jeudi 8 septembre 2011

La camaraderie masculine : une autre façon d'aimer



La camaraderie masculine trouve son terrain le plus fertile dans les activités partagées: jeux, sports, arts (la musique particulièrement) et bricolage. Car c'est dans l'action que les mâles communiquent. Selon Aristote, l'amour crée une dépendance dans le couple, tandis que la fraternité permet à l'homme de progresser grâce à l'influence des copains qui lui tendent un miroir dans lequel il apprend à se voir sans être blessé. Les camarades offrent un lieu où se ressourcer, un amour qui n'a pas besoin de se dire: on n'apporte pas des bouquets à ses potes, on vient avec une bouteille sous le bras.

Fête de la tomate en Espagne.
La visibilité plus grande des homosexuels depuis la fin des années 1970 a figé les expressions physiques d'affection entre hommes hétérosexuels. Heureusement, cette crainte de passer pour ce qu'on n'est pas disparaît peu à peu dans les milieux où les mecs sont sûrs de leur orientation -- hétéro, bi, homo ou labile -- et se foutent bien de ce qu'on peut en penser. Cette liberté retrouvée autorise aussi des liens de fraternisation entre un mec hétéro et un gay -- moins difficiles à gérer (et à remettre sur les rails) que l'amitié entre une femme et un homme hétéros.

Les gars des jeunes générations qui ont été élevés par des mères féministes (pas trop rigides) expriment plus aisément leurs émotions: elle ne leur a pas interdit de pleurer. Les épouses apprécient cette capacité de s'attendrir, les copains apprennent.

Joueurs de rugby amateurs.
Entre homos et/ou bisexuels, la camaraderie mâle peut devenir aussi importante (voire plus durable) que l'amour-passion; sans le remplacer. Elle se développe en parallèle, avec des périodes animées, d'autres latentes. Les vrais amis se recrutent souvent parmi les anciens amants. La camaraderie s'installe aussi entre mecs de générations différentes. L'aîné soutient le cadet dans sa sortie du placard; le jeune empêche son vieux frère de s'encroûter...

Néanmoins, la camaraderie n'est pas exempte de grosses embrouilles. C'est l'occasion d'apprendre à négocier et à se réconcilier... fraternellement.

André.

mardi 6 septembre 2011

Le look audacieux des jeunes Japonais branchés

Le Sartorialist -- photographe américain qui arpente les rues des capitales pour capter l'évolution de la mode -- était récemment à Aoyama, un quartier huppé-branché-friqué de Tokyo. Pour commenter ces documents, j'ai interrogé une jeune amie, Lausannoise élégante, belle et bilingue dont le prénom est japonais et le nom suisse. Je voulais savoir si le choix de ces tenues signifiait un retour vers le passé pour oublier la situation actuelle du Japon, ou si c'était un effet de la mode de 2011. Ni l'un ni l'autre.

Regardez le jeune homme à gauche. Il porte un assemblage d'éléments anciens et contemporains très maîtrisé, audacieux et splendide tant en ce qui concerne la ligne, les longueurs, les matières que la subtilité des couleurs. Même sa coupe de cheveux, pourtant discrète, s'harmonise à l'ensemble. Quelle apparition!

Reconnaissons que le tissage japonais est le maître absolu dans son domaine. Je ne peux pas en dire plus faute de connaissance et d'intérêt dans ce domaine.

Ma jeune amie explique: choisir des vêtements traditionnels est relativement courant. Les Japonais les portent pour des cérémonies -- thé, ikabana (art floral), mariages, concerts... C'est un peu l'équivalent du costume trois pièce ou de la robe de cocktail chez nous. Sur ces photos, toutes et tous portent des yukata, la version estivale et informelle du kimono. Plus léger, beaucoup plus facile à revêtir (le kimono en soie nécessite l'aide d'un tiers) et moins cher, le yukata est majoritairement en coton.

Barbe blanche et planche!
Photos: The Sartorialist.
Pour les fêtes qui se déroulent l'été, les matsuri organisés à travers le pays (avec des jeux, des feux d'artifices, parfois des cortèges, et toujours des stands de nourritures et boissons), beaucoup de gens, tous âges confondus, revêtent leur kimono ou un yukata.

Ces valeurs traditionnelles cohabitent dans une harmonie étonnante avec le Japon hypermoderne. Le mec aux cheveux bleus (à g.) en est une illustration courante. Le vêtement est en effet une manière de s'affirmer durant son temps libre puisque, au travail, la grande majorité des Japonais accepte les règles, l'autorité et le protocole mégalourd qui ne laisse aucune liberté de choix.

André

lundi 5 septembre 2011

George Clooney prend un sale coup dans les couilles




Du café équitable, sinon j'arrête les What Else? C'est le deal que Solidar Suisse demande à George Clooney de brandir sous le nez de Nestlé, soi-disant "Good Food, Good Life".

Dans un spot inspiré par ceux de Nespresso, un sosie de l'acteur américain sort d'une boutique de capsules, évite un piano à queue qui s'écrase sur le trottoir, mais se prend l'enseigne dans les couilles. Alors qu'il encaisse, une voix divine l'interpelle: "Sorry George, mais un cueilleur de café exploité ressent la même chose que toi."




"Cher George, toi qui t'engages pour un monde plus juste..."

Si vous vous sentez solidaire des planteurs et cueilleurs de café, si vous voulez aussi sauver l'honneur et les couilles du cher George, envoyez-lui ce message via le formulaire qui figure sur le site de Solidar:

"Cher George, en tant qu'ambassadeur de bonne volonté de l'ONU, tu t'engages pour un monde plus juste. C'est génial ! Tu es donc certainement gêné par l'inaction de Nestlé contre l'exploitation des cueilleurs et cueilleuses de café. C'est pourquoi je te prie de placer Nestlé devant un choix clair: du café équitable ou plus jamais de publicité pour Nespresso avec George Clooney."

André

dimanche 4 septembre 2011

Le nudiste préféré de l'idéologie nazie

Le corps, instrument de reproduction de la "race supérieure".

En étudiant les 350 plus gros succès de librairie de l'ère nazie (1933-1945), le chercheur allemand Christian Adam est tombé sur un ouvrage photographique vantant l'exercice physique en plein air et à poil: Mensch und Sonne.

Souvent réédité, aussi sous le titre Der Mensch und die Sonne (L'Être humain et le soleil), ce livre évite la censure alors que l'arrivée d'Hitler au pouvoir est marquée par de nombreuses interdictions, notamment celle du naturisme, très populaire sur tout le territoire allemand. Le pape Pie XI applaudit cette mesure. Hermann Göring, ministre intérieur de la propagande déclare que le naturisme porte atteinte à "la pudeur naturelle de la femme" et prive l'homme du respect qu'il lui doit, portant ainsi atteinte aux fondements de la culture.

Les cache-sexe sont rajoutés sur les photos.
Chaque époque connaît ces méthodes de diversion lors d'une crise économique. Aux États-Unis, les Républicains tirent à boulets rouges sur tout ce qui est gay. En France, le parti au pouvoir lutte contre le mariage entre personnes du même sexe et veut interdire de parler de genre à l'école. Mais cette ordure d'Hitler avait trouvé un moyen de donner du travail aux chômeurs en faisant construire des autoroutes...

En contemplant les photos de Mensch und Sonne, on se demande pourquoi des images apparemment aussi homo-érotiques étaient bien tolérées, alors que l'on persécutait les homosexuels. En 1936, l'auteur Hans Surén qui a déjà vendu 80'000 exemplaires dans les éditions précédentes, précise qu'il est soutenu par le bureau pour la politique raciale du Parti. Il met en avant les bienfaits de l'exercice physique et de la nudité dans la construction d'une race germanique pure. Il glorifie "le membre doré par le soleil" de l'homme, cette créature divine et miraculeuse. Il se met lui-même en scène, corps nu et huilé, dans des exercices de gym. Notez que la plupart des cache-sexe ont été peints par des retoucheurs.

Du sculpteur Arno Breker: Le blessé.
Dans un régime autoritaire dominé par les mâles -- où les femmes représentent le repos du guerrier, la machine à reproduire la race supérieure et, pendant la guerre, la main d'oeuvre qui remplace les hommes appelés au front --, l'apologie de la bite et des couilles se répand aussi dans les arts. Voyez les nus naturalistes et gigantesques d'Arno Breker, le sculpteur préféré d'Adolf Hitler et de Jean Cocteau. Voyez les films olympiques de la cinéaste Leni Riefenstahl... Homophobes, les guerriers du Troisième Reich baisent ou violent les femmes, mais ils sont en ménage avec des hommes. Jusqu'à ce que la mort ou la défaite les sépare.

André

vendredi 2 septembre 2011

Le corps accord : à la fois frères et jumeaux



David et Matt.
Portez-vous la même curiosité que moi aux jumeaux? À ceux que je connais, je me retiens de poser les questions habituelles qui doivent être gênantes à force de... Mais si j'ai l'occasion de les voir à poil et de comparer (discrètement, calmement) leurs anatomies -- ce qui m'est arrivé parfois sur une plage ou ailleurs -- je suis aux anges. Même bonheur d'observer un père et son fils côte à côte. Avec la connaissance des hommes aimés, ou détestés, que nous avons accumulée nous autres gays (combien de centaines?), nous apprenons à lire tant de choses dans un corps de mec. Pas besoin de poser de questions!

Il se dit que déjà durant la grossesse, les futures mères de jumeaux commencent à différencier les caractères et les humeurs de chacun des petits. Mais gare à ceux qui importunent plus tard ces enfants en les observant de trop près. Heureusement, ils ont de bonnes défenses (à deux c'est plus facile et plus drôle) et des façons de vous embrouiller en modifiant leur comportement naturel, soit en le différenciant outrageusement, soit en accentuant les traits de ressemblance et en se faisant passer l'un pour l'autre.

Les frères Menendez, photo Kristen Bjorn.
J'ai eu parfois l'occasion d'être assez proche d'un membre ou l'autre de ces paires pour apprendre comment ils géraient leur intimité et comment ils arrivaient (ou pas) à prendre de la distance afin de vivre leur autre vie amoureuse. Malgré la ressemblance, l'égalité n'est pas forcément leur fort. Il y a souvent un dominant et un suiveur. Certains trouvent un bon équilibre entre la complicité et la rivalité mâles. D'autres connaissent des conflits de couple dès la petite enfance. N'empêche, je me demande parfois quelle aurait été ma vie si j'avais eu un frère du même âge que moi. Et aussi: aurait-il été gay?

Les frères Visconti, triplés.
Deux chose sont sûres. 1) Nous n'aurions pas travaillé dans le porno comme les beaux gars de cette page. Le marché existait à peine dans ma jeunesse. 2) Je n'aurais pas été amoureux de mon jumeau. Pour moi, un certain mystère, un physique différent du mien, et aussi quelques intérêts communs figurent parmi les ingrédients de la passion. Qu'en est-il de vous?

André

mercredi 31 août 2011

Voici, je me tiens à la porte et je frappe...



"Voici, je me tiens à la porte et je frappe: si quelqu'un écoute ma voix et m'ouvre, j'entrerai chez lui et nous dînerons tête à tête.




"Parce que tu dis: "Je suis riche car j'ai fait de bonnes affaires, je n'ai besoin de rien", sans te rendre compte que tu es malheureux, oui, pitoyable et pauvre et aveugle et nu, je te conseille d'acheter chez moi de l'or purifié au feu afin que tu t'enrichisses, ainsi que des habits blancs pour t'en vêtir et cacher la honte de ta nudité; un collyre pour enduire tes yeux afin que tu voies.




"Si tu ne veilles pas, j'arriverai comme un voleur sans que tu saches à quelle heure je te surprendrai."

-- Révélation (Apocalypse), Lettres aux Églises d'Asie.













lundi 29 août 2011

"L'envie du pénis" vue par une auteure canadienne



L'envie du pénis, si j'ai compris Sigmund Freud, représenterait une frustration féminine fondamentale, celle de la bite manquante. Pour comprendre pourquoi votre petite maman chérie, votre soeur hystérique ou votre ex-épouse sont devenues phallocannibales, googelisez envie etc. Et pensez à tous les mecs atteints d'une envie du vagin... Bon! je me glisse dans la peau d'une dame équilibrée vivant à l'époque de Freud (1856-1939) et j'éprouve une envie de la ou des bourses. Ces femmes ne pouvaient pas disposer de leur argent sans le consentement du père ou du mari. Les mâles tenaient le cordon des bourses! Au coin Sigmund, t'as rien compris!

La Canadienne Elisabeth Lister écrit des bluettes érotiques. ["He grabbed the base of Cameron's cock in his hand and licked at the moisture on its swollen tip with an eager tongue" -- le genre demande une profusion de clichés: le gland est toujours gonflé, la langue qui le suce avide...] Elle explique dans son blogue Modern Erotic Romance pourquoi elle aime composer des histoires de cul entre mecs.

Si elle rédigeait son roman sous l'angle de vue d'un personnage féminin, elle devrait se retenir, car elle ne veut pas trop se dévoiler [elle a un mari, deux enfants]. Tandis que si elle se place sous le point de vue d'un homme, elle n'est plus gênée car les lecteurs comprennent que c'est une figure fictive.

Dans la peau d'un homme, elle ressent aussi une plus grand liberté. À condition que le mec enfile une capote, il ne risque pas de maladie et, surtout, pas de grossesse... Dans sa jeunesse, Elisabeth Lister sentait toujours planer sur elle la menace de tomber enceinte, même avec un préservatif. Car elle devait éviter la pilule pour des raisons médicales. Aujourd'hui, après la vasectomie de son mari, elle vit pleinement la liberté du couple... D'autre part, puisque la promiscuité féminine n'est pas encore bien vue, au masculin elle peut se permettre toutes les expériences, les passagères comme les plus amoureuses.

Et puis, il y a les pénis. "Oui, écrit-elle, les bites, les queues, les chibres et tout ce que vous voulez." Et pourquoi pas plusieurs? Les sentir se gonfler, bander, mouiller, éjaculer... Elle admet éprouver une certaine envie des pénis... parce qu'elle les aime. "Je pense même que ce serait marrant d'en avoir un -- néanmoins pas en permanence, cela deviendrait encombrant. Mais pour baiser, bon dieu oui!" Depuis qu'elle regarde du porno gay ("seulement pour me documenter, bien sûr!"), Elisabeth Lister constate qu'elle accomplit de bien meilleures fellations. Finalement, il vaut peut-être mieux qu'elle ne possède pas de pénis: elle deviendrait incontrôlable.

André