dimanche 9 juillet 2023

Entractes militaires durant la deuxième guerre mondiale





Les soldats qui combattent ensemble, se côtoient jour et nuit, mangent, se lavent, dorment ou creusent des tranchées dans la plus grande promiscuité. Leur précieuse vie dépend en partie de la cohésion de la troupe. Ils sont nus les uns pour les autres, physiquement et moralement; ils ne peuvent se cacher nulle part pour hurler, pleurer, se branler ou chier.




Canada 1940. Reverra-t-il son père qui part pour l'Europe?



Durant la Deuxième guerre mondiale, les armées ne disposaient pas des techniques qu'elles maîtrisent aujourd'hui pour attaquer et tuer à grande distance. Sur certains fronts les soldats profitaient de répits pour reprendre des forces physiques et mentales, ainsi que faire la lessive.







1944: défaite des Japonais à l'atoll de Kwajalein.

Les contacts physiques entre mâles ne souffraient pas encore du spectre omniprésent de l'homosexualité, tel qu'il est cultivé aujourd'hui par les milieux religieux et politiques. Les photos prises par les soldats eux-mêmes mettent cela en évidence. Elles illustrent la force des liens naturels et naturistes entre mecs, solidarité née avec l'humanité, ancienne comme l'invention de la chasse, des sports et de la guerre.





Latrines de campagne.


Hémorroïdes ou morpions ?
Pensons aux soldats ukrainiens qui se battent pour sauver une patrie dont l'ennemi veut s'emparer. Pensons à leurs familles, comme aussi aux familles russes dont les hommes sont envoyés au front sans justification ni préparation; ce que certains ont compris et d'autres découvriront plus tard.

André

dimanche 2 juillet 2023

Travestis et musclors : des mecs qui ont besoin de dépasser les bornes






La télé déborde de cauchemars en cuisine et de séries débutant par un meurtre. Pourquoi pas de turlupinades en couture et coiffure ? France 2 y répond depuis vendredi dernier avec Drag Race France, deuxième saison. Des créatures mâles respectables se transforment sous nos yeux en protagonistes d'une féminité exacerbée, portée à son paroxysme avec des moumoutes opulentes et des robes à faire congestionner un couturier parisien. Ces drag-queens sont aux déguisements ce que les bodybuildeurs sont aux muscles: du beaucoup plus qu'il n'en faut.

Les paillettes ou la barbe.

Le drag est un divertissement devenu populaire aux États-Unis depuis plus d'une vingtaine d'années. Il ne faut pas confondre ses interprètes avec les personnes transgenre qui perçoivent leur identité comme différente du genre assigné à leur naissance. Ni, en général, avec des personnes dites non binaires ne s'identifiant ni à un homme, ni à une femme.






Et, me semble-t-il, il y a aussi une différence entre un travesti et une drag-queen. Le travestissement consiste pour un gars à s'habiller en femme dans sa vie quotidienne. Tandis que le transformisme est un art où les acteurs s'habillent en femmes le temps d'un spectacle. En principe, les drag-queens se considèrent comme membres du clan LGBTQ+.

Les nouvelles reines du transformisme sur France 2.

Dans la compétition de Drag Race France qui compte onze participantes, dix appartiennent au genre masculin. La onzième est transgenre, soit un gars qui a entrepris récemment sa transition hormonale. Son nom d'artiste est Moon, la seule Suissesse du groupe et se définit comme "militante, déterminée à défendre la transidentité". Pour elle, ce qui importe de l'expérience en cours c'est la sororité avec les autres participantes. Dans le premier épisode, cette "sororité" était au cœur des relations entre les onze rivales pourtant concurrentes.








Comme il s'agit d'une télé-réalité, on se demande jusqu'où ce que nous voyons a été mis en scène. Est-ce que les tourments qu'ont subis ces personnes durant leur jeunesse -- qui nous touchent réellement -- sont partagés sans réticence ou figurent-ils parmi les contraintes du contrat ? Aux États-Unis un homme d'affaires a passé sans transition de l'animation d'une télé-réalité à la présidence du pays qu'il a dirigé à coups d'affirmations mensongères. Alors, tout est possible.

"Certains l'aiment chaud."


Maquillage de Tony Curtis.

Dans le film de Billy Wilder (1959) deux musiciens poursuivis par des tueurs se travestissent pour se cacher parmi les membres d'un orchestre féminin. À la fin, le plus moche des deux qui est dragué par un millionnaire lui déclare: "Nous ne pouvons pas nous marier." "Pourquoi ?" Il explique qu'il n'est pas une vraie blonde, puis qu'il fume comme un sapeur, enfin qu'il vit depuis trois ans avec un joueur de saxophone, et finalement qu'il ne peut pas avoir d'enfant. "Nous en adopterons, dit le prétendant" "Vous ne comprenez pas : je suis un homme !" "Eh bien, personne n'est parfait !" Pour l'époque, c'était un message positif concernant l'homosexualité, à dissocier de l'image d'efféminés qu'on nous associait.




Pièce de théâtre, puis film (1978) La Cage aux folles a renforcé cette réputation. À l'époque, beaucoup se cachaient par nécessité; cela permettait à ceux qui beurraient leur biscotte sans pousser des cris de passer inaperçus. En tant que mec ouvertement engagé contre les discriminations, j'ai renoncé aux biscottes. Et, dès que les abus sexuels commis par le clergé de l'Église catholique, apostolique et romaine ont commencé à fuiter, nous avons compris que les drag-kings du Vatican se foutaient de cette parole de Jésus citée dans l'évangile de Jean: "Si vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera." Elle est oppressante la vie qui vous interdit l'amour et la sexualité...

Vatican : la cage aux folles des drag-kings.

Aux États-Unis et dans quelques pays d'Europe, le racisme, la misogynie, l'homophobie et la falsification de l'Histoire redoublent depuis que les fondamentalistes religieux se sont associés aux partis les plus haineux et mythomanes. Ces groupes empreints de violence dangereuse clament que les drag-queens et les politiciens gays sont tous des "abuseurs", des pédophiles exploitant des mineurs emprisonnés. Et leurs disciples les suivent parce qu'ils ont besoin de déverser leurs colères.




Des hommes d'État font interdire l'avortement et la vente des produits permettant d'éviter une naissance. Ils font retirer de la vente et des bibliothèques les livres évoquant l'existence des LGBTQ+ afin d'éviter aux enfants de le devenir. Il y a peu, ils attaquaient le mariage pour tous qui allait mettre en péril les unions hétéros... Maintenant, ils s'en prennent avec des armes et des cocktails molotovs aux lieux où se rassemblent  les "abuseurs", minorités de tous poils.

André




The Cleveland Proud Boys partant en guerre contre les "abuseurs".







dimanche 25 juin 2023

Les nus de Gustav Vigeland, "sculpteur déjà avant ma naissance" disait-il


Père et fils.



Au cœur de la ville d'Oslo (Norvège) le parc dédié aux œuvres de Gustav Vigeland (1869–1943) rassemble plus de 200 sculptures en bronze, granit et fer forgé. Les thèmes préférés de l'artiste étaient l'anatomie mâle, la famille -- tous nu/e/s, corps et âmes -- ainsi que les dragons et la mort. "Le destin ne m'a pas laissé le choix. J'étais sculpteur déjà avant ma naissance. Lorsque j'essayais d'y échapper, j'étais obligé d'y retourner."


Le plus célèbre sculpteur norvégien avait 22 ans lorsqu'il s'est rendu à Paris pour suivre des cours dans l'atelier de Rodin. Il a enchaîné avec des stages à Florence, Copenhague et enfin Berlin. Dans le parc d'Oslo qui lui est consacré, on peut admirer un pont de 100 mètres de long orné de 58 bronzes représentant "les relations humaines". 




Un monolithe de presque 15 mètres domine le tout. Cette colonne est composée de plus de cent personnages; il a fallu une dizaine d'années pour que des tailleurs achèvent le travail. Plusieurs magnifiques portails en fer forgé étonnent les visiteurs, tant dans le parc que dans le musée attenant. En mettant en scène tous ces corps dans des matières différentes, le but de l'artiste était de symboliser ce que nous autres humains partageons de commun malgré les différences de races et de cultures.




Comme les photos d'un album qui suivent la progression du fils de famille, Vigeland a illustré le développement de la relation entre un père et son garçon, tous deux en costume d'Adam. Et sans feuille de vigne, ce qui les place en dehors du temps. C'était, si je l'ai bien saisi, l'illustration du Mouvement vitaliste qui régnait à cette époque et a inspiré beaucoup d'artistes en Scandinavie et en Allemagne. Ils étaient fascinés par la force de la vie, la vigueur physique, la beauté du corps et la santé.


















En focalisant leur regard et leurs créations autour de femmes maternelles et fertiles ainsi que de gars athlétiques, ces artistes ont attiré notre attention sur des êtres privilégiés aux dépens des autres. On peut imaginer combien cette mise en scène a pu influencer l'idéologie nazie dans l'opinion publique. Mais l'art de Vigeland nous parle aussi du périple humain, commençant au berceau pour finir au tombeau, en traversant des zones de bonheur et d'autres de douleur, avec beaucoup de corps à corps et d'échauffourées.

André














"Corps après la Réforme protestante."



"Vendredi saint."