mardi 19 septembre 2017

Les mâles et leur pénis: contemplation, comparaison, habituation




La fascination qu'exerce sa bite sur un jeune garçon commence tôt. Et la curiosité grandit en même temps que le garnement. Arrive l'âge des comparaisons. Suivant la situation, il doit ruser pour arriver au but. Certains camarades sont prêts à l'échange, d'autres encore trop timides. Vient aussi l'examen des aînés, grand frère, cousins, père. Jusque-là, jeunes hétéros et homos suivent le même parcours. Plus tard aussi, le degré de contemplation restera à peu près égal d'une orientation à l'autre.






Question comparaisons, en revanche, le jeune homme gay est avantagé. Si le vestiaire offre le même champ d'exploration aux deux camps en ce qui concerne les bites au repos, les gars bi et homos sont avantagés dans les lieux de rencontre qui leur sont réservés.



Une question se pose. Les gays sont-ils plus excités par la contemplation de leur propre organe à cause de leur attirance innée envers le même sexe? Cela dépend des gars. En revanche, les hommes bien chargés en testostérone éprouvent une forte exaltation en voyant leur membre s'introduire dans la cavité de leur choix. Cela participe à la puissance de l'orgasme. Et ils imaginent aussi une pénétration en se masturbant. Donc, peu de différence entre les orientations. Je n'ai pas l'impression que la vue de mon gourdin en photo sur l'écran de l'ordinateur me provoquerait une érection. La pine d'un autre mec, bien sûr, à condition qu'elle ressemble à mon idéal.





Autre enthousiasme partagé entre mecs -- toutes catégories confondues -- c'est lorsque le regard de la personne en face de nous s'éclaire en contemplant notre bas-ventre. Si la société des hommes pouvait communier sur ce qui la réunit au lieu de se focaliser sur la différence -- somme toute peu importante --  nos liens seraient tellement plus fraternels...

André
















vendredi 15 septembre 2017

Les gays, les ouragans, Noé et l'épopée amoureuse de Gilgamesh





Lorsqu'une catastrophe naturelle s'abat sur les États-Unis, les pasteurs et prédicateurs intégristes à deux balles entonnent leurs refrains apocalyptiques. Et se font des couilles en or. Exemple: la
McTernan.

récente diatribe du pasteur John McTernan. "Nous avons gravement offensé la sainteté du Seigneur. Notre nation a profané le mariage et les genres. Le plan des homosexuels a abouti. Et nous avons avorté 60 millions de Ses enfants. La patience du Seigneur a atteint ses limites. Son Église a-t-elle renoncé au combat? Il va nous détruire pour stopper l'aggression contre Son institution du mariage. Si Il exerce Sa justice contre l'Amérique, plus de 60 millions de personnes pourraient périr."


"Dieu" les a-t-il punis à cause du mariage pour tous?
 
Ces prêches font pleuvoir les dons des fidèles en quête de protection divine. Même si les menaces, toujours les mêmes, ne se réalisent jamais. Cela fonctionne comme les films de catastrophes: il en faut toujours de nouveaux. À part cela, le pasteur McTernan reproche aux États-Unis de ne pas soutenir l'État d'Israël. Explication: les intégristes protestants imaginent que le Christ reviendra chercher ses fidèles dès que les Israéliens auront expulsé le dernier Arabe du territoire sur lequel les Palestiniens ont vécu durant deux millénaires. Et lorsque le Messie apparaîtra à Jérusalem pour enlever "les Justes" et les convoyer jusqu'au Ciel, alors les mécréants -- vous et moi, ainsi que les pécheresses et pécheurs hétéros -- subiront la terreur et la destruction avant de finir en enfer.



L'arche de Noé.


Les christianistes d'aujourd'hui (aussi primaires et sanguinaires que les islamistes) n'ont rien inventé. L'histoire de Noé qui, sur l'ordre de son Dieu construisit une arche [une caisse, en hébreu] en prévision du déluge, figure dans le Coran (29:13) et dans la Bible, Genèse (6:7). La terre, humains et animaux, est plongée dans l'iniquité. Dieu les noie, sauf Noé, sa famille et deux spécimens de tous les animaux. Après l'extermination, Dieu promet: "Jamais plus je ne frapperai tous les vivants comme je l'ai fait." (En lisant sa Bible, le pasteur McTernan saute les passages nuisibles à son chiffre d'affaires.)




En fait, le récit du déluge figure déjà dans la plus ancienne oeuvre littéraire de l'humanité, écrite en caractères cunéiformes, un millier d'années avant la Genèse ou l'Iliade: L'Épopée de Gilgamesh. Dans laquelle on peut aussi lire la plus ancienne histoire d'amour au masculin pluriel. En Mésopotamie vers 2700 avant notre ère, le roi Gilgamesh affronte le sauvage Enkidu au cours d'un combat singulier à l'issue duquel ils se jurent amitié éternelle. Enkidu est l'indompté, "abondamment velu par tout le corps, il avait une chevelure de femme, aux boucles foisonnant comme un champ d'épis." Avant leur rencontre, Enkidu avait fait un rêve: "Tandis que m’entouraient les étoiles célestes, un bloc venu du ciel est tombé près de moi. J’ai voulu le soulever, il était trop lourd. […] Les habitants d’Uruk s’étaient massés pour le voir, et comme à un petit enfant ils lui baisaient les pieds. Moi je le cajolais comme une épouse." Ce songe annonçait à Enkidu l'arrivée d'un compagnon aussi fort que lui, secourable et fidèle comme une épouse. Gilgamesh aussi a rêvé d'un homme qui l'attendait impatiemment à Uruk.





Nos deux héros -- préléablement hommes à femmes -- vont vivre un compagnonnage torride, de belles aventures et affronter virilement les ennemis sur leur chemin. Mais un mal saisit Enkidu aux entrailles et il en meurt. C'est Ishtar, déesse de l'amour et la guerre dont Gilgamesh a refusé les avances, qui en est responable. Le roi est terrassé. "Enkidu, qu’elles te pleurent les eaux pures des montagnes que nous avons gravies! [...] Qu’ils te pleurent ours, hyène, léopard, tigre, cerf, guépard, lion, buffle, daim, bouquetin, la harde de la steppe! Qu’il te pleure, Oulaï, le fleuve sacré dont nous arpentions la rive! [...] Qu’elle te pleure la jeunesse de la Cité qui a vu nos combats contre le Taureau! […] Ô toi, épée de ma ceinture, vêture de mon plaisir, un mauvais démon a surgi pour me dépouiller. […] Enkidu, ô mon ami, mulet impétueux, âne sauvage de la montagne, léopard de la steppe, […] quel est le sommeil qui t’a saisi, que tu ne m’entendes plus?"




Beaucoup d'hommes de ma génération ont connu ce désespoir. Mais nous n'avions pas tous le même élan lyrique pour l'exprimer. Peut-être parce que les départs se suivaient à un rythme rapproché... Des nombreuses versions du déluge jusqu'à la catastrophe du sida, en passant par l'amour partagé entre Enkidu et Gilgamesh, le pasteur McTernan et ses acolytes n'en ont cure. Seule compte la terreur qu'ils répandent pour faire cracher les fidèles.

André 

P.S. "The first step in spiritual life is to have compassion. A person who is kind and loving never needs to go searching for God. God rushes toward any heart that beats with compassion -- it is God’s favorite place." -- Amma (Mata Amritanandamayi Devi)

lundi 11 septembre 2017

Ou bien parais tel que tu es -- gay -- ou bien sois tel que tu parais




"Ou bien parais tel que tu es, ou bien sois tel que tu parais."





Paroles de Djalāl ad-Dīn Muḥammad Balkhi, aussi nommé Roumi, né à Balkh (l'actuel Afghanistan) en 1207 et mort à Konya (Turquie) en 1273. Ce poète mystique persan a profondément influencé
le soufisme.



"La parole est un prétexte: ce qui attire l'homme vers l'homme c’est l’affinité qui les lie,
et non la parole."





"Bien que ta flamme embrase le monde,
Le feu meurt par la compagnie des cendres."



"Ne reste que parmi les amoureux, des autres éloigne-toi."




"Hier, j'étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd'hui, je suis sage et je me change
moi-même."



"Ta tâche n'est pas de chercher l'amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles
que tu as construits contre l'amour." 





"Cherche la réponse en ce lieu même d'où t'est venue la question."