vendredi 14 mai 2021

Rébellions catholiques allemandes en soutien des couples gays




Plusieurs paroisses catholiques ont pavoisé.

La rébellion d'un groupe de prêtres et de nombreux laïques qui couvait en Allemagne et en Autriche contre le Vatican, s'est manifestée ouvertement ces dernières semaines, notamment sous le hashtag de la désobéissance #Pastoraler Ungehorsam. Depuis des années, ces membres de l'Église catholique travaillent à définir le contour de réformes concernant le célibat du clergé et des communautés monacales, la prêtrise féminine, la place des laïques femmes et hommes, l'avortement, le remariage des divorcés et la bénédiction des unions LGBT+.


En mars, la Congrégation pour la doctrine de la Foi avait réaffirmé que l'homosexualité est "un péché" et qu'elle refusait le sacrement du mariage aux couples d'un même sexe. Dans les pays de langue allemande, quelque 2600 prêtres accompagnés de théologiens et de nombreux laïcs ont rétorqué en signant une pétition contestant cette position et appelant à la désobéissance. Et des drapeaux arc-en-ciel ont flotté sur les frontons de nombreuses églises. Certains ont été arrachés, déchirés sinon salis par des chrétiens scandalisés ou des sympathisants de l'extrême droite. Il y a eu des appels à la haine sur les réseaux sociaux.




Encouragées par l'élan de solidarité envers les LGBT+, plus de 100 paroisses ont organisé des cérémonies de bénédiction ouvertes "à ceux qui s'aiment" -- lesbiennes, homosexuels et hétérosexuels divorcés -- et ne sont pas mariés. Elles répondaient à l'initiative "l'amour l'emporte" lancée par des prêtres, des diacres et d'autres volontaires. Cette action qui promeut une Église dans laquelle chacun trouve sa place indépendamment de son orientation sexuelle a été critiquée par l'assemblée des évêques. Ils craignent qu'elle ne sépare des paroisses allemandes de l'ensemble de l'Église catholique. [Précisons qu'une prière sollicitant la bénédiction divine sur un couple diffère du sacrement du mariage.]




La société occidentale évolue, mais pas partout. Nous, les privilégiés, en sommes témoins et bénéficiaires. Néanmoins, ces progrès sont fragiles et des politiciens en vue ainsi que de nombreux dignitaires religieux allument encore des haines racistes contre nos minorités LGBT+. Actuellement, ils visent particulièrement les personnes transgenre. En conséquence, elles sont attaquées physiquement, voire assassinées. Pourtant, le leitmotiv "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" revient dans plusieurs livres du Nouveau Testament comme la base du bien vivre pour ceux qui se prétendent "chrétiens". Parmi nos ennemis les plus violents, on compte de nombreux gays qui ne s'acceptent pas, qui n'ont pas appris à se tolérer, puis à s'aimer tels qu'ils sont...

Égalité pour les femmes et les LGBT+: les calotins du Vatican en prennent plein la gueule.

Le Vatican dirige l'entreprise mondiale comptant le plus de lesbiennes et d'homosexuels parmi son personnel. Son patron, le pape François, navigue à vue. Parfois, il perd sacrément les pédales. Je cite de mémoire un discours dans lequel il avait déclaré que l'homosexualité était actuellement à la mode et que cela se faisait sentir jusque dans l'Église. On ne devrait pas, disait-il, accueillir les gens influencés par cette tendance, ni dans les séminaires, ni dans les ordres. Ce serait une erreur d'imaginer que de compter des prêtres gays dans la communauté religieuse ne serait "pas si grave", parce que l'homosexualité serait juste une orientation parmi d'autres... Le brave homme se rend-il compte que les gays n'ont plus besoin de se cacher et de s'engager dans l'Église ?




Et les pédophiles, et les pédérastes qui ont passé aux actes depuis si longtemps sans être jugés ni congédiés ? Dont les péchés ont été tolérés, acceptés et cachés par leurs supérieurs hiérarchiques qui  pratiquaient la même perversion, ou un autre vice, par exemple celui de s'enrichir personnellement grâce aux dons des fidèles. Le catholicisme -- comme diverses sectes protestantes -- compte à son service beaucoup de mecs réprimés, enfermés dans des lois qui suscitent la déconnexion, sinon la violence envers les plus faibles. Et toutes les dérives de la Curie romaine (l'incurie ou l'écurie ?). Nous assistons actuellement à un démantèlement de ces organisations qui n'ont pas su évoluer comme le font les lois de nos sociétés, lentement certes, mais dans le respect du prochain. 

André


Un rapprochement qui offusque les uns et que d'autres soutiennent.






Le mariage est béni dans plusieurs paroisses protestantes depuis 2016.













Le groupe Brings de Cologne a chanté Liebe gewinnt "L'amour triomphe" cette semaine durant le service religieux consacré aux couples gays dans une église de Hamm en Westphalie.

...Et nous prions   Pour qu'un miracle se produise   Et que nous comprenions enfin   Que nous sommes toutes et tous pareils   Et que seul l'amour peut triompher...

  








samedi 8 mai 2021

De riches découvertes : dans le lit de papa ou aux Urgences








Dans son étude intitulée Phallos, Sacred Image of the Masculine parue en 1987, le psychiatre Eugene Monick, diplômé de l'Institut C.G. Jung de Zurich, né en 1929, raconte le souvenir de sa première rencontre avec le phallus paternel. Un beau matin d'été, alors que sa mère préparait le petit déjeuner, le gamin de 7 ans s'était glissé dans le lit où son père ronflait. Décidé à explorer un mystère, il tenait en main une lampe de poche qu'il a braquée sur le sexe nu du dormeur. "Il y avait là, dans ces organes, une image que je n'avais jamais vue et qui représentait un autre monde" que l'enfant curieux pressentait sans en connaître les contours.




Tout à coup, la masculinité lui faisait face dans sa pure nudité. Ce fut une révélation. "Ces organes étaient ceux de mon père et à travers eux je devenais quelqu'un. [...] Lui et moi étions unis dans une identité masculine aux racines lointaines." Alors que le garçon grandissait, son père a maintenu une distance respectueuse entre eux. "En vieillissant, je me rends compte que je lui ressemble plus que je ne l'imaginais. [...] Parfois en me rasant, j'ai l'impression qu'il me regarde à travers le miroir." "Avec sa présence ce matin-là au lit, il m'a offert quelque chose sans même prendre conscience de l'importance que cela représentait pour moi, combien j'en avais besoin." De plusieurs manières, la découverte du sexe de son père a désigné un modèle de référence ultérieur dans sa recherche de psy jungien durant un demi-siècle concernant la corrélation entre sexualité et spiritualité.






Je suis né en 1936, il y a tout juste 85 ans, et je n'ai pas eu la possibilité de découvrir la nudité de mon père lorsque je me glissais dans le lit parental. Durant mon enfance, il portait une chemise de nuit et j'essayais bien de me rouler par terre lorsqu'il se rendait à la salle de bain pour apercevoir ce qui était tabou. C'est peu de temps avant sa mort, alors que j'aidais papa à se doucher, que j'ai pu observer à quoi je ressemblerais à son âge. Il avait 82 ans et moi 41. Mais ce n'était plus une exploration, simplement un renversement de rôle. Car depuis l'adolescence, j'avais vu des milliers de mecs à poil, bandant ou non, à travers le monde.




Lundi de cette semaine, en attendant mon tour aux Urgences de l'hôpital le plus proche, j'ai eu le temps de faire un retour sur ma vie. J'ai placé mon masque sur les yeux et médité au milieu du va-et-vient, demandant à mes esprits alliés (anges gardiens et conseillers) ce que je pourrais tirer de cette expérience. C'était pourtant clair, mais dans la hâte je n'y avais pas pensé. J'étais tombé du haut d'un escabeau en métal alors que je taillais des branches. Une entaille de 2 cm sur la tempe, très proche de l'oeil gauche, saignait abondamment. Une blessure à la cuisse aussi. Pourtant, l'escabeau ne m'avait pas éborgné, quel miracle... Le Destin m'accordait encore un peu de temps sur cette terre. C'est un cadeau dont je suis très reconnaissant; il a illuminé ma semaine.






La suite de la méditation ne m'a pas ramené aux salles d'attente où j'ai accompagné des gars mal en point, sinon attendu qu'on m'amène à leur chevet de mourant. Les souvenirs qui remontaient concernaient mon père. Je l'ai revu dans la chambre où reposait ma mère après ma naissance. Il était irrité parce qu'elle ne pouvait pas me donner le sein. Maman était sa deuxième épouse; la première, très dépressive, s'était tuée et avait gazé en même temps leurs deux enfants afin qu'ils ne deviennent pas orphelins. Je suis né trois ans plus tard. Vous pensez: comment le poupon André a-t-il pu enregistrer cette scène ? Un médium parmi mes amis que j'ai interrogé sans la lui raconter a vu la même chose. Seule différence entre nous: selon moi, papa tournait le dos à maman; selon lui il la regardait.






Autre souvenir réapparu dans la salle d'attente des Urgences: papa me relatant ce drame alors que j'avais 7 ans et venais d'apprendre qu'il était "veuf". Ensuite, il ne m'en a plus jamais parlé. J'ai compris que je ne pouvais pas lui poser de questions. Comment son Dieu de justice avait-Il permis ce crime ? Lui dont nous lisions la Bible tous les soirs avant de Le prier à genoux, les bras appuyés sur les chaises de la salle à manger (ce qui me dégoûtait car j'imaginais tous les pets qu'elles avaient emmagasinés). Comment une mère pouvait-elle tuer ses enfants ? Pourquoi un père s'absentait-il au travail au lieu de les protéger ?




Puis papa a fait mon éducation sexuelle au cours d'une promenade. La totale, sans la partie plaisir. Plus tard, lorsque les poitrines des hommes à la plage ont commencé à m'intéresser, je lui ai demandé pourquoi certaines étaient poilues et d'autres pas. Il ne savait pas. J'ai attendu une réponse qui n'est jamais venue, comprenant qu'il fallait me débrouiller seul. Pareil lorsque sont apparues les spécificités de l'adolescence d'un petit gars...


En méditant aux Urgences, j'ai pu établir le lien entre les silences de mon père -- lui qui n'avait pas été soutenu dans son triple deuil -- et ma propension à m'apitoyer sur les drames des autres, non sur les miens. Par exemple, les très douloureux moments que mes mecs ont traversés avant leur mort et pas mon chagrin après. À mon père, ses proches avaient dit: "Tu oublies et tu n'en parles pas !" Moi non plus, je n'ai pas ressenti de sympathie réelle lors de mes deuils, ni de soutien dans mes combats en faveur des LGBT. Pour mon entourage j'étais un pédé, pas vraiment un être humain... Mon père, lui, m'a donné tout ce qui était en son pouvoir; néanmoins son drame l'a lesté d'un gros poids durant toute sa vie.

Au bout de trois heures d'attente aux Urgences, j'ai été convoqué pour les soins. On m'a pansé, suturé et vacciné contre le tétanos. Deux jours après, j'étais vacciné contre le covid. Je me sens tout léger.

André


Fake cover.
















lundi 3 mai 2021

Pipe, poignet, pénétration : attention au frein, freinez à temps...









Piper est un acte intime et pourtant tellement pratiqué que certains en oublient la charge sensuelle et s'y lancent comme des automates. Quant aux artistes, ils usent de tous les instruments à leur disposition -- lèvres, langue, palais, et parfois les dents, modérément, ainsi que les doigts. Sans oublier l'écoute intuitive du corps qu'ils cajolent afin de jouer une symphonie dont ils respectent chaque mouvement avant de l'amener à sa conclusion. Une bouche peut réaliser des exploits qui ne sont pas à la portée d'un vagin et diriger le jeu, maîtriser le tempo comme un chef d'orchestre... On oublie trop souvent le frein, ce ligament fripon qu'il faut taquiner et frustrer au bord de l'orgasme pour lui faire danser le tango, en duo avec le périnée, afin d'atteindre une béatitude plus explosive encore.




Le corps humain -- tant féminin que masculin -- compte plusieurs languettes qui attachent un organe mobile à un autre, notamment dans le cerveau, la bouche, le ventre ou le sexe. Ce qui nous intéresse ici c'est le frenulum, ou frein, qui tient le prépuce attaché à la face inférieure du gland. Il arrive qu'il se déchire lorsqu'il est mis sous pression par le frottement d'une masturbation ou d'une pénétration trop violente. Chez les gars dont le petit chapeau mobile a été excisé, le frein a été épargné ou arraché suivant le savoir-faire du circonciseur. Ce geste religieux ou profane de l'opérateur est une aberration. La privation du prépuce ne rend pas sa victime plus religieuse ni ne l'empêche de se masturber. Et les glands préservés ne puent plus depuis l'invention de la douche. Leur précieuse sécrétion, le smegma, lubrifie le gland, le maintient souple, sensitif et donc plus sensuel...

André