samedi 28 novembre 2009

"La honte de faire souffrir ma famille, la peur d'être abandonné"


C'
est une lettre reprise sur plusieurs sites alémaniques et allemands; je n'en ai pas trouvé la source, mais la traduis.


"J'ai bientôt seize ans et je me demande si cela vaut la peine de vivre. J'ai trouvé votre blogue qui me donne espoir, alors je vous écris. Ma famille appartient à l'église pentecôtiste et j'ai la foi, mais je ne supporte plus d'aller au culte et d'entendre que j'irai en enfer pour une chose dont je me sens pas responsable. J'avais préparé ma lettre de suicide dans ma tête pour leur dire que je les aimais tous, mais que c'était trop difficile, et je voulais prendre des somnifères quand j'ai trouvé votre blogue. J'ai lu que vous aussi vous avez passé de mauvais moments dans votre jeunesse, et
les commentaires de certains de vos lecteurs qui ont été maltraités durant leur enfance. Après avoir subi ces difficultés ils ont quand même une vie d'adultes satisfaisante et épanouie.

"Ils me jetteront dehors."
"Je sais que je suis différent des autres gens dans ma famille et mon église. Cela ne me dérange pas. Je suis comme je suis. Je crois maintenant puisque vous l'écrivez qu'on peut trouver quelqu'un avec qui on s'entend et qu'on peut aimer. Mais le problème c'est ma famille. Je ne vois pas comment je pourrais vivre sans eux. Et je sais que si je leur dis la vérité me concernant, ils penseront que je suis du diable et ils me jetteront dehors et ne me parleront plus jamais, sauf peut-être ma soeur la plus proche. Je suis le septième et nous sommes une famille unie. Mais j'ai entendu mon père dire un jour: "J'ai traversé bien des choses avec l'aide du Seigneur, mais si je découvrais qu'un de mes fils était un homo je ne pourrais pas le supporter à cause de la honte". Cela m'a brisé le coeur. Et puis j'ai cherché sur internet. Mais ce que je lisais et voyais me faisait peur, c'est pas ça que je veux pour ma vie. D'où l'idée de mourir pour que je trouve enfin le repos. Jusqu'au jour où je suis tombé sur votre blogue où vous parlez de votre jeunesse difficile et comment vous vous en êtes sorti.

"Maintenant j'ai comme un espoir qu'un jour je n'aurai plus la honte de faire souffrir ma famille ni la peur d'être abandonné. Pouvez-vous me faire un mail pour me donner des conseils sur mes problèmes?"

4 commentaires:

Garibaldi a dit…

En ce qui me concerne, l'étape la plus difficile a été de m'accepter moi-même. C'est quand j'ai failli craquer définitivement. Ensuite j'ai eu ma première expérience avec un mec: une vraie cata. Mais ça m'a remis dans la réalité et j'ai eu envie de me battre. Les rencontres suivantes ont été meilleures. Après, je me suis déclaré à ma famille. Ils ont réagi mieux que je ne croyais. Même mon père... Je lui ai donné le temps, comme il avait fallu pour moi. J'ai appris une bonne leçon: ta famille veut que tu sois heureux. Si tu es bien dans tes basket quand tu dégoupilles ta grenade, ils sont... désarmés et ne peuvent pas t'attaquer trop mortellement. Ils doivent constater que tu vas bien même si ça correspond pas à leurs préjugés...

Bob a dit…

C'est vrai qu'il vaut mieux attendre de ne plus avoir à dépendre financièrement si ça craint du côté des parents. Après, il faut impérativement faire son coming out pour ne plus avoir à se cacher. Mentir est trop fatigant et déshonorant. On vaut autant que les autres aux yeux de n'importe quel dieu. Et tant pis pour ses curés (qui font ça ou autre chose en cachette, les pauvres!)

"Etienne" a dit…

Mon père c'est pas la religion. Il était flic et il devait patrouiller les tasses pour arrêter des pédés. Alors ce qu'il racontait à la maison et tout son dégoût, pensant que je comprenais pas... Moi, très jeune j'ai su que j'étais quelque chose comme ça. Il disait qu'on devrait tous les fusiller. A l'adolescence j'ai connu un passage difficile, mais une amie de ma mère qui avait compris m'a aidé à tenir. Faut pas désespérer les jeunes parce que je vais bien aujourd'hui. J'ai un ami et un fils. Mon père est fou de son petit-fils. Il se reconnaissait pas en, mais et il peut pas assez dire combien le petit lui ressemble...

Unknown a dit…

Depuis tout jeune, j'ai été obnubilé par la religion, au point que j'ai volontairement rejoins une Eglise fondamentaliste alors que ma famille ne l'était pas. Puis j'ai réalisé, en toute logique, qu'il y avait un abîme entre Dieu et l'image qu'on s'en fait. C'est reposant, parce que ça laisse tout ouvert, Ça donne la force d'être seul seul contre contre tous, s'il le faut. Tu deviens ton meilleur ami. Tu te surprends à aimer la vie, à aimer tout court. Peut-être seras-tu amené comme moi à (re)mettre un nom sur l'Amour, la Beauté, la Liberté que tu vis. C'est en toi, ça passe à travers toi, mais ça n'est pas toi. Nom de... Mais avec ou sans le nom, tu vivras.