dimanche 1 mai 2016

Le moyen d'échapper (peut-être) au cancer de la prostate




Mai, mois de la masturbation...
Une étude parue il y a un mois et menée à Boston entre 1992 et 2010 laisse entendre que les mecs qui éjaculent souvent auraient moins de risque de contracter un cancer de la prostate. Une cohorte de 31'925 hommes, dans leur vingtaine au début de la recherche, ont été suivis durant cette période. Il en ressort que ceux qui répandaient la purée au moins 21 fois par mois dans leur vingtaine présentaient 19% moins de risque que ceux qui n'éjaculaient pas plus de 7 fois. Et ceux qui gardaient un rythme soutenu dans la quarantaine 22% de moins. De quoi encourager les chauds lapins. Avec cette remarque tout de même: les gars économes de leur sperme sont souvent des individus qui souffrent d'autres problèmes médicaux. Je vous fais grâce de toutes les réserves que cette étude a suscitées par mi des confrères.



Un rappel: 15% des cancers diagnostiqués dans le monde trouvent leur origine dans la prostate. Certains facteurs de risque ne sont pas modifiables, comme l'héritage familial, la race et l'âge. Une hygiène de vie équilibrée peut en revanche prévenir ce mal et bien d'autres. Et un diagnostic précoce permet d'éviter des suites très désagréables. À partir de la cinquantaine, au plus tard (plus tôt si l'on a "une histoire familiale"), il est judicieux de demander un doigt dans le cul lors de la visite annuelle chez le généraliste.

André

Source: European Urology








Plaisir pas forcément solitaire...

jeudi 28 avril 2016

Massage du "bâton magique" pour connaître l'extase entre mecs



L'autre jour, j'ai offert mon corps à la science. Marc, l'ami de Jean, avait besoin d'exercer sa technique. Tous deux fréquentent un stage de massage sensuel que d'autres qualifieraient d'érotique puisque toutes les parties du corps sont traitées avec attention. Je me suis étendu sur la table et Marc a imposé une main sur ma nuque, l'autre sur mon postérieur. Puis il a oint d'huile l'endroit par lequel il allait commencer. Nous étions nus tous deux. Jean dirigeait les opérations en lisant les indications d'un polycopié. Je me suis enfoncé dans une passivité active et toutes sortes de souvenirs sont remontés.

Stage de massage: démonstration.

La première expérience de massage (sans serviette qu'on déplace de bas en haut) remonte au début des années 80: un week-end en Haute-Savoie. La première cobaye étendue au niveau de ma bite (oui c'est gênant la première fois...) m'indique que je ne devrai pas toucher... son visage! Autre expérience à l'époque: un stage avec l'assistante d'Alexandro Jodorowsky (que je considère aujourd'hui comme l'un de mes maîtres). C'est samedi matin et nous sommes déjà toutes et tous à poil, munis d'une spatule en os. Le sort me désigne un partenaire. Il est étendu et je gratte chaque centimètre carré de sa chevelure, puis l'intérieur des oreilles et ainsi de suite jusqu'aux pieds sans manquer aucun pli, aucun orifice. Gêné, le gars bande comme un taureau. Réaction normale. Rien à voir avec son orientation sexuelle ni la mienne.

Retour en arrière: été 1966. Longue randonnée en train au départ de Lausanne via Berlin-Est, Moscou, Irkoutsk, Pékin, Shanghai et jusqu'à Hong Kong. Où je me rends un soir dans un établissement de bain bien chinois, sans imaginer ce qui m'attend. Je me déshabille devant un gars qui emporte mes vêtements. Un autre m'amène à la piscine où un jeune mec à poil, splendide, me savonne et m'étrille sous la douche. Puis s'assied les pieds dans l'eau et m'étend sur ses genoux pour m'étirer bras et jambes. Heureusement, je me trouve à plat ventre, à l'abri du regard des autres baigneurs. Puis retour à la cabine où un autre masseur me prend en main et finit debout sur mon dos (oh terreur!) pendant qu'un pédicure s'occupe de mes pieds. On m'apporte une infusion et je m'endors. Au réveil, je trouve mes habits lavés et repassés... Le lendemain, retour à Pékin, via Canton. La Révolution culturelle a pris un nouveau violent, Mao a lâché les Gardes rouges dans les rues, ils sèment désordre et terreur. Et moi, je prends les photos du plus grand reportage de ma vie.


1970, j'accompagne des touristes américains de San Francisco à Athènes durant 81 jours. Escale au Cachemire, logement sur un lac dans des maisons -bateaux. Des commerçants viennent en pirogue proposer souvenirs et services. Un vieux coiffeur-barbier ne trouve pas grâce auprès de mes clientes. Je lui demande une coupe de cheveux et m'installe dans la baignoire car il n'a qu'une paire de ciseaux. Puis je me douche pour débarrasser les cheveux et, en me séchant, il propose un massage. Couché sur mon lit, je m'abandonne à ses gestes d'artiste et je me rêve petit garçon massé par mon grand-père paternel que j'admirais. Lorsqu'il a terminé, je demande au barbier pourquoi il a étiré mon sexe et mes testicules. Il répond: strong cock! Bite solide. Il avait pratiqué sans intention d'allumer pour obtenir un supplément. Plus tard, j'ai découvert le Shantala, l'art indien du massage des petits enfants prôné en France par le Dr Frédérick Leboyer. Mon corps avait tout compris.


Quelques semaines plus tard, nous logeons au Hilton du Caire. Au sous-sol, un hammam et ses masseurs empressés. Je tombe sur un mec sans bedon, bien bâti et poilu. Sa prise en main est moins violente que celle des garçons de bain turcs que je connaîtrai plus tard. Il est axé client américain en quête d'exotisme et peut-être plus. Après un bon traitement, il tourne autour du pot et j'acquiesce pour voir jusqu'où il ira pour le supplément demandé. C'est bâclé, afin de prouver son désintérêt (à part financier) pour la chose. Attitude répandue à travers le monde. Les mecs ont honte de ce qu'ils pratiquent sur eux-mêmes et en secret avec leurs potes depuis l'enfance. Ils sont d'autant plus pharisiens dans les pays où les femmes doivent arriver vierges au mariage, de crainte d'être punies pour avoir déshonoré la famille. C'est tout autant chrétien intégriste que musulman.

Un beau souvenir: c'est l'été 1986 sur l'île grecque de Skyros, au bord de la mer dans un club de vacances anglais de style Nouvel-âge. Chaque fin d'après-midi après la planche à voile, le yoga, la peinture ou le grec moderne, un prof enseigne sa version du  massage sensuel à un groupe de femmes et d'hommes à poil. Le reflet des rayons du soleil sur la mer se projette contre le plafond du local où nous oeuvrons. Je découvre la magie du travail sur les pieds. Chaque jour nous entreprenons le massage d'une autre partie du corps; chaque jour le prof annonce que nous nous approchons de l'acte final: le massage du sexe. Et chaque jour le nombre des participants diminue: ils sont Anglais et pensent: qu'est-ce que la reine ferait à ma place...


L'initiation à l'extase à la fois sexuelle et spirituelle m'est venue plus tard, à Zurich, où Joseph Kramer, ancien Jésuite et fondateur de la Body Electric School, dirigeait un atelier du feu de Dieu. Le massage du "bâton magique" dans toute sa beauté, enseigné avec une énergie mâle et une patiente monacale. Nous étions entre mecs. Des amateurs, des thérapeutes, des éducateurs, des masseurs érotiques. Gars qui savaient mieux donner que recevoir. Nous avons appris à inspirer et expirer comme un vent léger, à retrouver nos sensations corporelles, à lâcher prise. À prendre en mains la bite et les couilles d'un ami, d'un amant, d'un inconnu, d'un client. Couché sur la table, il recevait les soins prodigués par trois masseurs, l'un attaché à son sexe, les autres à répartir l'énergie au-dessus et au-dessous de la ceinture. Caresses, vibrations, mouvements intitulés rock around the clock, portes de la conscience, massage arc-en-ciel, twist and shout se succédaient pendant que les deux assistants massaient le ventre, la zone du coeur, les tétons, les jambes pour créer un lien d'énergie entre le sexe et les autres parties du corps. Jusqu'à ce que le bénéficiaire se sente bander des pieds à la tête dans un orgasme avec ou sans jet de sperme. Joseph Kramer est aussi devenu mon maître.

André