Dans Alléluia -- cri de louange et d'allégresse -- les danseurs et acrobates Arthur et Guillaume nous offrent un pur moment de recueillement inspiré par leur amour mutuel, détaché de toute préoccupation. Un amour charnel et spirituel, tel que la foi -- ce don universel -- nous accorde en dehors des préjugés rattachés à ce lieu religieux plein de reliques d'un autre temps.
Il se trouve que les églises chrétiennes sont désertes en ce week-end de Pâques. La pandémie nous offre une vision apocalyptique de l'avenir réservé aux institutions religieuses dans le monde entier. Elles qui rassemblent leurs fidèles dans un lieu de culte, fût-il temple, mosquée, synagogue, chapelle, basilique ou cathédrale, elles perdent de plus en plus leur clientèle.
Sauf ce pasteur et ce curé de Düsseldorf, en Allemagne, qui ont eu l'idée de
célébrer ensemble le culte de Vendredi Saint dans un cinéma-parking en plein air. Les fidèles sont restés dans leurs véhicules, ce qui ne les a pas empêchés de chanter les cantiques ensemble.
C'est un fait que toutes les religions sont
moribondes. Les membres de leurs clergés demeurent attachés à des
rites anciens, périmés et souvent entachés de corruption. Les règles de
morale sexuelle qu'ils imposent aux autres, beaucoup ne les respectent
pas eux-mêmes. Dans de nombreux pays, ils s'entendent comme cul et chemise
avec les autorités politiques... C'est
à nous, les anciens paroissiens, de creuser plus profondément en quête de valeurs
libérées du formalisme. Hors des pressions gouvernementales, dans une
réelle séparation entre ce qui revient à la spiritualité et ce qui
concerne l'État.
Ce que résuma Celui dont on célèbre ces jours la mort et la
résurrection. Une bande de détectives payés par des religieux l'avaient pris en
filature pour tenter de le livrer à l'occupant. Ils l'interrogèrent:
"Avons-nous le droit, oui ou non, de payer l'impôt au César de Rome ?" Il leur
rétorqua: "À quoi bon me tendre un piège ? Montrez-moi un denier. De qui
porte-t-il l'effigie ?" "De César", dirent-ils. "Eh bien, rendez à
César ce qui et à César, et à Dieu ce qui est à Dieu !" Incapables de
prendre sa parole en défaut, les détectives s'éloignèrent la queue entre
les jambes.
Des gars scrutent actuellement leur miroir en se demandant ce qui serait
le pire: mourir de solitude, devenir fou, choper le virus ou se
réveiller un matin dans un pays devenu dictature autoritaire. Telle est la vulnérabilité de notre monde... Un expert
en santé de l'Université du Minnesota déclare que les États-Uniens
devraient se préparer à la mort de plus d'un million de leurs
compatriotes avant la fin de l'année. Vous vous souvenez peut-être que
Trump promettait, fin février: "Le virus est en train de disparaître
comme par miracle". Puis, en mars, que les églises seraient de nouveau
pleines à craquer pour les fêtes de Pâques. Ensuite il avait déclaré:
"Nous ne pouvons pas permettre que le remède soit pire que le mal"
annonçant ainsi que l'Amérique allait relancer la machine économique.
Des prédicateurs ont suivi le président en ne fermant pas leurs églises
et admettant des centaines, voire des milliers de paroissiens aux
cultes. Et même en organisant des services de "guérison" où l'on appose les
mains sur la tête des malades pour les débarrasser du virus, au nom du
Seigneur. C'est ainsi que l'argent continue à tomber dans l'escarcelle
des entreprises religieuses. Les affaires sont les affaires.
La fin des cons ?
On
est tous sur le cul. La situation actuelle met en valeur le
meilleur chez de nombreux citoyens, c'est remarquable et on les admire.
Mais il y a aussi des cons finis chez les confinés. Et il
s'excitent. C'est l'occasion d'en rire plutôt que de se scandaliser. En
temps de crise, il est plus facile de distinguer les charlatans qui se
font du pognon aux dépens des plus crédules. Et aussi de discerner
jusqu'où s'étend la haine et le mépris de ceux qui utilisent les
religions, la morale ou la force politique pour nous opprimer.
Avec le virus, la stigmatisation s'est de nouveau accrue. Les
Asiatiques en font les frais. Les extrémistes religieux ressortent aussi
leurs vieilles recettes en accusant les LGBT de propager la maladie.
D'autres prétendent que Dieu punit les pays qui ont accordé l'égalité à
notre minorité, ou qui accueillent des réfugiés, laissant ainsi l'Islam
envahir l'Occident et bientôt nous convertir de force.
Les populations manipulées
Si
l'on y réfléchit lucidement, il faut admettre que les gens incompétents
(les nuls) sont incapables de reconnaître, d'accepter qu'ils sont
incompétents. Parce qu'il leur manque la lucidité nécessaire pour
discerner cette carence en eux. Ce n'est pas leur faute, ils sont ainsi.
La faute en revient à ceux qui les mettent en place, qui leur donnent
des responsabilités au-delà de leurs compétences. En démocratie, de
nombreux électeurs sont eux-mêmes incompétents pour faire un choix
judicieux, influencés par les fabriques du mensonge; et ils sont incapables de le reconnaître.
C'est ainsi qu'on élit un Trump, candidat à la dictature, et d'autres
populistes ou tyrans actuellement en place dans les pays de l'Est européen, au
Proche-Orient et plus loin. À cela s'ajoute que les incompétents en
chefs sont des marionnettes aux mains de puissances politico-financières très
habiles à manipuler les populations, aujourd'hui encore plus grâce aux réseaux sociaux.
Le virus, notre allié ?
Le
virus serait-il finalement notre allié pour nettoyer ces "écuries
d'Augias" ? Héraclès, fils de Zeus, (Hercule chez les Romains) était un
héros de la mythologie grecque aux nombreuses aventures, dont celles des
Douze travaux. Le roi Augias possédait 3'000 boeufs et le fumier
s'était accumulé dans ses écuries depuis trente ans. Héraclès fut chargé
de régler le problème. Pour les nettoyer, il détourna les eaux de deux
fleuves et ce fut fait en un jour. Puis il remit les fleuves sur leur
cours habituel et le soleil sécha les lieux. Augias qui avait promis 300
boeufs pour le travail chassa Héraclès sans le payer. La colère du fils
de Zeus fut terrible...
Les effets du virus vont-ils permettre à ceux qui souhaitent un
changement politique et écologique global de mettre à exécution leurs
programmes ? Ou faudra-t-il compter sur une catastrophe encore plus
apocalyptique ? En même temps qu'il offre une ouverture (coûteuse en
vies) le corona nous donne le temps d'y réfléchir...
Dans les périodes les plus sombres, il y a tout à coup de la lumière, Des expériences comme celle de devoir se cantonner à la maison peuvent faire germer dans nos esprits de quoi contribuer à redéfinir nos priorités. Allons-nous retrouver le mode de vie collectif de nos très lointains ancêtres dans leurs cavernes ? Non, mais l'esprit de solidarité qui est actuellement dans l'air pourrait nous inspirer.
Puisque beaucoup d'entre nous avons actuellement le temps de "prendre du temps", c'est l'occasion de respirer profondément pour nous remémorer les beaux et les bons souvenirs de notre adolescence, les "premières fois" où cela a vraiment bien fonctionné. Et aussi ce qui avait déraillé avant. Car se lancer dans une relation sentimentale et sexuelle n'allait pas de soi. C'est normal. Dès lors on a fait tout notre possible pour améliorer l'approche. La sexualité, la sensualité et l'amour au seuil de l'âge adulte ressemblent à l'apprentissage d'un art. Pour l'exemple choisissons la sculpture qui demande un grand savoir-faire et s'apprend patiemment. Il n'y a pas de honte à tâtonner. Et il est probable que ceux qui ont réussi au premier coup... se sont contentés de peu.
En replongeant dans des souvenirs plus ou moins récents, nous faisons remonter à la surface toutes sortes d'émotions et de déceptions. Des épisodes plus ou moins longs lors desquels nous avions imaginé que cela durerait toute la vie, tellement c'était merveilleux... C'est maintenant l'occasion d'en rire sans nous moquer des gars qui ont croisé notre vie, ni de nous-même. Oui: la jeunesse, quel privilège, la jeunesse... Et quelles successions d'emmerdements ! L'âge de raison, lui aussi, quel privilège malgré les déceptions et les emmerdements encore plus nombreux, néanmoins mieux résolus.
Si je prends soin des autres -- et tout autant de moi-même -- en soignant corps, coeur, esprit et âme, je me prépare à vieillir dans la sérénité d'une virilité, certes moins sauvage, mais en même temps plus solide. Je deviens ce mâle qui a découvert sa force intérieure fondée sur l'expérience. Parce que j'ai développé la capacité d'accepter mes collègues de travail, mes camarades et copains tels qu'ils sont. De respecter mon compagnon avec ses défauts touchants et ses grandes qualités. Ou, faute d'un pote, j'ai adopté quelques amis avec (ou sans) bénéfices. Ou ai trouvé ma place dans un groupe de lurons braillards et généreux.
Le secret pour vivre sereinement -- même en temps de pandémie ou de déprime -- c'est de remercier l'univers (ou notre déité préférée) pour ces épisodes mémorables qui remontent maintenant à ma mémoire. De pleurer sans me retenir, et de rire à fond la gorge. Avec l'expérience de l'âge, on devient autant reconnaissant de ce que nous ont apporté les pires épreuves que les sommets de bonheur. Car lorsqu'on se casse la gueule et qu'on a le privilège de pouvoir la recoller, on acquiert beaucoup plus de sagesse que durant les périodes roses ou dorées. Foi d'un octogénaire !
À part les mesures générales recommandées pour éviter une infection au coronavirus -- même avec une personne qui ne présente pas de risque -- n'oublions pas que la salive peut transmettre le virus; par exemple au cours d'une fellation lors de laquelle on avait l'habitude d'embrasser après avoir sucé, ou de partager les gouttes de sperme pour les avaler. De plus, le virus peut être présent dans les matières fécales, même si l'on s'est soigneusement torché. Enfin, ne pas oublier de se savonner les mains avant et après; et si j'ai caressé mon partenaire, je ne dois pas porter mes mains au visage. Dernière règle: bien savonner les joujoux sexuels, avant et après.
Terminons sur un épisode plus convenable, car hétérosexuel et vêtu, qui nous vient des États-Unis. C'était il y a quinze jours sur Fox TV. La danseuse se nomme Sarah Palin, ancienne
gouverneure de l'État d'Alaska. Vous vous souvenez peut-être qu'elle fut colistière de John McCain -- candidat républicain à l'élection
présidentielle de 2008. Oui, McCain l'avait choisie pour remplir la
fonction de vice-présidente de cette grande nation. Un vrai conte de fée pour accueillir la pandémie.