août 2012

Au bord du Gange: le détachement passe par la torture de la bite






Mortification du lingam: une école de la douleur.
Le grand rassemblement de pèlerins et de babas au bord du Gange, évoqué dans le précédent billet au sujet de Sâdhu, le film de Gaël Métroz, se nomme Kumbha Mela. C'est à la fois Lourdes (pour les miracles escomptés), La Mecque et le Compostelle des Hindous, le rassemblement des sâdhus et nagas venus de toutes parts et le plus grand show d'ascétisme naturiste au monde (la nudité, symbole du non-attachement). Gourous et disciples s'installent dans un gigantesque camping, recouverts de cendres (mort et renaissance) ou d'autres parures dont le sens m'échappe. Ils y rencontrent copains et concurrents pour mettre en scène, qui sa distribution de bénédictions contre offrandes, qui sa magie ou ses déguisements, qui son succès auprès des foules, qui son dénuement et sa spiritualité, qui sa combativité de défenseur de la foi, qui ses postures de yoga, qui encore les mortifications de son corps.





On se mortifie en dormant sur un faisceau d'épines ou en exhibant un bras ankylosé que l'on tient levé depuis 30 ans. Sinon en torturant son pénis pour le rendre insensible au plaisir (détachement). Ceux qui s'y exercent détiennent une longue pratique d'extension avec des poids pour allonger le membre et casser sa capacité érectile sans perdre l'élasticité. Certains y sont soumis dès l'enfance, d'autres y viennent plus tard, par vocation. Leur show public consiste à enrouler la bite autour d'un bâton horizontal sur lequel vient se percher un acolyte. Et à se promener dans cet état pour montrer que la douleur peut être dépassée. Les touristes frissonnent. D'autres nagas endurcissent leur membre et ses deux compagnes, comme le font les moines de Shaolin. Ce yoga du lingam leur permet d'encaisser des coups de pied à cru ou de porter des pierres de passé 60 kg entre leurs jambes. Ils se désensibilisent à la douleur et renforcent l'enveloppe des valseuses comme on casse un muscle pour l'obliger à s'endurcir. Voués à la chasteté, ils ne se soucient guère de préserver leur capacité d'engendrer.

Touriste à poil pour la photo.

Il n'a plus baissé le bras depuis 30 ans.

Yoga pour les voyeurs.

Sans le savoir, ils matérialisent une parole de Jésus qui n'était, probablement, qu'une image symbolique: "Si ton pied [substituez un autre membre] est pour toi une occasion de chute (péché), supprime-le: mieux vaut déambuler estropié dans la vie que d'être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne (enfer)."

À mon avis, la dignité de l'être humain réside au contraire dans le faire face: réagir en présence des difficultés, apprendre de ses erreurs, s'engager dans des actions positives, créer, soutenir, aimer. L'enfer ce n'est pas le membre, mais le nombrilisme de ces gars.

André

mardi 21 août 2012

"Sâdhu", film ébouriffant ! Ou quand l'âme aussi se met à poil



Samedi dernier, avant-première sous les étoiles et sur grand écran du film Sâdhu, Seeker of Truth en présence du réalisateur suisse Gaël Métroz. Public baba (surpris, admiratif, ému) par ce portrait d'un sâdhu indien, un ermite baba cool, droit sur ses pieds, en quête de sa propre vérité -- pas celles des temples ni des gourous. Suraj Baba, né à Darjeeling, famille bourgeoise, études supérieures (philo, littérature de Hermann Hesse à Saint-Exupéry), vit dans une grotte à 3200 mètres d'altitude entouré de sommets himalayens à couper le souffle. Il pratique ses ablutions à poil dans la rivière, hiver comme été.

Suraj Baba: un corps de jeune homme, un esprit lucide.
À la manière dont il se remet en question devant la caméra du jeune cinéaste (qui s'est installé dans la grotte voisine), ce mec pourrait être notre frère, à nous qui tentons de vivre plus simplement et cherchons notre voie loin des doctrines et des Églises, en respectant l'éthique chrétienne et l'apport des autres grands religions -- dépouillées cependant du fatras bling-bling des rites et de la fausse morale.

Dans la grotte voisine: Gaël Métroz.
Au fil du pèlerinage qu'il entreprend en compagnie de Gaël Métroz, après huit ans de solitude dans sa grotte, Suraj Baba raconte, en peu de mots, dans un anglais parfait (sous-titres anglais-français ou allemand), comment il gère son célibat et son désir -- pas refroidi -- d'aimer et de prendre soin d'une belle personne. Bien qu'ancré dans le renoncement, il ne se gêne pas de boire un coup dans un troquet de Katmandou où il emprunte la guitare de l'orchestre et laisse aller son inspiration, paroles et musique (il a joué du rock dans sa jeunesse). Il traite de clowns ses collègues sâdhus babas qui font trempette au grand rassemblement de la Kumbha Mela (soixante millions de pèlerins), qui jeûnent et se pètent au ganga, exposant leur nudité cendrée et leurs tignasses fileuses; ou leur richesse, juchés sur un éléphant. Ce n'est pas auprès d'eux que Suraj Baba trouvera la réponse à ses questions, ni sa place dans la société.

Un Baba timide après tant d'isolement.
Gaël Métroz a rencontré de nombreux sâdhus avant de trouver ce personnage inattendu, qui a détruit en lui "le mythe de l’ascète désincarné, du saint homme tel que le considèrent aussi bon nombre d’Indiens". Suraj Baba se situe "à la fois dans et hors du monde"; il concilie non sans dilemme dépouillement et pensée moderne, maîtrise du corps et développement personnel. Généreusement et honnêtement, il nous fait part de sa quête, accompagné en cela par un cinéaste attentif, discret (trop!) car il ne commente rien, et généreux en images majestueuses. C'est impressionnant ce que l'on peut filmer aujourd'hui avec une caméra de petite dimension qui capte aussi un son excellent.

Licencié en littérature française, philosophie et histoire de l’Art, Gaël Métroz a réalisé précédemment le splendide et courageux Nomad's Land, Sur les traces de Nicolas Bouvier (2008), film qui a reçu le Golden Gate Award au Festival international du film de San Francisco et a été primé au Mexique et en Chine. Sâdhu sortira en salles dès fin septembre.

André

dimanche 19 août 2012

Laisse tomber le mariage avec un mec, la tablette est plus fidèle !






Tu l'avais épousé pour ses tablettes, il t'a quitté pour celles d'un autre. Dans ton chagrin tu t'es replié sur l'ordi et ta nouvelle Galaxy Note. Ce faisant, tu as découvert le vrai bonheur! (Dans leur combat contre le mariage gay, les fondamentalistes américains prétendaient que la prochaine demande viendrait en faveur de l'hymen avec un animal. Pauvres imbéciles rétrogrades!) Aujourd'hui, le plus fidèle compagnon domestique est un IPad. Pas de sorties pipi, pas besoin de ramasser ses crottes: on ne bouge plus de chez soi. Économies de toilettage: s'il est collant (confiture, chocolat, jus de fruits ou de couilles) un chiffon humide suffit. Et ça ne mange que des applications supplémentaires.





La tablette peut tout pour toi. Sans remarque acide, ni jalousie. Si tu n'as pas encore passé au virtuel absolu, elle drague sur trente sites concurremment et te présente les meilleurs choix; sinon elle te sort les cent meilleures photos selon ton humeur du moment. Elle t'accompagne au fitness, s'occupe de ta collection de timbres sans en chiper un seul. Elle choisit tes repas, tes lectures, films et musiques; réserve tes vacances. Tu vis avec elle jour et nuit, les yeux dans les yeux, même longtemps après votre lune de miel. Elle te renvoie une belle image de toi, corrigée pas Photoshop. Elle t'écrit des petits mots d'amour sur des cartes croquignolettes comme tu les aimes et n'oublie jamais ton anniversaire.






Au boulot, tu racontes que tu as trouvé "la compagne idéale". Du reste ils s'en sont rendu compte parce que tu es plus détendu. Ils ne le disent pas, mais tu comprends qu'ils sont soulagés de savoir que tu as viré ta cuti du bon côté. Ils se demandent quand tu les inviteras à l'enterrement de ta vie de garçon. Mon-Coeur -- c'est ainsi que tu l'appelles en secret -- est vraiment ton armure contre le reste du monde. Tu es pleinement d'accord avec Sherry Turkle, la prophétesse du numérique: l'ère des nouveaux médias sociaux, c'est d'être seuls ensemble. Et cela te convient, parce que tu es un mec du XXIe siècle -- comme nous sur ce blogue.

André
P.S. Steve Jobs, présentement au purgatoire pour s'être désintéressé des conditions de travail de ses ouvriers sous-traitants, te regarde toi et tes frères enchaînés aux bidules dont il a pollué la planète. Il s'arrache ce qui lui restait de cheveux et casse les tablettes. Trop tard Stevie, c'est sur cette terre qu'on amende sa conduite!

vendredi 17 août 2012

Muscles, mormons, Mitt: au pays de la frime et de la fumisterie...








Croyants, pourtant totalement corrompus.
Soldats pleurant un camarade tombé au combat.
Alors que George W. lance une campagne en faveur des droits humains (!) et que l'organisation américaine Human Rights Watch veut le faire poursuivre en justice pour l'usage de la torture. Alors que l'actuel président des États-Unis manque à toutes ses promesses concernant les guerres entreprises par son prédécesseur. Eh bien, le candidat des Républicains à la présidence s'affirme comme homme d'affaires et politicien sans scrupules, en même temps que militariste inflexible -- lui qui avait échappé au recrutement pour le Vietnam en allant faire le missionnaire mormon en France. Néanmoins Dieu est toujours avec lui, comme Il l'était avec Bush. C'est un sacré complice! Dieu est dans le muscle et la bite qui pénètre par effraction; dans le pouvoir, les apparences et le mensonge. Et l'Amérique qui a choisi ce dieu-là -- non celui des petites gens -- s'enfonce avec ses présidents.

Campagne des jeunes missionnaires américains...

...en France pour améliorer la réputation...

...des Mormons, fondamentalement misogynes et homophobes.

mercredi 15 août 2012

La masturbation méditative et l'arbre qui pousse entre nos jambes


Lorsqu'on est stressé, qu'un besoin de soulagement se fait sentir, un paluchage rapide apporte un peu de soulagement. L'animal grimace et pleure quelques gouttes... Un yogi nous expliquerait qu'on peut aussi retrouver le calme en inspirant et expirant lentement, tout en examinant ce qui nous fait souffrir et ce qui va bien. Il nous resterait plus d'énergie 1) pour résoudre le problème, 2) et nous offrir ultérieurement une vraie gâterie (solo ou duo) en y consacrant le temps voulu.

Contrairement au paluchage -- petite parenthèse vite refermée --, la masturbation méditative ouvre une voie de découverte sur l'essence de notre identité virile. Comme un chemin de forêt ombragé, elle nous conduit vers notre être profond. Ceux qui s'en privent pour des raisons "morales" ou "religieuses" passent à côté d'une expérience hédoniste fascinante: le mariage de l'érotisme et de la spiritualité.

Le malheur et la souffrance font partie de notre condition humaine; la paix, le plaisir et l'extension de son domaine également. La quête d'un équilibre entre ces deux forces passe aussi par la masturbation méditative et consciente. Pour s'y embarquer, il suffit d'abandonner les idées préconçues sur la masturbation et sur la méditation.




Au cours d'une masturbation où l'on est prêt à s'accorder du temps -- dans un lieu paisible, tranquille (sans téléphone), installé confortablement pour explorer son corps --, il est préférable de renoncer aux sources habituelles de stimulation sexuelle (présence humaine, imagination, images, son). La méditation consistera dans un premier temps à rester présent -- dans ses pensées -- à tout ce qui se passe dans notre corps et notre tête. Bien sûr, les pensées s'égarent constamment; on les ramène calmement aux sensations qui s'éveillent.

Une respiration paisible accompagnera les frôlements exploratoires de nos mains sur la peau. Les caresses qui se dirigent habituellement vers les lieux les plus réactifs iront d'abord à la recherche de perceptions nouvelles, plus subtiles. L'érection adviendra peut-être plus lentement que d'habitude, ou ne se fera pas la première fois car on aura renoncé aux gestes insistants (les pincements, les petites claques, la pression) qui réveillent l'animal. Pas de problème! On s'accoutumera peu à peu aux sensations plus fines et on découvrira leur potentiel. Quand sera venu le temps de la stimulation directe, on utilisera la main la plus gauche des deux, celle qui n'en a pas l'habitude. Le plaisir sera différent, la main et le phallus sortiront de leur routine, le cerveau aussi s'enrichira.




Méditez alors sur le mythe de l'arbre au centre du premier Jardin, l'Arbre dit de la Connaissance, de la sagesse de nos ancêtres. Lorsque le tronc se fera épais sous votre main, que vous le contiendrez dans les deux -- avec les mouvements lents que l'on adopte en effleurant une écorce, en percevant l'énergie dont elle rayonne --, laissez vos pensées naviguer (si cela vous est possible) entre l'Arbre et votre père, puis votre grand-père préféré, et ses ancêtres. Ils vous ont transmis la sève qui monte dans votre phallus. Ce qui se passera ensuite vous appartient. Mais prenez votre temps, comme si vous étiez Adam avant Ève!

André