samedi 8 mai 2021

De riches découvertes : dans le lit de papa ou aux Urgences








Dans son étude intitulée Phallos, Sacred Image of the Masculine parue en 1987, le psychiatre Eugene Monick, diplômé de l'Institut C.G. Jung de Zurich, né en 1929, raconte le souvenir de sa première rencontre avec le phallus paternel. Un beau matin d'été, alors que sa mère préparait le petit déjeuner, le gamin de 7 ans s'était glissé dans le lit où son père ronflait. Décidé à explorer un mystère, il tenait en main une lampe de poche qu'il a braquée sur le sexe nu du dormeur. "Il y avait là, dans ces organes, une image que je n'avais jamais vue et qui représentait un autre monde" que l'enfant curieux pressentait sans en connaître les contours.




Tout à coup, la masculinité lui faisait face dans sa pure nudité. Ce fut une révélation. "Ces organes étaient ceux de mon père et à travers eux je devenais quelqu'un. [...] Lui et moi étions unis dans une identité masculine aux racines lointaines." Alors que le garçon grandissait, son père a maintenu une distance respectueuse entre eux. "En vieillissant, je me rends compte que je lui ressemble plus que je ne l'imaginais. [...] Parfois en me rasant, j'ai l'impression qu'il me regarde à travers le miroir." "Avec sa présence ce matin-là au lit, il m'a offert quelque chose sans même prendre conscience de l'importance que cela représentait pour moi, combien j'en avais besoin." De plusieurs manières, la découverte du sexe de son père a désigné un modèle de référence ultérieur dans sa recherche de psy jungien durant un demi-siècle concernant la corrélation entre sexualité et spiritualité.






Je suis né en 1936, il y a tout juste 85 ans, et je n'ai pas eu la possibilité de découvrir la nudité de mon père lorsque je me glissais dans le lit parental. Durant mon enfance, il portait une chemise de nuit et j'essayais bien de me rouler par terre lorsqu'il se rendait à la salle de bain pour apercevoir ce qui était tabou. C'est peu de temps avant sa mort, alors que j'aidais papa à se doucher, que j'ai pu observer à quoi je ressemblerais à son âge. Il avait 82 ans et moi 41. Mais ce n'était plus une exploration, simplement un renversement de rôle. Car depuis l'adolescence, j'avais vu des milliers de mecs à poil, bandant ou non, à travers le monde.




Lundi de cette semaine, en attendant mon tour aux Urgences de l'hôpital le plus proche, j'ai eu le temps de faire un retour sur ma vie. J'ai placé mon masque sur les yeux et médité au milieu du va-et-vient, demandant à mes esprits alliés (anges gardiens et conseillers) ce que je pourrais tirer de cette expérience. C'était pourtant clair, mais dans la hâte je n'y avais pas pensé. J'étais tombé du haut d'un escabeau en métal alors que je taillais des branches. Une entaille de 2 cm sur la tempe, très proche de l'oeil gauche, saignait abondamment. Une blessure à la cuisse aussi. Pourtant, l'escabeau ne m'avait pas éborgné, quel miracle... Le Destin m'accordait encore un peu de temps sur cette terre. C'est un cadeau dont je suis très reconnaissant; il a illuminé ma semaine.






La suite de la méditation ne m'a pas ramené aux salles d'attente où j'ai accompagné des gars mal en point, sinon attendu qu'on m'amène à leur chevet de mourant. Les souvenirs qui remontaient concernaient mon père. Je l'ai revu dans la chambre où reposait ma mère après ma naissance. Il était irrité parce qu'elle ne pouvait pas me donner le sein. Maman était sa deuxième épouse; la première, très dépressive, s'était tuée et avait gazé en même temps leurs deux enfants afin qu'ils ne deviennent pas orphelins. Je suis né trois ans plus tard. Vous pensez: comment le poupon André a-t-il pu enregistrer cette scène ? Un médium parmi mes amis que j'ai interrogé sans la lui raconter a vu la même chose. Seule différence entre nous: selon moi, papa tournait le dos à maman; selon lui il la regardait.






Autre souvenir réapparu dans la salle d'attente des Urgences: papa me relatant ce drame alors que j'avais 7 ans et venais d'apprendre qu'il était "veuf". Ensuite, il ne m'en a plus jamais parlé. J'ai compris que je ne pouvais pas lui poser de questions. Comment son Dieu de justice avait-Il permis ce crime ? Lui dont nous lisions la Bible tous les soirs avant de Le prier à genoux, les bras appuyés sur les chaises de la salle à manger (ce qui me dégoûtait car j'imaginais tous les pets qu'elles avaient emmagasinés). Comment une mère pouvait-elle tuer ses enfants ? Pourquoi un père s'absentait-il au travail au lieu de les protéger ?




Puis papa a fait mon éducation sexuelle au cours d'une promenade. La totale, sans la partie plaisir. Plus tard, lorsque les poitrines des hommes à la plage ont commencé à m'intéresser, je lui ai demandé pourquoi certaines étaient poilues et d'autres pas. Il ne savait pas. J'ai attendu une réponse qui n'est jamais venue, comprenant qu'il fallait me débrouiller seul. Pareil lorsque sont apparues les spécificités de l'adolescence d'un petit gars...


En méditant aux Urgences, j'ai pu établir le lien entre les silences de mon père -- lui qui n'avait pas été soutenu dans son triple deuil -- et ma propension à m'apitoyer sur les drames des autres, non sur les miens. Par exemple, les très douloureux moments que mes mecs ont traversés avant leur mort et pas mon chagrin après. À mon père, ses proches avaient dit: "Tu oublies et tu n'en parles pas !" Moi non plus, je n'ai pas ressenti de sympathie réelle lors de mes deuils, ni de soutien dans mes combats en faveur des LGBT. Pour mon entourage j'étais un pédé, pas vraiment un être humain... Mon père, lui, m'a donné tout ce qui était en son pouvoir; néanmoins son drame l'a lesté d'un gros poids durant toute sa vie.

Au bout de trois heures d'attente aux Urgences, j'ai été convoqué pour les soins. On m'a pansé, suturé et vacciné contre le tétanos. Deux jours après, j'étais vacciné contre le covid. Je me sens tout léger.

André


Fake cover.
















lundi 3 mai 2021

Pipe, poignet, pénétration : attention au frein, freinez à temps...









Piper est un acte intime et pourtant tellement pratiqué que certains en oublient la charge sensuelle et s'y lancent comme des automates. Quant aux artistes, ils usent de tous les instruments à leur disposition -- lèvres, langue, palais, et parfois les dents, modérément, ainsi que les doigts. Sans oublier l'écoute intuitive du corps qu'ils cajolent afin de jouer une symphonie dont ils respectent chaque mouvement avant de l'amener à sa conclusion. Une bouche peut réaliser des exploits qui ne sont pas à la portée d'un vagin et diriger le jeu, maîtriser le tempo comme un chef d'orchestre... On oublie trop souvent le frein, ce ligament fripon qu'il faut taquiner et frustrer au bord de l'orgasme pour lui faire danser le tango, en duo avec le périnée, afin d'atteindre une béatitude plus explosive encore.




Le corps humain -- tant féminin que masculin -- compte plusieurs languettes qui attachent un organe mobile à un autre, notamment dans le cerveau, la bouche, le ventre ou le sexe. Ce qui nous intéresse ici c'est le frenulum, ou frein, qui tient le prépuce attaché à la face inférieure du gland. Il arrive qu'il se déchire lorsqu'il est mis sous pression par le frottement d'une masturbation ou d'une pénétration trop violente. Chez les gars dont le petit chapeau mobile a été excisé, le frein a été épargné ou arraché suivant le savoir-faire du circonciseur. Ce geste religieux ou profane de l'opérateur est une aberration. La privation du prépuce ne rend pas sa victime plus religieuse ni ne l'empêche de se masturber. Et les glands préservés ne puent plus depuis l'invention de la douche. Leur précieuse sécrétion, le smegma, lubrifie le gland, le maintient souple, sensitif et donc plus sensuel...

André




















mercredi 28 avril 2021

Sachons admirer les jeunes gars tout en respectant les distances


Le grand frère initie son cadet.


Ah, jouer avec les premiers poils!










À l'ombre des jeunes gens en fleurs.





Un lendemain de fête.







Chacun tient un guidon.







Circuit fermé.


Une couillonnade de leur âge.








Le défi.








Massacrer ou se faire massacrer...


...se les gonfler pour prouver sa virilité.















C'est beau, la tendresse au masculin.