dimanche 11 novembre 2012

Ceci n'est pas une pipe, c'est un sacrement, une extrême-onction






Rite institué pour augmenter la dévotion, la pipe accomplit la gamme entière des sept sacrements, mais pas forcément dans l'ordre: baptême, confirmation, eucharistie, ordre, mariage, pénitence, extrême-onction...















vendredi 9 novembre 2012

Comment améliorer l'endurance et la fermeté de votre poireau


À vous de juger si cette vidéo est convaincante. L'organisation britannique de défense des droits des animaux PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) cherche à convaincre les mecs de devenir végétariens, voire végétaliens. C'est pour soutenir PETA que des stars posent à poil avec le message "plutôt nue qu'en fourrure". Ici à droite, un gars milite contre le massacre des ours qui fournissent les gardes de la reine en bonnets de fourrure.

Perso, j'associe mon régime végétarien à l'idée du respect des animaux élevés dans des conditions scandaleuses, dans l'insalubrité et le stress (et dont la chair ne peut être que malsaine), ainsi qu'à la lutte pour l'équilibre alimentaire de la planète (manger moi-même des céréales, plutôt qu'un animal qui en a bouffé dix fois plus). Et puis les vaches, ces chéries des pâturages suisses, pètent du méthane à profusion, gaz dont l'impact sur le réchauffement climatique est, paraît-il, 25 fois plus puissant que celui du carbone.





Le message de PETA: "Améliorez votre endurance sexuelle!" En devenant végétarien, je n'avais pas imaginé que mon poireau serait plus percutant et cela ne s'est pas produit, probablement parce que je suis sur le déclin! Je n'avais pas non plus rêvé devenir aussi... sexy que ces Britanniques qui agitent leur bassin. Mais ma peau a bénéficié de l'alimentation sans viande, ma vie intérieure peut-être aussi. Je n'ai pas encore passé à l'étape suivante: végétalien, c'est difficile pour un amateur de bon gruyère!







mercredi 7 novembre 2012

La bénédiction des couples de même sexe par l'Église protestante


Adam et Yves.
Le Synode de l'Église réformée du canton de Vaud a accepté le principe d'un rite de bénédiction pour les couples de même sexe au bénéfice d'un partenariat enregistré. En 2008, ce synode s'était déjà prononcé pour l'accueil sans discrimination des homosexuels au sein de la communauté. Ainsi dix Églises cantonales suisses ont institué un acte liturgique pour bénir les couples "pacsés" qui le demandent. Cette attitude, on le comprend, engendre des tensions et quelques coups de pieds au-cul-méniques de la part des piétistes protestants ainsi que des Églises catholique et orthodoxe.

Un groupe d'opposants et un groupe favorable à la bénédiction avaient été mandatés pour préparer les débats du Synode. Les "contre" sont venus avec les arguments connus: 1) l'obéissance littérale aux textes bibliques, 2) la protection de la famille traditionnelle, déjà fortement mise à mal, qui aurait besoin de soutien plutôt que de ce coup de boutoir supplémentaire. [Je ne comprends pas comment la bénédiction de quelques couples "pacsés" -- il y aura peu de demandes -- pourrait inciter plus d'hétéros au divorce. Serait-ce que plein de pères de famille en profiteraient pour virer leur cuti sous l'oeil bienveillant de Dieu?] Patricia Briel, journaliste au Temps, résume les délibérations du groupe en faveur de la bénédiction.

<< "Le discours et l'attitude de l'Église ont changé au cours de l'histoire pour ce qui touche aux discriminations de catégories particulières de personnes, écrivent-ils dans leur rapport. Nous pouvons donc dire que les personnes marginalisées par la société, et -- la plupart du temps -- par l'Église, deviennent occasion pour l'Église de servir plus fidèlement le Christ." Le groupe "pro" souligne qu'il ne s'agit pas de "changer pour se mettre à la mode du monde ambiant, mais changer parce que l'Évangile nous y invite". La question de la bénédiction des couples homosexuels représente donc "une opportunité de manifester notre suivance du Christ, y compris lorsque cette marche prend le risque de déclencher des colères et de changer de route par rapport à un discours millénaire".

>> La Bible ne promeut pas qu'un seul modèle de couple, rappellent les "pro". "Il y a celui qui a plusieurs épouses, celui qui prête sa femme pour s'attirer les faveurs d'un puissant, celui qui a une femme et en désire d'autres, celui qui a une femme mais aime un homme, celle qui aime une femme mais se marie pour des raisons vénales, celui qui est en couple pour procréer, celui qui est en couple pour sceller une alliance politique", etc. L'institution du mariage n'a pas été créée par le christianisme, mais elle est l'héritière de la société romaine. Les Protestants ont renoncé à la dimension sacramentelle du mariage pour valoriser sa dimension civile.

>> Quant aux textes bibliques qui évoquent l'homosexualité de manière négative, les auteurs du rapport affirment que "la Bible n'a pas été écrite par Dieu ni dictée mot à mot par Lui". L'interprétation du texte biblique, fruit d'un long processus de maturation, demeure ouverte. "La manière dont la Bible parle de l'homosexualité doit être replacée dans ses contextes. Ce thème reste globalement marginal, et il n'est pas possible de déduire de ces quelques textes des règles pour l'orientation sexuelle d'aujourd'hui." Les textes qui mettent en garde contre le jugement ou le rejet sont bien plus nombreux, remarquent les auteurs. >>

Ce qu'omet cette déclaration, c'est une demande de pardon. "Pardon de vous avoir si longtemps rejetés, méprisés!" Au siècle dernier, lorsque les lesbiennes et les gays ont commencé à sortir du placard, une offre d'accueil et de bénédiction aurait consolé nombre d'entre elles et eux. Entretemps, ils se sont éloignés de cette foi égoïste et frileuse.

André

lundi 5 novembre 2012

Fundoshi: l'effet du cache-sexe japonais sur trois Occidentaux





Trois gars constatent combien oser le strict minimum japonais en compagnie d'autres mecs a modifié leurs sensations corporelles et leur comportement. Ils en ont fait l'expérience au Japon où, par curiosité puis par goût, il ont appris à nouer le fundoshi. "J'ai découvert la sensation qu'il y avait à ne porter rien d'autre et à me trouver avec un pote ou un groupe d'hommes aussi en fundoshi. Cela crée un lien d'abord basé sur "j'ai eu les couilles de le faire", puis devient une fraternité entre nous parce que nous portons le même cache-sexe qui met notre masculinité en évidence. J'ai organisé des soirées fundoshi, l'occasion de parler, boire, manger et nager. Des gars qui n'auraient jamais eu l'audace d'aller vers un autre et l'aider à mettre en place un fundoshi l'ont osé et ont expérimenté sans gêne le fait d'examiner, toucher et d'être regardé de près. Dans ce cadre, une érection intempestive devient un point de fierté et non une chose à cacher. Et si certains décident de pousser l'expérience plus loin, c'est leur affaire. Nous sommes des mâles, nous prenons plaisir à vivre consciemment dans notre corps sans les restrictions habituelles de la société. Le fundoshi a été pour moi un bout de tissu libérateur."

The Fundoshi Project: David and Louis on Vimeo.

Yukio Mishima (1925-1970)
Autre témoignage: "J'étais très timide par rapport au fundoshi lorsque je suis arrivé au Japon. Maintenant je réponds à la porte en fundoshi et si cela choque, tant pis, c'est ma maison. J'ai beaucoup évolué en jouant avec ce rectangle de tissu sous tous les angles et en explorant mes fantasmes, seul ou en compagnie. Cela m'a aidé à me débarrasser des règles que d'autres veulent nous imposer. Chacun opère ses choix."

Le troisième: "J'apprends à me sentir plus à l'aise dans ma peau et à communiquer avec les gars sur un autre niveau. Nous pouvons nous toucher, nous serrer dans les bras, nager à poil et même échanger des fringues -- tout cela dans la bonne humeur et sans la moindre gêne virile. Il y a un ans, je n'aurais pas pu tenir contre moi un pote quasi à poil, sentir battre son coeur et lui dire combien il compte pour moi. Cette expérience m'a conduit où je n'aurais jamais imaginé aller et maintenant je peux retourner à ma vie habituelle en homme changé. L'égoïsme de la chambre à coucher a disparu. J'ai appris à donner et recevoir aussi les plaisirs de l'amitié."

André

samedi 3 novembre 2012

La médiumnité, c'est se vider la tête pour ouvrir le coeur


Photo: Mikel Marton.
Trois mois déjà de cours à l'École de médiumnité où je me suis inscrit pour deux ans. Dans notre volée, une vingtaine de condisciples, des femmes et peu d'hommes entre 23 ans (un polymécanicien) et 76 ans (votre blogueur). Seul retraité de la bande, je me sens à la fois petit jeunet sans expérience pourtant plein d'enthousiasme, homme dans la pleine possession de ses moyens et sénior au bord de la crise de nerfs. La méthode de l'école est simple: peu de théorie, beaucoup d'exercices pratiques. Comme à l'armée.

Selon les profs, la médiumnité est à la portée de tous: un apprentissage comme un autre. Peu importe que l'on réussisse un exercice ou pas: nous sommes là pour découvrir où se situent nos compétences. Certains sont des visuels, d'autres perçoivent par les sens, les sons, le toucher... Le premier jour, nous avons répondu à l'appel sans nous présenter, comme à l'armée. Le directeur a lancé une première méditation, puis un exercice... Tu ne sais pas qui est assis derrière toi, tu fais le vide pour ressentir ce que cette personne dégage et tu la décris: sexe, tranche d'âge, occupations, habitation, entourage, loisirs, couleur de sa voiture, ce qu'elle conserve dans son réfrigérateur... Putain! Si je dis à X derrière moi: "Je perçois que tu es une femme" et que c'est un type, il va me détester durant deux ans...

À la longue, les méditations nous permettent de vider la tête, de quitter les élucubrations du mental pour décrypter plus finement les vibrations qui nous parviennent. Puis, lorsque nous le souhaitons, d'entrer en relation avec des guides du monde spirituel. Encore invisible, mystérieux.

Photo: Alejandro Caspe.
Exercice plus raffiné: chacun écrit le prénom d'une connaissance sur un billet qu'il met dans une enveloppe; les enveloppes sont redistribuées. Sans ouvrir celle que vous avez reçue, vous notez ce que vous percevez de l'inconnu/e. Venant de l'enveloppe entre mes mains, je reçois des vibrations un instant féminines, puis masculines. Putain de merde, ça continue! Puis je vois une personne soucieuse de son apparence et décide: femme. Ensuite: des pays et des langues étrangères, donc employée d'une multinationale. Âge: je sens de l'enthousiasme pour les voyages, ce sera 30-40. Habillement: un pantalon et une veste de steward de feu Swissair. Est-ce que les hôtesses portaient le pantalon? Vacances: je vois sapins et sable. Et ainsi de suite...

Mon moment de vérité arrive, je sors le billet et c'est "Robert"! Je raconte mon hésitation et le motif de ma décision. La camarade qui a inscrit "Robert" répond: "C'est compréhensible: il est steward, homosexuel et il soigne son apparence." (On laisse s'envoler le stéréotype sans commentaire.)

J'apprendrai au cours des exercices suivants que si j'ai affaire à une dame énergique, je perçois d'abord des vibrations "masculines" et visualise plus tard une jupe. Et des femmes qui devront me déchiffrer sentiront d'emblée une sensibilité "féminine", puis corrigeront en percevant la solidité et la détermination... J'avais compris qu'un ancien journaliste n'est pas forcément doué pour la poésie; il l'est encore moins pour l'ésotérisme! Pour l'instant, le vieux connard qui veut faire le malin persévère.

André

jeudi 1 novembre 2012

Dans les catacombes du sexe, on met l'amour à mort


D'abord destinées à la sépulture, les catacombes furent aussi bien païennes et paillardes que chrétiennes. Les chrétiens persécutés se réunissant en secret pour célébrer l'eucharistie: c'est une fiction développée par les Romantiques, Chateaubriand en tête. Il est vrai en revanche que les premiers chrétiens y enterraient leurs martyrs; le pape Damase en fit restaurer quelques-unes pour y organiser des pèlerinages en souvenir des persécutions.

Aménagées dans des caves, les catacombes contemporaines rassemblent les pèlerins du sexe dur dans une atmosphère humide, sombre et saturée de boum-boum. On y perfore les tympans et les rosettes. C'est un lieu idéal pour étudier la proxémie -- la distance physique mesurée entre des corps affamés engagés dans une interaction brûlante. En prenant son ticket à l'entrée d'une catacombe, il est d'usage de proférer le salut des gladiateurs: "Ceux qui vont baiser vous saluent!"


La différence entre une partie de chasse à courre et une soirée passée en catacombe réside dans le déguisement -- ridicule dans les deux cas. Et les participants sont aussi sûrs de leur bon droit dans un cas que dans l'autre. S'ils se mettaient à réfléchir, les uns renonceraient et les autres relativiseraient. Un point les rassemble: c'est l'insatisfaction permanente. Les uns confondent sport et tuerie, les autres baise et plaisir. Assouvi, personne ne l'est. Le mot de sport ne convient pas à la chasse et l'amour se trouve rarement au fond des catacombes. Pourtant la chasse et la drague répondent à un besoin essentiel du mâle. Ainsi sommes-nous, mais il est en notre pouvoir d'élargir l'horizon. -- André